Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Notre-Dame, le 13 juillet 1917
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Samedi, 2 mai 2026 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 3e mystère douloureux : Le couronnement d'épines
 Méditations de Cap Fatima : cliquer ICI ; de Salve Corda : cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre la maternité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 186 (30 avril 2026)

Chers amis,

Le rapprochement avec Salve Corda étant toujours dans une phase de mise en place, nous allons attendre que celle-ci soit achevée avant de reprendre les réflexions sur le message de Fatima. En attendant, nous allons poursuivre la réflexion sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et plus particulièrement, la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

C’est en effet un point particulièrement important, et aussi douloureux, car il n’a pas été possible d’obtenir que le Saint-Père approuve et recommande cette dévotion, comme l’a demandé Notre-Dame. Mais cet échec ne doit pas nous décourager ; au contraire, il doit nous pousser à prier encore plus à cette intention, et à pratiquer cette dévotion avec d’autant plus de ferveur.

Pour cela, nous vous proposons de partager les réflexions du père António Maria Martins, un jésuite portugais, grand chercheur et auteur sur les apparitions de Fátima. Il a réuni plus de 3 000 documents sur la question et a publié plusieurs ouvrages importants dans les années 1970, notamment l’intégralité des quatre mémoires de sœur Lucie écrits entre 1935 et 1941, ainsi que des centaines de lettres d’elle. C’est donc un des meilleurs connaisseurs de Fatima. Aussi, son avis sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est-il particulièrement important à connaître.
Dans un petit livre intitulé Lettres de sœur Lucie, publié en 1979, il commence par un prologue dans lequel il aborde la question suivante : Qu’exigent de nous les premiers samedis ? Il y explique ce qu’est la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, en analysant en détail en quoi consistent les cinq pratiques de cette dévotion. Dans la précédente lettre de liaison, nous avons présenté ce qu’il disait sur la récitation du chapelet. Voyons ce qu’il dit sur deux autres pratiques de cette dévotion : le quart d’heure de méditation et l’esprit de réparation. Beaucoup de ce que dit le père Martins a déjà été dit plusieurs fois dans de précédentes lettres de liaison. Il est cependant intéressant de voir comment lui-même présente ces deux points.

La méditation de 15 minutes

Le 10 décembre 1925, Notre-Dame demanda de « lui tenir compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire ». Ce quart d’heure de méditation est pratiqué de diverses façons selon les endroits. Certains pensent qu’il est nécessaire de méditer sur les 15 mystères, d’autres qu’il suffit de méditer sur un mystère, d’autres répartissent les 15 minutes en cinq méditations de 3 minutes avant chacun des cinq mystères du chapelet.

Voici ce que dit le père Martins sur cette question :

Dans tous les textes de sœur Lucie concernant les premiers samedis, il est toujours demandé de consacrer 15 minutes à la méditation sur les mystères du Rosaire, indépendamment de la récitation du Rosaire. Cependant, nous savons, d'après sa lettre du 3 décembre 1939 au père Aparicio, que l'évêque de Leiria, Mgr José Alves Correia da Silva, a autorisé de faire les deux choses ensemble « afin de faciliter au peuple la pratique de cette dévotion, à laquelle, d'ordinaire, il n'est ni habitué, ni ne sait méditer ». Dans le prologue de Documentos de Fátima, page XIII, note 1, j’ai suggéré « que tout peut s’harmoniser, en effectuant la méditation entre les mystères, mais en prolongeant la durée de 15 minutes ». Je vais essayer ici de clarifier un peu mieux ce point. Comme tout le monde le sait, il existe plusieurs méthodes de prière. Je crois donc qu’on peut faire entre chaque mystère une brève méditation de 3 minutes, en lisant lentement les textes bibliques correspondants, en cherchant à en saisir le sens, à les savourer et à en tirer quelque fruit, puis prier la dizaine correspondante, sans se presser. Prier à la hâte, comme pour en finir, ce n’est pas prier. Dieu et Notre-Dame n’ont pas besoin de perroquets ou de cassettes d’enregistreurs, ni de mots. Ils veulent nos cœurs. Ne lésinons pas sur notre temps avec notre Mère du Ciel qui nous aime bien plus que nos mères sur terre.
Bien qu’il me semble que cela réponde, et très bien, à ce que Notre-Dame a demandé, je ne manque pas de souligner l’opinion de Sœur Lucie qui, dans la lettre citée du 3 décembre 1939, s’exprime ainsi : « Cependant, pour ceux qui le peuvent, il sera plus parfait de faire chaque chose à son tour ». Et pour voir comment elle procédait, voici un extrait inédit d’une de ses lettres :

« Voici la manière dont je fais les méditations sur les mystères du Rosaire, les premiers samedis. Premier mystère, l’Annonciation de l’ange Saint Gabriel à Notre-Dame.
1er prélude : représenter, voir et entendre l’ange saluer Notre-Dame par ces mots : "Je vous salue Marie, pleine de grâce".
2e prélude : demander à Notre-Dame d’insuffler dans mon âme un profond sentiment d’humilité.
1er point : Je méditerai sur la manière dont le Ciel proclame la Très Sainte Vierge pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes et destinée à être la Mère de Dieu.
2e point : L’humilité de Notre-Dame, se reconnaissant et se disant servante du Seigneur.
3e point : Comment dois-je imiter Notre-Dame dans son humilité, quels sont les actes d’orgueil et de superbe par lesquels nous déplaisons le plus à Notre Seigneur, et quels sont les moyens que je dois employer pour les éviter, etc.
Au deuxième mois, je médite le deuxième mystère joyeux ; au troisième, le troisième, et ainsi de suite, en suivant la même méthode de méditation. Quand j’ai terminé ces 5, j’en commence 5 autres, et je médite les mystères douloureux, puis les glorieux, et quand j’ai terminé ceux-ci, je recommence les joyeux. »

Nous voyons ainsi qu’elle ne se contente pas des premiers samedis de 5 mois, mais qu’elle les fait tous, et cela certainement pas pour s’assurer les grâces que Notre-Dame garantit à ceux qui pratiquent la dévotion pendant 5 mois consécutifs : « Je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut de ces âmes », car dès la première apparition, il lui a été assuré que les trois iraient au Ciel. À ce propos, je consigne ici cette anecdote : un jour, une compagne dit à sœur Lucie : « C’est vous, ma Sœur, qui êtes heureuse. Vous avez déjà la certitude d’aller au Ciel », ce à quoi elle répliqua aussitôt : « Et vous aussi, ma Sœur, parce que Notre Seigneur a dit : “Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle” ».

Ce commentaire du père Martins confirme plusieurs points que nous avons plusieurs fois affirmés :

  • La dévotion ne se limite pas à 5 samedis.
  • Selon sœur Lucie, il est préférable de faire les 15 minutes d’un seul tenant, plutôt que de les répartir en 5 groupes de 3 minutes avant chaque dizaine, même si cette pratique n’est pas rejetée par sœur Lucie.
  • Il n’est pas nécessaire de méditer sur tous les mystères (soit 1 minute par mystère) : sœur Lucie préférait méditer sur un seul mystère pendant 15 minutes.

Et pour nous aider à faire ces 15 minutes de méditation soigneusement, chaque premier samedi du mois, toute la durée de notre vie, nous essayerons de vous fournir des méditations pour soutenir votre réflexion et ainsi faciliter cet exercice qui n’est pas toujours naturel pour certains.

La réparation des offenses envers le Cœur Immaculé de Marie

C’est un point parfois un peu oublié. La Sainte Vierge a dit que cet esprit devait inspirer toutes les pratiques liées à la communion réparatrice : le chapelet, la messe, la méditation et la confession. Et, à Pontevedra, le 15 février 1926, Notre-Seigneur a précisé que si cette intention n’avait pas été formulée lors de la confession, il importait de le faire à la suivante. À sœur Lucie qui Lui demandait que faire si les personnes ne pouvaient pas se confesser le samedi, Notre-Seigneur lui répondit qu’une confession antérieure pouvait convenir « pourvu que (…) dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie. »

Voici les réflexions du père Martins sur la nécessité de bien avoir cet esprit de réparation.

C’est une condition indispensable, comme le montre ce passage : « Mon Jésus ! Et celles qui oublient de formuler cette intention ? — Elles peuvent la formuler dès leur prochaine confession, en profitant de la première occasion qu’elles auront de se confesser ». La même exigence figure dans une autre lettre : « Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leur ingratitude. Toi, au moins, efforce-toi de me consoler et dis que..., afin de m’apaiser... ».

Sœur Lucie, répondant à six questions posées par le Père Gonçalves, s’exprime ainsi :

« Pourquoi doit-il y avoir “cinq samedis”, et non pas neuf ou sept, en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ? Alors que je me trouvais dans la chapelle, avec Notre Seigneur, dans la nuit du 29 au 30 mai 1930, et que je parlais à Notre Seigneur des quatrième et cinquième questions, je me suis soudainement sentie plus intimement envahie par la Divine Présence ; et, si je ne me trompe pas, il m’a été révélé ce qui suit :

“Ma fille, la raison est simple : il y a 5 sortes d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1. Les blasphèmes contre l’Immaculée Conception ;
2. Contre Sa Virginité ;
3. Contre la Maternité divine, en refusant, en même temps, de la recevoir comme Mère des hommes ;
4. Ceux qui cherchent publiquement à insuffler, dans le cœur des enfants, l’indifférence, le mépris, et même la haine envers cette Mère Immaculée ;
5. Ceux qui L'outragent directement dans Ses images sacrées.” »

La liste des offenses contre Notre-Dame, présentée par la voyante très intimement imprégnée de la présence divine, est si actuelle que nous en avons eu la confirmation il y a encore quelques mois. En effet, un professeur jésuite espagnol – à la grande stupéfaction de ses confrères de l’Ordre, qui ont eu connaissance de ce qui s’était passé – a osé affirmer dans un article des plus malheureux que Jésus aurait pu naître des relations conjugales entre Marie et Joseph. Henri Fesquet, dans le journal Le Monde du 15 août 1978, répète la même hérésie. Ici, au Portugal, il y a aussi un torchon qui, en 1974 ou 1975, a osé reproduire un célèbre tableau de l’Annonciation, accompagné de légendes infâmes. Dieu merci, des milliers de personnes se sont immédiatement mobilisées, au Portugal et en Espagne, pour tenter de réparer ces blasphèmes. Ces réparations ont-elles été suffisantes ? A-t-on fait tout ce que Notre-Dame et Notre Seigneur ont demandé pour échapper à la menace des châtiments annoncés : « La Russie répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. Plusieurs nations seront anéanties » ?

La vérité toute nue est que cette prophétie se réalise de manière alarmante. Il suffit d’observer ce qui se passe en Afrique, en Asie et en Europe. C’est précisément cette année que l’on célèbre le 10e anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques. Les pays occidentaux ont-ils déjà pris conscience de leur terrible péché d’omission, en croisant les bras et en fermant les yeux face à cette atteinte flagrante aux droits de l’homme ?

La raison de mes craintes est de constater que, malgré tous les efforts de sœur Lucie, du père Aparicio et d’autres apôtres, qui ne manquaient jamais une occasion de répondre aux demandes du Ciel, celles-ci sont encore inconnues de la majorité des Portugais et des Espagnols. Que dire alors du reste du monde ?! Et même parmi ceux qui les connaissent, combien sont-ils à les mettre en pratique ? Combien y a-t-il de paroisses, de communautés religieuses, de séminaires qui célèbrent les premiers samedis ? Toi qui es convaincu que la paix ne peut nous venir que par les moyens que Notre-Dame a recommandés à Fatima et à Pontevedra, que fais-tu ? Ne dors pas, comme les Apôtres dans le Jardin des Oliviers, pendant que Judas et les ennemis du Christ s’efforçaient de L’arrêter. Cherche à imiter cette dame de Burgos qui fit imprimer des centaines de milliers de pages sur les premiers samedis, et qui ne manqua jamais d’argent, car elle disait : « Notre-Dame s’est chargée de toucher le cœur de généreux donateurs ».

Nous, catholiques, avons beaucoup à apprendre de certains groupes politiques et religieux qui ne restent pas tranquillement chez eux, mais agissent, animés par un idéal digne d’une cause plus noble. Les paroles de Jésus-Christ s’accomplissent en eux : « Les enfants de ce monde sont plus avisés que les enfants de la lumière » (Lc 16, 8). Souviens-toi qu’il existe de véritables péchés d’omission, comme nous le confessons au début de la Sainte Messe. Souviens-toi aussi que s’il y avait eu dix justes à Sodome et Gomorrhe, ces villes n’auraient pas été détruites. C’est pourquoi tu peux nourrir l’espoir que nous pouvons nous sauver si nous nous disposons à travailler et à prier, car la prière est toute-puissante, comme l’enseigne Jésus dans cette parabole : « Si l’un de vous a un ami et qu’il aille le trouver à minuit pour lui dire : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis vient d’arriver de voyage et je n’ai rien à lui offrir”, et s’il lui répond de l’intérieur : “Ne me dérange pas, la porte est fermée et mes enfants sont comme moi au lit, je ne peux pas me lever pour te les donner”, Je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour les lui donner parce qu’il est son ami, il se lèvera au moins à cause de son importunité, et il lui donnera tout ce dont il a besoin. Je vous le dis donc : demandez et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe, on ouvrira. Lequel d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Ou s’il vous demande un œuf, lui donnerez-vous un scorpion ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11, 5-13).

Le père Martins parle d’événements s’étant produits à son époque, c’est-à-dire peu avant 1979 (il a terminé la rédaction de son livre en octobre 1978). Que dirait-il aujourd’hui, en voyant notamment les plus hautes autorités de l’Église aller jusqu’à tenter d’ôter à Notre-Dame deux de ses plus beaux titres ?
Il faut donc vivre chaque premier samedi dans cet esprit de réparation. Chaque jour, l’Église nous donne l’exemple d’un saint et nous propose des textes de la Bible à méditer. Il faut faire de même pour les premiers samedis du mois, même si l’Église ne prescrit toujours rien sur ce point.

Voici donc deux points de la dévotion réparatrice à ne pas négliger. Que les propos du père Martins nous aident à mieux en comprendre l’importance pour mieux les pratiquer.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

À propos des rosaires vivants

Suite au manque de fiabilité d’internet, il est devenu difficile, avec l’organisation actuelle, d’avoir l’assurance que chacun des quinze participants inscrits à un rosaire vivant a bien reçu les mystères à méditer. Cette difficulté a conduit à suspendre, au moins provisoirement, l’organisation de ces rosaires. Nombre de ceux qui y étaient inscrits ont fait part de leur vif regret suite à cette décision. Devant la grande déception de certains, il a été décidé d’analyser à nouveau le problème pour tenter d’y trouver une solution, en particulier par le développement d’un outil informatique plus adapté et plus automatique. Les premières investigations ont montré que cela semblait tout à fait possible. Une nouvelle organisation devrait pouvoir être mise en place dans le courant du mois de mai si tout se passe bien.

Cela nécessite toutefois quelques adaptations par rapport à l’organisation actuelle. En recevant le message d’inscription dans un rosaire, chaque participant devra cliquer sur le lien figurant au bas du message, ce qui remplira automatiquement le tableau des mystères qui sera mis sur le site et que chaque participant pourra consulter. Si un participant omet de le faire, le site lui enverra automatiquement un message de rappel chaque jour. Si après quelques jours il n’y a toujours pas de réponse, le participant sera remplacé et réinscrit pour le rosaire suivant.
Il est également envisagé de demander régulièrement une confirmation de la participation effective au rosaire, peut-être pas chaque semaine, mais une semaine sur deux par exemple. Le site enverra automatiquement un message de demande de confirmation. Et comme pour l’inscription, la confirmation s’affichera sur le tableau du site, permettant à chaque participant d’être sûr que le rosaire est bien toujours complet.

Nous espérons que cette nouvelle organisation pourra être rapidement mise en place et donnera satisfaction à tous ceux qui souhaitent continuer à faire partie d’un rosaire vivant.
En attendant, nous allons essayer de relancer un ou deux rosaires selon la procédure actuelle.

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Liste des lettres de liaison et thèmes abordés

