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     Mon Père, ma Sœur,
     Madame, Mademoiselle, Monsieur,
     Chers amis,

    Voici la méditation pour le 33e jour de la préparation à la consécration au Cœur Immaculé de Marie du {list:name}.
    Aujourd'hui, nous consacrerons plus spécialement au Cœur Immaculé de Marie :

tout ce que nous n'avons pas encore consacré.

   Pour ceux qui n'auraient pas reçu certaines méditations, vous pouvez retrouver toutes les méditations publiées depuis le début de la préparation sur la page "Méditations" en cliquant ICI.​
       
          En union de prière.
          Yves de Lassus

33e jour 

13 octobre 1917 : Notre-Dame apparaît sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.
Sœur Lucie au père Rafferty : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains, parce qu’elle veut que nous le portions. »

 

Le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel


À la fin de l’apparition du 13 octobre, pendant que la foule des témoins observait le miracle du soleil, les trois petits voyants purent voir trois tableaux, comme Notre-Dame le leur avait annoncé lors des deux précédentes apparitions.
En effet, le 19 août, Notre-Dame leur avait dit : « Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. »
Et le 13 septembre, elle avait précisé : « En octobre, viendront aussi Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant Jésus pour bénir le monde. »

Voici comment sœur Lucie décrit la vision de ces trois tableaux dans son quatrième mémoire :

Notre-Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu à côté du soleil, saint Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant Jésus semblaient bénir le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix.
Peu après, cette apparition s’est évanouie, j’ai vu Notre-Seigneur et Notre-Dame qui me donnait l’impression d’être Notre-Dame des Douleurs. Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph.
Cette apparition disparut et il me sembla voir encore Notre-Dame sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel.

Ces trois tableaux sont une représentation des différents mystères du Rosaire : joyeux, douloureux et glorieux, illustrant ainsi ce que Notre-Dame avait révélé quelques instants avant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire ». C’est donc en quelque sorte la dixième fois que Notre-Dame parle du Rosaire : six fois, elle aura demandé la récitation quotidienne du chapelet ; trois fois, elle aura parlé de Notre-Dame du Rosaire et enfin, elle aura présenté trois tableaux sur les mystères du Rosaire.
Et le dernier tableau, celui qui clôt les apparitions de Fatima nous montre Notre-Dame sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.

Le port du scapulaire

Quand on lui demandait ce qui lui faisait penser qu’il s’agissait de Notre-Dame du Mont Carmel, Lucie répondait : « C’est que quelque chose pendait de sa main ». Plusieurs fois, elle insista sur l’importance du scapulaire, notamment le 15 octobre 1950 au père Rafferty :

— Notre-Dame, lui dit Lucie, tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions.
— Dans beaucoup de livres sur Fatima, fit remarquer le père Rafferty, les auteurs ne mentionnent pas le scapulaire lorsqu’ils présentent le message de Fatima.
— Ah ! Qu’ils ont tort, s’écria la voyante, le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le père Rafferty voulant savoir si les dirigeants de l’Armée bleue avaient raison d’insister sur le port du scapulaire, sœur Lucie répondit :

— Oui, cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima.
— Diriez-vous que le scapulaire est aussi indispensable que le rosaire ?
 Le scapulaire et le rosaire sont inséparables.

Lucie attachait donc une très grande importance au scapulaire. En toute rigueur, la demande de porter le scapulaire ne figure pas dans les demandes orales de Notre-Dame. Mais elle a bien été faite implicitement lors de la dernière apparition. Car en se montrant sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel dans la dernière vision que les petits voyants garderont d’elle, la Sainte Vierge montre par là que c’est une des dévotions qui lui tient particulièrement à cœur.

En effet, l’habit marque l’appartenance de celui qui le porte à la personne ou l’organisme de qui il l’a reçu et, en retour, de la protection de cette personne. Ainsi, dans toute armée, l’engagement à servir entraîne le port d’un uniforme. De même, l’adhésion à certaines corporations conduit au port d’un habit particulier : avocats, académiciens, ... De la même façon, le scapulaire manifeste, de la part de celui qui le porte, l’appartenance à Marie et, de la part de Notre-Dame, l’engagement à le secourir en toute occasion, particulièrement à l’heure de la mort.

Le port du scapulaire est un acte très simple qui n’exige qu’un petit effort, celui de se le faire imposer par un prêtre, puis de le porter constamment sur soi. Malheureusement, cette pratique est souvent délaissée alors que l’effort qu’elle réclame est plus facile que la récitation quotidienne du chapelet, par exemple. C’est d’autant plus dommage qu’au port du scapulaire est attachée la grâce de la persévérance finale.

Brève histoire du scapulaire

Le mot "scapulaire" vient du latin "scapulae" qui signifie épaules. Le scapulaire est une longue bande d’étoffe couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon et descendant jusqu’aux pieds devant et derrière. La plupart des religieux le portent sur leur tunique. Le scapulaire du Mont-Carmel qui en est une réduction, est composé de deux morceaux de laine tissée brune, de forme rectangulaire ou carrée, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. Une pieuse coutume, non impérative, y place en plus une image de la Sainte Vierge. Les privilèges attachés au scapulaire remontent à saint Simon Stock.

