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Automne 1916 : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. »


La deuxième prière de l’Ange

La Sainte Trinité


Au cours de sa troisième apparition qui eut lieu dans le courant de l’automne 1916, l’Ange apprit aux petits voyants une deuxième prière qui commence ainsi :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé.

Comme la première, cette deuxième prière commence par un acte d’adoration adressé à notre Créateur. Mais au lieu de dire simplement « Mon Dieu, je vous adore », ici l’Ange est plus explicite et dit : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément. » Ce rappel sur la Sainte Trinité, à une époque qui allait, par souci d’œcuménisme, insister sur le caractère monothéiste de notre foi, n’est-il pas un clair rappel que le premier dogme de notre religion est celui du Dieu unique en trois personnes ?

L’Ange continue ensuite en redisant ce qu’il a déjà dit deux fois lors des précédentes apparitions : cette prière a pour but de réparer les offenses faites à Dieu. Lors de la première apparition, l’Ange avait dit de demander pardon pour toutes les fautes des pécheurs, ceux « qui ne croient pas, qui n’adorent pas qui n’espèrent pas et qui n’aiment pas ». Dans la deuxième apparition, il avait demandé d’offrir des sacrifices « en acte de réparation pour les péchés par lesquels Dieu est offensé ». Ici, l’Ange est encore plus explicite et précise quels sont ces actes : ce sont « les outrages, sacrilèges et indifférences » envers Jésus-Christ.

Et surtout, l’Ange précise ce qu’il faut offrir : le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est la seule offrande qui puisse être vraiment agréable à Dieu. Car c’est l’offrande parfaite par excellence.

Cette partie de la phrase a été contestée par certains théologiens modernes, car, selon eux, elle serait non conforme à la théologie. L’un d’eux affirme  ainsi que la prière enseignée par l’ange est « peu exacte »  et qu’il est « difficile de lui accorder l’origine céleste que Lucie lui attribue », car « les réalités présentes sous les saintes espèces, le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Jésus, ne correspond pas à celles que nous pouvons offrir dans l’Eucharistie. »

Pourtant, on trouve des expressions identiques dans la tradition, notamment chez sainte Gertrude et saint Jean Eudes. Voici par exemple comment priait sainte Gertrude :

Au jour solennel de l’Épiphanie, à l’exemple des trois rois, cette sainte âme offrit à Dieu :
     - en guise de myrrhe le corps du Christ avec toutes ses souffrances et toute sa passion, grâce à laquelle elle voulait effacer pour la gloire de Dieu, les péchés de tous, depuis Adam jusqu’au dernier des hommes ;
     - en guise d’encens l’âme du Christ, pleine de dévotion avec tous les actes de sa vie spirituelle, pour suppléer aux négligences de tout l’univers ;
     - en guise d’or la très parfaite divinité du Christ, avec les délices dont elle jouit, pour suppléer aux déficiences de toutes les créatures.
Le Seigneur lui apparut alors présentant cette offrande comme des étrennes de prix à la toujours adorable Trinité.

Il y a une véritable similitude entre les deux prières, autant sur ce qui est offert (le Corps et le Sang étant réuni en une seule expression chez sainte Gertrude) que sur les buts de cette offrande.

Voici également une prière enseignée par Notre-Seigneur Lui-même à sainte Catherine de Sienne et qui ressemble beaucoup à celle de l’Ange :

Ô Trinité éternelle ! Je dépose sur tous les autels du monde où l’on célébrera la messe à cette heure, et où on la célébrera nuit et jour jusqu’à la fin des temps, et principalement sur les autels où j’assiste personnellement à l’adorable sacrifice, je dépose l’univers entier. Je le présente à votre inépuisable miséricorde, afin que, par les mérites infinis de l’immolation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les pécheurs de cet univers sur lesquels tombera jusqu’à la fin du monde le sang divin, reçoivent par la vertu de ce précieux sang, des grâces puissantes de conversion et de persévérance.

Cette deuxième prière de l’Ange est à rapprocher de la vision trinitaire de Tuy, car ce sont les deux fois où il est question de la Sainte Trinité dans l’histoire des apparitions de Fatima. Voici la description qu’en fit sœur Lucie :

(13/6/1929) J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de onze heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine.
Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].
Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle, et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond.
Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la Croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme.
Un peu en dessous de la taille, suspendus en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice.
Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son Cœur Immaculé dans la main... (C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé,… dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes…)
Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’Autel, formaient ces mots : Grâce et Miséricorde.
Je compris que m’était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

La dernière phrase de sœur Lucie rappelle les paroles de saint Paul dans son épître aux Corinthiens, chapitre 12 : « J’en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans, − Était-ce en son corps ? Je ne sais. Était-ce hors de son corps ? Je ne sais ; Dieu le sait −... cet homme fut ravi jusqu’au troisième ciel. Et cet homme-là, − Était-ce en son corps ? Était-ce sans son corps ? Je ne sais ; Dieu le sait − je sais qu’il fut ravi jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme de redire. »
C’est la raison pour laquelle la description de la vision par sœur Lucie est très sobre, presque sèche : il ne lui est pas permis d’en révéler plus.

Cette vision trinitaire de Tuy fait le lien entre différents mystères ou vérités de notre foi :
     - le mystère de la Trinité par la présence des trois personnes divines,
     - le mystère de la Rédemption par la présence de la croix,
     - le mystère de la Grâce par les mots « Grâce et miséricorde » sous le bras gauche de la croix,
     - le mystère de la Sainte Messe par la présence de l’hostie et du calice sous le bras droit de la croix,
     - et le mystère du Cœur Immaculé de Marie par la présence de Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé dans sa main gauche.

Ainsi, les paroles de Notre-Dame sont en quelque sorte enchâssées entre deux révélations sur la Trinité : la prière de l’Ange introduit les révélations que Notre-Dame fera à Fatima ; et la vision trinitaire, avec la demande de consécration de la Russie, clôt le cycle des révélations.

Notons aussi chez l’Ange l’utilisation systématique du chiffre trois, comme s’il voulait que chacun de ses actes soit une marque de vénération envers la Sainte Trinité :
     - Les apparitions silencieuses de 1915 sont au nombre de trois.
     - En 1916, il apparaît également trois fois.
     - Lors de la première apparition, il fait répéter trois fois aux petits voyants la prière : «  Mon Dieu, je crois, etc. ».
     - Il fait également répéter trois fois la deuxième prière qu’il leur apprend au cours de sa dernière apparition.
     - Et après leur avoir donné la sainte communion, il leur fait encore répéter trois fois cette deuxième prière.

Tout ceci nous rappelle que la Sainte Trinité est un dogme essentiel de notre religion. Alors, ayons une grande vénération envers la Sainte Trinité et aimons à réciter la prière la prière apprise par l'Ange aux trois petits voyants de Fatima.

 

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