N° de lettre et
date de parution

Principal sujet abordé

Version pdf
N° 186 - 30 avril 2026  La communion réparatrice des premiers samedis N° 186
N° 185 - 2 avril 2026  Les demandes de Notre-Dame sur le Rosaire N° 185
N° 184 - 4 mars 2026  La dévotion aux deux Cœurs de Jésus et Marie N° 184
N° 183 - 4 février 2026  Synthèse des demandes de Notre-Dame N° 183
N° 182 - 2 janvier 2026  Compléments sur la note Mater Populi Fidelis N° 182
N° 181 - 19 décembre 2025  Jubilé 2025 des premiers samedis du mois N° 181
N° 180 - 5 décembre 2025  Analyse de la note Mater Populi Fidelis N° 180
N° 179 - 30 octobre 2025  Centenaire de la demande des 1ers samedis du mois (2) N° 179
N° 178 - 2 octobre 2025  Centenaire de la demande des 1ers samedis du mois N° 178
N° 177 - 3 septembre 2025  Le message de l'Ange N° 177
N° 176 - 31 juillet 2025  Le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois N° 176
N° 175 - 5 juillet 2025  Les apparitions de Tuy N° 175
N° 174 - 5 juin 2025  L'esprit des premiers samedis du mois N° 174
N° 173 - 30 avril 025  L'apparition du 10 décembre 1925 N° 173
N° 172 - 3 avril 2025  Les tableaux de l'apparition du 13 octobre 2017 N° 172
N° 171 - 26 février 2025  L'apparition du 13 octobre 1917 (suite) N° 171
N° 170 - 29 janvier 2025  L'apparition du 13 octobre 1917 N° 170
N° 169 - 2 janvier 2025  L'apparition du 13 septembre 1917 N° 169
N° 168 - 3 décembre 2024  La prière pour les pécheurs N° 168
N° 167 - 31 octobre 2024  L'apparition du 19 août 1917 (suite) N° 167
N° 166 - 5 octobre 2024  L'apparition du 19 août 1917 N° 166
N° 165 - 4 septembre 2024  La 2e prière de Notre-Dame (suite) N° 165
N° 164 - 1er août 2024  La 2e prière de Notre-Dame N° 164
N° 163 - 4 juillet 2024  La prière pour le pape N° 163
N° 162 - 30 mai 2024  L'obéissance aux demandes de Notre-Dame N° 162
N° 161 - 2 mai 2024  Les demandes de Notre-Dame N° 161
N° 160 - 3 avril 2024  La communion réparatrice des premiers samedis du mois N° 160
N° 159 - 28 février 2024  L'enfer N° 159
N° 158 - 31 janvier 2024  La réparation des outrages envers la Sainte Vierge N° 158
N° 157 - 3 janvier 2024  L'apparition du 13 juillet 1917 N° 157
N° 156 - 29 novembre 2023  Le geste de Notre-Dame du 13 juin 2023 N° 156
N° 155 - 2 novembre 2023  Le miracle de la danse du soleil N° 155
N° 154 - 4 octobre 2023  Notre-Dame du Rosaire N° 154
N° 153 - 31 août 2023  Je ne t'abandonnerai jamais N° 153
N° 152 - 2 août 2023  Le petit secret N° 152
N° 151 - 29 juin 2023  Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt N° 151
N° 150 - 31 mai 2023  S'il se convertit, il guérira dans l'année N° 150
N° 149 - 3 mai 2023  Le chapelet quotidien (2) N° 149
N° 148 - 29 mars 2023  Le chapelet quotidien N° 148
N° 147 - 1er mars 2023  Le geste de Notre-Dame N° 147
N° 146 - 1er février 2023  Vous aurez beaucoup à souffrir N° 146
N° 145 - 4 janvier 2023  Voulez-vous vous offrir à Dieu ? N° 145
N° 144 - 30 novembre 2022  Pourquoi Amélie a mérité le purgatoire N° 144
N° 143 - 2 novembre 2022  Amélie est au purgatoire jusqu'à la fin du monde N° 143
N° 142 - 28 septembre 2022  L'humilité de l'Ange et de Notre-Dame N° 142
N° 141 - 31 août 2022  13 mai 1917 : Les premières paroles de Notre-Dame N° 141
N° 140 - 3 août 2022  L'atmosphère des apparitions de l'Ange et de Notre-Dame N° 140
N° 139 - 18 juillet 2022  Répandre la dévotion réparatrice des 1ers samedis du mois N° 139
N° 138 - 29 juin 2022  Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 5 N° 138
N° 137 - 1er juin 2022  Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 4 N° 137
N° 136 - 5 mai 2022  La nécessité de la réparation N° 136
N° 135 - 31 mars 2022  Analyse de la consécration du 25 mars 2022 N° 135
N° 134 - 24 mars 2022  La consécration du 25 mars 2022 - 3 N° 134
N° 133 - 23 mars 2022  La consécration du 25 mars 2022 - 2 N° 133
N° 132 - 18 mars 2022  La consécration du 25 mars 2022 - 1 N° 132
N° 131 - 2 mars 2022  Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 3 N° 131
N° 130 - 2 février 2022  Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 2 N° 130
Lettre hors série (sans numéro)  Une déclaration de guerre en bonne et du forme SS_NMR
N° 129 - 29 décembre 2021  Le message de l'Ange de l'automne 1916 - 1 N° 129
N° 128 - 2 décembre 2021  Analyse du film "Fatima" de Marco Pontecorvo N° 128
N° 127 - 3 novembre 2021  Le message de l'Ange de l'été 1916 - 3 N° 127
N° 126 - 29 sept 2021  Le message de l'Ange de l'été 1916 - 2 N° 126
N° 125 - 1er sept 2021  Le message de l'Ange de l'été 1916 - 1 N° 125
N° 124 - 4 août 2021  Le message de l'Ange du printemps 1916 - 2 N° 124
N° 123 - 1er juillet 2021  Le message de l'Ange du printemps 1916 - 1 N° 123
N° 122 - 13 juin 2021  La demande de M. Poutine N° 122
N° 121 - 2 juin 2021  Lucie, modèle d'obéissance N° 121
N° 120 - 18 mai 2021  Présentation de Cap Fatima N° 120
N° 119 - 28 avril 2021  Lucie, la messagère du Cœur Immaculé de Marie N° 119
N° 118 - 31 mars 2021  Jacinthe et le salut des pécheurs N° 118 
N° 117 - 4 mars 2021  François, le consolateur de Jésus N° 117 
N° 116 - 4 février 2021  L'extraordinaire importance des apparitions de Fatima N° 116 
N° 115 - 31 décembre 2020  La position officielle du Vatican N° 115 
N° 114 - 2 décembre 2020  L'attitude des papes face au secret N° 114 
N° 113 - 5 novembre 2020  Le contenu du troisième secret de Fatima N° 113
N° 112 - 3 octobre 2020  L'opposition à un supérieur N° 112
N° 111 - 3 septembre 2020  Que penser des mystères lumineux ? N° 111
N° 110 - 30 juillet 2020  La date de 1960 N° 110
N° 109 - 3 juillet 2020  Le 3e point du secret de Fatima (suite) N° 109
N° 108 - 4 juin 2020  Le 3e point du secret de Fatima N° 108
N° 107 - 30 avril 2020  La consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 107
N° 106 - Correction  Correction à la lettre n° 106 /
N° 106 - 2 avril 2020  Pour éloigner les châtiments N° 106
N° 105 - 19 mars 2020  La dévotion au Cœur Immaculé de Marie par temps d'épidémie /
N° 104 - 4 mars 2020  Une prière urgente N° 104
N° 103 - 30 janvier 2020  La révélation du secret de Fatima N° 103
N° 102 - 4 janvier 2020  L'utilité de la prophétie de saint Malachie  N° 102
N° 101 - 7 décembre 2019  La prophétie de saint Malachie (suite)  N° 101
N° 100 - 2 novembre 2019  La prophétie de saint Malachie  N° 100
N° 99 - 5 octobre 2019  Les blasphèmes contre Notre-Dame  N° 99
N° 98 - 7 septembre 2019  Les révélations de Quito sur l'Église (suite)  N° 98
N° 97 - 31 juillet 2019  Les révélations de Quito sur l'Église  N° 97
     
Lettres 1 à 96  Dossier contenant toutes les lettres, de la n°1 à la n° 96 Dossier
     
N° 96 - 3 juillet 2019  Les sacrifices et le jeûne dans la dévotion au Cœur Immaculé de Marie  N° 96
N° 95 - 29 mai 2019  Les apparitions de Quito  N° 95
N° 94 - 2 mai 2019  La Salette et l'incendie de Notre-Dame de Paris N° 94
N° 93 - 3 avril 2019  Mélanie est-elle folle ou menteuse ? N° 93
N° 92 - 28 mars 2019  Réparer les offenses faites à Notre-Seigneur N° 92
N° 91 - 2 mars 2019  La Salette et les tribulations de l'Eglise N° 91
N° 90 - 2 février 2019  Le secret de La Salette a-t-il été condamné ? N° 90
N° 89 - 5 janvier 2019  Le secret de La Salette N° 89
N° 88 - 17 déc. 2018  Le message de La Salette N° 88
N° 87 - 28 nov. 2018  Comment faire des sacrifices N° 87
N° 86 - 15 nov. 2018  L'apparition de La Salette N° 86
N° 85 - 31 oct. 2018  Les paroles de l'Ange de Fatima N° 85
N° 84 - 18 oct. 2018  La prière Auguste Reine des Cieux de l'abbé Cestac N° 84
N° 83 - 4 oct. 2018  La vision  et le petit exorcisme de Léon XIII N° 83
N° 82 - 16 sept. 2018  Le troisième point du secret de Fatima N° 82
N° 81 - 29 août 2018  Les blasphèmes contre le Cœur Immaculé N° 81
N° 80 - 15 août 2018  La consécration de la Russie (suite) N° 80
N° 79 - 31 juillet 2018  La consécration de la Russie N° 79
N° 78 - 17 juillet 2018  Le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel N° 78
N° 77 - 3 juillet 2018  L'esprit de réparation des premiers samedis du mois N° 77
N° 76 _ 16 juin 2018  Pourquoi continuer à parler de Fatima N° 76
N° 75 - 31 mai 2018  Les sacrifices pour la conversion des pécheurs N° 75
N° 74 - 16 mai 2018  Les innombrables fruits du rosaire N° 74
N° 73 - 1er mai 2018  Pour le mois de mai, répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie N° 73
N° 72 - 4 avril 2018  Organisation des rosaires vivants N° 72
N° 71 - 17 mars 2018  Le rosaire vivant N° 71
N° 70 - 28 février 2018  Les prières enseignées par Notre-Dame N° 70
N° 69 - 14 février 2018  Les sacrifices volontaires (suite) N° 69
N° 68 - 31 janvier 2018  Les sacrifices volontaires N° 68
N° 67 - 17 janvier 2018  Aimer le rosaire N° 67
N° 66 - 31 décembre 2017  Poursuite de Cap Fatima 2017 N° 66
N° 65 - 17 décembre 2017  Les sacrifices demandés par le Ciel (suite) N° 65
N° 64 - 29 novembre 2017  Les sacrifices demandés par le Ciel N° 64
N° 63 - 16 novembre 2017  L'embrasement du ciel de janvier 1938 (suite) N° 63
N° 62 - 4 novembre 2017  L'embrasement du ciel de janvier 1938 N° 62
N° 61 - 13 octobre 2017  Le grand miracle du 13 octobre 1917 N° 61
N° 60 - 3 octobre 2017  Marie Médiatrice de toutes grâces N° 60
N° 59 - 17 septembre 2017  L'insistance de Lucie et des papes sur la récitation du chapelet N° 59
N° 58 - 29 août 2017  Les sacrifices pour la conversion de pécheurs N° 58
N° 57 - 14 août 2017  Prier sans cesse pour la conversion des pécheurs N° 57
N° 56 - 31 juillet 2017  Le troisième point du secret N° 56
N° 55 - 17 juillet 2017  Le grand secret du 13 juillet 1917 N°55
N° 54 - 28 juin 2017  Les prophéties du secret N°54
N° 53 - 14 juin 2017  Le Cœur Immaculé de Marie, voie de salut N°53
N° 52 - 31 mai 2017  La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie : démarche du cardinal Burke N°52
N° 51 - 12 mai 2017  Marie Médiatrice de toutes grâces N°51
N° 50 - 29 avril 2017  Pourquoi et comment fêter l’anniversaire des apparitions de Fatima ? N°50
N° 49 - 7 avril 2017  Le caractère exceptionnel des apparitions de Fatima N° 49
N° 48 - 29 mars 2017  Fêter le centenaire des apparitions N° 48
N° 47 - 16 mars 2017  Les fruits de la consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 47
N° 46 - 28 février 2017  La consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 46
N° 45 - 13 février 2017  Prier pour le Saint-Père N° 45
N° 44 - 29 janvier 2017  Le caractère exceptionnel du message de Fatima N° 44
N° 43 - 14 janvier 2017  Demande au Saint-Père N° 43
N° 42 - 1er janvier 2017  Programme pour l'année du centenaire N° 42
N° 41 - 14 décembre 2016 Les consécrations de la Russie faites par les papes N° 41
N° 40 - 27 novembre 2016  Les deux consécrations du monde et de la Russie au Cœur Immaculé de Marie N° 40
N° 39 - 13 novembre 2016  La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie N° 39
N° 38 - 28 octobre 2016  Que faire pour le centenaire ? N°38
N° 37 - 13 octobre 2016  L'approbation par le pape de la dévotion des premiers samedis du mois N° 37
N° 36 - 29 septembre 2016  Les demandes de la Sainte Vierge à Fatima N° 36
N° 35 - 14 septembre 2016  La paix pour le monde promise à Fatima N° 35
N° 34 - 31 août 2016  Paroles de Notre-Dame ou inventions de sœur Lucie N° 34
N° 33 - 16 août 2016  L'enfer dans le message de Fatima N° 33
N° 32 - 31 juillet 2016  Les cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie N° 32
N° 31 - 13 juillet 2016   La récitation quotidienne du chapelet N° 31
N° 30 - 28 juin 2016  L'importance de l'esprit de réparation N° 30
N° 29 - 13 juin 2016  La dévotion au Cœur Immaculé de Marie : une volonté divine N° 29 
N° 28 - 28 mai 2016  Notre-Dame demande la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé N° 28 
N° 27 - 15 mai 2016  Prier pour les pécheurs N° 27 
N° 26 - 30 avril 2016  La première prière de l'Ange N° 26
N° 25 - 14 avril 2016  La première apparition de l'Ange. Comment prier ? N° 25
N° 24 - 28 mars 2016  Le petit catéchisme de Fatima N° 24
N° 23 - 13 mars 2016  Les prophéties de Fatima N° 23
N° 22 - 28 février 2016  La consécration de la paroisse Notre-Dame des Victoires au Cœur Immaculé de Marie N° 22
N° 21 - 13 février 2016  Le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel N° 21
N° 20 - 30 janvier 2016  Le signe dans le ciel dans la nuit du 25 au 26 janvier 1938 N° 20
N° 19 - 13 janvier 2016  Guérison obtenue par la consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 19
N° 18 - 27 décembre 2015  Protection obtenues par la consécration au Cœur Immaculé de Marie. Consécration d'une commune. N° 18
N° 17 - 13 décembre 2015  Fruits de la communion réparatrice des premiers samedis du mois N° 17
N° 16 - 28 novembre 2015  La consécration du Portugal au Cœur Immaculé N° 16
N° 15 - 15 novembre 2015  La communion réparatrice des premiers samedis du mois N° 15
N° 14 - 7 novembre 2015  La consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 14
N° 13 - 31 octobre 2015  La dévotion et la consécration au Cœur Immaculé de Marie N° 13
N° 12 - 13 octobre 2015  Le miracle du soleil du 13 octobre 1917, marque irréfutable d'une intervention divine N° 12
N° 11 - 28 septembre 2015  L'apparition de l'Ange de l'automne 1916 et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie N° 11
N° 10 - 13 septembre 2015  Les phénomènes de l'apparition du 13 septembre 1917 N° 10
N° 9 - 30 août 2015  L'apparition du 19 août 1917 : beaucoup d'âmes vont en enfer, car personne ne prie pour elles N° 9
N° 8 - 13 août 2015  Le caractère extraordinaire de l'apparition du 13 août 1917 N° 8
N° 7 - 28 juillet 2015  Prières et sacrifices pour la conversion des pécheurs, point fondamental du message de Fatima (suite) N° 7
N° 6 - 13 juillet 2015  Les sacrifices pour la conversion des pécheurs, point fondamental du message de Fatima N° 6
N° 5 - 28 juin 2015  Salut promis à tous ceux qui embrasseront la dévotion au Cœur Immaculé de Marie N° 5
N° 4 - 13 juin 2015  Deuxième apparition de Notre-Dame : La dévotion au Cœur Immaculé de Marie, volonté de Dieu Lui-même N° 4
N° 3 - 30 mai 2015  Apparition de l'Ange du printemps 1916 : Priez ainsi. N° 3
N° 2 - 13 mai 2015  Réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la paix N° 2
N° 1 - 30 avril 2015  Les actions proposées pour préparer et fêter le centenaire de Fatima N° 1
Lettre de lancement - 4 avril 2015   Origine et objectifs du projet pour le Centenaire des apparitions de Fatima N° 0
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Samedi, 4 avril 2026 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 2e mystère douloureux : La flagellation
 Pour la méditation de 15mn, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre la virginité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 185 (2 avril 2026)

Chers amis,

Dans deux jours (samedi 4 avril), ce sera le onzième anniversaire de Cap Fatima. En effet, c’est le samedi 4 avril 2015, premier samedi du mois et vigile pascale, comme cette année, que la lettre de lancement a été envoyée. À cette occasion, remercions le Ciel de toutes les grâces qu’il nous a accordées par ce moyen.

La réorganisation des activités de Cap Fatima annoncée dans la précédente lettre de liaison a suscité diverses réactions. Certains notamment regrettent que les rosaires vivants soient arrêtés ou remplacés par des chapelets perpétuels. Un lecteur a ainsi affirmé : « Le dessein induit par l'Esprit Saint de l’intronisation des rosaires vivants se verrait stoppé net par volonté humaine, en le remplaçant par autre chose qui est certes spirituel et bon, mais loin du but premier pour lequel il a été fait », qualifiant le rosaire vivant de « priorité principale pour hâter le triomphe du Cœur Immaculé de Marie ».

Commençons par remercier ces lecteurs de nous avoir fait part de leur déception, car cela va nous permettre de préciser un point qui semble avoir été parfois mal compris.
Tout d’abord, les rosaires vivants organisés par Cap Fatima ne concernent plus qu’un petit nombre de personnes. D’une vingtaine de rosaires vivants au début, avec le temps, ils se sont réduits à 4 seulement, ce qui signifie probablement que ceux qui participaient sont, petit à petit, passés au chapelet quotidien, ce qui était le but de ces rosaires vivants.

En effet, il ne faut pas prendre un moyen pour la fin. Ce qu’a demandé Notre-Dame, ce n’est ni le rosaire vivant, ni le chapelet perpétuel. On peut scruter toute l’histoire du Rosaire : la Sainte Vierge n’a jamais parlé de “rosaire vivant” ou de “chapelet perpétuel”. (Voir lettre de liaison n° 111)  Ce qu’elle a demandé, c’est que nous récitions un chapelet complet (5 dizaines) tous les jours, et non pas une dizaine seulement, fût-elle dite au sein d’un groupe de 15 personnes. C’est là véritablement “la priorité principale”, pour reprendre l’expression de notre lecteur.
Les rosaires vivants comme les chapelets perpétuels ne sont que des moyens certes très efficaces, mais des moyens seulement, pour nous inciter à réciter quotidiennement notre chapelet. Et le chapelet perpétuel est plus proche de ce qu'a demandé Notre-Dame, car il demande de dire un chapelet complet le jour prévu et non pas seulement une dizaine.
Outre les chapelets perpétuels et les rosaires vivants, il existe d’autres possibilités pour nous aider à prendre l’habitude de réciter notre chapelet tous les jours, par exemple l’application Rosario (https://rosario.app) qui a entre autres avantages de pouvoir contrôler que, chaque jour, chaque participant a bien dit sa dizaine, ce qui peut être un puissant stimulant pour ne pas omettre sa dizaine quotidienne.

Mais il faut garder à l’esprit que ces différents moyens n’existent que pour nous faire adopter la récitation quotidienne du chapelet. L'habitude de dire une dizaine par jour doit conduire petit à petit à découvrir les vertus du rosaire pour passer au chapelet complet au quotidien. Et si chaque personne passe d'une dizaine par jour à un chapelet par jour, il y aura non plus un rosaire de réciter dans la journée, mais cinq. Bien sûr, ce n'est pas une question de nombre, mais malgré tout, il ne faut pas que les facilités accordées pour inciter les fidèles à dire leur chapelet deviennent le but.

L’importance du chapelet quotidien

Pour nous convaincre de l’importance de dire le chapelet complètement, relisons les lettres de sœur Lucie mentionnées dans de précédentes lettres de liaison : celle du 16 septembre 1970 à la mère Maria José Martins (qui avait été une de ses compagnes au noviciat de Tuy) et celle du 26 novembre 1970 au père Pasquale.

Dans un petit livre intitulé Lettres de sœur Lucie, le père Martins (qui fut un des meilleurs spécialistes de Fatima dans les années 1970) a fait une synthèse de ce qu'a dit sœur Lucie dans les nombreuses lettres qu’elle écrivit. Voici ce qu’il écrit sur le chapelet quotidien :

Bien que les pères de Vatican II aient affirmé : « Le saint concile enseigne avec beaucoup de soin… et recommande à tous les fils de l’Église de promouvoir généreusement le culte de la Très Sainte Vierge… qu'ils tiennent en haute estime les pratiques et les exercices de piété à son égard, approuvés au fil des siècles par le Magistère... », la vérité est que, précisément après le concile, de très nombreux prêtres de diverses parties du monde ont commencé non seulement à mettre de côté la récitation du Rosaire, mais même à l'attaquer de front sous les prétextes les plus variés. L'un d'eux est que le rosaire n'est qu'une « répétition monotone de la même prière, sans sens christologique ».

