L'art de se confesser

Par Henri-Charles CHÉRY O.P.

 

Ces lignes ne s'adressent pas aux « grands pécheurs » qui viennent se décharger auprès du Christ d'un lourd fardeau. Et pas même aux catholiques de l'unique confession pascale.
Mais peut-être pourront-elles offrir quelque utilité aux personnes qui ont « l'habitude » de la confession, hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle.

« L'habitude » : mot sans couleur s'il désigne simplement une louable régularité ; mot tristement gris s'il désigne une routine. Et malheureusement, chacun sait qu'une louable régularité dégénère facilement en routine. La plupart des pénitents se désolent sur la misérable banalité de leurs confessions, sur le peu de fruit qu'ils en retirent, et même parfois sur le peu d'intérêt de l'exhortation que le confesseur leur adresse quand ils viennent le trouver. Plusieurs en prennent le dégoût, ne se confessent plus que par coutume, ou, finalement, arrivent à espacer leurs recours au sacrement de pénitence d'une manière qui est préjudiciable à leur progrès spirituel.

Ce dégoût et ses conséquences ne viennent-ils pas de ce qu'ils ne savent pas se confesser ? Il y a une manière, un « art », qui ferait de cet exercice régulier un sérieux moyen de sanctification. En écrivant ces lignes, nous avons songé particulièrement à cette nombreuse jeunesse - jeunesse d'action catholique, jeunesse des foyers nouveaux -, qui cherche à vivre un christianisme vrai, dans un généreux effort de sincérité. Point encore « habituée », elle souffre de toute menace de sclérose, elle a horreur des routines et rejette les formalités. Elle a raison. Mais il faut qu'elle sache que le formalisme s'introduit par la faute des « usagers », si j'ose dire, et qu'il dépend d'elle de garder intacte sa vitalité religieuse ou de la laisser s'étioler, faute d'un effort personnel.

Les rites sont porteurs de vie, mais aux seuls vivants.

L'usage de la confession, si elle est bien comprise, peut être un sérieux appui pour le développement de la vie spirituelle.

Mais d'abord, puisque nous allons parler de la confession et rien que de la confession, il faut noter soigneusement qu'elle n'est pas tout le sacrement de pénitence, qu'elle n'en est même pas l'élément principal. Celui-ci comporte un regret, un aveu, une absolution, une réparation. Le sacrement est constitué essentiellement par une absolution effaçant la faute d'un cœur qui se repent. Qu'un pénitent - sur son lit de mort, par exemple - ne puisse exprimer son aveu, le sacrement peut se passer de cet aveu ; il ne peut se passer du regret. Dieu, de son côté, peut se passer du sacrement (en l'absence de tout prêtre qualifié pour le donner) : il ne peut sauver une âme malgré elle, remettre un péché qu'on refuse obstinément de regretter.

Feront bien de s'en souvenir ces personnes pour qui l'essentiel semble être leur accusation. Que le prêtre les exhorte à la contrition, aux moyens à envisager pour ne pas retomber dans leur faute, elles paraissent ne pas le suivre, distraites qu'elles sont, une fois leur accusation faite, par le souci d'énoncer encore tel ou tel péché qui n'est pas d'abord venu sur leurs lèvres. S'il s'agissait d'une faute grave, il serait normal qu'on ne voulût pas se retirer avant de l'avoir exprimée ; mais le plus souvent il s'agit de fautes vénielles. On s'inquiète surtout d'être complet ; il faut s'inquiéter surtout d'être contrit.

Et on en tirera cette conséquence que, dans les quelques instants que l'on consacre d'ordinaire à se préparer immédiatement à sa confession, on fera bien de ne pas tout donner à « l'examen de conscience », mais plus encore d'implorer la grâce de Dieu, pour obtenir un sincère regret de ses fautes, d'exprimer par avance sa contrition, son intention de ne pas retomber.

 

- I -

A qui vais-je m'adresser pour me confesser ?

Première réponse : à un prêtre. J'emploie à dessein ce terme général pour souligner que l'importance primordiale, dans l'usage du sacrement de pénitence, doit être accordée, non aux qualités de l'homme qui entend la confession, mais à sa qualité de ministre du Christ. Parce que nous manquons de foi, nous nous attachons exagérément à la valeur humaine du confesseur, valeur réelle, objective, ou valeur que lui attribuent notre sympathie et notre confiance. Qu'elle soit à prendre en considération, c'est indéniable, mais à un point de vue qui se situe pour ainsi dire en marge du sacrement. Elle va jouer pour les conseils qui suivront l'accusation et précéderont l'absolution. Mais le sacrement n'est pas constitué par ces conseils ; il peut même s'en passer totalement. L'important est d'avoir affaire au Christ qui détient le pardon, au Christ vivant et agissant dans son Église. Tout prêtre ayant reçu de l'Église les pouvoirs de vous absoudre validement, agit in persona Christi, au nom du Christ. Il ouvre pour votre âme la source du pardon qui est le sang du Christ Rédempteur et il la lave dans ce sang.

Erronée par manque de foi est donc l'attitude de ces pénitents qui diffèrent de se libérer d'un péché grave ou qui retardent indéfiniment une confession qui les sortirait d'un malaise grandissant (en les purifiant des foyers d'infection qui se propagent peu à peu) parce que « leur confesseur » n'est pas là. S'ils avaient la compréhension de ce qu'est le sacrement, souverainement valable dans son œuvre purificatrice indépendamment de la qualité du prêtre qui l'administre, s'ils comprenaient que le confesseur est avant tout « ministre du Christ », c'est-à-dire oreille du Christ pour entendre l'aveu, sagesse du Christ pour juger, bouche du Christ pour prononcer l'effacement, ils s'attacheraient moins aux apparences humaines et ne différeraient point.

C'est le lieu de dire d'un mot pourquoi je dois avouer mes fautes à un prêtre, au lieu de me contenter d'un aveu directement exprimé à Dieu dans l'intime de mon cœur. C'est parce que je suis membre de l'Église.

Ma faute a offensé Dieu et m'a abîmé moi-même : manquement à l'amour que je dois à mon Créateur et au vertueux amour que je dois porter à cet enfant de Dieu que je suis. Mais elle a aussi porté atteinte à l'Église, au Corps mystique. « Toute âme qui s'élève élève le monde. » Tout chrétien qui déchoit contrarie la perfection de la communauté chrétienne. Le plus obscur des péchés cause une blessure à cet arbre dont je suis un rameau. Que je me détache de l'arbre complètement par le péché mortel ou que je m'en sépare un peu seulement, l'arbre entier souffre. Je relève de l'Église dans ma vitalité, car Dieu a confié pour moi ses grâces à l'Église, corps du Christ. J'en dois donc aussi relever pour sortir de ma faute. Aux premiers siècles, cette responsabilité devant l'Église apparaissait plus manifestement, lorsque l'accusation était publique, faite devant la communauté réunie. Actuellement, la discipline est adoucie, mais c'est toujours devant l'Église que je m'accuse en la personne du prêtre qui m'entend, de l'Église que je reçois la réconciliation par le ministère du prêtre qui m'absout.

Je me confesse donc au prêtre parce qu'il est prêtre. Cela ne m'interdit pas de le choisir humainement capable de me comprendre et de me conseiller. Ne parlons pas ici, puisque ce n'est pas notre objet, de ce qu'on appelle (un peu improprement, peut-être) la « direction ». Même en restant strictement sur le plan de la confession, il vaut sûrement mieux, pour les progrès de l'âme, qu'elle s'adresse habituellement au même confesseur. Au bout de quelque temps (pourvu qu'on ait suivi, dans la manière de s'accuser, les conseils que nous donnerons plus loin), il sait à qui il a affaire. Il connaît vos tendances, vos faiblesses habituelles. Même si vous avez peu de choses à dire, il sait sur quel point il est bon d'insister dans son exhortation. Vous avez dévoilé peu à peu les difficultés dans lesquelles vous vous débattiez, votre situation particulière : il ne risque pas, comme un étranger qui vous comprendrait mal, de vous dérouter par quelque remarque intempestive. A un moment difficile de votre vie, il peut vous arrêter à temps sur une pente dangereuse. Et à tout moment il est à même de vous suggérer les décisions opportunes, de vous tirer de votre torpeur si vous vous laissez endormir.

