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     Mon Père, ma Sœur,
     Madame, Mademoiselle, Monsieur,
     Chers amis,

    Voici la méditation pour le 9e jour de la préparation à la consécration au Cœur Immaculé de Marie du {list:name}.
    Aujourd'hui, nous consacrerons plus spécialement au Cœur Immaculé de Marie :

nos souffrances (isolement, solitude, peines diverses, …).

   Pour ceux qui n'auraient pas reçu certaines méditations, vous pouvez retrouver toutes les méditations publiées depuis le début de la préparation sur la page "Méditations" en cliquant ICI.​
       
          En union de prière.
          Yves de Lassus

9e jour 

Été 1916 : « Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »


La patience


À la fin de sa deuxième apparition, l’Ange insista sur la nécessité d’offrir des sacrifices et donna une indication fort précieuse sur les sacrifices demandés. Il faut surtout « accepter et supporter avec soumission les souffrances envoyées par Notre Seigneur ». Et sœur Lucie, dans son quatrième mémoire, donne cette précision importante :

Ces paroles de l’Ange se gravèrent dans notre esprit, comme une lumière qui nous faisait comprendre qui est Dieu, combien Il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice et combien celui-ci Lui est agréable, comment, par égard pour lui, Dieu convertit les pécheurs. Aussi, dès ce moment, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait, mais sans chercher à nous imposer des pénitences particulières, sauf celles de passer des heures entières prosternés sur le sol à répéter la prière que l’Ange nous avait enseignée.

Voilà l’enseignement de l’Ange : offrir toutes les mortifications rencontrées dans la vie quotidienne, sans chercher à nous en imposer d’autres. Il y a là une profonde sagesse. Car ces petites mortifications quotidiennes acceptées avec patience ont un double avantage : d’une part, elles obtiennent la conversion des pécheurs ; d’autre part, elles sont très bénéfiques pour nous-mêmes.

Les avantages des contrariétés quotidiennes

En effet, voici ce que dit l’Imitation de Jésus-Christ (Livre 1, chapitre 12)

1. Il nous est bon d'avoir quelquefois des peines et des contrariétés, parce que souvent elles rappellent l'homme à son cœur, et lui font sentir qu'il est en exil, et qu'il ne doit mettre son espérance en aucune chose du monde. Il nous est bon de souffrir quelquefois des contradictions, et qu'on pense mal ou peu favorablement de nous, quelques bonnes que soient nos actions et nos intentions. Souvent cela sert à nous prémunir contre la vaine gloire. Car nous avons plus d'empressement à chercher Dieu, qui voit le fond du cœur, quand les hommes au-dehors nous rabaissent et pensent mal de nous.

2. C'est pourquoi l'homme devrait s'affermir tellement en Dieu, qu'il n'eût pas besoin de chercher tant de consolations humaines. Lorsque, avec une volonté droite, l'homme est troublé, tenté, affligé de mauvaises pensées, il reconnaît alors combien Dieu lui est nécessaire, et qu'il n'est capable d'aucun bien sans lui. Alors il s'attriste, il gémit, il prie à cause des maux dont il souffre. Alors il s'ennuie de vivre plus longtemps, et il souhaite que la mort arrive, afin que, délivré de ses liens, il soit avec Jésus-Christ. Alors aussi il comprend bien qu'une sécurité parfaite, une pleine paix, ne sont point de ce monde.

Et voici la réflexion qu’en tire Mgr Darboy, archevêque de Paris (1813 – 1871) :

L’homme s’indigne quand on lui rappelle, au nom de l’Évangile, la loi de la souffrance ; au nom du progrès, il prétend bien y échapper lui-même, en attendant qu’il la supprime tout à fait. C’est la particulière illusion de ce temps : illusion chère mais étrange ! Car le travail et la douleur qui s’y attache sortiront-ils de ce monde parce que les hommes n’en veulent plus ? La nature n’a-t-elle pas ses inévitables infirmités, le monde ses injustices incorrigibles, la vie entière ses déchirements et ses angoisses ? À défaut des hommes et des choses, ne sommes-nous pas nos propres bourreaux ? Et, à défaut du travail qui fatigue les membres, n’avons-nous pas la douleur qui pénètre dans l’esprit sous toutes les formes, par l’ambition, le souci des affaires, la crainte et la cupidité, par l’espérance même et par le plaisir ?