Comme pour répondre à cette objection, Notre-Dame demande un rosaire médité, comme nous le verrons. Et Paul VI, dans Marialis Cultus, s'exprime ainsi : « Nous voulons ensuite, vénérables frères, nous attarder un peu plus longuement sur le renouveau de cet autre exercice de piété, qui a déjà été appelé “le compendium de tout l'Évangile” : le Rosaire, ou bien le chapelet (ou couronne), de Notre-Dame. »

Mais, sans aucun doute, les causes principales qui poussent de nombreuses familles chrétiennes à abandonner la récitation quotidienne du chapelet sont — outre une certaine mentalité moderne — les horaires de travail différents de leurs membres et surtout la télévision. Aujourd’hui, il n’y a plus de temps pour la prière en famille. Et pourtant, la récitation du chapelet à l’église, en oratoire public, ou en famille, c’est-à-dire entre mari et femme s’il n’y a pas d’enfants, ou entre parents et enfants s’ils en ont, est l’une des rares pratiques religieuses bénéficiant d’une indulgence plénière depuis Vatican II.

Un chrétien ne peut se contenter d’assister à la messe le dimanche. Il doit nourrir son âme par la prière quotidienne. Malheureuses seraient les familles où les enfants, vivant avec leurs parents, ne leur parleraient qu’une fois par semaine. Il ne faut pas oublier que nous sommes enfants de Dieu et qu’Il vit en nous par la grâce et qu’Il est présent d’une manière tout à fait spéciale lorsque nous nous réunissons en prière : « Si deux d’entre vous se réunissent sur la terre pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt XVIII, 19-20).

C’est sans doute en raison de ce besoin indispensable que nous avons de la prière quotidienne que la Très Sainte Vierge, en tant que Mère aimante, nous recommande la récitation du rosaire. Elle sait bien que la plupart de ses enfants dans le monde sont incapables d’une autre forme de prière et que le rosaire est la prière la plus simple et la plus riche en invocations précieuses. Dans le Notre Père, nous demandons à Dieu que vienne sur nous son Royaume d’amour, de justice et de paix pour tous ; qu’Il pardonne nos péchés comme nous pardonnons. Cela peut apporter l’harmonie dans de nombreux foyers ou entre voisins en désaccord. Il ne faut donc pas s’étonner de l’insistance avec laquelle, lors des apparitions de Fátima, on nous recommande de prier le rosaire par les mots et par les gestes. La Dame apparaît avec le rosaire dans les mains, déclare en octobre qu’elle est « Notre-Dame du Rosaire », demande qu’on lui construise une petite chapelle sous cette invocation et qu’on prie le rosaire.

Dès la première apparition, elle laisse les trois enfants exultant de joie, certains d’aller au Ciel, mais à Francisco est imposée la condition : « Tu devras réciter beaucoup de chapelets ». Le garçon de 9 ans ne s’est pas troublé de cette condition si facile à remplir : « Ô ma Sainte Vierge ! Des chapelets, j’en réciterai autant que vous voudrez. » Et Lucie commente : « Et depuis lors, il prit l’habitude de s’éloigner de nous, comme s’il se promenait. Et si je l’appelais et que je lui demandais ce qu’il faisait, il levait le bras et me montrait son chapelet. Si je lui disais de venir jouer et qu’il prierait ensuite avec nous, il répondait : “Après, je prierai aussi avec vous. Tu ne te souviens pas que Notre-Dame a dit que je devais prier beaucoup de chapelets ? ».

Le père Manuel Marques Ferreira, curé de Fátima en 1917, nota le 14 juillet, lorsqu’il interrogea les voyants : « — Que voulez-vous ? — Je veux te dire de revenir ici le 13 du mois qui vient, de prier le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire pour obtenir la fin de la guerre, car elle seule peut vous sauver. » Et le 15 septembre, il nota ce qui suit : « — Que voulez-vous de moi ? — Je veux te dire de continuer à prier le Rosaire tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, afin qu’Elle obtienne la fin de la guerre... »

Que personne ne s'étonne des phrases susmentionnées, car Paul VI, dans l'encyclique Christi Mater, nous recommande : « Et comme, en ces temps d'incertitude et d'inquiétude, l'Église a coutume de recourir à l'intercession bienveillante de Marie, sa Mère, c'est vers Elle que nous nous tournons, c'est vers Elle que nous orientons vos pensées et celles de tous les chrétiens. Car, selon les paroles de saint Irénée, Elle est devenue le salut de toute l’humanité. Rien ne nous semble mieux correspondre aux circonstances que de faire monter la supplication de toute la famille chrétienne vers la Mère de Dieu, invoquée comme Reine de la paix, afin que, parmi tant de misères et de menaces si graves, elle dispense abondamment les dons de sa bonté maternelle... Et c’est pourquoi, lorsque les maux s’aggravent, la piété du peuple de Dieu doit s’enflammer ; notre désir le plus vif, vénérables frères, est que, suivant votre initiative, vos appels et votre élan, on invoque plus instamment, au cours du mois d’octobre, Marie notre Mère, comme nous l’avons laissé entendre, par la pieuse pratique du Rosaire. C’est une forme de prière très adaptée au sens du peuple de Dieu, très agréable à la Mère du Seigneur et si efficace pour obtenir les dons du Ciel. Cette prière a été recommandée par le concile œcuménique Vatican II à tous les enfants de l’Église, de manière très certaine bien qu’implicite, en disant : “qu’on accorde une grande importance à ces pratiques et exercices de dévotion envers Marie, comme le Magistère l’a recommandé au cours des siècles”. »

Cette pratique si féconde n’est pas seulement apte à repousser le mal et à conjurer les catastrophes, comme le démontre clairement l’histoire de l’Église. Elle favorise extraordinairement la vitalité chrétienne.

Réflexions complémentaires

Ajoutons quelques considérations personnelles.
Plus que sa durée (15 à 20 minutes), ce qui semble retenir certains de réciter un chapelet complet, c’est sa répétitivité. Certes, la qualité de la prière vaut mieux que la quantité. Dans son ouvrage Le secret admirable du très saint Rosaire, saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit : « Un seul Ave Maria bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. (…) Beaucoup prient le chapelet, mais pourquoi si peu se corrigent de leurs péchés et s’avancent dans la vertu, sinon parce qu’ils ne font pas ces prières comme il faut. » Ainsi, une seule dizaine bien dite dans un rosaire vivant vaut mieux qu’un chapelet mal dit. C’est une des raisons qui a motivé l’instauration du rosaire vivant.
Mais cette répétitivité ne doit pas nous arrêter ; car la vie est une série continuelle de répétitions : lever, toilette, repas, transports, … Chaque jour nous accomplissons les mêmes actions, saluons les mêmes personnes, … Pour l’être humain la suite ininterrompue des respirations et des battements de cœur est indispensable à la vie.

Il en va de même pour la prière et la vie intérieure : la répétition des Ave est indispensable. Car la répétition laisse l’esprit plus libre pour méditer. Elle donne une aisance qui va nous permettre de nous élever plus facilement vers Dieu. Saint Thomas d’Aquin enseigne qu’il y a trois degrés dans la prière : l’attention aux paroles, puis aux mystères, enfin à Dieu. La répétition des Ave est donc un moyen pour arriver à s’unir plus intimement à Dieu pendant quinze à vingt minutes.
Ainsi, le rosaire vivant est-il un peu comme le premier degré de la prière. On pourrait dire qu’il est le premier niveau du rosaire. On commence par une dizaine par jour. Puis on passe au chapelet quotidien. Puis, pour ceux qui ont plus de temps, comme les retraités par exemple, ou qui veulent faire encore plus pour Notre-Dame, pour la conversion des pécheurs ou pour la paix dans le monde, on passe au rosaire quotidien. Le petit François l’avait parfaitement compris lorsqu’il répondit à Notre-Dame : « Ô ma Sainte Vierge ! Des chapelets, j’en réciterai autant que vous voudrez. »

Toutefois, pour échapper à l’écueil de la répétitivité, il faut bien méditer les mystères. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit : « Les mystères du Rosaire sont les œuvres de Jésus-Christ et de la très sainte Vierge ; ils sont remplis de quantités de merveilles, de perfection et d’instructions profondes et sublimes, que le Saint-Esprit découvre aux humbles et aux âmes simples qui les honorent. »

Voici aussi ce que recommande la collecte de la fête de Notre-Dame du Rosaire :

Dieu dont le Fils unique, par sa vie, sa mort et sa résurrection, nous a mérité le bienfait du salut éternel, faites qu’en méditant ces mystères dans le très saint rosaire de la Vierge Marie, nous imitions ce qu’ils contiennent afin d’obtenir ce qu’ils promettent.

Le chapelet en famille

Enfin il convient, dans toute la mesure du possible, de réciter le chapelet en famille. Car la prière à plusieurs est plus efficace que la prière individuelle. Notre-Seigneur parle de deux ou trois personnes assemblées en son nom (Mt 18, 20). Il leur promet de se trouver présent au milieu d’elles, et sa présence rendra la prière irrésistible devant Dieu. C’est pourquoi, aux débuts de l’Église, les chrétiens s’assemblaient souvent pour prier malgré les menaces.

Et ceci s’applique parfaitement à la famille. Car la famille est la plus petite société possible : elle est la cellule de base de la société. Elle est aussi la toute première société dans l’histoire des hommes ; elle est aussi vieille que l’homme, car elle a commencé avec la création d’Eve. Mais il faut qu’elle se réunisse au nom de Jésus-Christ. C’est pourquoi, il faut privilégier le chapelet en famille. Saint Louis-Marie dit :

De toutes les manières de réciter, le faire publiquement à deux chœurs est la manière la plus glorieuse à Dieu, la plus salutaire à l’âme, la plus terrible au diable. Dieu aime les assemblées. Notre-Seigneur a expressément conseillé cette pratique à ses apôtres et disciples, et leur promit que toutes les fois qu’ils seraient deux ou trois assemblés en son nom, il se trouverait au milieu d’eux. Quel bonheur d’avoir Jésus-Christ en sa compagnie ! Pour le posséder, il ne faut que s’assembler pour dire le chapelet.

Le pape Pie XII a de très belles considérations sur le sujet. Il disait à des prédicateurs de carême, en 1943 : « Réveillez dans l’âme des fidèles le sentiment de l’ancienne et pieuse coutume de la prière commune en famille. (…) Et comme la vie publique, pleine de distractions et d’embûches, trop souvent au lieu de promouvoir les biens les plus précieux de la famille – la fidélité conjugale, la foi, la vertu et l’innocence des enfants – les met en danger, la prière au foyer domestique est aujourd’hui presque plus nécessaire qu’aux temps passés. » Saint Pie X écrivit pour sa part dans son testament : « Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres. »
Bien sûr, il faut tenir compte de la capacité des enfants. Le pape Pie XII, dans le discours cité précédemment, dit : « Que la prière soit accomplie de façon à ce que les enfants n’en éprouvent pas de fatigue ou de dégoût, mais se sentent plutôt entraînés à l’augmenter. » Par exemple, avec les jeunes enfants, on peut commencer par dire une ou deux dizaines, puis augmenter avec le temps.
Ce qui est vrai pour les enfants, l’est tout autant pour les adultes qui découvrent la prière du Rosaire. Il peut être sage de commencer par une dizaine de chapelet bien dite chaque jour, puis deux, puis trois, … pour arriver ainsi plus facilement au chapelet quotidien.

Saint Louis-Marie énumère également tous les avantages de la prière à plusieurs. D’abord, l’esprit y est ordinairement plus attentif. Quand on prie en commun, une seule voix s’élève. Si donc quelqu’un en particulier ne prie pas bien, un autre dans l’assemblée qui prie mieux supplée à son défaut. Saint Louis-Marie va même jusqu’à dire qu’une personne qui récite son chapelet toute seule n’a le mérite que d’un seul chapelet ; si elle le récite avec trente personnes, elle a le mérite de trente chapelets ! Enfin, le père de Montfort fait remarquer que l’Église, conduite par le Saint-Esprit, s’est servie des prières publiques dans tous les temps de calamité. Il cite l’exemple de Grégoire XIII qui déclare, dans une bulle, qu’il faut pieusement croire que les prières publiques et processions des confréries du saint Rosaire ont beaucoup contribué à obtenir de Dieu la grande victoire de Lépante sur les Turcs, le premier dimanche d’octobre 1571.

Mais pour ceux qui sont isolés, direz-vous ? Il est vrai que la solitude peut être un obstacle : lorsqu’on n’a pas le goût à la prière, la prière en commun est un puissant soutien. Et si nous sommes engagés dans un rosaire vivant, nous sommes tenus par notre engagement, ce qui va nous inciter à la persévérance. Mais cet avantage ne doit pas nous faire oublier que ce que nous devons viser, c’est de dire un chapelet complet chaque jour.

Pour terminer gardons à l’esprit ce que notre Mère du Ciel confia au bienheureux Alain de La Roche : « Celui qui persévérera dans la récitation de mon rosaire, recevra toutes les grâces qu’il demandera. »
Et au père Fuentès, sœur Lucie confia :

La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire.

En notre époque particulièrement troublée, cette révélation de Notre-Dame est plus qu’opportune.

Sainte fête de Pâques.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Samedi, 7 février 2026 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 - Par Cap Fatima : 5e mystère douloureux : Le crucifiement cliquer ICI
 - Par Salve Corda : 5e mystère joyeux : Le recouvrement de Jésus au temple cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui outragent Notre-Dame directement dans ses saintes images

Lettre de liaison n° 183 (4 février 2026)

Chers amis,

Après plusieurs lettres pour lesquelles l’actualité nous a conduit à nous écarter du sujet habituellement traité dans ces lettres, il est temps de revenir à nos réflexions sur le message de Fatima.
Pendant quatre ans (depuis la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021), nous avons analysé les paroles de l’Ange et de Notre-Dame. Il convient maintenant d’en tirer une synthèse afin de comprendre ce que le Ciel attend de nous.

Tout d’abord, le message de Fatima s’inscrit dans un cadre précis révélé par la Sainte Vierge les 13 juin et 13 juillet 1917 : Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de sa Mère. À côté de demandes à caractère général, comme de ne plus offenser Notre-Seigneur, ou concrètes, comme de construire une chapelle, la plupart des demandes concernent directement la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et peuvent être regroupées en six demandes distinctes :

  • l’offrande de prières et de sacrifices pour la conversion des pécheurs,
  • la récitation quotidienne du chapelet pour obtenir la fin des guerres et la paix dans le monde,
  • la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois,
  • la reconnaissance de cette dévotion par le pape,
  • la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie,
  • la révélation du troisième point du secret.

À ces demandes, il convient d’ajouter le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. En toute rigueur, la Sainte Vierge n’en a pas parlé, mais elle l’a montré aux petits voyants à la fin de la dernière apparition de 1917. Et en 1950, sœur Lucie confia au père Rafferty : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions. (…)  Le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie. (…) Cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima. »

Voyons donc comment répondre à chacune de ces demandes afin d’en recueillir les fruits promis.

1re demande : Les prières et sacrifices pour la conversion des pécheurs

Lors de sa première apparition, Notre-Dame demanda aux petits voyants : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? »
Elle renouvela cette demande le 13 juillet et le 19 août 1917, y ajoutant d’offrir également des prières à cette intention. C’est aussi ce qu’avait fait l’Ange lors de ses apparitions en 1916.
Cette première demande de Notre-Dame est le point essentiel du message de Fatima. Dans un entretien avec le père Thomas McGlynn, un dominicain américain qui voulait sculpter une statue de Fatima, sœur Lucie lui confia : « La conversion des pécheurs, et le retour des âmes à Dieu. Cette idée a été répétée dans toutes les apparitions ; c’est pourquoi je considère que c’est l’essentiel du message. » En toute rigueur, la Sainte Vierge n'en a parlé que dans trois des six apparitions de 1917. Mais, à chacune de ses apparitions, l’Ange a parlé soit de prières soit de sacrifices pour la conversion des pécheurs. Et Notre-Dame en a parlé au cours des apparitions de Pontevedra et Tuy.
Enfin, les sacrifices demandés ont été précisés par Notre-Seigneur : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant. » Et sœur Lucie confia à John Haffert, fondateur de l’Armée bleue, que la principale demande de Notre-Dame était le sacrifice et ajouta : « Par sacrifice, Notre-Dame a dit qu’elle entendait l’accomplissement loyal du devoir d’état quotidien de chacun. »

2e demande : Le chapelet quotidien pour la paix dans le monde

Dans sa première apparition de 1917, la Sainte Vierge fait une deuxième demande : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre» Elle la répétera à chacune des cinq apparitions suivantes. Et plusieurs fois, elle précise deux points importants : 1) il faut réciter le chapelet pour obtenir la paix dans le monde ; 2) elle seule peut nous obtenir cette paix.
De plus, en 1957, sœur Lucie confia au père Fuentès que toutes les difficultés, temporelles ou spirituelles, que nous rencontrons, peuvent être résolues par la récitation du chapelet :

La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire.

3e demande : Les premiers samedis du mois

Annoncé le 13 juillet 1917, la demande fut faite une première fois le 10 décembre 1925. Elle fut renouvelée, le 15 février 1926 et, à nouveau, en mai 1930. Dans la lettre à son confesseur de mai 1930, sœur Lucie parle de « la dévotion réparatrice, que Dieu lui-même et la Très Sainte Vierge ont daigné demander en 1925, pour, au moyen de cette petite dévotion, donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d’offenser le Cœur Immaculé de Marie, la Très Sainte Vierge promettant aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour qu’elles se sauvent ».

Les fruits de cette dévotion sont clairement précisés : réparer les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie et obtenir la conversion des pécheurs.

4e demande : La consécration de la Russie

Également annoncé le 13 juillet 1917, la demande de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, fut faite le 13 juin 1929. Ce jour-là, Notre-Dame confia à sœur Lucie : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. »

Deux ans après, en août 1931, rien n’ayant été fait, à Rianjo où elle était partie se reposer, la Sainte Vierge lui dit :  « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande... ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »
Sœur Lucie écrivit alors à Mgr da Silva que Notre-Seigneur lui avait confié : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. »

5e demande : La reconnaissance de la dévotion réparatrice par le pape

En mai 1930, sœur Lucie, en recevant pour la troisième fois la demande de la dévotion réparatrice, reçut avec elle une demande complémentaire. Voici ce qu’elle écrivit à son confesseur :

Le bon Dieu, au fond de mon cœur, agit sur moi pour que je demande au Saint-Père l’approbation de la dévotion réparatrice, (…)

Puis, après avoir rappelé en quoi consistait la dévotion réparatrice, elle ajouta :

Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice, indiquée ci-dessus.

Et tout le restant de sa vie, sœur Lucie rappellera cette condition demandée par le Ciel.

