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13 juillet 1917 : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. »

Le vicaire du Christ


Après avoir annoncé ce qui arriverait si nous ne suivions pas ses demandes, Notre-Dame continue en disant : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix ».
Observons l’ordonnance des enseignements de Notre-Dame depuis le début de cette apparition du 13 juillet. Elle commence par donner un moyen pour avoir la paix dans le monde : la récitation quotidienne du chapelet. Puis elle apprend aux petits voyants une courte prière à réciter lorsqu’ils offrent des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Les conséquences heureuses de ces deux moyens très simples sont réellement incroyables en regard de l’effort demandé.

Ayant donné deux moyens pour redresser la triste situation du monde, Notre-Dame révèle alors le secret dans lequel elle annonce trois châtiments.
Le premier est une réalité : l’enfer. Les deux autres ne sont que conditionnels, car avant de les annoncer, elle donne les conditions pour les éviter : « Si l’on fait ce que je vais vous dire », puis « Si l’on écoute mes demandes ».
La structure du secret est donc la suivante :

  • un châtiment : beaucoup d’âmes vont en enfer,
  • un remède : la dévotion au Cœur Immaculé,
  • un deuxième châtiment si nous persistons à offenser Dieu : la deuxième guerre mondiale,
  • un deuxième remède : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et l’approbation de la communion réparatrice des premiers samedis du mois par le Saint-Père,
  • un troisième châtiment : les erreurs de la Russie répandues dans le monde,
  • l’annonce, malgré tout, du triomphe du Cœur Immaculé de Marie et d’un certain temps de paix pour le monde.

Notre-Dame a donc pris soin de nous prévenir des châtiments qui risquaient d’arriver et de la conduite à tenir pour les éviter. Quelle responsabilité pour ceux qui n’ont pas exécuté ses demandes ! C’est-à-dire, en premier lieu ceux qui n’ont pas voulu œuvrer pour répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, ensuite les papes qui, en tardant à obéir à Notre-Dame, ont fait que la Russie a répandu ses erreurs dans le monde. Il faut donc beaucoup prier pour eux, et notamment pour le Saint-Père.

Prier pour le Saint-Père

Cette nécessité de prier pour le Saint-Père est un point qui a fortement marqué Jacinthe. Pour cela, elle n’a pas hésité à modifier la première prière enseignée par la Sainte Vierge le 13 juillet, en y ajoutant à la fin : « Et pour le Saint-Père ! ». De par sa grande sensibilité, Jacinthe fut sûrement celle des trois petits voyants qui eut la perception la plus profonde du message de Notre-Dame. C’est pourquoi elle eut des révélations particulières sur le Saint-Père. En particulier, elle eut au moins deux visions que Lucie décrit dans son troisième mémoire.

Jacinthe m’appela :
—    N’as-tu pas vu le Saint-Père ? Non ? Je ne sais pas comment cela s’est fait, mais j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, à genoux devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et les uns lui lançaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père. Il nous faut beaucoup prier pour lui ! (…)
Jacinthe me demanda ensuite :
—    C’est lui que j’ai vu pleurer et dont Notre-Dame nous a parlé dans le secret ?
—    C’est lui, répondis-je.
—    Certainement, reprit-elle, Notre-Dame l’a montré à ces prêtres Vois, je ne me suis pas trompée. Il faut prier beaucoup pour lui. (…)

Dans une autre occasion, nous nous rendîmes à la "Lapa" du Cabeço. Arrivés là, nous nous sommes prosternés à terre pour réciter les prières de l’Ange. Au bout d’un certain temps, Jacinthe se releva et m’appela :
—    Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie, en prière ? Et tant de monde qui prie avec lui ?
Quelques jours après, elle me demanda :
—    Est-ce que je peux dire que j’ai vu le Saint-Père et tous ces gens ?
—    Non ! Tu ne vois pas que cela fait partie du secret ? Et qu’ainsi bientôt tout se découvrirait ?
—    C’est bien. Alors je ne dirai rien.