Comment le choisirez-vous ? Avant tout de sens droit, de jugement sûr. Saint s'il est possible, c'est bien clair, mais un prêtre équilibré et perspicace sera toujours préférable à un autre d'une vie plus fervente mais d'un jugement moins pondéré. N'oubliez pas qu'il s'agit d'un conseiller, et que, tant vaut la sagesse du conseiller, tant vaut le conseil. Mais il s'agit aussi d'un entraîneur, et vous devez le souhaiter exigeant : un confesseur bonasse, qui se contenterait de vous bercer de paroles lénitives ou de vous renvoyer avec l'absolution et une exhortation générale, risquerait de vous laisser croupir dans votre péché ou vos graves imperfections. C'est pourquoi il faut, au besoin, provoquer le confesseur à cette exigence bienfaisante et accepter humblement ses invitations à l'effort. Vous vous souviendrez que la première condition à réaliser pour qu'il vous soit utile, c'est que vous lui fassiez confiance. Ayez le meilleur confesseur de la ville : s'il vous est impossible de vous ouvrir à lui franchement, il ne pourra rien pour vous. Vous le choisirez donc tel que vous ne vous sentiez pas paralysé en sa présence et que volontiers vous le considériez comme un père, compréhensif, capable de réaliser votre cas et de s'y intéresser, ouvert aux réalités de la vie, sûr dans ses diagnostics, et d'une bonté ferme dans ses conseils.

Si vous ne le trouvez pas, ne vous désolez pas pour autant ; allez à un prêtre : il a la grâce d'état, l'Esprit-Saint se servira de lui quand même pour votre meilleur bien, pourvu que vous soyez à l'écoute.

Si vous le trouvez, n'en changez pas facilement. Tout en restant pleinement libre d'un autre choix, ne vous laissez pas démonter par quelques impressions, à plus forte raison par quelques froissements d'amour-propre ou par quelques exigences ; persévérez jusqu'à preuve évidente que vous ne faites aucun progrès à son école, malgré un effort loyal et constant de votre part.

 

- II -

Me voici auprès du confessionnal, commençant mon examen de conscience. Quels péchés vais-je accuser ?

La question se pose, c'est clair. Car je ne saurais prétendre accuser toutes mes fautes. « Le juste pèche sept fois le jour », dit l'Écriture. Moi qui ne suis pas juste, combien de péchés m'échappent chaque jour ? Être complet, faire un total aussi exact que possible : rêve irréalisable - et d'ailleurs inutile. Il faut choisir. Que choisir ?

Évidemment d'abord tous les péchés mortels. Refuser volontairement d'accuser un péché mortel, même si l'on en accuse d'autres d'une égale gravité, serait rendre la confession nulle et sacrilège. Cet acte par lequel nous nous sommes détournés de Dieu, notre fin dernière, en lui disant équivalemment et bien consciemment qu'il nous était égal de lui désobéir en une matière grave, pourvu que nous puissions satisfaire l'une ou l'autre de nos tendances désordonnées - comment pourrions-nous rentrer en grâce avec Dieu sans le renier et donc l'avouer ? Nous ne pouvons à la fois être en amitié et en hostilité avec lui.

La difficulté, pour certains, est de savoir quand il y a péché mortel. Théoriquement, chacun le sait: matière grave, pleine advertance, plein consentement. Pratiquement, on se demande souvent: la matière était-elle grave ? Et plus communément encore : ai-je bien consenti ? Sur la première question, il est aisé de se renseigner auprès de son confesseur. Quant à la seconde, du fait qu'on se la pose « en conscience », loyalement, du fait qu'on n'est pas absolument sûr, elle est réglée : il n'y a pas eu plein consentement.

Est-ce à dire qu'il ne faut pas accuser ce péché « douteux » ou plutôt « douteusement commis » ? Certes non ! On peut s'autoriser légitimement du doute pour s'approcher du sacrement d'eucharistie ; en rigueur de termes, on n'est même pas obligé de s'accuser de ce péché ; mais on aurait tort, si l'on veut progresser dans la vie spirituelle, de se réfugier derrière cette non-obligation pour conserver une conscience douteuse. Pratiquement, la règle est bien simple. On ne vous demande pas de dire: je m'accuse d'avoir commis un péché mortel, mais : je m'accuse d'avoir commis tel péché, d'avoir accompli tel acte. Qu'on ajoute, si c'est le cas : je ne sais pas si j'ai pleinement consenti, et tout sera dans l'ordre. Nous serons toujours à temps de répondre selon notre conscience, si le confesseur nous demande : croyez-vous avoir, en agissant ainsi, péché mortellement ?

Que penser de la formule, si chère à certains qu'ils l'emploient constamment et quasi automatiquement: «Je m'en accuse comme Dieu m'en reconnaît coupable » ? Utilisable à bon droit quand on hésite sur le caractère de sa culpabilité, elle me paraît trop facile et quelque peu hypocrite quand on sait fort bien à quoi s'en tenir.

Disons en revanche, à l'usage de certaines âmes, qu'il ne faut pas voir du « mortel » partout... Un péché qui mérite, de soi, la séparation d'avec Dieu pendant l'éternité et les peines de l'enfer, cela ne se commet pas sans qu'on en ait une claire conscience ! Si cette conscience a besoin d'être formée, on demandera la lumière à son confesseur et on s'en tiendra strictement à ses indications. Cette formation de la conscience devrait être faite dans le jeune âge. On est stupéfié, en entendant des confessions d'enfants, de leur aptitude à croire mortelles des fautes qui ne sont que des peccadilles... N'y a-t-il pas là (soit dit en passant) une responsabilité qui remonte aux éducateurs, qui ne savent pas proportionner leurs gronderies à la valeur réelle (morale) des fautes enfantines ? En tout cas, ce problème de la formation de la conscience chez l'enfant devrait faire l'objet d'un examen attentif et individuel de la part des parents et des confesseurs habituels, car il est aussi dangereux de laisser les enfants croire à la gravité de fautes légères que de les laisser commettre, comme indifférents, des actes gravement répréhensibles. Une conscience scrupuleuse, angoissée, dans le jeune âge, prépare un adulte faible, replié, sans virilité, ou, par contre-coup, un adolescent qui se « libère » brutalement d'une contrainte insupportable.

Mortels ou non, on fera bien de s'habituer à accuser d'abord, en tout premier lieu, les fautes qui pèsent le plus sur la conscience, au lieu de les glisser comme par mégarde au milieu d'une longue liste de péchés sans importance... Ainsi se libérera-t-on à coup sûr de fautes qu'autrement on risquerait, cédant à une crainte sotte, de ne pas dire finalement.

Mais c'est surtout sur l'examen et l'accusation des péchés véniels que je voudrais insister ici. N'est-ce pas là que la plupart des « habitués » de la confession sont le plus déficients ?

Quelle est la doléance qu'on entend le plus souvent dans la bouche de ceux qui se confessent fréquemment ? - « La confession m'ennuie, parce que j'ai toujours à dire la même chose... » Ou encore cette autre, qui vise le confesseur : « Il ne me dit rien... » entendez : rien qui sorte de l'ordinaire et qui m'oblige à me secouer.

Or, ces deux défauts qui rendent la confession psychologiquement fastidieuse, la cause est la même : vous ne savez pas vous accuser.

Comment s'accusent la plupart des pénitents ?

Les uns (le petit nombre, il est vrai) oublient que le péché est un acte, non un état, et ils présentent (ou croient présenter) la couleur de leur âme en disant: «Je suis menteur, je suis coléreux, je suis impatient, etc. » Cette manière de dire n'est pas celle qui convient. Vous signalez ainsi une tendance de votre âme ; mais la confession n'est pas un exposé de vos tendances : c'est l'aveu d'actes précis, résultats sans doute de vos tendances, mais différents d'elles comme le fruit l'est de l'arbre. On peut très bien avoir une tendance au mensonge (être menteur) et n'avoir pas commis de mensonges, de fait, dans les quinze jours qui ont suivi la dernière confession. Si on en a commis, c'est « j'ai menti » qu'il faut dire, et non « je suis menteur ».

Ainsi disent d'ailleurs la plupart: «J'ai menti, j'ai manqué à la charité, j'ai été paresseux, j'ai été vaniteux, etc... » Cette forme est plus correcte, mais l'accusation n'est guère meilleure, j'entends guère plus profitable à votre âme, guère plus susceptible de vous attirer des conseils utiles de la part de votre confesseur. Pourquoi ? Parce qu'elle est incolore. Elle ne vous a demandé aucune réflexion particulière, aucun effort de mise au point. Elle n'apporte au confesseur aucun « signalement particulier » qui lui permette de voir en quoi votre âme diffère de celle qu'il a eu à juger et à conseiller avant la vôtre. Sur dix pénitents qui se succèdent, neuf au moins pourraient présenter la même liste - et, de fait, hélas ! la présentent... Pourquoi (à moins qu'il ne vous connaisse par ailleurs) voulez-vous que votre confesseur vous donne exactement les conseils dont vous avez besoin, vous et non pas un autre ? Votre cas particulier ne lui est pas révélé par cette accusation ; elle ne lui offre aucune prise. Il faudrait qu'il fût merveilleusement psychologue et intuitif pour deviner, à travers ce rapide défilé de fautes « standards », à travers cette grille où il ne voit même pas votre visage, les mots qu'il doit dire pour vous atteindre et vous inciter à l'effort que vous, personnellement, devriez entreprendre ! On ne peut demander à tous les confesseurs d'être des Curés d'Ars. Normalement, il ne vous rendra que ce que vous lui aurez apporté.

