Lettre de liaison n° 65 (17 décembre 2017)

Chers amis,

Dans la précédente lettre de liaison, nous avons vu trois points :

  • il y a des pénitences volontaires (que l’on s’impose) et des souffrances subies,
  • les unes et les autres peuvent être offertes soit en réparation de nos péchés, soit pour la conversion des pécheurs,
  • le Ciel a surtout demandé d’offrir les souffrances subies pour la conversion des pécheurs.

Certes, nous ne devons pas négliger les pénitences volontaires. Mais nombreux sont ceux qui n’ont pas assez de courage ou de volonté pour s’en imposer. En revanche, nous ne pouvons éviter les souffrances involontaires, inévitables en ce monde. Or ces dernières sont plus méritoires si nous les acceptons et les offrons, car elles ne sont pas de notre choix. Pour beaucoup, la vie sur la terre n’est qu’un long combat et un douloureux martyre. Nous ne devons pas nous en plaindre, car tous les sacrifices que la vie nous demande quotidiennement peuvent être des moyens de salut, autant pour nous que pour notre prochain, en particulier pour les pécheurs. Et c’est précisément ceux que Notre-Seigneur et l’Ange sont venus demander pour notre temps en affirmant qu’en les offrant, nous sauverions des pécheurs :


-  En 1916, l’Ange recommanda aux petits pastoureaux de faire un sacrifice de « tout ce qu’ils pourraient ». Puis il leur demanda d’accepter « toutes les souffrances que Notre-Seigneur leur enverrait ».
-  Notre-Seigneur fit savoir à sœur Lucie qu’Il nous demandait surtout de mener « une vie de justice dans l’observance de sa loi et l’accomplissement de son propre devoir d’état ».

Et toute sa vie, sœur Lucie répéta ce que le Ciel lui avait confié. Ainsi, elle précisa que les sacrifices demandés étaient les efforts « que chacun doit s’imposer pour accomplir ses propres devoirs religieux et matériels » ou encore « l’accomplissement loyal du devoir d’état quotidien ».

Toutes ces expressions sont parfaitement claires. Il est possible d’y distinguer trois types de sacrifices : vivre en respectant la loi divine, accomplir son devoir d’état de façon honnête et juste, et accepter les souffrances que la Providence nous envoie. Pourtant, nombreux sont ceux qui se demandent comment faire des sacrifices. Il semble donc utile de donner quelques exemples.

Concernant la loi divine, il s’agit de respecter les commandements de Dieu et de l’Église. Donnons juste un exemple. À notre époque, les préceptes les plus bafoués sont ceux qui concernent la loi morale. De nos jours, les fautes contre la pureté et la chasteté sont nombreuses, aussi bien de la part des célibataires que des personnes mariées, que ce soit dans les tenues vestimentaires, les comportements, les fraudes dans l’usage du mariage, etc. Que de souffrances pour Notre-Seigneur et Notre-Dame !

Sur ce point, la Sainte Vierge donna quelques indications aux petits voyants, en particulier à Jacinthe. Un soir, à Aljustrel, cette dernière confia à sa mère : « Maman, (…) Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ». Dans son troisième mémoire, sœur Lucie confirma cette confidence de Jacinthe :

Quelquefois, on m’a demandé si Notre-Dame, à l’une des apparitions, nous avait fait savoir quelle sorte de péchés offensait Dieu davantage. À ce qu’on dit, Jacinthe, à Lisbonne, aurait nommé le péché de la chair. Comme c’était l’une des questions qu’elle me posait aussi parfois, elle a dû, sans doute, la soumettre à Notre-Dame, à Lisbonne, et c’est alors que Notre-Dame le lui aurait fait savoir.

Jacinthe disait cela peu avant sa mort, en 1921. Que dirait-elle aujourd’hui ? Or, ce péché de la chair offense particulièrement Notre-Seigneur. Dans une de ses extases, sainte Catherine de Sienne reçut de Dieu Lui-même la révélation suivante à propos des péchés contre la chair :

Si grande est la misère de ces pécheurs, que non seulement Moi, qui suis la pureté même, je ne les puis souffrir, mais que les démons eux-mêmes dont ils se sont faits les amis et les serviteurs, ne peuvent voir commettre tant d’obscénités. Aucun péché n’est plus abominable que celui-là et n’éteint davantage la lumière de l’intelligence. Les philosophes eux-mêmes, - non par la lumière de la grâce qu’ils n’avaient pas, mais par celle que la nature leur donnait, - ont connu que ce péché dégradant obscurcissait l’intelligence ; aussi gardaient-ils la chasteté et la continence pour mieux étudier. (Le dialogue, 2e partie, chap. II, 2e réponse - Édition Téqui, 1976, p. 109)

Sœur Lucie écrivit un jour à l’évêque de Gurza :

Comme vous le savez, à la Cova da Iria, Notre-Dame s’est plainte des nombreux péchés par lesquels Dieu est très offensé, et plus d’une fois Elle a demandé prière et pénitence en réparation. Elle a réclamé qu’on fasse pénitence et Elle a annoncé plusieurs châtiments qui viendront si les hommes ne changent pas de vie. Toutefois, Elle n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché. Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition ? (…)
Ces âmes qui se perdent éternellement sont, sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur ? 