6e demande : La révélation du troisième point du secret

Outre ces cinq demandes, il en est une sixième que nous ne connaissons pas encore précisément mais dont il est possible d’esquisser le contenu (voir notamment les lettres de liaison n° 107 à 110 et 113).
En effet, sœur Lucie a toujours affirmé qu’il n’y avait qu’un seul secret, lequel comprenait trois points (sœur Lucie a utilisé le mot portugais “coïsas” qui signifie littéralement “choses”). Le premier point est l’enfer, c’est-à-dire le châtiment qui attend les pécheurs impénitents. Et Notre-Dame donne un moyen pour l’éviter : la dévotion à son Cœur Immaculé. Le deuxième point concerne les guerres et les persécutions, c’est-à-dire les conséquences sur cette terre de nos péchés. Et Notre-Dame donne également deux moyens pour les éviter : la communion réparatrice des premiers samedis du mois et la consécration de la Russie au son Cœur Immaculé. Quant au troisième point, la seule chose que nous savons sûrement, c’est qu’il concerne la foi, c’est-à-dire l’Église et donc le pape. Et tous ceux qui ont pu lire cette partie du secret ou en parler avec sœur Lucie ont dit que ce point concernait la perte de la foi à l’échelle de continents et atteindrait les plus hauts sommets de l’Église. C’est donc un danger encore plus grand que les guerres puisqu’il menace non plus nos biens temporels mais notre salut éternel. Et nous pouvons être certains que la Sainte Vierge a donné un moyen pour éviter ou contrer ce danger, comme elle l’a fait pour le premier danger, l’enfer, qui est un châtiment individuel, et pour le second qui est un châtiment temporel collectif. Pour ce troisième danger qui est spirituel et collectif, la Sainte Vierge ne peut pas ne pas avoir indiqué le moyen de s’en protéger.

Sœur Lucie a toujours dit que cette partie du secret aurait dû être révélée au plus tard en 1960. Il est donc important de la connaître, car depuis cette date, l’Église subit une crise comme elle n’en a jamais connu auparavant. Crise est d’ailleurs un terme impropre. Une crise est un événement bref par nature. Une crise qui dure 65 ans, ce n’est plus une crise : c’est une maladie grave, maladie qui ronge l’Église de l’intérieur et atteint tous ses membres. Il est donc particulièrement important de connaître le remède qui pourra guérir l’Église de cette maladie, remède que Notre-Dame a sûrement révélé à sœur Lucie.
Il faut donc continuer à prier et faire ce que nous pouvons pour que le Saint-Siège révèle cette partie du secret, d’une part pour le salut de l’Église et de tous ses membres, mais aussi pour l’honneur de Notre-Dame, car aucune de ses demandes n’est insignifiante et ne peut être ignorée.

Ainsi, parmi les six demandes de Notre-Dame, trois s’adressent à nous directement, et trois s’adressent plus spécifiquement à la hiérarchie de l’Église. Voyons comment répondre au mieux à ces demandes, car les fruits promis si nous obéissons sont merveilleux : la réparation des offenses envers Notre-Seigneur et Notre-Dame, la conversion des pécheurs, notre propre salut et la paix dans le monde.

Ce que la Sainte Vierge nous demande

La Sainte Vierge nous demande trois choses : offrir des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs, réciter notre chapelet tous les jours pour la paix dans le monde et pratiquer la dévotion réparatrice chaque premier samedi du mois. Ces demandes ne sont pas exigeantes. Il ne dépend que de nous de les réaliser ; personne ne pourra le faire à notre place. Toutefois, nous pouvons nous entraider pour suivre avec ferveur et assiduité ces demandes de notre Mère du Ciel :

  • Pour les sacrifices, la seule aide possible est d’insister à temps et à contre-temps sur l’importance de cette pratique, ce qu’essaye de faire Cap Fatima avec les lettres de liaison.
  • Pour le chapelet quotidien, depuis 2017 des rosaires vivants ont été organisés.
  • Pour les premiers samedis, les “cités” des premiers samedis proposées par Salve Corda sont un excellent moyen, car pour persévérer, l’amitié est très précieuse. Chacun d’entre nous doit avoir à cœur de créer ou de consolider dans sa paroisse un mouvement en faveur des premiers samedis.

Pour optimiser et surtout pérenniser la façon dont Cap Fatima et Salve Corda peuvent vous aider, une fusion des deux organisations est à l’étude et devrait voir le jour sous peu, avec pour objectif premier de développer les cités des premiers samedis. Une lettre de liaison régulière continuera à être diffusée pour nous sensibiliser régulièrement sur l’importance de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, en particulier sur l’importance d’offrir des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Enfin, pour la récitation du chapelet, il est envisagé de s’associer avec Le chapelet perpétuel pour le monde

Ce que la Sainte Vierge demande à l’Église

La Sainte Vierge a également demandé trois choses à l’Église : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie (à partir de 1929), la reconnaissance par le pape de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (à partir de 1930) et la révélation du troisième point du secret de juillet 1917 (au plus tard en 1960).

Concernant la consécration de la Russie, plusieurs actes ont été posés par les papes, mais malheureusement aucun d’eux n’a respecté toutes les conditions précisées par Notre-Dame. La paix dans le monde, promise si le pape accomplissait cette consécration, n’est donc toujours pas là. Il faut prier et espérer que le pape fera cette consécration prochainement. Seul le pape uni aux évêques du monde entier peut le faire. Par contre, de notre côté, nous pouvons agir en nous consacrant nous-même au Cœur Immaculé de Marie. D’une part cette pratique fait partie de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, comme l’explique saint Louis Marie Grignion de Montfort, notamment dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. D’autre part, le père Alonso affirme :

À Fatima, la Vierge n’a demandé expressément que la consécration de la Russie, comme moyen efficace de sa conversion et de la paix du monde. Mais, il est évident que cette consécration de la Russie doit être précédée de la pratique généralisée et intense des consécrations individuelles et collectives. La consécration de la Russie n'arrivera que comme le fruit de la consécration généralisée et intense de tous les membres et de toutes les collectivités de l'Église. C'est pourquoi il est nécessaire que les fidèles commencent par réaliser leur consécration personnelle et par la vivre intensément. C’est là le meilleur moyen de hâter l'heure du triomphe du triomphe du Cœur Immaculé de Marie, et l'avènement du Royaume de Dieu sur la terre.

Concernant la reconnaissance des premiers samedis, l’occasion du centenaire de cette demande a été saisie pour demander au Saint-Père de l’approuver. Les actions entreprises tout au long de l’année 2025 n’ont malheureusement pas abouti. Plus récemment, les tentatives faites auprès des cardinaux avant le consistoire des 7 et 8 janvier pour qu’ils en parlent au pape, n’ont pas non plus obtenu de résultats.
Il est triste de voir que cette demande si simple n’a jamais été réalisée par les papes depuis les apparitions de Fatima alors que Léon XIII et saint Pie X avaient, en leur temps, accorder des indulgences à une dévotion très similaire. Mais ne désespérons pas. D’autres actions sont envisagées qui aboutirons peut-être.
Quant à nous, nous pouvons agir : comme pour la consécration de la Russie, en paraphrasant le père Alonso, on peut dire que cette reconnaissance par le pape n’arrivera que « comme le fruit d’une pratique généralisée et intense de la dévotion réparatrice par tous les membres et toutes les collectivités de l’Église. »

Concernant le troisième point du secret, diverses actions ont récemment été tentées pour en connaître le contenu. Jusqu’à présent, elles ont malheureusement échoué. Par exemple, il a été demandé à l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, la lettre que sœur Lucie avait écrite en 1983 à son président, le cardinal Caffara, lettre dans laquelle elle lui disait que « la bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur le mariage et la famille ». L’institut a répondu que la lettre avait été perdue !
De même, il a été demandé aux archives du Vatican s’il serait possible de consulter le rapport fait par le père Schweigl après l’entrevue qu’il eut avec sœur Lucie en 1952. À ce jour, aucun document n’a été communiqué, alors que par ailleurs, le Saint-Siège affirme avoir tout révélé.

Sur ce point, il n’est pas facile d’agir concrètement ; mais nous pouvons prier. En particulier, prions pour Mgr da Silva qui n’a voulu ni lire ni révéler la troisième partie du secret, alors qu’il pouvait le faire. Prions aussi pour Pie XII qui a demandé à avoir le secret, mais lorsqu’il l’a eu n’a pas voulu le lire. Prions enfin pour ses successeurs qui l’ont lu, mais n’ont pas voulu le révéler, contrairement à ce que la Sainte Vierge avait demandé. Tous ont donc une responsabilité importante dans les troubles qui ont secoué le monde et l’Église ces dernières années. Demandons-leur d’intercéder pour que le Saint-Siège révèle enfin ce troisième point et que nous puissions appliquer le remède que la Sainte Vierge a sûrement confié à la petite Lucie le 13 juillet 1917. Ils auront sûrement à cœur de nous aider depuis l’au-delà pour obtenir ce qu’ils n’ont pas osé faire ici-bas.

Voilà donc le plan d’action qu’il convient de tenir pour œuvrer au triomphe promis et attendu du Cœur Immaculé de Marie, triomphe qui n’arrivera que si nous obéissons aux demandes si simples de Notre-Dame.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Samedi, 7 mars 2026 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 Mystère proposé par Salve Corda (voir ci-après) : 1er mystère douloureux : L'agonie de Jésus au jardin des oliviers cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 184 (4 mars 2026)

Chers amis,

Dans un mois, nous fêterons le onzième anniversaire de Cap Fatima et de cette lettre de liaison. L’objectif que nous nous étions fixés en mars 2015 lorsqu’avec quelques amis, il a été décidé de lancer le projet, était de faire quelque chose pour le centenaire des apparitions de Fatima. Nous voulions apporter notre modeste contribution pour répondre à la demande de Dieu, notre Seigneur : répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Ce onzième anniversaire est l’occasion de faire un rapide bilan des actions conduites pendant ces onze années afin de voir ce qui pourrait être amélioré.

Bilan de Cap Fatima

Initialement, il était seulement envisagé de préparer et célébrer le centenaire des apparitions de Fatima en 2017 (d’où le nom du projet, CAP étant l’acronyme de Centenaire des APparitions). Le projet aurait normalement dû s’arrêter fin 2017, mais nombreux ont été ceux qui ont souhaité que les actions lancées au cours des deux années écoulées (lettre de liaison, consécrations au Cœur Immaculé de Marie, développement des premiers samedis du mois, etc.) soient poursuivies. C’est la raison pour laquelle Cap Fatima a continué au-delà de 2017, ce qui a permis de lancer d’autres actions comme les rosaires vivants. Toutefois, le centenaire des apparitions étant désormais largement passé, il convient de regarder s’il ne serait pas pertinent de modifier ou faire évoluer certaines des actions entreprises.

Deux points sont à prendre en considération. Tout d’abord, parallèlement à Cap Fatima, l’association Salve Corda a été lancée pour développer plus spécifiquement la pratique des premiers samedis du mois. Ensuite, l’année dernière, une autre action a été lancée : le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima. Le but était d’obtenir du Saint-Père qu’il approuve et recommande cette dévotion tant désirée par Notre-Seigneur et Notre-Dame. En effet, annoncée en juillet 2017, la communion réparatrice des premiers samedis du mois a été formellement demandée une première fois en décembre 1925, puis une deuxième fois en février 1926. Quatre ans plus tard, par deux fois, en juin 1929 et en mai 1930, la Sainte Vierge a renouvelé sa demande. Cette dévotion a donc été demandée au moins quatre fois. Malheureusement, malgré cette insistance du Ciel et malgré la reconnaissance par l’Église de l’authenticité des apparitions de Fatima, absolument rien de ce qu’a demandé Notre-Dame n’a été fait par le Saint-Siège : depuis 1930, il a gardé le silence le plus absolu sur les premiers samedis du mois. Tout ce qui a été fait est uniquement le fruit d’initiatives individuelles. Certes, ces dernières sont importantes. Mais sans l’approbation du Saint-Siège, cette pratique restera toujours une pratique privée, alors que Notre-Dame a demandé qu’elle soit reconnue et recommandée par le Saint-Père. Toutefois, s’il n’a pas été possible d’obtenir cette recommandation du Saint-Père, le Jubilé 2025 a permis de faire connaître cette demande de Notre-Dame en de nombreux endroits (voir https://jubile2025-fatima.org/) ?

De ce constat (centenaire des apparitions passé, jubilé 2025 terminé, nécessité de continuer à tout faire pour répandre la communion réparatrice des premiers samedis du mois), il est possible de tirer deux conclusions : d’une part, il faut poursuivre nos actions pour répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et plus particulièrement la communion réparatrice des premiers samedis du mois ; d’autre part, il ne semble pas utile de conserver trois organisations pour cela. Suite à ces conclusions, une réflexion a été menée avec tous ceux qui, de près ou de loin, souhaitent apporter leur contribution à cet objectif. Il en est sorti plusieurs éléments : 1) l’union faisant la force, un rapprochement entre Cap Fatima et Salve Corda serait très profitable ; 2) l’effort principal doit porter sur le développement des premiers samedis du mois ; 3) la dévotion au Cœur Immaculé de Marie doit nous conduire au Cœur de Jésus.
Sur ce dernier point, quelques explications sont indispensables avant d’exposer comment mettre en place les deux premiers.

La dévotion aux deux Cœurs de Jésus et Marie

La dévotion aux deux Cœurs de Jésus et Marie est ancienne dans l’Église. Elle remonte au moins XVIIe siècle et à son origine dans le développement progressif des dévotions au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie.

La dévotion au Cœur de Jésus est née dès les premiers siècles, de son amour miséricordieux symbolisé par son Cœur transpercé. Au XVIIe siècle grâce aux révélations reçues par sainte Marguerite-Marie (1647 – 1690) à Paray-le-Monial, elle a pris une forme plus structurée, s’articulant autour de quatre pratiques essentiellement : l’Heure sainte du jeudi soir, la communion des premiers vendredis du mois, la fête du Sacré-Cœur, instituée pour toute l'Eglise par Pie IX en 1856, et la vénération de l’image du Sacré-Cœur.

La dévotion au Cœur de Marie s’enracine aussi dans l’Évangile. Elle va se développer plus particulièrement à partir du XVIIᵉ siècle, sous l’impulsion de saint Jean Eudes (1601 – 1680), sous la forme de la dévotion aux deux Cœurs de Jésus et de Marie, donc bien avant que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie soit explicitement demandée par Notre-Dame à Fatima en 1917.
Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673 – 1716) l’a magnifiquement exposée dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, dont la toute première phrase affirme : « C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'Il doit régner dans le monde. » Dans des pages d’une grande clarté, il justifie cette affirmation. Voici quelques exemples :

25. Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle épouse, ses dons ineffables, et Il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu’Il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales. Car telle est la volonté de Dieu qui a voulu que nous ayons tout par Marie.

55. Marie est le moyen le plus assuré, le plus aisé, le plus court et le plus parfait pour aller à Jésus-Christ.

85. Nous avons besoin d'un médiateur auprès du Médiateur même, et la divine Marie est celle qui est la plus capable de remplir cet office charitable ; c'est par elle que Jésus-Christ nous est venu, et c'est par elle que nous devons aller à lui.

86. Pour aller à Jésus, il faut aller à Marie, c’est notre médiatrice d’intercession ; pour aller au Père éternel, il faut aller à Jésus, c’est notre Médiateur de rédemption.

120. Marie étant la plus conforme à Jésus-Christ de toutes les créatures, il s'ensuit que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une âme à Notre-Seigneur, est la dévotion à la Très Sainte Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ.

140. Le Père n’a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et ne communique ses grâces que par elle ; Dieu le Fils n’a été formé pour tout le monde en général que par elle, n’est formé tous les jours et engendré que par elle dans l’union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites que par elle ; le Saint-Esprit n’a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son Corps mystique que par elle, et ne dispense ses dons et faveurs que par elle.

Si l’on voulait être exhaustif, il faudrait citer pratiquement tout le traité. Saint Louis-Marie montre que toute grâce ne peut venir que de Jésus, mais passe nécessairement par Marie, ce qu’exprime remarquablement sa devise : « Ad Jesum per Mariam ».

La dévotion aux deux Cœurs a continué ensuite à se développer, donnant notamment naissance en 1802 à Paris, dans le quartier de Picpus, à la congrégation des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie, congrégation plus connue sous le nom de “pères de Picpus”. Sa mission initiale était de rechristianiser la France après la Révolution, en se consacrant à l’éducation et à la formation des jeunes. Très tôt elle eut ses premiers martyrs, car le 26 mai 1871, lors de la semaine sanglante de la Commune de Paris, cinq de ses prêtres (Ladislas Radigue, Polycarpe Tuffier, Frézal Tardieu, Marcellin Rouchouze et Henri Planchat) furent exécutés par les communards en haine de la foi. Ils ont été béatifiés le 22 avril 2023.

Les deux Cœurs dans le message de Fatima

Cette union des deux Cœurs se retrouve plusieurs fois dans le message de Fatima. En effet, à chacune de ses trois apparitions de 1916, l’Ange parle des deux cœurs :

  • printemps 1916 : Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.
  • été 1916 : Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde.
  • automne 1916 : Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Jacinthe a également parlé des deux Cœurs. Quelques jours avant de partir à l’hôpital, elle confia à sa cousine ses dernières pensées :

Il ne me reste plus beaucoup de temps pour aller au Ciel. Toi, tu resteras ici afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie (en portugais : O Coraçao de Jesus quer que a Seu lado se venere o Coraçao Imaculado de Maria), que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée. Si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie !

Ces paroles de Jacinthe, outre qu’elles sont un remarquable résumé du message de Fatima, montrent que c’est Notre-Seigneur Lui-même qui demande que le Cœur de sa très sainte Mère soit vénéré avec le sien. C’est parfaitement en cohérence avec la demande divine : « Jésus veut établir dans le monde à dévotion au Cœur Immaculé de sa Mère. » (13 juin 1917) C’est donc bien du Cœur de Jésus que vient la demande de vénérer le Cœur Immaculé de Marie. Vénérer les deux Cœurs ensemble est une parfaite façon de répondre à ces demandes du Ciel.

On en trouve une confirmation dans les révélations qu’eut sœur Lucie quelques années après les apparitions de Fatima. En effet, en 1929, la Sainte Vierge demanda la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :

Notre-Dame me dit : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. Elles sont tellement nombreuses les âmes   que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

Mais en 1930, elle demanda la consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie :

Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice.

Et douze ans plus tard, dans son message du 8 décembre 1942, le pape Pie XII confirma cette nécessité de vénérer ensemble les deux Cœurs :

Les fidèles doivent veiller à associer étroitement le culte du Sacré-Cœur et le culte envers le Cœur Immaculé de Marie, car notre salut vient de l'amour et des souffrances de Jésus-Christ indissolublement unis à l'amour et aux souffrances de sa Mère.  C'est pourquoi il convient que le peuple chrétien rende aussi au Cœur très aimant de sa céleste Mère, de semblables hommages de piété, d'amour, de gratitude et de réparation.  Aux âmes de péché, à celles qui souffrent de leurs fautes, à celles qui veulent expier les péchés des autres, la dévotion du Cœur de leur Mère paraît être un havre à la fois d'idéal et de pardon.