Si, par surcroît, le pénitent se lance, comme cela arrive, dans une énumération qu'il veut rendre exhaustive, s'il prétend tout dire et débite à peu près tous les péchés véniels qui se peuvent commettre (qu'il a sans doute commis, en fait), de telle sorte que cette énumération, faite à un rythme accéléré, dure parfois plusieurs minutes, voilà le confesseur complètement noyé : « Qu'y a-t-il de caractéristique dans tout cela ? » se demande-t-il en vain. Et, ne trouvant rien, il se contente d'une exhortation générale qui vous sert peu. A qui la faute ?

Alors, comment s'accuser ?

Soulignons tout d'abord que le péché véniel est matière libre de confession. On n'est pas tenu de l'accuser. Un acte de contrition bien fait, un acte vrai d'amour de Dieu, l'usage d'un sacramental avec foi et humilité suffisent à en obtenir le pardon. Une confession qui ne comporte que des péchés véniels est donc, non une démarche nécessaire au salut, mais un moyen de sanctification. C'est un recours au sacrement, c'est-à-dire au sang purificateur de Jésus, par lequel nous sommes assainis et fortifiés ; c'est aussi, secondairement, un exercice d'humilité fondé sur la connaissance de soi et l'aveu de ce qui gêne le progrès spirituel. Parmi les péchés véniels commis, on sera donc libre de choisir ceux que l'on veut accuser.

Est-ce à dire qu'on va choisir les plus anodins, en reléguant dans l'oubli ceux qui gênent ? Non ! Ce sera exactement le contraire. Un examen de conscience bien fait tendra à faire émerger de la foule des fautes quotidiennes celles qui, du fait de leur fréquence ou du fait de leur malice, sont les plus dangereuses pour la vitalité de l'âme. La physionomie propre de mon âme pécheresse n'est pas plus semblable à celle d'une autre âme que mon visage n'est semblable à un autre visage; en gros, nous commettons à peu près les mêmes fautes, de même que nous avons tous un nez, une bouche, des oreilles... ; mais l'importance, pour moi, de telle faute, la place qu'elle tient dans ma vie spirituelle, son voisinage avec d'autres fautes de la même famille, voilà ce qui compose mon visage de pécheur. Voilà donc ce qu'un examen de conscience intelligent tendra à mettre en valeur. Inutile d'accumuler une multitude de péchés: cinq ou six, bien choisis, suffiront à se voir et à se montrer tel qu'on est sous le regard de Dieu.

Mais ces péchés (et cette remarque est sans doute la plus pratique de toutes), il s'agira de les faire émerger avec la couleur propre que nous leur avons donnée, - «J'ai menti... » : Cela ne signifie rien... Omnis homo mendax, dit le Psaume, tout homme est menteur. De quelle manière ai-je menti ? A qui ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? «J'ai menti à une amie malade qui comptait sur ma visite, parce que cela m'ennuyait d'aller la voir » : qui ne voit que cela constitue un mensonge d'une qualité spéciale ? «J'ai menti dans un salon en m'attribuant des relations que je n'avais pas ; j'ai menti à mes chefs pour obtenir un congé auquel je n'avais pas droit ; j'ai trompé un client sur la qualité de mon travail afin de pouvoir le lui compter plus cher... »: Autant de mensonges différents dont l'accusation « j'ai menti » n'aurait donné aucune idée. - « Manquer à la charité » : le péché le plus courant. Pourquoi employer cette expression qui n'a aucune couleur? Dites plutôt: «J'ai dit une parole blessante à quelqu'un que je n'aime pas, avec l'intention de lui faire de la peine » ou « j'ai témoigné du mépris à un camarade peu intelligent », ou « j'ai refusé un secours que j'aurais pu donner à un ami dans le besoin », ou «je me suis moqué d'un infirme »... - Il y a cent façons d'être vaniteux. Quelle est la vôtre ? Est-ce de passer un temps exagéré à votre toilette ? Est-ce de vous regarder dans la glace à tout propos ? Est-ce de faire la roue dans les groupes où vous vous trouvez, en essayant de capter toute l'attention par votre brillante conversation ?... - Et votre paresse, comme se manifeste-t-elle ? Par votre obstination à rester au lit quand l'heure est venue de vous lever ? Par votre négligence au devoir d'état, bâclé, à moitié fini ? Par votre nonchalance dans l'attitude ou un amour exagéré des fauteuils ?

On comprend par ces quelques exemples (qu'il serait aisé de multiplier) ce que nous voulons dire quand nous disons: accusez des actes précis, déterminez les circonstances dans lesquelles vous les avez commis, cherchez les mots les plus capables d'exprimer votre faute telle qu'elle a été dans la réalité, en tant qu'elle fut votre faute à vous et non celle de n'importe qui. Ce sera tout profit pour vous. D'abord parce que cela vous obligera à vous voir tel que vous êtes ; ensuite parce que ce vous sera salutaire humiliation (il est plus humiliant de dire : «J'ai passé chaque jour une demi-heure à me farder » que de dire : «J'ai été vaniteuse »...) ; enfin parce que, d'après ces données précises, votre confesseur pourra voir l'état de votre âme et en tirer des conseils appropriés.

Vous n'êtes pas invité pour autant au bavardage. S'accuser avec précision n'est pas « raconter des histoires ». La confession ne doit pas être noyée dans un flux de récits, d'explications, de digressions, où le pénitent perd de vue qu'il s'accuse et où le confesseur ne saisit plus ce que vous avouez être péché. Parfois on entend cette prétendue confession se transformer en apologie, tout au moins en plaidoyer ; parfois en appréciations sur le compte d'autrui ; parfois en lamentations sur le malheur des temps... Que vous ayez besoin de décharger un cœur trop lourd et de recevoir quelques consolations, ou que vous désiriez certains éclaircissements pour la conduite à tenir, rien de plus légitime. Mais séparez donc nettement les deux ordres de propos : faites votre confession proprement dite en vous en tenant strictement aux fautes ; puis avertissez le confesseur que vous avez quelque chose d'autre à lui dire.

- III -

 

Ainsi ne risquera-t-on pas d'oublier, comme nous l'avons déjà, au passage, noté plusieurs fois, que, dans le sacrement de pénitence, la primauté de valeur revient à la purification par le sang du Christ, non à l'exhortation du confesseur. Et que cette purification est obtenue par le regret. Cette vérité engendre une conséquence pour la manière dont vous devez apporter vos fautes au tribunal de la pénitence : à savoir qu'il ne s'agit pas d'énumérer ses péchés, mais de les avouer.

Pourtant, tout prêtre qui confesse est frappé chaque jour par l'espèce d'indifférence, au moins apparente, avec laquelle nombre de pénitents énoncent leurs fautes. Ils font une énumération, ils dressent une liste : qu'elle soit bien au point, il leur semble alors qu'ils ont accompli tout ce que l'Église attend d'eux. Il n'y a plus qu'à recevoir l'absolution et à s'en aller, libérés désormais. La formalité est accomplie.

Or, il n'en est rien. Rien n'est « formalité » dans le domaine des actes religieux, pas plus la messe, dont il ne s'agit pas de « s'acquitter », mais à laquelle il faut participer, que la confession, qui est essentiellement rétractation, reniement du mal qu'on a commis, pour obtenir le pardon. Affaire d'amour, affaire de cœur (c'est-à-dire de volonté). On vient reconnaître qu'on a mal fait, qu'on a manqué à l'amour qu'on devait à Dieu en refusant d'accomplir l'une ou l'autre de ses volontés (volonté que nous soyons loyaux, ou justes, ou purs, ou aimants, etc...). Cela doit se traduire dans la manière dont on dit ses péchés. Confiteor..., dit la formule qu'il est recommandé de dire avant l'accusation : «Je confesse », je reconnais, j'avoue : c'est ma faute, je suis coupable, je me frappe la poitrine. Il faut que votre accusation soit dans la ligne de cette formule. Il ne s'agit pas de « constater » que vous avez été mauvais et de porter cette constatation à la connaissance du prêtre ; il s'agit d'exprimer un regret d'avoir été mauvais.

