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LL n° 129 : Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 1

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Lettre de liaison n° 129 (29 décembre 2021)Imprimer

La troisième apparition de l’Ange

Il y a dans les apparitions de l’Ange une véritable progression. La troisième constitue vraiment un sommet. Elle est entièrement occupée par la communion miraculeuse donnée par l’Ange aux petits voyants et offre plusieurs enseignements très précieux sur la Sainte Eucharistie. Lucie la rapporte deux fois dans ses mémoires : dans le deuxième mémoire rédigé en novembre 1937 et dans le quatrième rédigé en décembre 1941. Les deux versions sont quasiment identiques. Voici la version du quatrième mémoire :

Nous avions récité là [au Cabeço] notre chapelet et la prière que l’Ange nous avait apprise à la première apparition. C’est alors qu’il nous apparut pour la troisième fois, tenant dans ses mains un calice et, au-dessus de lui, une Hostie d’où tombait dans le calice quelques gouttes de sang. Laissant le calice et l’Hostie suspendus dans l’air, il se prosterna jusqu’à terre et répéta trois fois cette prière :

Très Sainte Trinité, Père, Fils, Saint-Esprit, je Vous adore profondément, et Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont il est Lui-même offensé et, par les mérites infinis de son très Saint Cœur, et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Puis, se relevant, il prit de nouveau dans ses mains le calice et l’Hostie, me donna l’Hostie, et donna le contenu du calice à Jacinthe et à François, en disant en même temps :

Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Il se prosterna de nouveau jusqu’à terre et répéta avec nous encore trois fois la même prière : « Très Sainte Trinité, etc. » Puis il disparut.

Le calice et l’Hostie

Cette apparition donna l’occasion aux trois petits bergers de contempler des gouttes des sang tombant de l’Hostie dans le calice. Que signifient ces gouttes de sang ? Elles montrent que l’Hostie est véritablement le Corps de Notre-Seigneur. Quand du sang sort d'un corps, cela signifie que ce corps est malade ou blessé. Et plus il perd de sang, plus sa vie est en danger. C'est exactement ce qu'a vécu Notre-Seigneur en mourant au Calvaire, cloué sur la croix. En conséquence, si 1'Hostie laisse couler du sang, cela signifie que la Sainte Eucharistie est le renouvellement de la crucifixion de Notre-Seigneur sur le Calvaire, renouvellement non sanglant, mais véritable renouvellement de l’unique sacrifice de Notre-Seigneur sur la Croix.

Et, dans l’Hostie, il y a non seulement le corps, mais toute la personne de Jésus-Christ, car par trois fois, en se prosternant devant l’Hostie et le calice, l’Ange fait répéter aux petits voyants : « Je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ. »
Petit détail : dans les deux relations qu’elle fait de cette apparition, sœur Lucie retranscrit ainsi les paroles de l’Ange : « le (au singulier, ‘o’ en portugais) très Précieux (au singulier également) Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent (toujours au singulier) dans tous les (au pluriel, ‘os’ en portugais) tabernacles de la terre ». (« ofereço-Vos o Preciosissimo Corpo, Sangue, Alma e Divindade de Jesus Cristo presente em todos os sacrários da terra »). Le singulier utilisé par l’Ange devant l’énumération des quatre éléments de la personne de Jésus-Christ marque l’unité essentielle de ces quatre éléments.

De plus, l’Ange ajoute : « … présent dans tous les tabernacles de la terre », affirmation qui est clairement une confirmation du dogme de la présence réelle de Notre-Seigneur dans le Très Saint Sacrement. Jésus est présent dans tous les tabernacles de la terre, c’est-à-dire dans toutes les églises catholiques dans lesquelles est conservé le Saint Sacrement.

L’Ange confirme ainsi les enseignements du concile de Trente, à savoir que la messe est véritablement un sacrifice. Voici le résumé que fait de ce dogme le grand catéchisme de saint Pie X, publié en 1905 :

La sainte Messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ, offert sur nos autels sous les espèces du pain et du vin en souvenir du sacrifice de la Croix.
Le sacrifice de la Messe est substantiellement le même que celui de la Croix en ce que c’est le même Jésus-Christ qui s’est offert sur la Croix et qui s’offre par les mains des prêtres, ses ministres, sur nos autels ; mais dans la manière dont il est offert, le sacrifice de la Messe diffère du sacrifice de la Croix, tout en gardant avec celui-ci la plus intime et la plus essentielle relation.
Entre le sacrifice de la Messe et le sacrifice de la Croix il y a cette différence et cette relation que, sur la Croix, Jésus-Christ s’est offert en répandant son Sang et en méritant pour nous ; tandis que sur les autels, il se sacrifie sans effusion de sang et nous applique les fruits de sa Passion et de sa Mort.