C’est pour répondre à ces différentes demandes que, désormais, nous associerons le culte dû au Sacré-Cœur de Jésus et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Fatima n’est finalement qu’une prolongation de la dévotion aux deux Cœurs. Voilà pourquoi le nouvel organisme qui sortira du rapprochement de Cap Fatima et Salve Corda aura pour épigraphe : « Le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie. »

Rapprochement de Salve Corda et Cap Fatima

Il fallait commencer par donner un nom au nouvel organisme. Après échange entre les différents responsables, il a été décidé de choisir le nom de Fraternité Salve Corda. Ce nom mérite une explication. En effet, Salve est un singulier (je te salue) et Corda est le pluriel de Cor, le Cœur. Mettre un singulier avant un pluriel peut sembler une faute grammaticale. Il aurait été plus logique de mettre le pluriel de Salve : Salvete : (je vous salue). Mais les deux Cœurs de Jésus et Marie sont si unis qu’on peut dire qu’ils n'en forment qu’un. Placer un singulier devant les deux cœurs permet de souligner leur unité. Dieu Lui-même s’est plu à utiliser cette façon de s'exprimer lorsqu’Il a dit à Moïse : « Je suis celui qui suis », alors que l’expression grammaticalement correcte aurait été : Je suis celui qui est.
Le nom étant choisi, voici quelques précisions sur la façon dont ce rapprochement va s’opérer.

Le site

Les trois sites de Salve Corda, de Cap Fatima et du Jubilé 2025 vont être fusionnés. Le nouveau site synthétisera en les complétant tous les éléments figurant sur les trois sites. Vous y retrouverez tout ce qui a été fait jusque-là, notamment les lettres de liaison de Cap Fatima.

Les premiers samedis du mois

Le site sera structuré en insistant particulièrement sur la communion réparatrice des premiers samedis du mois, porte d’entrée de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. L’amitié étant un puissant stimulant pour nous donner la force nécessaire pour persévérer, le système des cités va être développé afin que le maximum de personnes puisse connaître et pratiquer cette dévotion.
Le principe d’envoyer une méditation quelques jours avant chaque premier samedi sera conservé. Désormais, comme c’était fait jusqu’à présent par Cap Fatima, l’ordre des mystères à méditer suivra l’ordre des mystères du Rosaire, quel que soit le temps de l’année liturgique. Le nouveau cycle commencera samedi prochain avec le 1er mystère douloureux. Toutes les méditations proposées par Cap Fatima depuis son lancement resteront accessibles, comme elles le sont actuellement sur cette page du site : https://www.fatima100.fr/les-premiers-samedis-du-mois/meditations

Les rosaires vivants

Les aléas d’internet font que l’organisation des rosaires vivants est devenue très difficile. Car il est devenu pratiquement impossible d’obtenir, dans des délais raisonnables, l’assurance que les 15 personnes inscrites ont reçu les mystères à méditer avant le démarrage du Rosaire. Aussi a-t-il été décidé de proposer plutôt la participation à un chapelet perpétuel.

Le chapelet perpétuel est une pratique ancienne dans l’Église. On la doit au père Timothée Ricci (1579 – 1643), un dominicain italien, qui l’a fondée à Bologne en 1634. Le but du père Ricci était que le Rosaire soit récité continuellement, toute la journée, de jour comme de nuit, tous les jours de l’année. Chaque participant s’engageait pour une heure seulement dans l’année, heure pendant laquelle il devait réciter un Rosaire entier. Pour participer, il fallait se rendre au couvent des dominicains pour tirer au sort, dans une cassette en bois, l’heure (diurne ou nocturne) attribuée. Immédiatement, le succès fut considérable. À Bologne, la cassette dut être renouvelée seize fois, bien qu’il faille plus de 8 700 personnes pour constituer un chapelet perpétuel complet. Le pape Urbain VIII se fit apporter une cassette au Vatican pour tirer au sort son heure. Il tomba sur l’heure de 23 heures à minuit et y fut fidèle jusqu’à sa mort.
Le Rosaire perpétuel se répandit très vite dans toute la Chrétienté, et fut enrichi d’indulgences par les papes. En France, anéanti par la Révolution, il fut restauré par le père Chardon o.p., l’année des apparitions de Notre-Dame à Lourdes. Il lui donna une organisation très précise dont Pie IX fit l’éloge dans le bref Postquam Deo monente du 12 avril 1867. Et les successeurs de Pie IX ont toujours loué cette œuvre.

Plusieurs organismes proposent des chapelets perpétuels. Nous recommandons plus spécialement le Chapelet perpétuel pour le monde (https://www.chapeletperpetuelpourlemonde.org/) fondé en 2020 et dont l’esprit est très proche de celui de Salve Corda. L’organisation pratique n’est pas la même que celle prévue par le père Ricci, mais l’esprit est le même.

Les consécrations au Cœur Immaculé de Marie et le port du scapulaire

Concernant les consécrations au Cœur Immaculé de Marie, il sera toujours possible de recevoir le tableau des méditations proposées pour les préparations de 9 ou 33 jours. Et des rappels continueront à être faits sur le port du scapulaire comme signe de notre appartenance au Cœur Immaculé de Marie et au Sacré-Cœur de Jésus. Le scapulaire du Mont Carmel est bien un signe de dévotion aux deux Cœurs, car très souvent il comporte sur une face une image du Sacré-Cœur et sur l’autre une image de Notre-Dame.

La lettre de liaison

Une lettre de liaison, en principe mensuelle, continuera à être publiée. Elle sera envoyée aux membres de Cap Fatima et de Salve Corda. Outre soutenir notre persévérance, elle aura pour but de continuer à faire connaître le message de Fatima. Pour l’alimenter, il a paru pertinent de reprendre les réflexions conduites depuis l’été 2021 sur les paroles de l’Ange et de Notre-Dame à Fatima. Car, comme pour l’Évangile, ce sont des paroles du Ciel : on peut méditer régulièrement dessus sans lassitude, tellement elles sont riches.
La présente lettre est donc une des dernières que vous recevrez sous cette forme. Les nouvelles garderont le même esprit que Cap Fatima a adopté dès le lancement de sa lettre de liaison.

Nous espérons que cette nouvelle organisation vous conviendra, tout en contribuant à répondre à la demande du Ciel de répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Demain samedi, 3 janvier 2026 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 - Par Cap Fatima : 4e mystère douloureux : Le portement de croix cliquer ICI
 - Par Salve Corda : 3e mystère joyeux: La nativité cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris ou la haine à l’égard de Notre-Dame

Lettre de liaison n° 182 (2 janvier 2026)

Chers amis,

Suite à l’analyse de la note Mater Populi Fidelis parue dans la lettre de liaison n° 180, plusieurs d’entre vous nous ont fait part de leur satisfaction. Nous les remercions de nous encourager ainsi dans un travail souvent très prenant. Deux d’entre eux ont fait des remarques très pertinentes. Nous tenons à les remercier d’avoir pris le temps de formuler des objections bien construites, s’appuyant sur de véritables arguments et sur le ton charitable d’une véritable discussion, qualités hélas souvent absentes lors des discussions sur des sujets sensibles (notamment politiques), les opposants répondant trop souvent par des affirmations péremptoires, sans avancer d’argument contraire, ou par des invectives, quand ce n’est pas par des accusations directes. Il faut savoir analyser honnêtement de telles objections, car c’est un excellent moyen pour approfondir une question et ainsi s’approcher plus de la vérité. Que nos deux objecteurs soient donc remerciés de nous avoir permis de réfléchir plus à fond sur la question qui nous préoccupe. Il est intéressant de vous communiquer ces remarques ainsi que les réponses que nous leur avons faites ; car l’honneur de Notre-Dame est en cause. Et, surtout en pareille matière, il convient de suivre l’exemple de saint Thomas d’Aquin qui, pour traiter d’une question, commençait par recueillir tous les arguments pour et contre, puis après avoir donné sa solution, prenait le soin de répondre à chaque objection.

1re remarque

Dans le dernier paragraphe intitulé : La réponse du catholique fidèle, vous évoquez le fait de juger, ce qui requiert obligatoirement d'avoir été investi. Il en est ainsi depuis Moïse et les circonstances actuelles ne dissoudront jamais les préceptes divins donnés aux hommes par Dieu dans son immense sagesse. Mais, faute de pouvoir juger, on peut cependant constater : pour ce faire, la perspicacité et l'honnêteté suffisent. Pas de mandat à recevoir... Posons des actes de charité, oui, mais dans la limite de l'exercice de la charité qui est propre au laïc de base. Car il est des terrains sur lesquels il est aujourd'hui très (trop) risqué de s'aventurer, dont ceux qui concernent le champ d'action de ces prétendues autorités, que sont celles de Léon et de Fernandez... N'interférons pas, prudence !

Réponse

Le sujet abordé par cette remarque est particulièrement important, et on ne saurait trop y réfléchir, tant il est indispensable de bien l’avoir à l’esprit pour ne pas tomber dans l’erreur exposée par cette objection, à savoir juger des personnes.

En effet, il faut bien distinguer entre les personnes et les faits. On ne peut jamais juger une personne, sauf à avoir été investi d’une telle charge. C'est le cas des confesseurs notamment qui ont des grâces particulières pour juger les personnes qui se confessent. Notre-Seigneur enseigne : « Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugé. » (Matthieu 7:1 ; Luc 6:37) Mais par ailleurs, Notre-Seigneur dit aussi : « Que votre parole soit : oui, oui ; non, non » (Matthieu 5:27), parole rapportée par saint Jacques de la façon suivante : « Que votre oui soit oui et que votre non soit non afin que vous ne tombiez pas sous le coup du jugement » (Jacques 5:12). Saint Jean disait également : « Parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche ». (Apocalypse 3:16) Contrairement à ce qu’il pourrait paraître au premier abord, ces phrases ne sont absolument pas contradictoires. Car la première concerne les personnes et la seconde les faits ou les actes. Un grand prédicateur dont nous avons oublié le nom disait : par rapport à son prochain, le chrétien est le plus charitable des hommes ; mais par rapport aux actes et aux faits, il est le plus intransigeant. Toute la difficulté est de bien faire la différence entre les personnes et leurs actes. Si sur les personnes, il faut toujours éviter de porter des jugements, par contre, sur les faits, il est toujours possible, et c’est même souvent un devoir, de porter un jugement, en veillant à ne jamais glisser vers un jugement des personnes, tendance naturelle hélas trop souvent rencontrée, fruit du péché originel.

Ce sujet a déjà été longuement abordé dans la lettre de liaison n° 112, suite à une remarque analogue qui nous avait été faite à l’époque. Rappelons en quelques points essentiels. Dom Guéranger a sur ce sujet une appréciation très juste :

Quand le pasteur se change en loup, c'est au troupeau à se défendre tout d'abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l'ordre de la foi, n'ont point à juger leurs chefs. Mais il est, dans le trésor de la Révélation, des points essentiels dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.

Le principe ne change pas, qu'il s'agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église ; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances où la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l'inspiration d'une ligne de conduite ; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l'ennemi, ou s'opposer à ses entreprises, un programme qui n'est pas nécessaire et qu'on ne doit point leur donner. (Année liturgique, à la date du 9 février, fête de saint Cyrille d’Alexandrie)

C'est aussi ce que dit le père Joseph de Sainte Marie :

S’il est des cas où seuls des théologiens solidement formés peuvent se prononcer – car la théologie est une science qui a ses principes et ses normes, et dans laquelle il est imprudent de s'aventurer sans la formation nécessaire, et plus encore sans une humilité et un sens de l'Église à la mesure de la difficulté des questions à étudier – il est, par contre, d'autres cas, et ils sont nombreux, où la connaissance du catéchisme et le bon sens chrétien suffisent.

Or tel est le cas ici. Les notions de “co-rédemptrice” et de “médiatrice de toutes grâces” font partie du dépôt de la foi (voir ci-après). En conséquence, tout catholique doit dénoncer une affirmation qui va à l'encontre de ce que contient ce dépôt de la foi.

2e remarque

Dans la compilation [il s’agit de la compilation des textes traitant de la co-rédemption et de la médiation de la Sainte Vierge mise en annexe de la lettre de liaison n° 180], rares sont les textes qui parlent de co-rédemption et aucun texte n'explique comment on doit comprendre cette notion indépendamment de la médiation par le mérite de congruo.

Nos prières et nos sacrifices peuvent – par la grâce de Dieu – procurer un mérite de congruo comme celui dont parle saint Paul aux Colossiens (1, 24) : « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. » Pour autant il semblerait incongru d’attribuer à saint Paul le titre de co-rédempteur. Pour appliquer le titre de co-rédemptrice à la Vierge Marie il faudrait une raison complémentaire qui manque dans la compilation. Cela explique la prudence de l’Église.

Je maintiens que l’on peut prier la Vierge Marie, Médiatrice des grâces divines de congruo. Mais je préfère m’abstenir de la prier comme Co-Rédemptrice parce que la Sainte Église me le recommande.

Réponse

Il est parfaitement exact que les textes parlant de co-rédemption n’apparaissent qu’au XVe siècle. Ce n’est qu’à partir du Xe siècle que les prédicateurs ont commencé à parler de Marie Rédemptrice. Le texte le plus ancien que nous ayons retrouvé est de saint Albert Le Grand. Mais à partir du XVe siècle, le terme de co-rédemptrice a été utilisé pour signifier la distinction entre les deux opérations, pour bien marquer qu’il n’y a qu’un seul et unique Rédempteur le Christ, affirmation que tous les prédicateurs rappelaient depuis le début pour éviter toute confusion.

Car il y une distance infinie entre la rédemption opérée par le Christ et la co-rédemption opérée par Marie. Mais il y aussi une distance infinie entre la coopération de Marie à la rédemption et la coopération des autres hommes, y compris des saints aussi grands soient-ils. C’est pourquoi pour marquer cette différence entre notre propre participation à la rédemption, et celle de Marie, les théologiens ont forgé le mot de Co-rédemptrice. Et à partir du XVIIe siècle, il a complètement remplacé celui de Médiatrice. C’est pourquoi on peut dire qu’il n’y a qu’une seule et unique Co-rédemptrice : Marie. Même saint Paul n’est pas au niveau de Marie.

Il en va de même pour d’autres vérités, comme celle de l’Immaculée Conception, par exemple : l’expression n’apparaît que tardivement, mais le concept est déjà présent chez les premiers Pères, et c’est avec les franciscains au XIIIᵉ siècle que la doctrine commence à être formulée de manière formelle. À l’époque, saint Thomas d’Aquin ne la considère que comme probable. Cependant, elle a fini par faire l’objet d’un dogme.

Dire qu’aucun texte n’explique la notion de co-rédemption n’est pas exact. On en trouve de nombreux, notamment chez Léon XIII et saint Pie X. Et plusieurs articles récents montrent que les théologiens et les évêques du XXe siècle sont unanimes sur ce point. (Voir ci-après)

Enfin, on ne peut pas dire que la Sainte Église déconseille d’utiliser les titres de Médiatrice et Co-rédemptrice. Car elle ne l’a pas toujours déconseillé. Au contraire, pendant dix siècles elle l’a encouragé. Ce n’est que depuis très récemment (une cinquantaine d’années tout au plus) qu’elle le déconseille. Dire que la Sainte Église recommande de s’abstenir de prier Notre-Dame comme Co-rédemptrice ne serait possible qu’en précisant la Sainte Église depuis Vatican II. Car avant Vatican II, la Sainte Église a au contraire recommandé d’invoquer Marie comme Co-rédemptrice, comme le montre le décret du Saint-Office du 22 janvier 1914 qui accorde une indulgence pour la récitation d’une oraison dans laquelle Marie est appelée « co-rédemptrice du genre humain ». C’est également l’avis du DTC (1929) qui consacre à ce sujet plusieurs pages et dit dans sa conclusion :

Le mot co-rédemptrice signifiant, par lui-même, une simple coopération à la rédemption de Jésus-Christ, et ayant reçu, depuis plusieurs siècles, dans le langage théologique, le sens très déterminé d’une coopération secondaire et dépendante, selon les témoignages précités, il n’y a point de difficulté sérieuse à s’en servir, à condition que l’on ait soin de l’accompagner de quelques expressions indiquant que le rôle de Marie, dans cette coopération, est un rôle secondaire et dépendant.

Et lors de la préparation du concile Vatican II, la commission chargée de rédiger le schéma sur la Sainte Vierge, document approuvé par Jean XXIII en novembre 1962, affirme clairement que les titres de Médiatrice et de Co-rédemptrice sont en soi très vrais (« licet in se verissima »), mais elle ajoute qu’ils « pourraient être mal interprétés par les protestants, par exemple “Corredemptrix humani generis” ». Ainsi, la “prudence” de l’Église est due non pas à une difficulté théologique mais parce que le concept déplait aux protestants.

L’unanimité des théologiens et des évêques

Ces deux remarques ont eu le mérite de nous pousser à poursuivre nos investigations sur la position de l’Église concernant ces deux notions. Et effectivement, plusieurs articles récents apportent des compléments très intéressants.

Le premier d’entre eux est un article de l’Association Mariale Internationale, association dont le siège est aux États-Unis et qui regroupe une centaine de membres (cardinaux, évêques, religieux, …) de 25 pays différents. L’association dispose en particulier d’une commission théologique de 40 membres dont le but est d’étudier et développer la mariologie. L’article que vient de publier cette commission fait une remarquable analyse critique de Mater Populi Fidelis, montrant en premier lieu l’origine très anciennes des concepts de co-rédemption et de médiation de la Sainte Vierge, puis la continuité de l’enseignement de l’Église jusqu’aux papes récents. L’article expose ensuite la faiblesse des arguments de la note du DDF ainsi que les graves conséquences que peut avoir un tel texte, et termine en demandant clairement que ces deux notions fassent l’objet d’une définition dogmatique. (Pour lire l’article, cliquer sur l’un des liens suivants : version originale en anglais, version traduite en français par DeepL)

En plus de ce premier article, trois articles du Courrier de Rome montrent l’unanimité des théologiens et des évêques sur ces questions avant le concile Vatican II.

Deux articles sont consacrés à l’analyse de la position des évêques à la veille du concile : le premier présente les réponses des évêques qui demandaient que le concile définisse clairement la co-rédemption et la médiation de la Sainte Vierge ; le second présente celles des évêques qui y étaient opposés. En effet, cinq mois après l’annonce du concile par Jean XXIII, par une lettre datée 18 juin 1959, la commission pontificale préparatoire demanda aux évêques leurs avis et leurs vœux sur les questions à traiter par le prochain concile.