Il sera donc bon (et ce sera facile si on n'accuse qu'un nombre restreint de péchés) de répéter à propos de chaque faute : «Je m'accuse de... ». Cela empêchera, pourvu qu'on y mette son cœur, de tomber dans la sécheresse indifférente de celui qui se contente de raconter ses fautes, au lieu de les avouer.

Convient-il d'accuser des péchés de la vie passée déjà pardonnés dans des confessions antérieures ?

Comme exercice d'humilité, il peut être bon, si cela n'apporte aucun trouble à la conscience, de se reconnaître coupable une fois de plus d'un péché ancien déjà absout. Et non seulement comme exercice d'humilité, mais parce que le sacrement portera sa grâce d'assainissement d'une manière spéciale sur le foyer d'infection d'où est sorti jadis ce péché et qui, peut-être, n'est pas entièrement nettoyé.

Aux mêmes titres, il peut être bon, en certaines circonstances graves de la vie (avant le mariage, l'entrée en religion, pendant une retraite, etc...) de faire ce qu'on appelle une « confession générale » portant, soit sur une année, soit sur une période plus longue. Mais à une condition : que ce ne soit pas en vertu d'une convention, mais d'un besoin, qu'on s'y sente poussé par une nécessité intérieure, non par l'argument: « Cela se fait. » (Et cette remarque vaut surtout pour les confessions de retraites).

Pourtant il y a des personnes qui devront s'abstenir de tout retour sur la vie passée : les scrupuleux. Les scrupuleux sont des malades, et leur maladie consiste précisément dans une inquiétude qui les rend incapables de juger s'ils ont fait ou non, s'ils ont bien fait ou mal fait telle ou telle action. Ils voudraient « être sûrs », et, plus ils cherchent cette certitude, plus elle les fuit. Au confessionnal, ils veulent être sûrs d'avoir bien tout dit, ou d'avoir bien eu une vraie contrition ; et, n'étant jamais sûrs, ils répètent, indéfiniment. Épuisante recherche, qui augmente leur maladie en prétendant l'apaiser. Un seul moyen de se guérir leur reste : obéir sans discuter au confesseur, qui leur donnera l'ordre de fermer les yeux d'une manière absolue sur tout passé proche ou lointain.

- IV -

Une forme d'inquiétude que ne connaissent pas seulement les scrupuleux mais les sincères, et qui porte sur la qualité de la contrition, s'exprime souvent ainsi : à quoi bon accuser tel péché ? Je n'en ai sûrement pas le regret puisque je sais que j'y retomberai.

Nous sommes là sur le chapitre du ferme propos.

Distinguons soigneusement : « Prévoir qu'on retombera » et « vouloir retomber ».

Assurément, le pénitent qui veut retomber, qui est décidé, à la première occasion, à renouveler sa faute, n'est pas un « pénitent ». Il n'a aucune contrition. Il abuse du sacrement et se fait illusion sur l'efficacité de l'absolution qui ne peut effacer un péché sans qu'il soit désavoué par son auteur. Mais ce n'est pas, Dieu merci ! le cas habituel. La plupart ont simplement un sentiment aigu de leur faiblesse, sentiment justifié par la malheureuse expérience des rechutes ; ils croient savoir que leur bonne intention, mise à l'épreuve une fois de plus, ne sera pas plus efficace à l'avenir qu'elle ne le fut dans le passé. Et ils concluent : je n'ai pas la contrition... C'est une erreur. Dans le fond, ils appellent « mal » le mal qu'ils ont fait; ils voudraient bien ne pas l'avoir fait, et être capables de ne jamais y retomber. Mais c'est cela, la contrition ! Dieu ne nous demande pas, pour nous pardonner, que nous soyons sûrs de ne pas retomber ! (Cette certitude ressemblerait fort à la présomption). Il nous demande d'avoir l'intention de faire ce qui est en nous, avec l'appui promis de sa grâce, pour éviter le péché à nouveau. Cette intention est-elle en nous ? Alors nous n'avons pas à redouter l'hypocrisie et l'insincérité. Nos sombres pronostics ne la modifient pas. D'autant qu'ils reposent sur une défiance blâmable à l'égard de la grâce du sacrement. Si le sacrement de pénitence est un moyen de progrès, ce n'est pas tellement par l'effort psychologique qu'il demande de nous: c'est parce qu'il applique à notre âme malade le sang expiatoire et méritoire de Jésus-Christ qui est son remède. Non seulement Jésus nous accorde le pardon qu'il a obtenu à notre bénéfice par sa passion, mais il nous donne des grâces d'assainissement et de force pour les luttes nouvelles à soutenir ; et précisément sur le plan des péchés que nous avons soumis à l'absolution. C'est en ces grâces qu'il faut mettre notre confiance, non dans les problématiques capacités de résistance de notre bonne volonté.

Ne vous inquiétez donc pas de « demain ». La grâce de demain suffira à demain, pourvu que vous restiez en confiance et en prière. Aujourd'hui, vous avez la grâce d'aujourd'hui, une grâce de contrition. Vouloir porter en imagination la tentation de demain, c'est vouloir porter un fardeau pour lequel vous n'êtes pas aidés: rien d'étonnant qu'il vous paraisse trop lourd et par avance écrasant.

Dire ainsi n'est d'ailleurs pas inviter à l'insouciance. L'accusation doit se compléter par une résolution. Une résolution dont on confiera l'exécution au secours divin, mais que la volonté travaillera à tenir. Pour qu'elle soit efficace, il la faut prendre précise, portant sur un tel péché à éviter, non sur l'ensemble des fautes accusées ni même habituellement sur plusieurs. Mieux encore: nous nous attacherons à prévoir, d'après l'expérience du passé, les circonstances qui pourraient nous amener à la chute, les « occasions » au milieu desquelles, si nous nous y plaçons, nous risquons d'être entraînés à retomber. Et nous ferons porter la résolution sur ces occasions à éviter. Nous savons que telle compagnie nous entraîne à la médisance, que telles lectures nous orientent vers l'impureté, que tel tiroir ouvert réveille des rancunes mal endormies, que tel genre de conversation excite notre bile : la résolution sera de fuir cette compagnie, de nous interdire ces lectures, de laisser fermé ce tiroir, d'éviter ce thème de conversation. Agir ainsi, c'est se prendre tel qu'on est, capable de succomber là où un autre resterait fort ; c'est ne pas « tenter Dieu » en s'exposant présomptueusement ; c'est donc être logique avec sa contrition.

Pourquoi, de temps en temps, ne pas garantir sa résolution en la soumettant au confesseur à la fin de son accusation ? Cela aiderait certainement à la mieux tenir.

Ainsi pratiquée, la confession ne sera plus cette répétition fastidieuse de péchés « standards » qu'elle est trop souvent et qui est une corvée. Elle prendra place, comme un des plus puissants, dans les moyens de sanctification que l'Église du Christ met à notre disposition. En allant au tribunal de la pénitence, nous aurons conscience d'aller au Christ en croix, qui tient en ses mains crucifiées le pardon qu'il a obtenu à notre bénéfice, le sang dont il veut nous laver. Conscients de notre misère, et d'autant plus que nous aurons été plus lucides dans le regard porté sur nos faiblesses quotidiennes, confiants dans sa miséricorde, et d'autant plus que nous l'aurons supplié de nous faire détester notre péché, nous franchirons le seuil du confessionnal dans l'humble disposition de l'enfant prodigue : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi : je ne suis pas digne d'être appelé ton fils. »

C'est pourquoi nous pourrons nous retirer avec une force nouvelle, fondée sur l'assurance libératrice : « Va en paix, mon fils, ta foi t'a sauvé. »

Le sang rédempteur du Christ recueilli par L’Église, d'après un vitrail de Bourges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Examen de conscience

Soyez précis, concis, et suffisamment bref dans l'accusation de vos péchés. Vous n'avez pas à faire des commentaires, ni un exposé de spiritualité, vous êtes là pour dire - non pas ce qu'il faudrait faire ou ce que vous auriez dû faire - mais ce que vous avez fait ou pas fait: c'est au confesseur à vous dire le reste.

Toutefois, vous pouvez - et même vous devez si cela vous est nécessaire - poser des questions au confesseur, soit au cours de l'énumération de vos péchés, soit quand vous aurez fini de les dire. Le confesseur n'est pas là seulement pour vous pardonner, mais aussi pour vous éclairer.

Une très bonne confession, dit saint Jean Chrysostome, équivaut - pour la purification de l'âme - à un nouveau baptême. Elle peut donc vous obtenir non seulement le pardon de vos péchés, mais encore la remise d'une partie des peines du purgatoire. Et quand nous savons, d'après saint Thomas, qu'une heure de purgatoire est infiniment plus insupportable que toute une vie de souffrances ici-bas,... alors, quelle légèreté d'esprit de ne pas tout faire, pendant qu'il est temps, pour abréger au maximum ce temps de terrible expiation qui nous attend dans l'autre monde !