Au cours de sa troisième apparition, l'Ange a donc clairement réaffirmé un point essentiel de la doctrine catholique sur l'Eucharistie. Ce rappel est particulièrement important de nos jours, car la notion de sacrifice est, sinon passée sous silence, tout au moins fréquemment mise au second plan. Il n’est malheureusement pas rare de rencontrer des personnes se disant catholiques mais ne croyant pas à la présence réelle de Notre-Seigneur sous les espèces du pain et du vin.

La prosternation

« Laissant le calice et l’Hostie suspendus dans l’air, il se prosterna jusqu’à terre. » (Dans son deuxième mémoire, sœur Lucie dit : « L’Ange laissa suspendu en l’air le calice et s’agenouilla près de nous. ») Ainsi, comme au printemps, l’Ange, après s’être agenouillé, se courba jusqu’à terre. Et après avoir donné la communion aux petits bergers, il se prosterna à nouveau.

Il y a là une autre leçon d’une grande importance : si un ange se prosterne ainsi devant la Sainte Hostie, combien plus nous devons le faire, nous qui lui sommes bien inférieurs. En effet, la différence entre les anges et les hommes est presque infinie. Saint Thomas dit que l'âme d'un seul ange vaut plus que la totalité du monde visible. Or, devant le Très Saint-Sacrement, l'Ange n’hésite pas à se prosterner jusqu’à terre. Combien Dieu doit être grand pour qu’un ange s'abaisse ainsi devant Lui et demande aux trois enfants de se joindre à lui dans un même acte d'adoration !
Ce geste de l'Ange montre l'attitude qui plaît à Dieu. En effet, l'Ange qui vient du Ciel ne peut certainement rien faire qui Lui déplaise. Le geste qu’il accomplit est donc sûrement agréable à Dieu. Ce geste nous rappelle que Dieu est saint et veut être adoré. Jésus lui-même, à l’heure de son agonie, se prosterna jusqu’à terre pour prier son Père : « S’étant un peu avancé, il se prosterna la face contre terre, priant et disant :  Mon Père, si c’est possible, que ce calice passe loin de moi. … ». (Mat XXVI, 39)

Se prosterner, c'est s'abaisser pour exalter l'objet de notre vénération. Jésus dans le Saint Sacrement est Dieu. En nous prosternant devant Lui, nous reconnaissons qu'Il est notre premier Principe et notre Fin dernière, notre Roi et l'origine de toute chose ; que nous dépendons complètement de Lui ; que nous Lui appartenons en toutes choses. Cette attitude exprime la véritable condition de toute créature : elle-même n’est rien, Dieu est tout ! Une telle attitude est la marque d’une profonde humilité, la seule qui plaise à Dieu. Elle peut puissamment nous aider à ‘prendre conscience de notre néant’. Cette dernière expression pourra choquer certains. Pourtant, elle est d’origine divine. En effet, dans la vie de sainte Catherine de Sienne, rédigée par son confesseur, le bienheureux Raymond de Capoue, on trouve le fait suivant :

Vers l’âge de 18 ans, un soir qu'elle était absorbée dans un entretien avec le Seigneur, Catherine osa se lancer dans un véritable dialogue. Soudain, craignant d'avoir été trop loin, elle se repentit et se dit : « Âme misérable, qui donc es-tu pour que Dieu daigne converser avec toi face à face ? Seigneur, qui suis-je ? Et dites-moi aussi, Seigneur, qui Vous êtes. »
Notre-Seigneur apparut alors à Catherine et lui dit : « Sais-tu, ma fille, ce que tu es et ce que je suis ? Si tu apprends ces deux choses, tu seras bienheureuse. Tu es celle qui n'est pas et moi je suis Celui qui suis. Si tu gardes en ton âme cette vérité, jamais l'ennemi ne pourra te tromper, tu échapperas à tous ses pièges ; jamais tu ne consentiras à poser un acte qui soit contre mes commandements et tu acquerras sans difficulté, toute grâce, toute vérité, toute clarté. »

Il est si important pour les créatures de mesurer leur néant vis-à-vis de Dieu dont elles tirent leur être que l’Ange de Fatima montre aux petits voyants que, lui-même, bien qu’étant parmi les plus belles créatures de la création, n’hésite pas à se prosterner devant son Créateur.

 Autre point qu’il convient de noter : l'Ange demande aux petits bergers de se joindre à lui pour adorer Dieu. Car c'est la volonté de Dieu que les hommes et les anges, que le monde visible et le monde invisible, forment un seul chœur, une seule assemblée unie pour Le louer et L'adorer. Plus les membres de l'Église militante s'uniront aux membres de l'Église triomphante (les anges et les saints), plus notre prière sera agréable à Dieu et plus nous serons dans les bonnes dispositions pour L'adorer.
Ainsi, l’Ange semble nous dire : « Comme moi et les petits bergers de Fatima, agenouillez-vous devant le Saint Sacrement pour adorer les saintes plaies de Jésus, ses immenses souffrances et sa mort. »

Nous poursuivrons l’analyse de cette apparition dans la prochaine lettre de liaison.