La souffrance joue donc un grand rôle dans le monde, non seulement parce qu’elle s’en est emparée entièrement et qu’elle y règne d’une façon inexorable, mais encore parce qu’elle n’a d’autre mission que de marquer pour une gloire définitive les choses qu’elle touche et flétrit en passant. Dieu, qui est la bonté par essence, ne permettrait pas à la douleur de vivre un seul jour si elle ne devait que nous faire souffrir. Elle est donc un moyen, et non pas un but. Le but où elle tend, sous la main et dans le plan de la Providence, c’est d’abattre l’orgueil de l’esprit et d’amollir la dureté du cœur : c’est de fortifier les volontés débiles, en les nourrissant d’un pain amer, et en tirant de l’âme des ressources et une énergie qu’elle ne connaissait pas. La douleur est donc féconde, et, quand l’humanité souffre et jette des cris plaintifs, c’est que ses flancs se déchirent pour enfanter sa gloire.

C’est pourquoi il faut souffrir avec résignation et même, s’il se peut, avec joie ; ce serait là le correctif de notre égoïsme, l’apaisement de nos jalousies, le secret de la modération et du courage, notre mérite sur la terre et le principe de notre bonheur dans le ciel.

On mesure ainsi tous les bienfaits tirés de l’offrande des souffrances de la vie quotidienne : elle est un moyen non seulement de nous corriger de nos défauts, mais aussi, nous assure l’Ange, d’obtenir la conversion des pécheurs et la paix pour notre pays.

La patience de Notre-Dame

Mais pour offrir ainsi toutes les contrariétés de la vie quotidienne, il faut de la patience. Il n'y a pas de vertu qui ne soit aussi nécessaire dans la vie chrétienne que la patience. La patience, dit l’Écriture, est l'un des fruits les plus précieux de l'Esprit-Saint (Ga 5, 22). C'est par la patience que l'on conquiert et que l'on sauve les âmes, parce que « c'est par votre persévérance que vous gagnerez la vie » (Lc 21, 19).

Car la patience est la vertu qui nous permet de supporter sereinement les désagréments et les souffrances de la vie. Il nous faut de la patience à la maison et hors de la maison, de la patience au travail, de la patience avec les patrons et avec les ouvriers. Que d'occasions de patience chaque jour ! Qui donc en cette vie n'en connaît pas ? Qui peut se les épargner ? Ou échapper au poids quotidien des épreuves ? Pour cette raison, saint Paul dit : « C'est d'endurance dont vous avez besoin, pour accomplir la volonté de Dieu, et obtenir ainsi la réalisation de la promesse » (He10, 36)

Saint Paul dit également que le premier don de la charité c'est la patience. (1Co 13, 4) Une plus grande charité signifie donc une plus grande patience. Pour cette raison, la Sainte Vierge est le modèle le plus parfait et la source de notre patience. Aussi, devons-nous regarder comment elle vécut avec l'âme transpercée d'un glaive (Lc 2, 35) pour apprendre à accepter avec une patience héroïque même un glaive planté dans le cœur.

Nous devons vraiment prier la Sainte Vierge de nous accorder cette vertu, pour pouvoir l'imiter, elle qui fut toujours douce, forte et sereine au milieu des épreuves et des difficultés les plus grandes : à Bethléem, quand elle cherchait un abri ; en Égypte, où elle arriva avec Joseph et l'Enfant Jésus, pauvres exilés au milieu d'inconnus ; durant les trois jours avant la découverte de Jésus dans le temple ; au moment du départ de Jésus pour sa vie publique, avec la perspective des difficultés inévitables avec ses opposants ; dans les moments dramatiques du Calvaire, auprès de la croix de son Jésus adoré.