Avant d'aller au confessionnal, - à genoux devant le tabernacle ou devant une statue de la Vierge Marie - dites avec piété filiale la prière suivante :

 

« Mère sainte et toute pure, moi, pécheur et votre enfant, je viens à vous avant d'aller à Jésus et à son prêtre demander le pardon de mes fautes.

«Je voudrais recevoir le sacrement de miséricorde plus dignement, avec plus de sincérité que d'ordinaire.

«Ô ma Mère Marie, faites que ma confession soit vraiment purifiante, qu'elle me dégage de mes servitudes et me libère de mes entraves. Pour cela, daignez m'obtenir à moi, votre enfant, la grâce de la lumière, pour voir nettement - pour apprécier justement, loyalement, comme aussi sans scrupule - la grâce de me sentir pécheur, indigne mais sans découragement et sans dépit : la grâce du courage humble pour avouer sans détours au prêtre qui ne sait pas, devant votre Fils qui sait tout. Je me suis si peu gêné pour le peiner - j'accepte maintenant la gêne de l'aveu pour réparer.

«A vous, l'Immaculée qui connaissez la douleur attristée de Jésus sur mes offenses et mes négligences - telles et telles surtout - faites naître en moi le repentir qu'il attend de mon cœur.

« Tout cela dans la paix, je vous prie, ma Mère.

 « Ainsi soit-il. »

Puis allez au confessionnal.

Voici donc une bonne manière de vous confesser

— Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il 1.

Bénissez-moi, mon Père, parce que j'ai péché.

Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, à saint Michel archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints apôtres Pierre et Paul, à tous les saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché, par pensée, par paroles, par action et par omission.

Mon Père, je ne me suis pas confessé depuis... J'ai fait (ou je n'ai pas fait) ma pénitence.

Mon Père, voici mes péchés :...

 

1 – Pendant que vous faites ce signe de croix, le prêtre vous bénit en disant: « Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, afin que vous confessiez dignement et correctement tous vos péchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Examen de conscience selon l'ordre des commandements

 

Premier commandement

La prière:

–Je ne prie jamais - ou pas beaucoup.

–Je ne fais pas régulièrement mes prières du matin et du soir. - Je dis seulement une petite formule de prière très courte.

–Je ne prie qu'en me déshabillant, ou en faisant autre chose, sans respect, sans attention, la radio allumée.

–Je ne sais plus les prières du catéchisme, et je ne fais rien pour les réapprendre.

–Je ne prie jamais à genoux.

–Je fais mal les génuflexions.

–Je fais les signes de croix sans piété.

–Je ne fais pas des actes d'adoration à Dieu.

–Je ne remercie pas Dieu de tout ce qu'il me fait.

–Je ne prie pas devant les tentations (quand j'ai envie de faire quelque chose de mal).

–Je ne fais rien pour mettre la prière en famille.

–Je ne dis jamais les Angélus.

–Je ne dis jamais de chapelet - ou je ne le dis qu'au lit.

 

Mon instruction religieuse:

–Je ne cherche pas à m'instruire sur ma religion.

–Je ne fais pas de lectures religieuses.

–Je n'écoute pas attentivement les sermons ; je n'y réfléchis pas pendant la semaine.

–Je trouve les prédications trop longues, au lieu de penser à ce qu'elles contiennent.

–Je critique et conteste ce qu'on m'enseigne.

 

La vertu de foi:

–Je n'ai pas une foi très convaincue - et je ne cherche pas à la fortifier.

–Je crois facilement que toutes les religions sont valables.

–J'ai douté volontairement de quelque vérité religieuse (dites lesquelles)

-J'ai exposé ma foi dans des lectures hostiles ou équivoques.

- J'ai participé à des conversations où on critiquait la religion.

- J'ai fréquenté sans nécessité des personnes sans religion ou hostiles à la foi catholique.

- Je n'ose pas prendre la défense de la religion quand elle est attaquée devant moi.

- J'ai pris part à des actes de superstition : j'ai consulté des sorciers, des guérisseurs, des tireuses de cartes ou des diseuses de bonne aventure.

- J'ai assisté à des séances de tables tournantes de spiritisme ou d'hypnotisme.

- J'ai porté sur moi ou sur ma voiture des objets « porte-bonheur ».

- J'ai donné suite, sans demander conseil, à des « chaînes de solidarité ».

- Je « touche du bois » pour être préservé d'un malheur.

- J'ai honte de montrer ma foi, de faire en public des gestes de piété, des signes de croix, des génuflexions (= péché de respect humain), - de porter ostensiblement des objets pieux (médailles, croix, chapelet...) -  de prier à haute voix en public.

- Je suis inscrit à une secte anticatholique. J'ai reçu chez moi des adeptes d'une secte, et j'ai discuté inutilement avec eux, mettant ainsi ma foi en danger.

 

La vertu d’espérance :

- Je n’ai pas suffisamment le souci de mon salut éternel.

- Je suis trop attaché aux biens de la terre, et je ne pense pas beaucoup au ciel.

- Je ne crois pas à la résurrection de mon corps.

- Je ne redoute pas l’enfer - je pense qu’il n’est pas possible pour moi.

- J’abuse de la patience et de la bonté de Dieu pour pécher et rester dans le péché -  sans crainte de me damner (= péché de présomption).

- Je n’ai pas le souci d’abréger mon purgatoire.

- J’ai manqué de confiance en Dieu dans les difficultés.

- Je n’ai pas suffisamment recouru à la prière quand j’avais des soucis.

- J’ai dit - ou pensé - que la prière est inutile - parce que je n’étais pas exaucé tout de suite.

- J’ai murmuré contre Dieu quand j’étais éprouvé, en pensant que je ne méritais pas de telles épreuves.

- J’ai trop présumé de mes propres forces pour m’exposer au péché, me croyant assez fort pour résister à la tentation, et sans tenir compte des avertissements de l’Église (= péché de témérité).

- Je me suis découragé après le péché - ou j’ai eu du dépit ; j’ai pensé que Dieu ne pouvait pas me pardonner, ou que mes efforts étaient inutiles (= péché de découragement).

 

La vertu de charité :

- Dieu n'occupe pas beaucoup de place dans mon esprit et dans ma vie.

- Je préfère à Dieu des créatures - et je délaisse souvent Dieu pour leur faire plaisir.

- Je ne suis pas attentif à la présence de Dieu dans ma vie. - Je n'offre pas à Dieu mon travail, mes joies, mes peines. - Je ne m'efforce pas de voir Dieu dans les événements, je ne crois pas à sa Providence, et je ne sais pas lui rendre grâces.

- Je n'ai pas de charité surnaturelle envers moi-même. Je n'ai pas le souci de mon bien spirituel et de ma perfection.

- Je crois que la morale naturelle est suffisante, et que les vertus surnaturelles ne sont pas nécessaires au salut.

- Je n'aime pas assez les autres : je ne fais pas assez d'efforts pour les comprendre, les aider, les encourager.

- Je n'ai pas le souci du salut des autres, et ne cherche pas à leur faire du bien.

-  Il y a des personnes que je n'aime pas : je ne prie pas pour elles. - Je garde rancune, et je ne cherche pas à me réconcilier après des fâcheries.

- J'ai communié avec de l'animosité contre quelqu'un.

- Je ne suis pas assez reconnaissant envers ceux qui me font du bien.

- Je ne prie pas assez pour les défunts, et spécialement pour ceux qui m'ont fait du bien.

 

Mes confessions:

- Je néglige de me confesser souvent.

- Je ne prépare pas suffisamment mes confessions, et je les fais légères en quelques mots banals et passe-partout.

- J'ai fait des confessions incomplètes par manque de sincérité. - Je n'ai pas un sincère repentir de mes fautes : je ne demande pas à Dieu la grâce de l'avoir.

- Je n'ai pas la volonté de me corriger de certains de mes défauts.

- Je n'ai pas fait correctement la pénitence que le prêtre m'avait donnée dans une de mes confessions précédentes.

- Je n'ai pas la douleur de voir Dieu tant offensé dans le monde.

 

La sainte eucharistie :

- J'assiste à la messe sans attention : je m'y tiens mal.

- Je n'y participe pas correctement : je ne réponds pas aux prières du prêtre à haute voix et avec un effort convenable.

- Je n'écoute pas les lectures.

- Je suis distrait - ou je dors - pendant les sermons.

- Je suis négligent pour arriver avant le commencement des offices. - Je m'attarde devant l'église au lieu de rentrer avant la messe.