Voilà pourquoi Jacinthe n’hésita pas à compléter la première prière que Notre-Dame leur avait  apprise, comme si Notre-Dame pouvait leur avoir appris une prière incomplète ! Mais il a plu à Notre-Dame de la faire compléter par une petite fille de 7 ans, dont le visage fut illuminé par la lumière qui émanait d’elle. Cette lumière eut d’ailleurs un effet physique réel, car lorsque, en 1935, soit 15 ans après sa mort, on ouvrit le cercueil de Jacinthe, lors du transfert du cimetière de Villa Nova de Ourem à celui de Fatima, le visage de la petite voyante fut trouvé intact. Ce signe marque combien la lumière émanant de Notre-Dame l’avait pénétrée jusqu’à donner une marque d’immortalité à son visage, lumière qui ne manqua sûrement pas d’aller jusqu’au fond de son cœur. C’est pourquoi elle recommandait de toutes ses forces, au nom de la Sainte Vierge, de prier pour le pape, de souffrir pour lui et avec lui.

La primauté pontificale

Aussi devons-nous, nous aussi, beaucoup prier pour le Saint-Père. En effet, après Jésus, le pape est le premier fils de Marie. Personne ne peut retirer au vicaire du Christ cette première place dans le cœur de la Sainte Vierge Marie. Si nous voulons aimer le pape nous devons demander cette grâce à la Sainte Vierge, car qui peut aimer le pape comme elle l'aime ?
Le pape est notre rocher, un rocher évangélique, un rocher divin, parce que créé par la parole du Christ, Verbe incarné : « Tu es Pierre (Rocher) et sur cette pierre j'édifierai mon Église » (Mt 16, 18). Saint François de Sales disait avec raison : « Jésus Christ, l'Église et le pape ne font qu'un ». On ne peut les séparer. Ils sont la « pierre angulaire » (Lc 20, 17) de l'humanité, du monde, de l'univers à sauver. C'est pour cela que celui qui dit accepter Jésus-Christ et l'Église, mais pas le pape, montre une légèreté impardonnable.

Quand Napoléon retint prisonnier le pape Pie VII, il réunit à Paris de nombreux évêques de France et d'Italie afin de décider quelques affaires concernant l'Église et il voulut qu'ils en discutent. Mais les évêques restèrent muets. Napoléon insista et exerça de fortes pressions. Aucun résultat. Finalement il s'impatienta et proféra des menaces. Alors le plus âgé des évêques se leva et déclara très calmement : « Sire, nous attendons le pape. L'Église sans le pape n'est pas l'Église ! ».

L’indispensable fonction papale

L’Église sans le pape n’est plus l’Église. Dans sa lettre à Timothée, saint Paul enseigne une vérité importante : quand on ne supporte plus la saine doctrine, on se cherche une quantité de maîtres qui détournent les oreilles de la vérité vers des fables. Or, nous y sommes ! Il suffit de lire les livres de certains théologiens présentés comme "grands et célèbres", pour comprendre combien saint Paul avait raison. Ces théologiens sont malheureusement nombreux à avoir diffusé beaucoup de livres et de revues qui sont à peu près tous semblables à de la nourriture gâtée ou suspecte. Malheureux les imprudents qui les achètent !
Ces théologiens sont « les faux maîtres » dont parlent saint Pierre et saint Paul avec des paroles terribles (2P 2, 2-11 : 1Tm 1, 3-7 : 6, 3-5 : 2Tm 3, 1-7 : 4, 1-5). Ces « faux maîtres » qu’ils soient appelés philosophes, réformistes, modernistes, … ont aussi été condamnés par les papes, notamment par saint Pie X par son encyclique Pacendi Dominici Gregis. C’est pour cela que nous avons besoin du pape. Nous ne devons pas séparer l’Église et le pape.