Né en Angleterre vers la fin du XIIe siècle, Simon Stock fut élu prieur général de l’ordre des Carmes vers le milieu du XIIIe siècle. Or à cette époque, un grand nombre de ses religieux passaient vers d’autres ordres mendiants, les Franciscains ou les Dominicains, au point de menacer l’existence même de l’ordre du Carmel. Devant ce danger, Simon Stock se tourna vers Marie en lui disant chaque jour dans ses prières, d’un cœur tout dévot : « Fleur du Carmel, Vigne fleurie, Splendeur du Ciel, Vierge féconde, Unique, Douce Mère, mais qui ne connut pas d’homme, aux Carmes accorde tes faveurs, Étoile de la mer ». La Mère de Dieu répondit à son attente en lui apparaissant, vraisemblablement le 16 juillet 1251. Voici ce que rapporte un document ancien :

Simon, homme de grande tempérance et de dévotion envers Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vierge, glorieuse Mère de Dieu, patronne de l’ordre des Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre-Dame lui apparut entourée d’une multitude d’anges, tenant à la main un scapulaire. La Vierge dit à Simon : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles ».

La vision fut bientôt reconnue par le pape Innocent IV, et la nouvelle du merveilleux présent fait par la Mère de Dieu à l’ordre du Carmel se répandit rapidement. De partout, on vit accourir des personnes de toutes conditions, avides de participer aux grandes faveurs promises. En effet, le don du scapulaire avait été fait à l’Église entière, car la Sainte Vierge avait dit : « Quiconque mourra avec le signe de l’ordre... ». En s’agrégeant à la confrérie du scapulaire, les laïcs aussi pouvaient bénéficier du message de salut donné aux Carmes, et, pour qu’ils puissent le porter discrètement, la taille du scapulaire fut réduite.

Cette promesse de salut a été reconnue depuis par l’Église et est en parfaite cohérence avec les paroles de Notre-Dame du 13 juin 1917 : « À qui embrassera cette dévotion [du Cœur Immaculé de Marie], je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône ». Car le port du scapulaire fait justement partie des cinq pratiques de cette dévotion.

Une protection pour l’âme et pour le corps

L’histoire montre que de très nombreuses grâces de protection, autant pour l’âme que pour le corps, ont été obtenues par le scapulaire. Voici deux exemples.

Au début du siècle dernier, à Ashtabula (Ohio) aux États-Unis, un homme avait été écrasé par un train alors qu'il traversait imprudemment la voie. Littéralement coupé en deux, il aurait dû mourir sur le coup. Mais à l'étonnement général, il resta en vie et réclama les secours d'un prêtre. Celui-ci arriva et entendit la confession du blessé resté conscient pendant trois quarts d'heure. Après avoir reçu l'extrême-onction, ce pécheur réconcilié in extremis avec Dieu mourut en paix. On trouva sur sa poitrine un scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Notre-Dame avait tenu sa promesse.

Un prêtre français se rendait à l'église en vue de célébrer la sainte Messe, en un lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge. En chemin, il s'aperçut qu'il a oublié de mettre son scapulaire. Bien que déjà assez loin de son domicile, il n’hésita pas à rebrousser chemin pour aller chercher 1'habit de Marie, sans lequel il ne voulait pas célébrer. Tandis qu’il offrait le Saint Sacrifice, un jeune homme s'avança vers l'autel, brandit un pistolet et tira à bout portant sur le prêtre. Celui-ci, à la stupéfaction générale, continua cependant à dire les prières de la messe comme si rien ne s’était passé. On pensa d'abord que la balle avait providentiellement manqué son but. Il n'en était rien : le prêtre la retrouva, adhérant et comme collée au scapulaire du Mont-Carmel, chétif morceau de tissu qui avait été la cuirasse du soldat de Jésus-Christ. Plusieurs soldats, à des époques diverses, bénéficièrent du même prodige : la balle ennemie qui devait les tuer s'écrasa sur leur scapulaire.

Le privilège sabbatin

Outre la préservation de l’enfer et une protection contre les dangers de l'âme et du corps, le scapulaire peut apporter une autre grâce : la libération de tout ou partie des peines du purgatoire. En effet, à ceux qui, au port du scapulaire, ajouteront la récitation quotidienne du petit office de la Sainte Vierge et la chasteté selon leur état, Notre-Dame promet de les conduire au Ciel le samedi suivant leur mort. D’où le nom de privilège sabbatin.

Il est possible de commuer la récitation du petit office par celle du chapelet. Ainsi, tout en répondant à une demande particulièrement chère à Notre-Dame, la récitation quotidienne du chapelet, nous nous protégerons des peines du purgatoire.

Toutes ces grâces obtenues si facilement montrent la puissance du scapulaire et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie pour nous aider à faire notre salut. Vraiment, le Ciel est désormais à bas prix pourrait-on dire, tant les moyens pour faire son salut sont à notre portée et ne demandent que des efforts limités. Alors ne négligeons pas ces moyens ; faisons confiance à Notre-Dame et suivons ce qu’elle recommande par amour pour elle. Lucie disait : « Le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie ». Aussi convient-il de revêtir cet habit donné par Notre-Dame. Car il est un signe visible de notre volonté de nous consacrer à elle et de tout faire par elle et pour elle.

Questions pratiques sur le port du scapulaire

Le scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle, donc également pendant la nuit. On peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse.

En raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds, le pape saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le scapulaire de tissu par une médaille. Cette concession a depuis été étendue au monde entier. Cependant, l'Église préfère le scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par Notre-Dame à saint Simon Stock. La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le scapulaire en laine.

Tout prêtre peut désormais imposer le scapulaire ; il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'avoir une autorisation spéciale de l'ordre des Carmes déchaux. Il faut simplement utiliser la formule de bénédiction prévue par le Rituel romain, laquelle se trouve sur le site www.fatima100.fr.

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