- Je ne suis pas attentif à respecter le silence à proximité de l'église pour aider la prière de ceux qui sont entrés.

- A la fin de la messe, je sors avant que le prêtre ait quitté l'autel.

- Après la messe, je critique ce que j'ai vu ou entendu.

- Je ne fais pas effort pour assister à la messe en semaine.

- Je suis venu à l'église en tenue immodeste.

- Je m'habille trop vulgairement pour venir à la messe, au lieu de me mettre en tenue de cérémonie comme le mérite le saint Sacrifice.

- J'ai négligé les offices autres que la messe (vêpres, chapelets, cérémonies du soir, etc.).

- Je n'ai pas fait mon possible pour favoriser à mes proches l'assistance aux offices, et pour qu'ils puissent y arriver à l'heure.

- J'ai mené les autres aux offices, et je n'ai pas daigné entrer dans l'église.

- Je suis quelquefois entré dans l'église par besoin - sans même y faire une prière et une adoration.

- Je communie trop rarement.

-Je ne crois pas avec assez de force à la Présence réelle.

- J'ai communié sans être en état de grâce consciemment.

- J'ai communié sans respecter intégralement les règles du jeûne eucharistique.

- Après mes communions, je ne me recueille pas dans une profonde action de grâces.

- Dans la journée, je ne repense pas à ma communion du matin pour en garder les fruits.

- Je ne fais jamais de visite au Saint-Sacrement, même quand je passe à côté de l'église ou que je vais au cimetière.

- Quand je passe sur la route devant l'église, je ne fais pas un salut, ni un signe de croix, en pensant à Notre-Seigneur qui est au tabernacle.

- Je critique facilement les personnes qui communient souvent, sous prétexte qu'elles ne paraissent pas meilleures que les autres.

 

Les sacramentaux :

- Je traite sans respect des choses bénites : eau bénite, médailles, cierges, laurier béni, images pieuses, reliques, etc...

- Je regarde avec indifférence les bénédictions rituelles de l'Église : maisons, véhicules, animaux, malades...

- J'attache à toutes ces choses une crédulité excessive et superstitieuse en leur attribuant une efficacité magique.

- Je me suis moqué des manifestations diaboliques et des exorcismes.

 

Deuxième commandement

 

- Dans un excès de colère, j'ai profané le saint nom de Dieu.

- J'ai été injurieux envers la religion, envers les prêtres, les sacrements, la piété des autres.

- Je prononce facilement des jurons, des mots grossiers, orduriers, indignes de lèvres chrétiennes, - et je ne cherche pas à m'en corriger...

- J'ai fait des serments sur des choses futiles, en disant légèrement « je le jure ».

- J'ai juré pour soutenir un mensonge (= parjure).

- J'ai porté de faux témoignages devant la police, devant les tribunaux ou devant mes supérieurs.

- J'ai refusé de témoigner quand je l'aurais pu, par exemple devant un accident.

- J'ai fait des vœux ou des promesses que je n'ai pas tenus.

- J'ai traité irrespectueusement (en paroles ou en actes) des personnes ou des objets consacrés (= sacrilège).

 

Troisième commandement

 

La messe dominicale:

- J'ai manqué la messe le dimanche sans excuse grave (dites combien de fois).

- J'ai été cause que d'autres l'ont manquée (dites combien de personnes et combien de fois)

- Je suis arrivé en retard (à quel moment et combien de fois) par ma faute.

- Je me suis dissipé pendant la messe et j'ai été cause de la dissipation des autres.

- J'ai fréquenté la messe « dominicale » du samedi soir.

 

Le repos dominical :

- J'ai travaillé le dimanche sans nécessité absolue et sans demander l'autorisation au prêtre.

- J'ai fait travailler les autres, - je les ai laissé travailler alors que j'aurais pu les en dissuader.

- J'ai été aider les autres à travailler sans nécessité absolue : je n'ai pas osé refuser par respect humain

- J'ai exigé que d'autres me fassent un travail le dimanche, par égoïsme, sans nécessité.

 

La sanctification du jour du Seigneur

- Je n'ai pas cherché à mettre dans mon dimanche plus de prières, ni de lectures spirituelles - que les autres jours.

- Je n'ai pas aidé mes enfants à faire de leur dimanche une journée d'instruction religieuse.

- J'ai donné trop de place, le dimanche, à des loisirs légitimes (sport, pêche, chasse, courses, promenades...) au détriment des exercices de piété, ou des visites de charité.

- J'ai profané le dimanche par des divertissements coupables: bals, mauvais films, fréquentations malsaines...

 

Quatrième commandement

Ma vie familiale:

- Je n'aime pas assez mes parents - mes beaux-parents mes grands-parents.

- Je ne cherche pas à les rendre heureux, - je ne les aide pas comme je le devrais matériellement et moralement.

- Je suis dur avec eux, je leur parle sans respect.

- Je désobéis - j'obéis de mauvaise humeur.

- J'ai de la haine et de la révolte envers les miens.

- Je les ai injuriés.

- Je les ai frappés.

- Je les ai dénigrés en parlant mal d'eux à des étrangers.

- Je rougis des miens devant les autres, à cause de leurs défauts ou de leur pauvreté.

- Je ne favorise pas la vie religieuse des miens comme je le devrais.

- J'ai tardé à procurer à des malades de ma famille les secours du prêtre.

- Je n'aime pas profondément mon époux (mon épouse). - Je lui rends la vie pénible par ma faute.

- Je fais des dépenses égoïstes en ne pensant qu'à moi.

- Je suis hautain, capricieux, autoritaire.

- Je ne m'occupe pas assez de mes enfants, je ne leur donne pas assez de temps.

- Je les gâte trop, je suis trop faible dans leur éducation.

- J'ai refusé, sans raison valable, de nourrir mon enfant après sa naissance (faute grave).

- Je me suis opposé à la vocation religieuse d'un enfant, ou je n'ai rien fait pour l'aider.

- Je suis trop dur avec mes enfants, pas assez calme, patient et compréhensif.

- Je ne me soucie pas assez de l'exemple que je leur donne, je ne réfléchis pas au scandale que peut leur donner ma manière de vivre. - J'ai attendu trop longtemps pour faire baptiser un enfant.

- Je ne parle pas assez de Dieu à mes enfants.

- Je ne prie pas avec eux et devant eux.

- Je ne contrôle pas leur manière de vivre en société, à l'école, dans leurs loisirs.

- Je ne m'inquiète pas assez de leur formation religieuse : je ne collabore pas assez avec le prêtre pour le progrès spirituel de mes enfants.

- Je laisse à mes enfants trop de liberté pour la radio, la télévision, les lectures, les fréquentations des camarades qui peuvent exposer leur foi.

- Je les laisse sacrifier leur vie religieuse pour le sport.

- J'ai contrarié l'orientation professionnelle d'un de mes enfants.

 

Ma vie civique :

- Je n'aime pas ma patrie, je n'ai pas le souci de la voir revenir à Dieu, je ne prie pas pour son bien.

- Je m'accommode du laïcisme.

- Je décline toute responsabilité politique, et je ne me dévoue pas au bien public quand l'occasion se présente.

- Je suis inscrit à un groupe politique, syndical ou idéologique nuisible à la religion (F.. M.., communisme, socialisme, libre-pensée, syndicats gauchistes, etc.).

- J'ai chassé - j'ai pêché - j'ai conduit des véhicules - sans permis, ou sans les formalités administratives requises.

- J'ai violé consciemment et coupablement quelque loi civile. - J'ai commis volontairement des infractions au code de la route et mis ma vie en danger ou celle d'autrui.

- Je ne soutiens pas l'école chrétienne.

 

Ma vie professionnelle :

- Je suis dur et autoritaire avec mes employés.

- Je ne favorise pas de mon mieux la vie religieuse de mes employés.

- Je n'ai pas le souci de la tenue matérielle et morale des lieux de travail : j'y laisse traîner des affiches indécentes.

- Je suis incorrect avec mes patrons.

- Je désobéis à mes patrons.

- J'entretiens le mauvais esprit dans mon groupe de travail.

- Je participe à des activités subversives qui troublent le travail au lieu de chercher la paix sociale.

- Je suis jaloux de mes collègues de travail.

 

Cinquième commandement

 

- Je suis méchant.

- J'ai eu des disputes violentes, des discussions passionnées et autoritaires.

- J'ai donné des coups.

- Je me suis vengé.

- J'ai désiré me venger (sans pouvoir le faire).

- Je garde de la haine, de la rancune.

- J'ai souhaité du mal.

- Je me suis réjoui des épreuves des autres.

- J'ai dit des paroles blessantes avec l'intention de faire de la peine.