Parmi les réponses reçues, nombre d’entre elles demandaient la définition d’un dogme sur la Co-rédemption et la Médiation universelle de Notre-Dame, notamment : 80 évêques européens (dont Italie : 41, Pologne : 11, Espagne : 9, Irlande : 5), 19 des Etats-Unis, 5 de l’Inde, 4 des Philippines, … Pour la France, 9 évêques sur 106 firent une demande analogue. Le premier article du Courrier de Rome compile les réponses de tous ces évêques qui demandaient que soit définie comme un dogme la Médiation universelle de Marie dans un sens élargi, c’est-à-dire incluant non seulement la Médiation au sens strict, à savoir que la Très Sainte Vierge Marie distribue à tous les hommes toutes les grâces acquises de la Rédemption, mais aussi la Co-rédemption, à savoir que, par l’offrande de ses souffrances au pied de la croix, la Très Sainte Vierge Marie a acquis avec le Christ toutes les grâces de la Rédemption. Ces évêques affirmaient en outre qu’une définition dogmatique, ou au moins une déclaration doctrinale concernant sur ces deux notions, aurait une grande efficacité pour susciter chez les fidèles une dévotion fervente envers la Très Sainte Vierge, et à travers elle envers Notre Seigneur. (Pour lire l’article, cliquer ICI

Le deuxième article du Courrier de Rome analyse les avis de 10 évêques ayant exprimé une position inverse, dont 2 fermement opposés et 8 hésitants. Il montre que ces évêques n’étaient pas opposés pour des raisons théologiques, mais uniquement pour des raisons pastorales, y compris les 2 évêques fermement opposés. (Pour lire l’article, cliquer ICI)

Enfin, le troisième article du Courrier de Rome détaille la position des plus grands théologiens du XXe siècle : le cardinal Billot (s.j., 1846 – 1931), le père Garrigou Lagrange (o.p., 1877 – 1964), le père de Aldama (s.j., 1903 – 1980), le père Nicolas (o.p., 1906 – 1999), le cardinal Journet (1891 – 1975) et l’abbé René Laurentin (1917-2017). Il analyse également l’avis de trois grandes universités de théologie qui avaient envoyé une réponse à la demande de la commission préparatoire. Il analyse également les cours et les manuels publiés par les professeurs de théologie. L’analyse montre la parfaite unanimité de tous ces théologiens ainsi que la précision et la clarté des définitions auxquelles ils sont arrivés. (Pour lire l’article, cliquer ICI)

Cette unanimité, aussi bien des théologiens que des évêques, confirme que la co-rédemption et la médiation universelle de la Sainte Vierge font partie du dépôt de la foi, même si elles ne font pas encore l’objet d’un dogme. Voici, par exemple, l’avis du cardinal Richaud, évêque de Laval puis de Bordeaux, qui résume parfaitement la situation :

 Une définition concernant la Médiation la bienheureuse Vierge pour la distribution des grâces ainsi que sa qualité de Co-rédemptrice me semble très souhaitable. En cette matière dogmatique, bien des points ont fait récemment l’objet d’études approfondies et d’un grand nombre de thèses, à l’occasion de plusieurs congrès et dans le cadre de maints travaux théologiques et il en est résulté un consensus assez unanime. Certes, une telle définition pourrait présenter un obstacle de poids à l’unité tant désirée de la sainte Église, spécialement en ce qui concerne les protestants et certains schismatiques. Cependant, on peut bien se demander si les précisions et les explications qui seraient fournies lors de la promulgation de ce dogme, en mettant une fois de plus en lumière la Maternité divine de la bienheureuse Vierge Marie sur laquelle tout le monde s’accorde et qui s’avère être comme l’origine et le fondement des prérogatives signalées, la Médiation et la Co-rédemption, n’apporteraient pas aux hérétiques et aux schismatiques un éclairage opportun en ce domaine.

Cette unanimité des évêques et des théologiens a été très bien exposée dans le schéma présenté au pape par la commission préparatoire au concile Vatican II (voir ce qui a été dit précédemment).

Quant à la crainte qu’une définition de la co-rédemption et de la médiation de la Sainte Vierge serait plutôt un obstacle qu’un appui pour ramener à l’Église les chrétiens séparés, plusieurs réponses affirment qu’elle n’est pas fondée pour diverses raisons, notamment :

  • les motifs de la séparation d’avec l’unité de l’Église (notamment le saint Sacrifice de la Messe, la primauté pontificale, le libre examen, …) sont des motifs bien plus radicaux que ceux sur les titres mariaux ;
  • la doctrine mettant en valeur les privilèges de Marie peut être au contraire un stimulant pour le retour des égarés ;

Toutes ces raisons font que la co-rédemption et la médiation de la Très Sainte Vierge font partie du dépôt de la foi et que nous pouvons donc sans hésiter continuer à invoquer la Sainte Vierge sous ses titres de Co-rédemptrice et Médiatrice de toutes grâces.

Mère du Christ et Co-Rédemptrice du genre humain, priez pour nous.
Mère de la divine grâce et Médiatrice de toutes grâces, priez pour nous.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Premiers samedis du mois

N’oublions pas de prier pour le futur consistoire des 7 et 8 janvier. Nous n’avons pas eu connaissance de réaction suite à notre dernière lettre de liaison. Mais continuons à prier pour que le Saint-Esprit intervienne et inspire aux cardinaux de parler des premiers samedis du mois au Saint-Père.

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Lettre de liaison n° 181 (19 décembre 2025)

Chers amis,

L’Alliance pour les premiers samedis du mois de Fatima avait prévu la fin de son Jubilé 2025 le 10 décembre, jour où il était espéré que le Saint-Père approuverait et recommanderait la dévotion réparatrice des premiers samedis. Malheureusement, il ne s’est rien passé ce jour-là alors que, dans ce but, tout au long de l’année, de nombreux événements avaient été organisés et beaucoup avaient prié à cette intention.

Les événements de l’année 2025

Il serait trop long de relater comment se sont passés tous les événements organisés. Voici simplement la liste des principaux d’entre eux, avec le renvoi vers un compte-rendu lorsqu’il y en eut un.

  • Janvier : à la chapelle de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse (voir CR).
  • Février : au Liban : à Notre-Dame de l’Attente, à Maghdouché, par Mgr Haddad, archevêque de Saida et Deir El Kamar des Grecs Melkites Catholiques, et à Beyrouth, à Saint Elias, par Mgr Sleiman en rite maronite, marquant l’union des Maronites et des Grecs Catholiques dans leur dévotion au Cœur Immaculé de Marie (voir le CR).
  • Mars : dans deux sanctuaires dédiés à la Sainte Maison de Nazareth : à Welshingam (Angleterre) où Notre-Dame demanda elle-même en 1061 qu’on l’honore en construisant une copie de sa maison de Nazareth (voir annonce de l’événement) ; au sanctuaire de Loreto (Italie) où la maison de Nazareth a été miraculeusement transportée par des anges en 1294 (voir CR).
  • Avril : au monastère de la Grande Chartreuse (voir CR).
  • Mai : au sanctuaire de Marie Reine de la Paix à Mugera, au Burundi, pays le plus pauvre d’Afrique, où 10 000 personnes, en provenance des 8 diocèses du pays, participèrent. Ce fut le plus grand événement du jubilé. Après la messe, Mgr Nahimana devant la statue de Notre-Dame, Reine de la Paix, renouvela la consécration du Burundi au Cœur Immaculé de Marie, reprenant la prière utilisée lors de la première consécration en 1961  (voir CR).
  • Juin : au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe à La Crosse (USA) par le cardinal Burke (voir CR).
  • Juillet : à la cathédrale du Puy en Velay, aux pieds de la statue de Notre-Dame de France.
  • Août : à Lourdes, par un groupe du Chapelet perpétuel.
  • Septembre : à La Salette, avec la participation de 300 Motards chrétiens de Notre-Dame (voir CR).
  • Octobre : à Notre-Dame de Paris (voir CR), à Cotignac à l’occasion du pèlerinage Nosto Fé, à Bettbrunn (Allemagne) et à Fribourg (Suisse).
  • Novembre : au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), à celui de la Conception de Notre-Dame à Madrid (Espagne) et au Honduras.
  • Décembre : à Fatima (Portugal) (voir CR ci-après)

Parallèlement, à la demande du cardinal Burke, nous fûmes invités à prier à cette intention pendant neuf semaines, du 8 octobre au 9 décembre.

Premier samedi à Fatima

Le dernier événement organisé cette année eut lieu le 6 décembre à Fatima devant 1 800 pèlerins, en présence de Mgr Rey et Mgr Macaire. Le déroulement mérite d’être rapporté, car deux événements curieux se produisirent.

La cérémonie commença à 14h00 par le chapelet suivi du quart d’heure de méditation. Le mystère choisi était : le couronnement de la Très Sainte Vierge. (Voir la méditation en pièce jointe) Initialement, la méditation devait se faire en silence. Mais devant la difficulté à faire respecter le silence par les 1 800 personnes présentes sur l’esplanade, il a été décidé de lire la méditation au micro. Or, après un rappel de l’enseignement de saint Alphonse de Liguori sur le caractère indispensable du recours à la miséricorde de Notre-Dame pour pouvoir faire notre salut, la méditation se poursuivait ainsi (6e paragraphe de la 1re page) :

D’où provient cette aide exceptionnelle et unique de Marie ? La réponse est simple. C’est la volonté de Dieu de faire de sa Mère la médiatrice de toutes les grâces. Entendons bien. Toute grâce vient de Dieu, non de Marie. Mais le Roi de Cieux a confié ses grâces à la Reine des Cieux pour qu’Elle les dispense aux hommes. « … il ne se donne aucun don céleste aux hommes qui ne passe par ses mains virginales. » (St Louis-Marie Grignion de Montfort).

Le texte rappelait ensuite que cette doctrine de Marie Médiatrice de toutes les grâces était très ancienne, car elle avait été affirmée dès le IVe siècle par de multiples saints, docteurs de l’Église ainsi que par les papes, notamment Léon XIII. Juste à ce moment-là, c’est-à-dire vers 14h40, les cloches de la basilique Notre-Dame du Rosaire se mirent à sonner de façon inattendue et imprévue pendant 1 à 2 minutes.

Vers 15h, la cérémonie se poursuivit avec la messe célébrée par Mgr Macaire au cours de laquelle Mgr Rey fit une homélie sur les premiers samedis du mois. Sur la dernière page des feuilles de chants réalisées pour la messe, avait été imprimée une prière pour les 1ers samedis du mois (voir feuilles de chants en pièce jointe), prière composée par la Mère Marie de Jésus du Bourg, fondatrice des religieuses du Sauveur et de la Sainte Vierge. Cette prière a été approuvée par Rome le 13 juin 1912 (cinq ans jour pour jour avant la 2e apparition de Notre-Dame à Fatima !) avec une indulgence plénière lorsqu’elle est récitée le 1er samedi du mois. Malheureusement le Manuel des indulgences (Enchiridion Indulgentiarum), promulgué en 1967 par Paul VI par la constitution apostolique Indulgentiarum Doctrina, ne reprit pas la majorité des indulgences particulières. Depuis cette date, il n’y a donc plus d’indulgence attachée à la prière de Mère Marie de Jésus. Il reste malgré tout que cette prière a été approuvée par saint Pie X et a bénéficié d’une indulgence jusqu’en 1967.

Après la communion, soit vers 16h10, alors que cela n’avait pas été prévu, comme action de grâce, le célébrant prit l’initiative de lire la prière à haute voix avec les 1 800 pèlerins. Or dans cette prière, Mère Marie de Jésus loue toutes les qualités de Notre-Dame, et dit notamment : « (…) par votre participation à la Rédemption du monde, vous avez mérité le titre de co-Rédemptrice du genre humain ; que, par votre association à la dispensation des grâces, vous êtes devenue la trésorière et la porte du ciel ; (…) » À ce moment-là, à nouveau, les cloches de la basilique Notre-Dame du Rosaire se mirent à sonner de façon une fois de plus inattendue pendant 1 à 2 minutes !

Ainsi, alors que ce n’était nullement prévu, à des horaires inhabituels puisque ce n’était pas des heures rondes, lorsque les titres de “Médiatrice” et de “Co-rédemptrice” résonnèrent dans la Cova da Iria, les cloches se mirent à sonner !

Pèlerinage à Rome

Quatre jours après cette cérémonie, le 10 décembre, jour du centenaire de la demande de Notre-Dame, il était prévu un pèlerinage à Rome avec une cérémonie à la basilique Sainte Marie Majeure. Malheureusement, malgré toutes les démarches entreprises auprès des autorités romaines, y compris auprès du Saint-Père (notamment celle du cardinal Burke qui a pu parler de ce centenaire avec Léon XIV le 22 août), il ne fut pas possible d’obtenir une cérémonie pour approuver et recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.

Malgré cela, une douzaine de personnes de trois des organisations partenaires de l’Alliance (Salve Corda, Cap Fatima et Le chapelet perpétuel) se rendirent à Rome cette semaine-là, dans l’espoir d’obtenir au moins une audience particulière avec le pape. Mais ils n’eurent droit qu’à l’audience générale du mercredi sur la place Saint-Pierre.

Au début de l’audience, comme pour chaque audience publique du mercredi, la voiture du pape circula au milieu de la foule des pèlerins. Elle passa ainsi à moins de 2 mètres du petit groupe de l’Alliance qui portait une grande banderole indiquant qu’aujourd’hui était le centenaire de la demande de Notre-Dame, et scandait : « Fatima ! Fatima ! » Le pape tourna la tête et, pendant quelques instants, fixa le groupe et la banderole. Puis la voiture reprit sa course. Le Saint-Père fit un très beau discours sur la mort, porte du ciel, mais ne parla ni des premiers samedis du mois, ni de Quas Primas.

Dans l’après-midi, le petit groupe se rendit à Sainte Marie Majeure pour y réciter le chapelet. Une messe fut ensuite célébrée dans la chapelle de l’Immaculée du Miracle, près du Vatican, par un chanoine de l’ICRSP. Malgré les nombreux événements organisés tout au long de l’année et les prières de tous les fidèles, c’est tout ce qui put être fait pour ce centenaire. Que Notre-Dame ne nous tienne pas rigueur du silence romain.

Intervention auprès des cardinaux

Devant l’absence de cérémonie le 10 décembre, l’Alliance a pris la décision de reporter la fin du jubilé au 15 février 2026, centenaire de la 2e apparition de Pontevedra, afin de tenter une nouvelle fois d’obtenir la reconnaissance de la dévotion réparatrice par le Saint-Père.

Il nous reste donc un peu moins de deux mois pour prier et œuvrer afin d’obtenir du pape ce que nous n’avons pas pu obtenir le 10 décembre. Il faut donc se mobiliser pendant les deux mois qui viennent. C’est d’autant plus important que Léon XIV vient de convoquer un consistoire les 7 et 8 janvier prochains, ce qui offre une occasion de présenter une nouvelle fois la demande au Saint-Père. Il faudrait que quelques cardinaux abordent la question avec lui lorsqu’ils seront à Rome. Aussi, il faut absolument que ceux d’entre nous qui ont la possibilité de contacter un cardinal, soit directement, soit par l’intermédiaire de leur évêque (ou par toute autre voie) tentent de le convaincre de l’importance de cette reconnaissance par le pape, ou tout au moins lui donnent l’idée d’en parler au pape. Si quelques cardinaux en parlent à Léon XIV à l’occasion du consistoire, peut-être le pape se laissera-t-il convaincre.

Il est très important d’essayer d’informer les cardinaux. En effet, très récemment, nous avons eu le témoignage de quelques amis qui ont pu rencontrer l’évêque secrétaire d’un cardinal titulaire d’un des postes les plus importants du Vatican. Lui ayant parlé des premiers samedis du mois, l’évêque leur répondit qu’il n’avait encore jamais entendu parler de cette dévotion. Le silence romain semble donc plus lié à une méconnaissance de la question plutôt qu’à une objection de principe.

C’est pourquoi, il faut vraiment que ceux qui ont la possibilité de joindre un cardinal, par un moyen ou par un autre, par écrit ou par oral, le fasse. Pour cela, nous pouvons vous proposer une lettre à envoyer. Si vous préférez, l’Alliance peut envoyer la lettre pour vous, sous réserve de lui donner les éléments pour le faire.

Quoi qu’il en soit, prions pour que le consistoire se passe bien et que le Saint-Esprit inspire à quelques cardinaux de parler au Saint-Père des premiers samedis du mois. Continuons aussi à prier pour le Saint-Père, pour qu’enfin il réponde favorablement à la demande de Notre-Dame.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 6 septembre 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 5e mystère joyeux : Le recouvrement de Jésus au temple
 Méditations proposées : - par Cap Fatima, cliquer ICI
                                        - par Salve Corda, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui outragent Notre-Dame directement dans ses saintes images

Lettre de liaison n° 177 (3 septembre 2025)

Chers amis,

Vous avez été nombreux à participer à la neuvaine au Cœur Immaculé de Marie, organisée du 13 au 21 août, pour obtenir que le Saint-Père approuve et recommande la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (voir précédente lettre de liaison). Nos prières semblent avoir porté du fruit, car des autorités romaines ont pu être approchées et se sont montrées ouvertes à notre demande. Nous espérons qu’elles pourront convaincre le Saint-Père de faire ce qu’a demandé la Sainte Vierge il y a cent ans. Si nous apprenons du nouveau, nous n’omettrons pas de vous tenir au courant dans la mesure où nous serons autorisés à en parler.
Il faut donc continuer à prier, et les bruits de guerre que nous entendons depuis des mois doivent nous inciter à la plus grande ferveur. En particulier, samedi, n’omettons pas de faire notre communion réparatrice. Pour ce mois de septembre, le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois de Fatima organise une messe à La Salette. Que ceux qui sont proches n’hésitent pas à aller soutenir les motards qui seront présents ce jour-là.
Quoi que nous fassions, prions avec la foi du centurion de Capharnaüm, avec l’humilité du publicain au temple et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.

Poursuivons maintenant nos réflexions sur le message de Fatima.

Le message de Fatima

Avec les apparitions de Tuy en 1929 et 1930 (voir lettre de liaison n° 175), le message de Fatima est complet. Depuis quatre ans (à partir de la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021), nous avons analysé les différents enseignements ou révélations que l’Ange et Notre-Dame confièrent aux trois petits voyants. Il convient désormais d’en faire une synthèse pour en avoir une vision globale nous permettant de mieux en apprécier la richesse et l’importance.
Le message peut se résumer ainsi :

Dieu nous demande de pratiquer et de répandre dans le monde
la dévotion au Cœur Immaculé de Marie,
pour réparer les offenses qui Lui sont faites et ainsi obtenir
la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.

Outre l’annonce de cette volonté divine concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, le message rappelle plusieurs vérités qui, de nos jours, sont malheureusement souvent oubliées voire niées. C’est pourquoi il est important de bien connaître ces rappels que le Ciel nous a envoyés, précisément avant une période où ces notions auront tendance à être occultées.

Le message a été communiqué en trois phases : en 1916 par les 3 apparitions de l’Ange ; en 1917 par les 6 apparitions de la Sainte Vierge ; entre 1925 et 1930, par 4 autres apparitions de Notre-Dame, Notre-Seigneur ou l’Enfant-Jésus. Voyons aujourd’hui le message délivré au cours de la première phase.