Combien la Sainte Vierge s’est montrée patiente toute au long de sa vie terrestre ! Sa patience a dépassé la patience de tous les hommes réunis et nous ne la comprendrons qu'au Paradis.

L’exemple des saints

Les saints, eux aussi, nous ont montré l’exemple de la patience, car « une douce réponse calme la colère - enseigne Saint Jean Chrysostome - le feu ne s'éteint pas par le feu, ni la fureur ne se calme par la fureur ».

Un jour, sainte Louise de Marillac présenta une boisson à un turc malade, hospitalisé. Celui-ci réagit brutalement à ce geste charitable en jetant le contenu du verre à la figure de Louise. Celle-ci, sans un mot, se retira. Elle revint peu après avec une autre boisson. Même réaction furieuse du malade. De nouveau la sœur ne dit rien et s'éloigna.
Mais elle revint, s'approcha du malade et lui parla avec une telle bonté que l'homme en fut tout étonné : il se tourna vers la religieuse, fixa son visage lumineux et doux et lui dit : « Vous n'êtes pas une créature terrestre... Qui vous a appris à traiter ainsi celui qui vous a offensé ? ». Louise ne répondit pas, mais lui montra le crucifix qu'elle portait sur sa poitrine.

La même chose arriva à Marie Bertille, à l'hôpital de Treviso. Un jour, un malade lui jeta l'œuf qu'elle venait de lui apporter. La sainte ne se troubla pas. Elle alla changer son tablier et revint avec un bol de soupe. « Cela vous fera du bien », lui dit-elle en souriant.

Quelle leçon pour nous qui sommes si prompts à nous impatienter et à réagir pour des riens !

Joseph Cafasso était aumônier des condamnés à mort. Il pouvait ainsi entrer dans leurs cellules et rester parmi eux. Il paraissait vraiment comme un ange de sérénité et de patience dans cette ambiance puante et répugnante.
Il apportait toujours un petit cadeau aux prisonniers et, un jour, il vint avec un panier de cerises. Peu après, les prisonniers s'amusaient à lui jeter les noyaux. « Laissez-les faire, disait-il à ceux qui voulaient s'interposer. Les pauvres, ils n'ont pas d'autres distractions ». À cause de sa douceur et de sa patience, il pouvait atteindre leurs cœurs et les préparer à affronter la mort en embrassant la croix et en invoquant la Sainte Vierge.

Mais très souvent, c'est surtout à la maison qu'il faut s'exercer à la patience. Saint Paul recommandait aux Éphésiens : « En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres dans l'amour » (Ep 4, 2). Avec un peu de patience et de silence, que d'occasions de disputes on pourrait éviter !
Quand des amies demandèrent à sainte Monique comment elle faisait pour vivre en paix avec un mari aussi insensible et violent, la sainte répondit : « Je tiens ma langue »...
Comment sainte Rita arriva-t-elle à convertir son mari brutal et vulgaire ? En souffrant en silence, « par une grande persévérance dans les détresses, les contraintes, les angoisses, les coups... » (2Co 6, 4).
Grande fut aussi la patience de la bienheureuse Anna Maria Taigi, mère de sept enfants. Chaque jour elle devait supporter les bizarreries de son mari, peu aimable, les problèmes de la bonne éducation des enfants, les contrariétés et les désagréments que connaissent toutes les familles. Un jour on lui brisa un magnifique vase en faïence qui était un précieux et cher souvenir de famille. La sainte regarda les débris et dit avec sérénité : « Patience ! Si les marchands de faïence le savaient, ils se réjouiraient. Il faut qu'ils vivent eux aussi, n'est-ce pas ? »

Voilà pourquoi « celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros ; celui qui est maître de soi vaut mieux qu'un conquérant ». (Prov. 16, 32).
Alors, essayons de suivre l’exemple de Notre-Dame et de tous ces saints. Méditons la recommandation de l’Ange. Prenons la décision d’être désormais un peu plus patient dans les adversités « que le Seigneur nous enverra » et de les offrir « en acte de réparation pour les péchés par lesquels Dieu est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ».  Et ainsi « nous obtiendrons la paix pour notre pays ».

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