- Je ne souhaite pas de bien à ceux qui me sont antipathiques. —Je suis jaloux du bien qui arrive aux autres.

- Je ne cherche pas à réconforter les malheureux.

- Je méprise les autres à cause de leurs défauts.

- Je n'ai pas le souci des mauvais exemples que je donne en étant un chrétien médiocre.

- J'ai scandalisé par des paroles, des conseils, des comportements, des chansons, des livres ou journaux que j'ai prêtés.

- J'ai provoqué des accidents, des blessures ou des morts - par imprudence, et j'y suis resté indifférent parce que j'étais « assuré ». - Je me suis attardé à des pensées de suicide.

 

Sixième et neuvième commandements

 

Discipline des sens; modestie:

- J'ai entretenu dans mon esprit des pensées, des rêveries et des désirs impurs.

- J'ai porté volontairement et inutilement mes regards sur des choses obscènes : affiches, presse, photographies, toilettes immodestes.

- J'ai regardé des films sans tenir compte de la côte morale (cinéma ou télévision).

- J'ai lu des récits inconvenants.

- J'ai laissé traîner sur les tables de la presse indécente.

- J'ai chanté - ou écouté chanter - des chansons indécentes.

- J'ai chanté ou fait jouer de mauvaises chansons en présence d'autres personnes, causant ainsi du scandale.

- Je me suis entretenu inutilement de choses impures.

- J'ai fréquenté les bals et autres lieux de luxure : j'y ai entraîné d'autres personnes.

- J'ai satisfait ma curiosité malsaine - sans nécessité - sur les choses sexuelles.

- J'ai eu des gestes indécents, des familiarités coupables - ou je les ai permises à d'autres sur moi.

- J'ai fait des actes sexuels - seul - avec d'autres (mentionnez s'il s'agit d'une autre personne de votre sexe ou non, mariée ou non, et combien de fois).

- J'ai porté des toilettes qui ne me couvraient pas suffisamment, - j'ai eu des attitudes inconvenantes ou provocantes : j'ai négligé le scandale que je causais en étant une occasion de péché.

- Je m'habille trop légèrement pour travailler dans mon milieu familial, par manque de mortification ou de pudeur.

 

Vie conjugale:

- J'ai manqué à la fidélité conjugale : en pensée, en désir, en acte (dans ce dernier cas, combien de fois ?).

- J'ai cherché à plaire à d'autres qu'à mon conjoint, et recherché leur compagnie.

- J'ai triché avec les lois de la fécondité : acte conjugal inachevé, contraceptifs, préservatifs..., actes contre nature.

- J'ai désiré - conseillé - pratiqué - ou participé médicalement - à l'avortement.

(Demandez à votre confesseur, si vous en avez besoin, de vous éclairer davantage sur la morale conjugale : c'est un point très important pour votre salut.)

- Je cohabite en concubinage.

- Je suis uni seulement à la mairie (c'est-à-dire que je me suis enchaîné au concubinage). (Demandez alors des conseils à votre confesseur.)

- J'ai refusé le devoir conjugal à mon conjoint sans motif légitime, je ne l'ai accordé qu'avec mauvaise humeur.

- Je n'ai pas proposé le devoir conjugal quand je savais que mon conjoint le désirait.

- J'ai volontairement et indûment limité les naissances dans mon foyer.

 

Septième et dixième commandements

 

- J'ai volé (dites quelle valeur, au moins approximativement, ou précisez l'objet volé).

- J'ai gardé des objets trouvés sans les déclarer.

- J'ai gardé des objets empruntés.

- J'ai triché dans un héritage avec mes cohéritiers,.., j'ai lésé mes héritiers dans mon testament.

- J'ai trompé dans les marchés ou les transactions.

- J'ai triché dans les jeux.

- J'ai extorqué par ruse, injustement, des avantages (salaires, retraites, pensions, subventions).

- J'ai pratiqué « le système D », le « piston »... pour me procurer quelque avantage auquel je n'ai pas droit normalement.

- J'ai tardé, par négligence, à payer mes dettes.

- J'ai laissé traîner indûment des notes chez des commerçants. 

- J'ai laissé abîmer le bien des voisins par mes bêtes ou mes machines - sans chercher à réparer les dégâts.

- Je me suis servi sans permission préalable et sans gêne du bien des autres.

- J'ai provoqué aux autres des préjudices, par exemple en accrochant une voiture, et je n'ai pas révélé mon identité (le tort causé peut être considérable et constituer un péché très grave).

- Je n'ai pas payé le denier du culte.

- J'ai refusé d'aider les plus démunis que moi, alors que je l'aurais pu.

- J'ai refusé l'aumône à des pauvres.

- Je ne suis pas généreux pour les quêtes et les bonnes œuvres.

- Je gaspille l'argent à des choses superflues, - j'entretiens chez moi un luxe inutile.

 

Justice sociale :

- Je ne donne pas un juste salaire à mes employés.

- Je n'observe pas la législation sociale concernant le travail.

- J'ai triché dans mon travail et j'ai lésé mon employeur (retard dans les horaires, tricherie pour les visites médicales, grignotage sur le temps de travail, etc.).

- J'ai traduit quelqu'un devant les tribunaux, alors que j'aurais pu l'éviter.

 

Huitième commandement

Mensonge:

- J'ai menti ou déformé la vérité - par vantardise ou par intérêt, ou pour tenter de me disculper, ou pour nuire à quelqu'un.

- J'ai menti à mes supérieurs - à mon conjoint - à mes enfants. - J'ai fait dire des mensonges à mes enfants.

- J'ai menti à mon confesseur.

 

Médisances – calomnies – jugements téméraires. Indiscrétions

- J'ai dit du mal vrai sur mon prochain sans raison valable.

- J'ai dit du mal faux sur mon prochain, j'ai inventé du mal, j'ai grossi le mal que je savais.

- J'ai dit du mal dont je n'étais pas sûr, que j'ai répété après les autres inconsidérément, sans preuves.

- J'ai pris plaisir à divulguer du mal sur les autres, par vengeance ou malice.

- J'ai soupçonné les autres sans preuve suffisante. J'ai écrit des lettres anonymes.

- J'ai porté faux témoignage devant la police - ou devant les tribunaux.

- J'ai raconté - ou répété - des choses préjudiciables aux prêtres ou à l'Église.

- J'ai révélé sans nécessité des choses secrètes.

- J'ai révélé des secrets qu'on m'avait confiés (vous en dites la nature, sinon la matière, pour que le confesseur puisse en apprécier la gravité,.., mais sans jamais nommer des personnes).

- J'ai parlé de choses qui m'ont été dites en confession.

- J'ai ouvert des lettres destinées à autrui. (Les parents en ont le droit de le faire pour leurs enfants.)

- J'ai lu des lettres destinées à autrui et que j'avais ouvertes involontairement.

- J'ai écouté - ou entendu involontairement sans m’éloigner - la confession d'une autre personne.

- J'ai critiqué, devant autrui, des conseils ou des avis que j'avais reçus en confession.

 

Les commandements de l'Église

 

-Je ne crois pas suffisamment au caractère divin de l'Église catholique.

-Je mets l'Église catholique sur le même pied que d'autres organisations confessionnelles.

-Je n'ai pas la soumission profonde et filiale à l'Église : je discute son enseignement, et je le critique au lieu de lui obéir.

-Je n'ai pas le souci de faire aimer l'Église et de la faire progresser par ma manière de me comporter.

-Je n'ai pas assez le sens du baptême, qui m'a fait fils de l'Église.

-Je n'aide pas financièrement l'Église comme je le pourrais (missions, écoles, séminaires...).

-Je ne jeûne pas - alors que j'y suis tenu et que je le pourrais. 

-J'ai mangé de la viande les jours d'abstinence obligatoire (tous les vendredis).

-Je ne prie pas pour le pape - ni pour les prêtres - ni pour les vocations.

-Je n'ai pas « fait mes Pâques » (obligation de communier pendant le temps pascal) - par négligence - par mépris.

-Je m'obstine à « faire mes Pâques » sans être fidèle à la messe dominicale, - et j'accumule ainsi les sacrilèges.

 

Les péchés capitaux

Orgueil:

- Je suis orgueilleux - arrogant - autoritaire.

- Je me crois meilleur que les autres, et je me mets facilement en relief quand j'en ai l'occasion.

- J'accepte difficilement d'être humilié.

- Je suis susceptible, et je supporte mal les plaisanteries qui me sont défavorables.

- Je suis vaniteux dans ma toilette, et je cherche à plaire.

- Je suis obstiné dans mes idées, sans chercher à les confronter avec la vérité (entêtement et opiniâtreté).