Le message de l’Ange

Voici toutes les paroles prononcées par l’Ange en 1916 :

Au printemps (analyse dans les lettres n° 123 & n° 124) :

N’ayez pas peur. Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.

À l’été (analyse dans les lettres n° 125, n° 126 & n° 127) :

Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra.

À l’automne (analyse dans les lettres n° 129, n° 130, n° 131, n° 137 & n° 138) :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Comme on peut le constater, le message de l’Ange est très bref, mais très dense et d’une très grande richesse. Voici les principaux points enseignés ou rappelés.

1) L’existence et le rôle des anges

Le premier rappel concerne l’existence des anges. L’être qui apparaît à Lucie, François et Jacinthe leur dit : « Je suis l’Ange de la Paix ». Dans l’apparition suivante, l’Ange apportera une double précision ; il dira en parlant du Portugal : « Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal ». Les pays ont donc, comme chacun d’entre nous, un ange gardien chargé de veiller sur elles, d’inspirer les décisions et les actes de leurs dirigeants. Ainsi se trouvent confirmées l’existence de créatures purement spirituelles et trois des fonctions qui peuvent leur être confiées : ange gardien, ange d’un pays, ange de la paix.

Ce premier enseignement doit nous inciter à toujours agir, dans les différentes circonstances de la vie, avec nos anges gardiens. Nous ne les sollicitons pas assez. Pourtant, nous sommes affaiblis par le péché originel et, pour lutter contre nos mauvais penchants, nous avons besoin d’aide. Pour cela, outre la grâce divine, nous avons nos anges gardiens, ne l’oublions pas. Et tous les pays ont également un ange gardien qu’ils feraient bien d’honorer afin qu’il conseille et inspire ceux qui les gouvernent.

2) La nécessité de la prière

Le deuxième rappel de l’Ange est la nécessité de la prière et, aux petits voyants, il montre l’exemple en disant : « Priez avec moi ». Puis il leur apprend une prière et leur ordonne une deuxième fois : « Priez ainsi. » Cette importance de la prière est telle qu’il renouvellera sa demande au cours des apparitions suivantes. Lors de la deuxième apparition, il leur fait même le reproche de ne pas prier, car ses premières paroles sont pour leur dire : « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! ». Il rappelle en quelque sorte l’enseignement de Notre-Seigneur disant : « Veillez donc et priez sans cesse. » (Luc XXI, 36), enseignement que saint Paul reprendra dans sa 1re lettre aux Thessaloniciens : « Priez sans cesse ». (1 Thes V, 17)
Enfin, lors de sa troisième apparition, l’Ange apprendra une deuxième prière aux petits voyants. Il les prépare ainsi à ce que Notre-Dame dira elle aussi l’année suivante : nous devons prier sans cesse. Mais pour nous qui sommes dans le monde, comment pouvons-nous prier sans cesse ? Car notre devoir d’état nous charge de nombreuses obligations au cours desquelles il peut être difficile de prier. Il ne faut pas oublier que tout ce que nous faisons dans la journée est une prière si nous n’omettons pas de l’offrir et de le faire par amour pour Jésus. C’est pourquoi il est important de ne jamais oublier de commencer sa journée en offrant, dès son lever, tout ce que nous allons faire dans la journée.

L’Ange apprend également aux petits voyants dans quelle attitude prier : en se prosternant le front jusqu’à terre, par humilité et avec la conscience de la majesté divine. N’oublions jamais d’associer notre ange gardien à nos prières, de bien prier avec lui. Soyons conscient de sa présence auprès de nous à chaque instant de notre vie et plus particulièrement lorsque nous prions

3) Les vertus théologales

Pour aider les petits voyants à bien prier, l’Ange leur enseigne deux courtes prières. La première est toute simple ; elle est fondée sur les trois vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, vertus qui doivent accompagner l’adoration de notre Créateur : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime ». L’Ange rappelle ainsi une des bases de notre foi : nous croyons en Dieu, nous L’adorons puisqu’il est notre Créateur et nous plaçons en Lui notre espérance car notre destin est entre ses mains. Toute prière devrait commencer ainsi. C’est en raccourci ce que propose la prière du matin figurant dans le missel romain (voir lettre de liaison n° 124). Nous devrions savoir par cœur cette prière de l’Ange et la dire de temps en temps dans la journée. Quelle plus belle prière pourrions-nous faire que celle enseignée par un envoyé du Ciel ?

4) La réparation des offenses faites à Notre-Seigneur

Ensuite, l’Ange insiste sur la nécessité de réparer les offenses faites à Notre-Seigneur. Ce point est si important qu’il en parle à chacune de ses trois apparitions. Dans la première, il dit : « Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Dans la seconde, il demande aux petits voyants : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé ». Enfin dans la troisième, dans la nouvelle prière qu’il leur enseigne, il leur demande d’offrir leur communion « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il [Notre-Seigneur] est Lui-même offensé. (…) Réparez leurs crimes [ceux des pécheurs] et consolez votre Dieu ».
Car nos péchés offensent Dieu. Or l’offense est d’autant plus grande que la personne offensée est élevée en dignité. Dieu étant infini, l’offense à Dieu est infinie et mérite un châtiment infini. Mais, par pure miséricorde, Dieu accepte de nous accorder son pardon si nous accomplissons les actes de réparation qu’Il demande.

Dans ses apparitions, l’Ange ne parle que des offenses faites à Notre-Seigneur ; il laisse à sa reine le soin de demander, l’année suivante, la réparation des offenses faites à son Cœur immaculé.
Cet esprit de réparation est omniprésent dans le message de Fatima. Il est en particulier une des conditions nécessaires pour bien faire la communion réparatrice du premier samedi du mois. Et il devrait animer toutes nos prières.

5) La conversion des pécheurs

Ensuite, à la réparation des offenses, l’Ange demande d’associer la conversion des pécheurs. Dans sa première apparition, le thème est seulement esquissé ; dans la prière qu’il enseigne, il dit simplement : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, etc. ». Par contre, dans ses deux autres apparitions, il est parfaitement explicite : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs », puis dans la deuxième prière enseignée : « Je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». Une fois encore, l’Ange prépare ce que dira Notre-Dame l’année suivante.
En offrant des sacrifices dans un “acte du supplication” pour demander la conversion des pécheurs, nous faisons un très bel acte de charité à leur égard : nous nous substituons à eux pour éloigner d’eux les châtiments de Dieu et implorer sur eux la miséricorde divine.

6) L’union des deux cœurs de Jésus et Marie

L’Ange attire ensuite l’attention des enfants sur les cœurs de Jésus et de Marie. Lors de ses trois apparitions, il unira à chaque fois les deux cœurs. Il termine sa 1re apparition en disant : « Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Dans la 2e apparition, il dit : « Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. » Il le fait encore dans la 3e apparition : « Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, … »
Notons bien que l’Ange ne parle pas de “Jésus et Marie”, mais des « Cœurs de Jésus et Marie ». Car le siège de la prière, c’est le cœur. Notre prière part du cœur et doit s’adresser aux deux cœurs de Jésus et Marie qui sont nos plus précieux, nos plus puissants, nos plus fidèles alliés, le chemin le plus sûr pour aller à Dieu. L’Ange confirme ainsi la dévotion au Sacré-Cœur enseignée à sainte Marguerite-Marie (« Il m’a assuré qu’Il prenait un singulier plaisir d’être honoré sous la figure de ce cœur de chair, dont Il voulait que l’image fût exposée en public, afin, de toucher le cœur insensible des hommes » ; « Voici ce cœur qui tant aimé les hommes ») et prépare les enfants à recevoir la révélation de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, l’année suivante.

7) La réparation par les sacrifices et la communion

Pour faire réparation, l’Ange demande deux choses : offrir des sacrifices (dans sa 2e apparition) et offrir nos communions (dans sa 3e apparition).
Dans la deuxième apparition, il précise les sacrifices demandés : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…) Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

En effet, la souffrance est indissociable de la réparation des offenses faites à Dieu. Elle peut être un acte de justice pour effacer le châtiment que méritent nos propres péchés. Elle peut aussi être un acte de charité pour réparer les péchés des autres. Ces souffrances peuvent être physiques (comme pour François et Jacinthe lors de la maladie qui les emporta), intellectuelles (par exemple l’incompréhension de ceux qui nous entourent), morales (lorsque le comportement des pécheurs nous scandalise) ou spirituelles (lorsque, pour un temps, Dieu permet que nous soyons privés de consolations afin de nous rappeler la misère de notre condition humaine et la nécessité de L’implorer).

Ces souffrances offertes sont nécessaires, car il ne peut y avoir de prière véritable, sincère, si elle n’est pas accompagnée de sacrifices. Le sacrifice est la preuve donnée à Dieu que notre prière n’est pas que de pure forme, qu’elle va plus loin que la marque d’une simple convention, l’accomplissement ordinaire d’un devoir. La prière, c’est la parole ; le sacrifice, c’est l’acte par lequel notre prière trouve son achèvement.

Ainsi, l’Ange indique précisément une des cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et en donne les fruits : offrir des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.

8) Le caractère propitiatoire de la messe

Dans la deuxième prière qu’il enseigne aux petits voyants, l’Ange dit : « Je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé ». L’Ange rappelle ainsi deux points malheureusement souvent déformés de nos jours.
L’Ange rappelle que la messe est avant tout un sacrifice, le renouvellement non sanglant du sacrifice de Notre-Seigneur sur la croix, lors de sa Passion et que ce sacrifice est propitiatoire. En effet, la messe a quatre buts : latreutique (rendre le culte suprême de latrie ou d’adoration), eucharistique (le remercier de ses bienfaits), propitiatoire (l’apaiser et lui donner satisfaction pour nos péchés) et impétratoire (obtenir les grâces en faveur des fidèles vivants et des trépassés) (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 331).
Il rappelle aussi le dogme de la présence réelle : Jésus est présent dans l’hostie avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 351).

Et pour que ces rappels soient parfaitement clairs, l’Ange les répète sous une autre forme : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. » Ainsi, en offrant nos communions, nous pouvons réparer les crimes faits contre Dieu et Le consoler. Le caractère propitiatoire de la messe est donc clairement rappelé deux fois par l’Ange.

9) La communion des petits enfants

En disant « Prenez et buvez … », l’Ange donne la communion aux trois petits voyants. Il confirme ainsi la décision de saint Pie X, formalisée par le décret Quam singulari du 8 août 1910, autorisant la communion des jeunes enfants à partir de l’âge de raison, c’est-à-dire environ sept ans. Notons que l’Ange ne célèbre pas la messe et ne réalise pas la consécration, acte réservé aux seuls prêtres ; il se contente de donner aux enfants, par la communion, l’hostie et le vin déjà consacrés.

*****

Ainsi, l’Ange a présenté plusieurs points essentiels de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : la nécessité de prier beaucoup (la Sainte Vierge demandera la récitation quotidienne du chapelet) ; l’offrande des sacrifices pour réparer les offenses faites à Notre-Seigneur et obtenir la conversion des pécheurs.
Il joint à cet enseignement le rappel de plusieurs points du catéchisme. Nous n’avons présenté que les principaux, mais il aurait été possible d'en commenter d’autres, comme la Sainte Trinité ou la puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu (« Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications »), …
On le voit : le message délivré par l’Ange, malgré sa brièveté, est d’une richesse extraordinaire. C’est un véritable catéchisme. Seul un envoyé divin pouvait exprimer aussi clairement tant de choses en aussi peu de mots. Alors, n’hésitons pas à revenir sur les paroles de l’Ange, à les méditer et à les faire nôtres.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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La Salette 6 septembre

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Samedi prochain, 4 octobre 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 - Par Cap Fatima : 1er mystère douloureux : L’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers cliquer ICI
 - Par Salve Corda : L’institution de l’Eucharistie cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 178 (2 octobre 2025)

Chers amis,

L’actualité nous conduit une fois de plus à interrompre la suite de nos analyses sur le message de Fatima. En effet, le centenaire de la demande de Notre-Dame concernant les premiers samedis du mois approche. Il ne reste plus beaucoup de temps pour implorer le Ciel de nous accorder la grâce de voir le Saint-Père approuver et recommander cette dévotion, comme la Sainte Vierge l’a demandé avec tant d’insistance.

Cérémonies du centenaire

Voici tout d’abord quelques points d’actualité. Le nombre des cérémonies organisées dans les grands sanctuaires mariaux par le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois de Fatima continue à augmenter petit à petit. En France, des cérémonies ont désormais été organisées dans les principaux sanctuaires mariaux : Rue du Bac, Lourdes, Le Puy en Velay, La Salette. À l’étranger, elles ont eu lieu dans les sanctuaires de Notre-Dame de Lorette en Italie, Notre-Dame de Guadalupe aux États-Unis et Notre-Dame de la Paix au Burundi.

ND de ParisPour le premier samedi du mois d’octobre (dans deux jours), quatre cérémonies sont prévues : à Notre-Dame de Paris (voir affiche ci-contre), au monastère du Bessillon sur la commune de Cotignac à l’occasion du pèlerinage de Nosto Fe, en Allemagne (Bettburn) et en Suisse (Fribourg). Au mois de novembre, le nombre augmentera encore : des cérémonies sont prévues en Espagne (Saragosse, Madrid, Séville), au Mexique (Mexico : Notre-Dame de Guadalupe), en Amérique du Sud (Colombie, Argentine, Pérou, Honduras, …). En décembre une dernière cérémonie est prévue à Fatima avant la cérémonie prévue pour le centenaire, à Rome le 10 décembre, dans la basilique Sainte Marie Majeure.

Nous encourageons vivement ceux qui habitent en région parisienne à participer à la cérémonie organisée à la cathédrale de Notre-Dame de Paris samedi à partir de 10h45. Il faut tout faire pour que la cathédrale qui vient d’être entièrement rénovée, soit pleine. N’hésitez pas à faire circuler l’information autour de vous.

Malgré l’augmentation du nombre de cérémonies, les premiers samedis du mois restent une dévotion encore peu connue. Peu de conférences épiscopales ont adhéré à la démarche proposée par le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima. À notre connaissance, seule celle du Burundi y a répondu. Le silence de celle de la fille aînée de l’Église, « éducatrice des peuples », est bien douloureux. Mais gardons espoir : il reste encore deux mois d’ici le 10 décembre. Si un lecteur de cette lettre connaissait le président ou un membre de la CEF, il serait pertinent de lui faire parvenir le petit document sur le centenaire en pièce jointe de la lettre de liaison n° 176.

Action auprès du Saint-Père

Par ailleurs, les actions pour obtenir du Saint-Père qu’il approuve et recommande la dévotion réparatrice au plus tard le 10 décembre prochain, se poursuivent. La discrétion exigée pour une telle entreprise ne nous permet pas de vous en dire beaucoup plus pour le moment. Sachez simplement que deux cardinaux ont pu voir le Saint-Père récemment et, parmi les sujets abordés avec lui, il y avait cette question. L’information est passée sur le site National Catholic Register. Le Saint-Père sait donc que le centenaire approche ; et les cardinaux ont pu lui expliquer pourquoi il est si important qu’il approuve et recommande cette dévotion au plus tard le 10 décembre prochain.

À cet effet, le cardinal Burke a lancé une neuvaine de semaines de prières du 8 octobre au mardi 9 décembre. Vous trouverez ci-après la prière proposée (il existe une belle carte de la prière que vous pouvez commander et distribuer autour de vous), ainsi que la lettre de présentation du cardinal. Pendant ces neuf semaines, outre la prière proposée par le cardinal, nous vous proposons de réciter notre chapelet quotidien plus particulièrement à cette intention.

Il est important de connaître la lettre de présentation, dans laquelle le cardinal résume l’histoire de la demande de Notre-Dame, son but, ses fruits et les conséquences qui en résulteront si on ne fait rien. Même si les lecteurs habituels de la lettre de liaison de Cap Fatima n’y apprendront peut-être pas grand-chose, il faut la lire, car elle expose la position d’une haute autorité de l’Église sur cette question. Et pour vraiment vous inciter à la lire, elle est reproduite ci-après. Nous nous permettons d’ajouter deux remarques :

  • Dans la prière proposée par le cardinal, il est demandé : « Aidez-moi aussi à transmettre à d’autres votre message au sujet de la dévotion réparatrice des premiers samedis.» Une action facile pour que cette prière ne reste pas lettre morte, est de transmettre cette lettre aux amis dont vous avez l’adresse mail.
  • Peu après la mort de sœur Lucie, Carlo Acutis, canonisé le 7 septembre dernier, eut un songe au cours duquel il entendit la carmélite lui dire : « Les premiers samedis du mois pourraient changer la destinée du monde.» Cette canonisation peu avant le centenaire de la demande oubliée de Notre-Dame, n’est-elle pas un rappel discret pour nous dire que la Sainte Vierge attend toujours la reconnaissance officielle par le pape de la communion réparatrice des premiers samedis du mois et donc qu’elle attend de nous que nous fassions connaître sa demande ?

Chapelet pour la paix du 11 octobre

Le Saint-Père a demandé que, pendant ce mois d’octobre, nous récitions notre chapelet pour la paix, en particulier le 11 octobre prochain à 18h. Voici le communiqué paru sur le site du Vatican :

… ce mercredi 24 septembre, le Pape a invité, chacun, personnellement, en famille ou en communauté à « réciter le chapelet pour la paix tous les jours du mois prochain ». Dans cette optique, Léon XIV appelle les fidèles catholiques à être présents sur la place Saint-Pierre, particulièrement, samedi 11 octobre à 18 heures.

Le Saint-Père avait déjà demandé une journée de jeune et de prière pour la paix le 22 août, fête du Cœur Immaculé de Marie. Ayons à cœur de répondre à cet appel du Saint-Père.

Ainsi, nous avons un rôle important à jouer : nous devons faire tout ce que nous pouvons dans les deux mois qui nous séparent du 10 décembre pour répondre, à notre niveau, aux demandes de Notre-Dame. Voici, plus concrètement ce que nous pouvons faire :

  • ne jamais oublier de faire notre communion réparatrice le premier samedi du mois, en particulier les trois prochains : 4 octobre, 1er novembre et 6 décembre ;
  • faire connaître cette dévotion autour de nous. Pour cela, plusieurs moyens sont à notre disposition : retransmettre cette lettre de liaison ou la lettre du cardinal Burke ; distribuer le tract en pièce jointe ; éventuellement, distribuer le document mentionné précédemment sur les premiers samedis du mois ;
  • prier avec ferveur, plus particulièrement à partir du 8 octobre, pour que le Saint-Esprit inspire au Saint-Père d’approuver et recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois ;
  • offrir notre chapelet quotidien pour la paix dans le monde, tout particulièrement le 11 octobre avec le Saint-Père.