Histoire des apparitions

La précédente lettre de liaison avait pour sujet l’analyse du film ‘Fatima’ de Marco Pontecorvo. Pour permettre de comparer l’histoire présentée par le film avec les faits réels, un bref récit des apparitions, établi à partir des mémoires de sœur Lucie et des témoignages recueillies par le père De Marchi auprès des nombreux témoins, était proposé. Le texte définitif de ce récit n’a malheureusement pu être mis sur le site que deux semaines après la publication de la lettre. Veuillez nous en excuser.

Nous encourageons nos lecteurs à le lire : non seulement pour mieux connaître ou se remémorer l’histoire des apparitions, mais aussi pour bien percevoir le grand nombre de manifestations extérieures qui ont accompagné les apparitions. Ces signes, observés par des milliers de témoins – dont une partie refusaient fermement de croire à la réalité des apparitions – sont très importants pour deux raisons :

  • d’une part, ils sont une des preuves de l’origine divine des apparitions ;
  • d’autre part, leur nombre et leur caractère exceptionnel soulignent l’importance du message de Fatima.

Car si Dieu a pris la peine d'authentifier d’une telle manière les apparitions de Fatima, c’est n’est sûrement pas pour délivrer un message banal.

Voici un tableau récapitulatif de ces signes. Ne sont mentionnés que ceux que les témoins ont formellement rapportés. On en recense une vingtaine. Ils sont présentés dans l’ordre chronologique de leur arrivée. L’apparition du 13 mai n’est pas mentionnée puisqu’il n’y eut pas de témoins ce jour-là.

Tableau signes

Jamais dans l’histoire, il n’y eut autant de signes visibles accompagnant une apparition : le coup de tonnerre entendu AVANT de voir l’éclair, le 13 août (Mme Careira affirme que ce phénomène se produisit également le 13 juillet) ; l’arrivée du globe lumineux le 13 septembre ; la baisse de la luminosité et de la température ; le tremblement de terre du 13 juillet ; les habits des 70 000 témoins subitement secs après la danse du soleil, etc. L’inégalité des témoins devant les phénomènes est également inexplicable : le 13 septembre, beaucoup de ceux qui voulaient voir n’ont rien vu ; et beaucoup de ceux qui ne voulaient pas voir, ont vu malgré eux.
Ces phénomènes ne peuvent pas avoir une origine humaine et n’ont pas d’explication naturelle. À lieu seul, ce fait place les apparitions de Fatima complètement à part par rapport aux autres apparitions.

C’est probablement une des raisons pour lesquelles le père Joseph de Sainte Marie considérait qu’il fallait faire une distinction entre les différentes révélations privées. Voici ce qu’il disait dans un article sur le message de Fatima :

On se contente en général de distinguer la "Révélation publique", celle de l'Évangile, et les "révélations privées", en englobant dans cette dernière catégorie toutes les communications surnaturelles faites aux "mystiques". Et l'on ajoute, le plus souvent, que seule la première oblige, les autres pouvant tout au plus être acceptées et tenues pour vraies d'une foi purement humaine.
Deux considérations très simples montrent l'insuffisance de cette position.

La première est que, parmi les communications surnaturelles données actuellement à certains, il faut distinguer celles qui n'ont pour objet immédiat que le bien et la conduite de leur âme et celles qui leur sont faites pour être communiquées par eux à l'Église. Tel est le cas à Fatima, à Lourdes et dans toutes les grandes apparitions mariales des temps modernes.

La seconde réflexion est que s'il est vrai que la nature de l'acte de foi est déterminée par le motif sur lequel repose cet acte, on doit en conclure qu'une foi humaine est celle qui repose sur un témoignage humain et que, à l'inverse, là où intervient un témoignage surnaturel, d'origine divine, l'acte de foi requis sera lui aussi marqué d'un caractère surnaturel. Ce ne sera pas la foi théologale que, par définition, seule la Révélation évangélique proposée par l'Église peut exiger et fonder. Mais ce ne sera pas non plus une foi purement humaine, laissée au libre choix de chacun.

En termes simples disons : à partir du moment où il est établi que Dieu nous parle, par Lui-même ou par un messager, sa parole fonde un acte de foi qui appartient d'une certaine manière à l'ordre surnaturel. Elle le fonde et elle l'exige ; il y a obligation de croire et donc d'obéir.

Or, les signes extérieurs au cours des apparitions de Fatima montrent que Dieu nous a parlé par l’intermédiaire de la Sainte Vierge. On ne peut donc pas considérer le message de Fatima comme une simple révélation privée. Il exige de nous un assentiment qui, sans aller bien sûr jusqu’à un acte de foi théologale, appartient « d’une certaine manière à l’ordre surnaturel ». Voilà pourquoi les manifestations extérieures qui se sont produites au cours des apparitions de Fatima, ont une telle importance, car elles sont une des preuves de l’origine céleste des paroles entendues par les petits voyants.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Nous vous souhaitons également une sainte année sous la protection de Notre-Dame.
Yves de Lassus

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