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Lettre de liaison n° 76 (16 juin 2018)

Chers amis,

Pourquoi continuer à parler des apparitions de Fatima ? Le centenaire est désormais passé. Ne serait-il pas plus pertinent de parler d’autre chose ? Il y a plusieurs raisons à cela. L’une des principales est que ces apparitions ont une place complètement à part dans les manifestations divines, une place que n’a aucune autre apparition, pas même celles de Notre-Seigneur. Comment est-ce possible ?
Dieu ne délaisse pas sa création. En premier lieu, s’Il cessait de le faire, elle disparaîtrait. Ensuite, Jésus nous a enseigné : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mat. XXVIII, 20). Effectivement, Dieu, notamment par l’intermédiaire de l’Esprit-Saint, se manifeste continuellement. Tout d’abord, Il le fait par des moyens ordinaires, comme nos anges gardiens ou l’assistance du Saint-Esprit plus particulièrement promise aux membres du sacerdoce. Mais Il peut aussi utiliser des moyens extraordinaires comme les miracles ou les révélations.

De tout temps, Dieu s’est servi des miracles pour se manifester. L’Ancien Testament en rapporte plusieurs, comme celui du roi Ézéchias à qui Dieu dit par l’intermédiaire du prophète Isaïe : « J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Je vais te guérir : dans trois jours, tu monteras au Temple de Yahvé. J'ajouterai quinze années à ta vie, je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d'Assyrie, je protégerai cette ville à cause de moi et de mon serviteur David. » (2e livre des Rois, XX, 5-6)

Dieu intervient également en nous guidant ou nous enseignant par des révélations privées, phénomènes exceptionnels mais qui sont, malgré tout, assez fréquents dans la vie des saints. Sur ces révélations, la théologie enseigne que Dieu utilise trois voies : soit Il imprime directement une idée dans notre esprit, vision dite intellectuelle ; soit Il impressionne directement nos sens ou notre imagination sans qu’il y ait un objet ou une représentation physique extérieure, vision dite imaginative, souvent accompagnée d’une vision intellectuelle pour en comprendre le sens. Tels sont, par exemple, les songes de saint Joseph ou de saint Jean Bosco. Soit Dieu impressionne nos sens par une manifestation extérieure, vision dite sensible qu’on appelle généralement apparition.
Ces visions ou apparitions peuvent revêtir différentes formes : sainte François Romaine voyait continuellement son ange gardien. Sainte Jeanne d’Arc vit plusieurs fois saint Michel Archange, sainte Marguerite d’Antioche et sainte Catherine d’Alexandrie. Selon les théologiens, en particulier saint Thomas d’Aquin, les anges n’ayant pas de corps et les corps glorieux des saints n’étant pas encore ressuscités puisqu’ils ne le seront qu’au moment du jugement dernier, ces personnages célestes empruntent à la nature des formes qui les représentent afin d’impressionner nos sens, mais qui ne sont pas leur corps. Ainsi l’ange gardien de Don Bosco lui apparut souvent sous la forme d’un énorme chien qu’il surnomma Il Grigio.

Il y a toutefois deux exceptions : Notre-Seigneur et Notre-Dame disposent de leur corps glorieux puisqu’il y eut la Résurrection et l’Assomption. Dans ce cas, rien ne s’oppose à ce qu’ils puissent apparaître avec leur corps glorieux. Jusqu’à l’Ascension, Notre-Seigneur apparut ainsi plusieurs fois aux apôtres et aux disciples. Toutefois, les théologiens disent que ces apparitions de Notre-Seigneur ou de Notre-Dame avec leur corps glorieux sont très rares ; mais elles peuvent exister. Même si ce n’est pas de foi, telles sont sûrement les apparitions de Notre-Dame à Fatima, des milliers de témoins ayant observé de très nombreux signes marquant une présence réelle comme les branches du chêne qui ployaient ou les murmures d’une conversation.

Si Dieu se manifeste ainsi, ce peut être soit pour nous rappeler des vérités comme la nécessité de prier et faire pénitence à Lourdes, soit pour nous indiquer une façon d’agir comme de fuir en Égypte pour saint Joseph, soit pour nous révéler l’avenir et éclairer notre conduite. Sur ce dernier point, les apparitions de Quito au XVIe siècle offre un exemple particulièrement saisissant. Au couvent royal de l’Immaculée Conception, une religieuse espagnole, mère Mariana de Jésus Torrès (1536 - 1635) eut plusieurs apparitions de la Sainte Vierge. Ainsi, le 16 janvier 1599, Notre-Dame lui révéla qu’au XIXe siècle, un président chrétien consacrerait l’Équateur au Sacré-Cœur et serait assassiné en précisant exactement l’endroit où aurait lieu ce crime : la place jouxtant le couvent. Et effectivement, le président Garcia Moreno consacra l’Équateur au Sacré-Cœur en 1873 et fut assassiné le 6 août 1875, près du couvent de l’Immaculée Conception, entre la cathédrale où il venait d’assister à la messe et le palais présidentiel.
Le 8 décembre 1634, Notre-Dame révéla aussi à sœur Mariana qu’en ce même siècle, un pape proclamerait deux dogmes : celui de l’infaillibilité pontificale et celui de l’Immaculé Conception, et qu’il serait privé des États pontificaux. Ces trois événements se produisirent effectivement sous le pontificat de Pie IX (16 juin 1846 - 7 février 1878) : le dogme de l’Immaculée Conception fut défini par la bulle Ineffabilis Deus le 8 décembre 1854 ; le dogme de l’infaillibilité pontificale, défini par la constitution dogmatique Pastor aeternus du concile Vatican I (8 décembre 1869 - 20­ octobre 1870), fut proclamé le 18 juillet 1870 ; et les États pontificaux furent définitivement pris à l’Église en 1870 après la capitulation de Rome le 20 septembre de cette année.
Or ces prophéties, faites 250 ans avant leur réalisation, ont été consignées par écrit en 1790 par un franciscain, le père Pereira, soit un peu plus de soixante ans avant les faits. Ces prophéties sont donc sûrement d’origine divine, car seul Dieu peut révéler l’avenir avec autant de précision.