Nous devons donc faire tous nos efforts pour avoir une conduite pure et chaste afin de ne jamais offenser Notre-Seigneur par ce péché qui le blesse tant. Rester pur et chaste, voilà un effort très méritoire par les temps actuels. En offrant les sacrifices qu’une telle conduite demande (comme par exemple de refuser d’aller voir un spectacle ou un film dans lequel on sait qu’il y a des scènes qui offensent la pureté), nous pouvons sauver des pécheurs. Demandons cette grâce à Notre-Dame, en particulier lorsque nous méditons le quatrième mystère joyeux, dont le fruit est la conformité à la loi divine.

L’autre effort demandé par Notre-Seigneur est l’accomplissement paisible de notre devoir d’état. Dans ce domaine, les occasions d’offrir des efforts ou sacrifices sont nombreuses. Prenons un seul exemple. Sur la route, conduisons-nous toujours avec prudence ? Combien ont eu des accidents pour avoir conduit trop vite ! Ou encore, ne nous agaçons-nous pas pour un oui ou pour un non dès que nous sommes au volant ? Pourquoi ? Si celui qui est devant nous roule trop lentement et risque de nous mettre en retard, plutôt que de tenter une manœuvre dangereuse, offrons l’effort que cela nous demande pour rester patient. De même, dans les embouteillages, profitons du temps que nous perdons pour offrir ce sacrifice et, pourquoi pas, pour faire un peu d’oraison. Nous nous plaignons de ne jamais trouver, ne serait-ce que dix minutes, pour parler simplement, en cœur à cœur, avec Dieu. Eh  bien, profitons de tous ces instants où nous devons attendre (un bouchon, un feu rouge, …) pour immédiatement tourner notre esprit vers Dieu et nous entretenir avec Lui.

Ce n’est qu’un exemple, bien sûr, car, au quotidien, sur la route ou ailleurs, les occasions d’offrir des sacrifices dans l’accomplissement de notre devoir d’état sont nombreuses, pour ne pas dire innombrables.

Le troisième effort, celui demandé par l’Ange, est plus général : il concerne toutes les souffrances que, dit l’Ange, Notre-Seigneur nous envoie : la solitude, la maladie, la pauvreté, une infirmité, la faim, la perte d’un être cher, … Toutes ces souffrances que nous rencontrons dans notre vie et que nous ne pouvons éviter, Notre-Seigneur nous demande de les accepter, d’y voir un moyen de s’unir à sa Passion et surtout de les offrir pour la conversion de pécheurs. Certes, cette offrande, même faite de tout notre cœur, ne supprimera pas la douleur que nous éprouvons. Mais elle donnera une valeur immense à cette souffrance : nous pouvons ainsi nous associer aux souffrances supportées par Notre-Seigneur pour racheter le monde et obtenir des grâces pour les pécheurs.

Voilà donc les sacrifices que demande Notre-Seigneur aujourd’hui. Dans tout cela, il n’y a apparemment rien d’extraordinaire ni de très difficile : c’est à la portée de tout le monde. Pourtant, l’acceptation joyeuse de tous ces sacrifices et leur offrande pour la conversion des pécheurs demandent une grande volonté, une volonté plus grande que de se priver de nourriture par exemple. Mais c’est ce que nous demande le Ciel. Si nous obéissons, nous en retirerons un grand bienfait. Si nous évitons par amour pour Notre-Seigneur tout agacement, accès de colère, saute d’humeur, etc., notre vie ainsi que celle des autres seront transformées. Et que de grâces nous obtiendrons pour les pécheurs ! Aussi, demandons à Notre-Dame de nous accorder la grâce d’avoir le courage d’offrir toutes les souffrances que nous rencontrons dans la vie quotidienne. Et récitons à chaque fois la prière qu’elle nous a elle-même apprise pour cela : « Ô mon Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie et pour le Saint-Père ». Et si n’y pensons pas dans la journée, disons-la au moins dans nos prières du matin et du soir.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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