 

Avarice, attachement aux biens matériels:

- Je suis attaché à l'argent, aux biens matériels, et trop peu aux biens spirituels.

- J'aime le luxe, le confort, le mobilier.

- J'ai toujours peur de manquer du nécessaire et je ne cherche pas à partager.

- Je refuse de prêter ce qui m'appartient, ou je ne le prête pas de bon cœur.

- Je suis pointilleux pour défendre mes biens.

 

Jalousie et envie:

- Je suis jaloux des autres, de leurs biens, de leurs qualités, de leurs succès.

- Je me réjouis quand il leur arrive des choses désagréables, et je m'attriste de leur bonheur.

- J'ai souhaité du mal aux autres.

 

Gourmandise:

- Je donne beaucoup d'importance aux plaisirs de la table. - Je mange plus que le nécessaire.

- Je fais des excès de boissons alcoolisées.

- Je ne surveille pas la boisson de mes enfants.

- Je suis difficile pour la nourriture, et je crée des difficultés inutiles à ma famille.

- Je suis trop attaché aux banquets et aux bons repas.

- J'abuse des friandises.

- Je fume d'une façon immodérée.

 

Colère:

- J'ai mauvais caractère, et je ne fais pas d'effort pour m'en corriger.

- Je m'emporte dans de violentes colères.

- Je corrige mes enfants sans me maîtriser.

- Je suis brutal envers les animaux.

 

Paresse :

- Je prolonge mon sommeil, ou je paresse dans mon lit, au-delà du nécessaire.

- Je rechigne devant l'effort pour mon travail.

- J'ai refusé de me gêner pour rendre service aux autres gratuitement.

- Je cherche toujours à grignoter sur le temps de mon devoir - au profit de mon plaisir.

- Je suis paresseux pour mes prières, pour répondre à la messe.

- Je cherche mes aises dans mes attitudes au lieu de me discipliner pour me tenir dignement.

 

Conclusion

 

- Après avoir dit avec sincérité tous vos péchés, vous ajoutez la formule suivante :

 

De tous ces péchés - de tous ceux que j'ai oubliés - de tous ceux de ma vie passée, je demande pardon à Dieu, - et, à vous, mon Père, pénitence et absolution, si vous m'en jugez digne.

(Cette prière, chaque fois que vous la prononcez au confessionnal, diminue la durée de votre purgatoire que vous ont méritée vos péchés.)

- Puis, vous achevez le «Je confesse »:

C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie, toujours vierge, saint Michel archange, saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul, tous les saints et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

- Vous écoutez ensuite ce que vous dit le confesseur ; quand il a fini de vous parler, vous dites l'acte de contrition.

 

Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser de faire pénitence.

- Vous écoutez la formule d'absolution, - avec joie, humilité et reconnaissance.

- Avant de quitter le confessionnal, vous dites (à Dieu et au prêtre) : « Merci, mon Père »

 

Vous repartez ami de Dieu; vous allez faire la pénitence que le confesseur vous a imposée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prière à l'amour miséricordieux de Notre-Seigneur

 

Seigneur Jésus, - je suis un pauvre pécheur. Tous les matins, c'est avec beaucoup de vérité que l'Eglise met sur mes lèvres cette parole : « Mon Dieu, je vous offre cette hostie pour mes offenses et mes négligences innombrables. » Combien elle a raison ! Si je n'étais qu'une simple créature, - je ne serais pas grand chose, je serais devant vous l'équivalent d'un zéro, - le néant en face de l'Être, - celui qui n'est pas en face de celui qui est - le zéro en face de l'infini...

Du moins, je ne serais pas votre ennemi.

Mais, là ne s'arrête pas ma pauvreté ;... à cette pauvreté immense, mais indépendante de ma volonté, j'ai ajouté moi-même la malice, et une misère incroyable,.., une déchéance qu'aucun mot ne peut traduire, - car je suis un pécheur. Ce mot de « pécheur » - Seigneur - a fait trembler les cieux la première fois que vos anges le sont devenus... Et faut-il que le péché soit votre ennemi - Seigneur mon Dieu -, pour avoir provoqué de votre main qui avait créé par amour, cette terrible réplique qu'est l'enfer éternel !

Par le péché, - je me suis abaissé au-dessous du zéro, - je me suis rangé dans le négatif, - et je suis devenu votre adversaire et votre bourreau, moi que vous aviez créé parce que vous m'aimiez.

Et c'est l'abîme de cette déchéance - Seigneur jésus - que vous êtes venu rejoindre par le mystère de votre sainte Incarnation... C'est cette misère que vous êtes venu guérir par le mystère de votre Rédemption... C'est cette malice que vous êtes venu me pardonner du haut de votre sainte croix.

Quand je m'arrête à cette pensée - ô mon jésus - la dimension de votre amour miséricordieux m'écrase et me confond, en même temps qu'elle m'exalte pour me précipiter à vos genoux.

Si je n'étais que le néant de la créature, - je ne mériterais pas que vous vous intéressiez à moi,... mais je ne mériterais pas non plus, du moins, que votre justice me punisse.

Mais je suis pécheur ! - par mon péché, je vous ai fait la plus insolente injure qu'on puisse vous faire, - celle de remplacer votre volonté par la mienne, votre honneur par mon orgueil, votre majesté par mon néant, votre sagesse par ma stupide raison, et votre amour par mon ingratitude. Je mérite votre colère et l'enfer éternel, que vous avez créé pour punir les pécheurs.

Et si encore je ne vous avais offensé qu'une fois, - et que je me sois converti ensuite ! Mais hélas ! - pour mon grand malheur !

Ce que les anges ont fait une seule fois, ce que tant de saintes âmes ont fait une fois et arrosé ensuite de leurs larmes, moi je l'ai fait un nombre incalculable de fois, et je n'ai ensuite jamais pleuré comme il faudrait mes égarements.

L'œuvre de vos mains a été profanée par les miennes, et l'image de votre esprit a été en moi violée par ma volonté rebelle. Mon péché est grand comme l'océan, il a pris une dimension éternelle, en touchant de manière sacrilège aux lois que votre sagesse éternelle avait posées et pensées éternellement.

De plus, Seigneur - je n'ai pas su pleurer mes péchés. Je suis semblable un enfant étourdi qui a multiplié les bêtises, - et qui continue à rire comme si rien ne s'était passé ! Et c'est ce qui me rend encore plus indigne de votre pardon.

Je devrais être l'enfant prodigue confus et accablé par la honte - s'acheminant, confiant, mais douloureux, vers la maison de son père.

Je sais qu'il ne peut pas être question de mettre une limite quelconque à votre amour pour moi, ni à votre pardon. Je sais que, - même en étant tout à la fois, Judas, Caïphe, Hérode, Pilate, Pierre, Marie-Madeleine et le larron, - et en accumulant dans ma vie tous les crimes de la terre et de l'histoire, je ne pourrais mettre en échec la puissance purificatrice de votre passion.

Mais je sais aussi que le mauvais larron s'est distingué de l'autre parce qu'il n'a pas eu l'humilité de se reconnaître pécheur, et que le ciel lui est passé à côté, non par le défaut de votre Rédemption, mais par le défaut de son repentir.

Jésus, - envahissez mon cœur d'une douleur réelle et faites-moi pleurer sur mes péchés des larmes inconsolables et intarissables jusqu'à la fin de mes jours.

Enfin - ô mon Seigneur Jésus - j'ai encore une autre grâce à vous demander Je m'arrête quelques secondes devant votre croix, afin de donner plus de force à ma prière.

Vous connaissez - vous - les racines de mon péché. Allez à ces racines - je vous supplie - et opérez, comme vous savez et pouvez le faire, le défrichement nécessaire. Je ne me sauverai que si vous faites en moi des miracles ; mais vous pouvez les faire, vous en avez fait tant d'autres.

Ces miracles que je vous demande, - c'est de changer mon cœur - d'y éteindre le feu des passions - d'y arracher les mauvaises habitudes - d'y cautériser toutes les sources de venin, d'y opérer une transfusion complète - et d'y remplacer toutes les molécules viciées - par quelque chose de vous-même, afin que le nouvel être qui surgira de cette miraculeuse intervention de votre grâce, n'aime plus que vous - et tout ce que vous aimez vous-même.

J'implore cette faveur - Seigneur Jésus - à genoux au pied de votre croix, où vous avez donné pour moi la preuve d'un amour qui ne peut ni se dire, ni se comprendre.

Et je supplie votre très sainte Mère, que vous m'avez donnée au pied de cette même croix, en nous arrosant tous deux de votre sang rédempteur, cette Mère dont la tendresse et la délicatesse me sont au cœur plus consolantes que toutes les douceurs ;

 

Amen

 

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