Voici donc les principales façons par lesquelles Dieu se manifeste à nous. Or à Fatima, non seulement le nombre de signes divins est exceptionnel, mais tous les moyens possibles de révélation ont été utilisés quasiment simultanément, fait très rare dans les révélations privées. En premier lieu, il y eut les visions sensibles de Notre-Dame qui a manifesté sa présence par des signes qui ne trompent pas, car ils furent observés par des milliers de témoins, certains situés à plusieurs kilomètres du lieu des apparitions. Ensuite, il y eut des visions imaginatives, comme celle de l’enfer le 13 juillet 1917. Enfin, il y eut des révélations intellectuelles comme lorsque les petits voyants « se virent comme submergés en Dieu » lors des apparitions des 13 mai et 13 juin 1917.
Il y eut également de nombreuses prophéties qui se sont toutes réalisées (voir lettre de liaison n° 23), la plus spectaculaire étant l’annonce de la danse du soleil. Quand bien même ce phénomène serait explicable par les lois de la nature, comment les enfants ont-ils pu le prévoir en lieu et heure, alors que, de mémoire d’homme, un tel phénomène ne s’était jamais produit auparavant ? (Voir lettre de liaison n° 61) L’annonce de la Russie allant répandre ses erreurs est aussi une prophétie particulièrement extraordinaire. Et qu’elle ait été faite précisément entre la révolte du 16 avril 1917 qui provoqua l’abdication du tsar Nicolas II, et celle du 6 novembre suivant qui vit l’établissement du régime bolchevique avec l’arrivée de Lénine et Trotski à Petrograd, ne peut être une simple coïncidence.

À ces révélations et prophéties, Dieu a encore ajouté d’autres preuves : les miracles. Il y a tout d’abord les deux miracles cosmiques de la danse du soleil le 13 octobre 1917 et de l’embrasement du ciel la nuit du 25 au 26 janvier 1938 (voir lettre de liaison n° 20). Comme à Lourdes, il y eut aussi de très nombreuses guérisons : en 1942, le Bureau des Constatations en avait déjà dénombrées plus de 800, certaines absolument inexplicables par la science.
Dieu fit encore un autre miracle, moins connu mais tout aussi extraordinaire. Jacinthe mourut le 20 février 1920 vers 22 h à l’hôpital  Dona Estefânia de Lisbonne, des complications d’une pleurésie après avoir attrapée la grippe espagnole, maladie qui avait emporté son frère François l’année précédente. Trois jours après sa mort, son corps exhalait encore un parfum agréable qui étonna profondément tous ceux qui le constatèrent. Jacinthe fut d’abord enterrée au cimetière de Vila Nova d'Ourém, dans la tombe de famille du baron d'Alvaiázere. À cause du caractère très contagieux de sa maladie, son corps fut déposé dans un cercueil doublé de plomb, lequel fut rempli de chaux vive avant d’être fermé. Quelques années plus tard, le 12 septembre 1935, à la demande l’évêque de Leiria, le cercueil fut transféré au cimetière de Fatima. À cette occasion, il fut procédé à la reconnaissance de ce qui pouvait rester du corps de la petite voyante, même si la chaux vive avait probablement tout détruit. Or la feuille de plomb une fois soulevée, le corps apparut intact, un sourire avec une expression de paix et de bonheur irradiant un visage parfaitement conservé. Et aucune mauvaise odeur ne fut perçue. Le corps de Jacinthe est donc resté intact malgré le temps, la chaux vive et la chaleur de cette région du Portugal, laquelle peut monter jusqu’à 45°.

Ce luxe de preuves de l’origine divine des apparitions de Fatima est absolument unique dans l’histoire, exception faite bien sûr de la vie de Notre-Seigneur. Mais depuis l’Ascension, aucune apparition, même de Notre-Seigneur, n’eut autant de preuves de son authenticité. Or Dieu n’a pas accumulé ainsi les preuves pour délivrer un message banal : il y a nécessairement un lien entre l’importance des preuves et l’importance du message. Voilà pourquoi il est important de revenir régulièrement sur ce message. Le monde refroidi par le naturalisme, le rationalisme et l’athéisme ambiants a besoin d’un tel rappel : il nous montre le rôle de médiatrice et de co-rédemptrice de Notre-Dame et nous invite à y recourir en ces jours où l’Église et la civilisation chrétienne sont secouées par une tempête sans précédent. Il nous exprime surtout une volonté divine : à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus révélée à saint Marguerite-Marie, Dieu veut que nous joignions la dévotion au Cœur Immaculé de sa Très Sainte Mère, dévotion à laquelle Il a attaché d’immenses grâces : le salut éternel pour tous ceux qui embrasseront cette dévotion et la paix pour le monde.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

                                                           

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