Lettre de liaison n° 63 (16 novembre 2017)

Chers amis,

L’embrasement du ciel le soir du 25 janvier 1938 (voir précédente lettre de liaison) est un point qui risque de gêner l’avancement du procès de béatification de sœur Lucie. L’enquête diocésaine a été solennellement clôturée le 13 février 2017, au carmel de Coïmbra et un dossier de plusieurs milliers de pages a été envoyé à la congrégation pour la cause des saints, au Vatican. Mais le père carme Romano Gambalunga o.c.d., postulateur de la cause, appelle à la patience et à la prudence, pour ne pas devancer le jugement de l’Église. Il a souligné que sœur Lucie : « est devenue sainte au fil des ans, non pas à cause des apparitions », mais à travers « l’expérience spirituelle » de la vie religieuse au carmel de Coïmbra. On est étonné d’une telle remarque. Pour quelles raisons ses cousins François et Jacinthe, qui n’ont pas eu l’expérience spirituelle de la vie religieuse, ont-ils été canonisés ? Pourquoi Lucie ne pourrait-elle pas l’être pour les mêmes raisons, alors qu’elle vécut les mêmes événements que ses cousins et fut même beaucoup plus éprouvée qu’eux, sa famille ne l’ayant absolument pas soutenue, bien au contraire ? Entre la mort de François et Jacinthe et son entrée au carmel, y aurait-il des éléments de la vie de Lucie qui empêcheraient sa canonisation ?

Certes, avoir vu la Sainte Vierge n’est nullement une raison suffisante pour être canonisé. De nombreux voyants n’ont pas été canonisés, comme Mélanie Calvat et Maximin Giraud par exemple. Pourtant, l’apparition de La Salette a bien été reconnue par l’Église. Il est toutefois regrettable de voir proférer un tel jugement sur sœur Lucie, car dans la pratique, les trois petits voyants de Fatima sont moralement des martyrs. En effet, lorsqu’ils ont été emprisonnés à Vila Nova de Ourem, ils ont été menacés d’être jetés dans un chaudron d’huile bouillante s’ils ne révélaient pas le secret. Étant donné leur jeune âge, ils ont réellement cru qu’ils allaient à une mort horrible s’ils gardaient le secret. Or, ils ont préféré cette mort plutôt que de désobéir à un ordre de la Sainte Vierge.

De plus, tous les sacrifices qu’ils firent pour la conversion des pécheurs, alors qu’ils étaient encore très jeunes, confinent à l’héroïcité. Sœur Lucie confiait au père Fuentès (entrevue du 26 décembre 1957) :

Dites-leur aussi, Père, que mes cousins François et Jacinthe se sont sacrifiés parce qu’ils ont toujours vu la Très Sainte Vierge très triste en toutes ses apparitions. Elle n’a jamais souri avec nous et cette tristesse, cette angoisse que nous remarquions chez Elle, à cause des offenses à Dieu et des châtiments qui menacent les pécheurs, pénétrait notre âme et nous ne savions qu’inventer en notre petite imagination enfantine comme moyens pour prier et faire des sacrifices.

De plus, après avoir été séparée de sa famille à 14 ans, Lucie mérita de voir plusieurs fois la Sainte Vierge, l’Enfant Jésus et Notre-Seigneur, avant d’entrer au Carmel. En particulier, à Tuy, elle eut sur la Sainte Trinité des révélations et des lumières qu’elle ne fut pas autorisée à communiquer (voir méditation n° 10 de la préparation à la consécration au Cœur Immaculé de Marie). Or, cette vision de la Sainte Trinité n’est-elle pas la marque d’une très grande sainteté chez celle qui l’a reçue ? Dieu aurait-il communiqué quelques éléments de son mystère à une personne n’ayant pas déjà atteint un haut degré de sainteté ?

Mais revenons à l’embrasement du ciel le soir du 25 janvier 1938. D’après la théorie officielle du Vatican exprimée par le père Dhanis s.j., seul expert reconnu par le Vatican pour les apparitions de Fatima, sœur Lucie a inventé tout ce qu’elle confie dans ses mémoires. Il affirme notamment : « Au cours des années, certains événements extérieurs et certaines expériences spirituelles de Lucie ont enrichi le contenu original du secret. »  Ou encore : « Le texte du message a conservé un noyau qui correspond aux paroles entendues en 1917 … [Mais] une écorce d’éléments tardifs s’est formée autour. » (voir lettre de liaison n° 34). Si sœur Lucie a inventé cette prophétie lorsqu’elle a rédigé son troisième mémoire en 1941, donc après les événements, alors soit c’est une menteuse, soit elle a l’esprit dérangé. Dans les deux cas, on voit mal comment Rome pourrait canoniser une telle affabulatrice.