Un célèbre songe de don Bosco montre le pape sur un vaisseau (l’Église) en pleine tempête et attaqué de toute part par des ennemis en grand nombre. Alors émergent de la mer deux colonnes. Sur la première, se trouve une grande hostie, l’Eucharistie, et sur la seconde, un peu plus petite, une statue de la Vierge Immaculée avec une inscription : Auxilium christianorum. Le vaisseau du pape réussit à atteindre les deux colonnes et s’y accrocha solidement avec deux chaînes, ce qui mit en fuite tous les bateaux ennemis. Ce songe, dit des trois blancheurs, nous montre que le salut nous vient du pape, de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge.

L’infaillibilité pontificale

Car quand il parle de foi et de morale, le pape est l'unique personne sur la terre qui puisse nous enseigner sûrement la vérité (sous réserve de réunir les quatre conditions exigées par l’infaillibilité).
« La foi romaine est inaccessible à l'erreur » disait saint Jérôme. C'est pourquoi saint Cyprien pouvait affirmer : « L'Église de Rome est la racine et la mère de toutes les Églises ». Seul celui qui est uni au pape est certain d'être dans la vérité infaillible de ce qui doit être cru et doit être fait pour obtenir le salut. Jésus Lui-même voulut l'infaillibilité de saint Pierre : « J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32). Et Il voulut qu’il soit notre guide infaillible : « Toi, confirme tes frères » (Lc 22, 32).
Pour cette raison le pape est l'unique maître universel et infaillible. Bien plus ! Il est le seul qui puisse confirmer la foi des chrétiens, les protégeant infailliblement de toute erreur doctrinale et morale. En ce sens, sur la terre, le pape, tout pape est le meilleur théologien, le meilleur bibliste, le meilleur moraliste. Seule, sa parole de maître universel est une parole divinement garantie par le Christ qui est « la Voie, la vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Saint Thomas d'Aquin, qui fut appelé un "grand maître", était prêt à renoncer à n'importe quelle pensée des grands docteurs si elle n'était pas conforme à celle du pape.

« Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » a dit Notre-Seigneur (Mt 16, 18). Aussi, tous les hommes qui voudraient combattre contre la papauté échoueront, y compris l'enfer. Non seulement les ennemis n'auront pas le dessus, mais ils se détruiront sur cette « pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs, pierre d’angle, pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent, parce qu'ils refusent de croire à la Parole ». (1 P. 2,7-8).
Contre cette pierre se heurta Luther qui, comme un forcené, injuriait et maudissait le pape : « Pape, je serai ta mort. Oui, moi, pape Luther I, par ordre de Notre Seigneur Jésus-Christ et du Père Très Haut, je t'envoie en enfer ». Pauvre et malheureux Luther !

Le terrible Napoléon se déchaîna aussi contre le pape. Celui-ci, désarmé, lui dit : « Le Dieu d'autrefois vit encore. Il a toujours écrasé les persécuteurs de l'Église »... Plus tard, sur sa petite île de Sainte Hélène, Napoléon se rappela ces paroles et dit à un ami :

Ah ! Pourquoi ne puis-je crier d'ici à ceux qui ont quelque puissance sur la terre : « Respectez le représentant de Jésus Christ ! Ne touchez pas au Pape. Autrement vous serez anéanti par la main vengeresse de Dieu. Protégez plutôt la chaire de Pierre ! ».

Nous devons donc beaucoup prier pour le pape, pour qu’il ne défaille jamais. Heureusement, il y a toujours eu des personnes généreuses qui ont offert et immolé leur vie pour lui. Saint Vincent Strambi, par exemple, confesseur de Léon XII, s'offrit comme victime pour que le pape vive plus longtemps. C'est ce qui arriva : le pape vécut cinq autres années alors que saint Vincent mourut cinq jours après avoir offert sa vie.
Aussi comme la petite Jacinthe, prions beaucoup pour le pape. Comme elle, offrons les sacrifices de notre vie quotidienne, pour que le Saint-Esprit l’éclaire et qu’il ait toujours les grâces nécessaires pour bien gouverner l’Église.

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