Mais si elle a dit la vérité et que cette date est réellement dans le secret transmis par la Sainte Vierge le 13 juillet 1917, alors il s’agit d’une prophétie d’une précision incroyable. Car le phénomène annoncé, « une nuit illuminée par une lumière inconnue », ne s’était jamais produit auparavant dans la vie des hommes et ne s’est jamais reproduit depuis (voir lettres de liaison n° 20 et n° 62). Ce sont donc deux miracles exceptionnels qui sont attachés à la révélation du message de Fatima. Et si la date du deuxième n’est pas aussi précise que dans le cas du miracle du soleil, elle indique tout de même que le phénomène se produirait peu avant le début de la nouvelle guerre. Or la deuxième guerre mondiale a officiellement commencé le 1er septembre 1939, date de l’invasion de la Pologne ; mais tous les historiens s’entendent à dire que, dans la pratique, elle a réellement commencé avec l’annexion de l’Autriche, le 12 mars 1938, c’est-à-dire six semaines après l’embrasement du ciel.

Comme on le voit à presque chaque page de l’Évangile, les prophéties et les miracles sont la marque d’une intervention divine. Dans le cas de Fatima, il y eut deux miracles exceptionnels et une dizaine de prophéties qui se sont réalisées (voir lettres de liaison n° 23, n° 49 et n° 54). Pourquoi ces faits n’ont-ils pas été rappelés à l’occasion de ce centenaire ? Le procès de béatification va nécessairement les remettre sur le devant de la scène. S’il se poursuit positivement, c’est donc que, contrairement à l’opinion du père Dhanis, sœur Lucie n’a pas menti et a transcrit dans ses mémoires une prophétie qu’elle avait reçue de Notre-Dame.

Aussi, nous semble-t-il important de connaître le mieux possible ce phénomène de l’embrasement du ciel le soir du 25 janvier 1938. Pour cela, pendant qu’il est encore temps, il faut tenter de recueillir le témoignage de ceux qui ont pu soit le voir, soit en entendre parler. En effet, le phénomène ayant commencé vers 21h, beaucoup d’enfants étaient couchés à ce moment-là et n’ont donc pas pu voir le phénomène. Mais ils en ont sûrement entendu parler les jours suivants. Nous avons déjà reçu quelques témoignages. N’hésitez pas à demander aux personnes que vous connaissez et qui ont plus de 85 ans si elles se rappellent quelque chose.

Soutien au cardinal Burke

Comme il a été dit dans la précédente lettre de liaison, le cardinal Burke a répondu à notre lettre de soutien par une lettre datée du 17 septembre ; mais n’étant partie de Rome que le 12 octobre, elle ne nous est parvenue que le 17 octobre ! (Pour voir la lettre, cliquer ICI). Il est important de continuer à prier pour que la démarche engagée par le cardinal aboutisse : la paix du monde en dépend. Il est également important de prier pour le cardinal, car c’est une des rares autorités de l’Église à avoir rappelé les points essentiels du message de Fatima.

Dans une interview qu’il accorda récemment à Anne Le Pape du journal Présent, à la question : « Quel élément du message de la Vierge délivré à Fatima il y a 100 ans vous paraît le plus important à rappeler aujourd'hui ? », il répondit : « C’est le message sur l’apostasie, le mal le plus grave dans le monde et dans l’Église, et la Vierge nous appelant à prier tout spécialement le chapelet, à faire des sacrifices et à faire pénitence, ainsi que la réparation pour les offenses à son Cœur Immaculé et au Cœur Sacré de Jésus. Nous devons affronter l’apostasie, l’éloignement implicite de la foi que nous voyons dans l’Église aujourd’hui et dans le monde, c’est-à-dire la foi détachée de la vie quotidienne. » (Journal Présent du 4 novembre)

En disant cela, le cardinal confirme d’une certaine façon les conclusions de ceux qui pensent que le troisième secret de Fatima concerne l’apostasie générale des nations et au sein même de l’Église.

Et dans une conférence qu’il donna à Fatima le 3 novembre, il rappela les deux conditions pour recouvrer la paix dans le monde : la consécration de la Russie selon les directives précises de la Vierge et l’instauration dans l’Église de la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois. Il faut absolument lire cette conférence, car sur plusieurs points, le cardinal confirme ce qui a été dit dans cette lettre de liaison depuis son lancement.

Avenir de Cap Fatima 2017

De nombreuses personnes continuent à s’inscrire à la lettre de liaison, alors qu’il n’est fait aucune publicité particulière. Cela semble montrer que cette lettre garde une certaine utilité bien que le centenaire des apparitions soit officiellement clos. Au départ, il n’était pas prévu de poursuivre sa publication au-delà de l’année 2017. Mais il semble difficile d’arrêter brutalement alors que de nombreuses personnes se sont inscrites ces derniers mois. En conséquence, il a été décidé de continuer cette lettre pour encore au moins une année, voire plus si l’intérêt se maintient dans le temps.

Dans le même esprit, il serait possible de continuer à organiser des séries de premiers samedis du mois ainsi que des consécrations au Cœur Immaculé de Marie. Vos avis et suggestions sur ce point seront les bienvenus afin que nous puissions prendre les bonnes décisions pour le triomphe du Cœur Immaculé de notre Mère du Ciel. (Écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

 

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