Quoi que nous fassions, continuons à prier avec la foi du centurion de Capharnaüm, avec l’humilité du publicain de la parabole du pharisien et du publicain, et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus 

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Lettre du cardinal Burke

Lettre d’annonce
des Neuf Semaines de Prière préparatoires
au Centenaire de l’Apparition de l’Enfant-Jésus
et de sa Bienheureuse Mère toujours Vierge
à la Vénérable Servante de Dieu Sœur Lucie dos Santos
du 8 octobre au 10 décembre 2025

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Le 10 décembre 1925, la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame de Fatima, avec à son côté l’Enfant-Jésus reposant sur une nuée lumineuse, est apparue à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos, la dernière survivante des petits bergers de Fatima, qui était à l’époque postulante chez les sœurs de Sainte Dorothée à Pontevedra, en Espagne. Au cours de l’apparition, Notre-Dame posa la main sur l’épaule de Lucie tandis qu’elle lui montrait, de l’autre main, son Cœur immaculé entouré d’épines. L’Enfant-Jésus s’adressa alors à Lucie par ces mots : « Aie compassion du cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans que personne ne fasse un acte de réparation pour les en retirer. »[1]

Après ces mots de l’Enfant-Jésus, Notre-Dame parla à son tour :

Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis qu’à tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant les mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.[2]

Ces paroles de Notre-Dame faisaient référence à la deuxième partie du secret ou du message de Fatima révélé aux petits bergers de Fatima – les saints Francisco († 4 avril 1919) et Jacinta († 20 février 1920) Marto, et la vénérable servante de Dieu Lucia dos Santos († 13 février 2005) – le 13 juillet 1917, lors de la troisième de ses six apparitions entre mai et octobre de cette année-là.

À la fin de l’apparition du 13 juillet, Notre-Dame montra aux trois petits bergers une vision de l’enfer dont on conçoit qu’elle les ait terrifiés, et leur dit ces paroles :

Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va se terminer. Mais, si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l’Église et le Saint-Père.[3]

La vision de l’enfer est la première partie du Secret ou du Message.

Notre-Dame a enseigné aux petits bergers que la dévotion envers son Cœur Douloureux et Immaculé est une dévotion de réparation pour les péchés si nombreux et si graves qui offensent le Cœur Sacré de son Divin Fils, Jésus, et qui, par conséquent, offensent son propre Cœur, parfaitement uni au Cœur Sacré de son Fils. La réparation faite au Cœur Sacré de Jésus et au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie pour les graves offenses causées par les péchés des hommes sauve ainsi des âmes de la mort éternelle et apporte la paix au monde.

Notre-Dame a alors révélé la demande que faisait Notre-Seigneur par l’intermédiaire de son apparition. Elle déclara, évoquant la guerre :

Afin de l’empêcher, Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.[4]

Tout en soulignant les grandes souffrances qu’entraînerait le refus de se consacrer à son Cœur Douloureux et Immaculé, Notre-Dame a également prononcé des paroles d’espérance :

À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et un certain temps de paix sera accordé au monde. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc.[5]

Les paroles de Notre-Dame concernant la dévotion à son Cœur Douloureux et Immaculé constituent la deuxième partie du secret ou du message.

À propos de la dévotion des premiers samedis, la vénérable servante de Dieu Lucie eut une deuxième vision de l’Enfant-Jésus le 15 février 1926, environ deux mois seulement après la vision du 10 décembre 1925. Lors de cette vision, quand la vénérable servante de Dieu dit à l’Enfant-Jésus que son confesseur avait déclaré que la dévotion des premiers samedis ne manquait dans le monde, Jésus répondit :

C’est vrai, ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et ceux qui le font, c’est dans le but de recevoir les grâces qui sont promises à ce sujet ; et il m’est plus agréable qu’on en fasse cinq avec ferveur et dans le but de soulager le Cœur de ta Mère du ciel plutôt que d’en faire quinze tièdes et indifférents.[6]

La substance de cette dévotion est clairement exprimée à la fois dans les apparitions du 10 décembre 1925 et du 15 février 1926 : premièrement, une profonde prise de conscience de la manière dont le péché offense Notre-Seigneur et sa Mère Immaculée ; deuxièmement, un cœur humble et contrit, soucieux de réparer les péchés commis ainsi que l’offense qu’ils causent à Notre-Seigneur et à sa Mère immaculée ; et troisièmement, la confiance en la promesse qui accompagne cette dévotion, à savoir la promesse de Notre-Dame d’assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, ceux qui observent les premiers samedis dans un véritable esprit de repentance et avec le désir de faire réparation. Cette dévotion n’est pas un acte isolé : elle exprime un mode de vie, à savoir la conversion quotidienne du cœur au Cœur Sacré de Jésus, sous la conduite et la protection maternelles du Cœur Immaculé et Douloureux de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

En insistant sur la dévotion des premiers samedis, Notre-Dame exprime merveilleusement son indéfectible amour maternel. Tout comme elle est apparue sur le Tepeyac en 1531 pour amener ses enfants à Notre-Seigneur et ainsi les libérer de l’esclavage de Satan et du péché mortel, elle est apparue à Fatima aux trois petits bergers et à Pontevedra à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos pour montrer à ses enfants le chemin de la liberté face à la rébellion contre Dieu, qui constitue un péché grave dont le fruit est la mort éternelle. À Pontevedra, Notre-Seigneur lui-même, l’Enfant-Jésus, apparut pour confirmer la dévotion des premiers samedis comme moyen efficace de la réparation des péchés et de la conversion du cœur à son Sacré-Cœur par le Cœur Douloureux et Immaculé de sa Mère toujours Vierge.

Alors que nous nous préparons à célébrer, le 10 décembre prochain, le centenaire de l’apparition de l’Enfant-Jésus et de sa Divine Mère à la vénérable servante de Dieu, sœur Lucie dos Santos, nous avons profondément conscience de la grande nécessité de faire réparation pour les péchés qui offensent le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Douloureux et Immaculé de sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie. Au même moment, nous avons profondément conscience de la manière dont ces mêmes péchés perturbent gravement l’ordre de la vie en société, entraînant des conflits civils au sein des nations et des guerres entre les nations, ainsi que des agressions violentes contre la vie humaine, le mariage et la famille, et encore contre la liberté de pratiquer la religion dans de nombreux pays. Les agents de l’idéologie intrinsèquement perverse du communisme athée continuent de répandre ses mensonges empoisonnés, dont les fruits sont la destruction et la mort.

En vue de préparer la célébration du centenaire, je vous invite à vous unir à moi pour neuf semaines de prière, qui commenceront le 8 octobre prochain pour s’achever le 10 décembre prochain, jour du 100' anniversaire de l’apparition à Pontevedra. Au cours de ces neuf semaines, je vous invite à prier pour obtenir la grâce d’un regret sincère des péchés commis, et celle de l’investissement de tout cœur dans les actes de réparation de la dévotion des premiers samedis, qui consiste à confesser sacramentellement nos péchés, à recevoir dignement la sainte communion, à réciter un Chapelet et à unir nos cœurs au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie par la méditation, pendant quinze minutes, sur les mystères du Rosaire, avec l’intention de faire réparation à la Sainte Vierge Marie, par chacun d’entre nous, dans nos familles et dans nos paroisses, et dans toute l’Église universelle. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à vous engager, dès les premiers samedis des mois de novembre et décembre à venir, dans la pratique sincère de la dévotion des premiers samedis de réparation. Ayez confiance en la promesse de Notre Dame de Fatima : le fruit de votre dévotion, par la grâce de Dieu, sera le salut de nombreuses âmes et la paix dans le monde entier.

Que Notre Seigneur, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, nous accorde, pendant ces neuf semaines de prière, le don abondant de la grâce divine, et un amour qui inspire la volonté de pratiquer la dévotion des premiers samedis en réparation des offenses que nos péchés infligent à son Sacré Cœur et au Cœur Immaculé et Douloureux de sa Mère toujours Vierge. Engageons-nous à pratiquer la dévotion des premiers samedis et à suivre le mode de vie, la voie de l’amour divin, qu’elle exprime : la conversion quotidienne des cœurs au Cœur Sacré du Christ, sous la conduite et la protection maternelles du Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Soyons-en sûrs : par la confession de nos péchés et la digne réception de la sainte communion – la communion très parfaite de nos cœurs avec le Cœur eucharistique de Jésus –, et par la méditation des mystères du Saint Rosaire, qui sont les mystères de notre communion avec le Seigneur – le Mystère de la Foi – dans l’Église, nous serons purifiés du péché et confirmés dans la grâce pour être ses fidèles « coopérateurs de la vérité » (Cf. 3 Jn 8) pour le salut du monde.

Tout à vous dans le Sacré Cœur de Jésus,
dans le Cœur Immaculé de Marie,
et dans le Cœur très pur de Saint Joseph,
Signature Burke
Raymond Leo Cardinal BURKE
8 septembre 2025
Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

___________

Prière proposée

Insigne Burke

Prière quotidienne de préparation
en vue du centenaire de l’apparition de l’Enfant-Jésus
et de sa Mère, la Bienheureuse Marie toujours Vierge,
à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos
du 8 octobre au 10 décembre 2025

 Ô Vierge Mère de Dieu, ma Mère très chérie, Notre Dame de Fatima et du Très Saint Rosaire, je contemple votre Cœur Douloureux et Immaculé, transpercé par tant d’épines à cause de l’ingratitude et des graves péchés de vos enfants. Je regrette profondément et à jamais la façon dont mes péchés ont offensé votre Divin Fils ainsi que vous-même, sa Mère sans péché. Le cœur humble et contrit, je voudrais réparer les offenses – grandes et petites – faites à votre Cœur par les péchés de vos enfants.

Par l’effet de votre amour maternel, vous m’avez appris à travers votre fille, la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos, comment faire réparation pour les péchés au moyen de la dévotion des premiers samedis. À l’occasion du 100e anniversaire de votre apparition avec l’Enfant-Jésus à la vénérable servante de Dieu, le 10 décembre 1925, je vous promets d’observer le premier samedi du mois en faisant, de tout cœur, réparation pour les péchés, par la confession sacramentelle de mes péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, par la récitation du Chapelet, et en restant en votre compagnie pendant quinze minutes tout en méditant sur les mystères du Rosaire. Je vous prie d’intercéder pour moi afin que ma pratique de la dévotion des premiers samedis puisse servir au salut de nombreuses âmes et à la paix dans le monde.

Aidez-moi aussi à transmettre à d’autres votre message au sujet de la dévotion réparatrice des premiers samedis. Puisse l’Église à travers le monde entier, par obéissance envers votre conseil maternel, vous offrir cet acte d’amour, issu de cœurs humbles et contrits, en réparation sincère des péchés commis. Je donne entièrement mon cœur à votre Cœur Douloureux et Immaculé et, avec vous, je repose mon cœur pour toujours dans le Très Saint Cœur de Jésus. De tout mon cœur, j’offre cette prière à Celui qui, seul, est mon salut.

Amen.

Raymond Leo Cardinal BURKE
Le 8 septembre 2025
Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

[1] “... tem pena do Coração da Tua Mãe Santíssima, que está coberto de espinhos que os homens ingratos a todos os momentos Lhe cravam, sem haver quem faça um ato de reparação para os tirar.” Carmelo de Coimbra, Um caminho sob o olhar de Maria. Biografia da Irmã Maria Lúcia de Jesus e do Coração Imaculado (Marco de Canaveses: Edições Carmelo, 2013), p. 168. [Ci-après, Carmelo]. Traduction française : Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, Biographie de Sœur Lucie de Fatima (Sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé), O.C.D., traduit du portugais par le Père Michel Mallet (Éditions du Parvis, 1648 Hauteville / Suisse), p. 199. [Ci-après, CarmeloFr].

[2]Olha minha filha, o Meu Coração cercado de espinhos, que os homens ingratos a todos os momentos me cravam com blasfémias e ingratidões. Tu ao menos procura consolar-me e diz a todos aqueles que durante cinco meses, no primeiro sábado, se confessarem, recebendo a Sagrada Comunhão, rezando um terço e me fizerem quinze minutos de companhia, meditando nos mistérios do Rosário, com o fim de me desagravarem, que eu prometo assistir-lhes na hora da morte com todas as graças necessárias para a salvação das suas almas.” Carmelo, p. 168. Traduction française : CarmeloFr, pp. 199-200.

[3]Vistes o inferno, para onde vão as almas dos pobres pecadores; para as salvar, Deus quer estabelecer no mundo a devoção a Meu Imaculado Coração. Se fizerem o que Eu vos disser, salvar-se-ão muitas almas e terão paz. A guerra vai acabar. Mas, se não deixarem de ofender a Deus, no reinado de Pio XI começará outra pior. Quando virdes uma noite alumiada por uma luz desconhecida, sabei que é o grande sinal que Deus vos dá de que vai a punir o mundo de seus crimes, por meio da guerra, da fome e de perseguições à Igreja e ao Santo Padre.” Carmelo, p. 63. Traduction française : CarmeloFr, p. 73.

[4]Para a impedir, virei pedir a consagração da Rússia a Meu Imaculado Coração e a Comunhão reparadora nos primeiros sábados. Se atenderem a Meus pedidos, a Rússia se converterá e terão paz; se não, espalhará seus erros pelo mundo, promovendo guerras e perseguições à Igreja. Os bons serão martirizados, o Santo Padre terá muito que sofrer, várias nações serão aniquiladas.” Carmelo, p. 63. Traduction française : CarmeloFr, pp. 73-74.

[5]Por fim, o Meu Imaculado Coração triunfará. O Santo Padre consagrar-Me-á a Rússia que se converterá e será concedido ao mundo algum tempo de paz. Em Portugal se conservará sempre o dogma da Fé, etc.” Carmelo, p. 64. Traduction française : CarmeloFr, p. 74.

[6]É verdade, minha filha, que muitas almas os começam, mas poucas os acabam e as que os terminam é com o fim de receberem as graças que aí estão prometidas; e me agradam mais as que fizerem os 5 com fervor e com o fim de desgravar o Coração da Tua Mãe do Céu, que as que fizerem os 15, tíbios e indiferentes.” Carmelo, p. 171. Traduction française : CarmeloFr, p. 203.

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Samedi prochain, 1er novembre 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 - Par Cap Fatima : 2e mystère douloureux : La flagellation cliquer ICI
 - Par Salve Corda : La crucifixion cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre la virginité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 179 (30 octobre 2025)

Chers amis,

Une fois encore, le centenaire (le 10 décembre prochain) de la demande de Notre-Dame concernant les premiers samedis du mois nous conduit à surseoir à l’analyse du message de Fatima pour nous concentrer sur les événements liés à ce centenaire. Depuis la précédente lettre de liaison, plusieurs faits encourageants se sont produits.

Célébrations des premiers samedis

Tout d’abord, précédé par une nuit d’adoration, le premier samedi d’octobre a bien été célébré officiellement à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Que la dévotion réparatrice tant demandée par Notre-Dame ait pu être célébrée dans la cathédrale parisienne a sûrement contenté le cœur de notre Mère du Ciel. Et nous nous en réjouissons.
Ce premier samedi a également été célébré en trois autres lieux : Cotignac, Bettburn et Fribourg. Un bref compte-rendu de ces événements se trouve sur la page Actualités du site du Jubilé 2025 des 1ers samedis de FatimaJubilé 2025 des 1ers samedis de Fatima.

Pour le prochain premier samedi (le 1er novembre), des cérémonies sont prévues en Espagne (Saragosse, Madrid, Séville), au Mexique (Mexico : Notre-Dame de Guadalupe), en Amérique du Sud (Colombie, Argentine, Pérou, Honduras, …).
Pour le premier samedi de décembre (6 décembre), une dernière cérémonie est prévue à Fatima avant la cérémonie prévue à Rome le jour du centenaire, le 10 décembre, dans la basilique Sainte Marie Majeure.

À ce propos, vous êtes vivement incité à participer à la cérémonie organisée à Fatima le 6 décembre et qui sera présidée par Mgr Rey, évêque émérite du diocèse de Fréjus-Toulon, et Mgr Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France en Martinique. Un pèlerinage est organisé du 5 au 7 décembre au départ de Lisbonne par la coordination du Jubilé (3 jours, 2 nuits : 370 € par personne). Il y a déjà environ 1 000 personnes inscrites. Pour s’inscrire, cliquer ICI.
Il faut que nous soyons le plus nombreux possible à demander à la Sainte Vierge, à l’endroit même où elle est apparue en nous promettant la paix, de nous accorder cette paix.

Ensuite, vous êtes également vivement incité à participer à la cérémonie organisée à Sainte Marie Majeure le 10 décembre. La coordination du Jubilé des premiers samedis prévoit également d’organiser un pèlerinage, comme pour le 6 décembre à Fatima. Vous serez informé dès que l’organisation sera mise en place.

Il est probable que vous devrez choisir entre l’un des deux pèlerinages. Mais, selon les possibilités et les moyens financiers de chacun, il est important d’essayer d’assister au moins à l’un d’eux.

Messe du 25 octobre à Saint-Pierre de Rome

De plus, samedi dernier (25 octobre), une messe selon l’Usus Antiquior a été célébrée dans la basilique Saint-Pierre de Rome, devant la chaire de Saint Pierre, par le cardinal Burke, à l’occasion du pèlerinage Summorum pontificum. En cliquant sur les liens ci-après, vous trouverez quelques photos ainsi qu'une vidéo de cet événement.

Dans son sermon, le cardinal a abordé plusieurs points importants.
Dans une très belle méditation sur le Cœur Immaculé de Marie, il a affirmé que Notre-Seigneur avait exprimé « la pleine coopération de sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, à son œuvre salvatrice », c’est-à-dire qu’elle était co-rédemptrice avec son Fils, le Rédempteur. Le cardinal n’a pas utilisé le terme “co-rédemptrice”. Mais l’expression employée l’exprime concrètement. Le cardinal a continué en disant que, de ce fait, Notre-Dame était « le canal de toutes les grâces qui jaillissent sans cesse et de manière incommensurable du Cœur glorieux et transpercé de son Divin Fils ».

Puis il a rappelé que nous fêtons cette années deux centenaires les 10 et 11 décembre prochains. À propos du premier centenaire, « l’apparition de l’Enfant Jésus, avec Notre-Dame de Fatima, à la vénérable servante de Dieu, sœur Lúcia dos Santos, le 10 décembre 1925 », il a rappelé les points les plus importants de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois :

  • L’esprit de réparation : « Notre-Dame nous a demandé de réparer avec amour nos offenses au Sacré-Cœur de Jésus et à son Cœur immaculé par la dévotion des premiers samedis ».
  • Les quatre pratiques de cette dévotion : « en confessant nos péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, en priant cinq dizaines du Saint Rosaire et en tenant compagnie à Notre-Dame en méditant les mystères du Saint Rosaire ».
  • Le fait qu'il s'agisse d'une demande de Notre-Dame : « La dévotion des premiers samedis constitue notre réponse obéissante à notre Mère céleste, qui ne manquera pas d’intercéder pour toutes les grâces dont notre monde et nous-mêmes avons si désespérément besoin ».

Ensuite, à propos du deuxième centenaire, « la publication de la lettre encyclique Quas Primas du pape Pie XI qui a institué la fête du Christ Roi du Ciel et de la Terre dans l’Église universelle, le 11 décembre 1925 », le cardinal a souligné « l’importance de notre adoration du Christ sous son titre de Roi du Ciel et de la Terre ».

Enfin, il a aussi rappelé que « l’Église célèbre le 18e anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel le pape Benoît XVI a rendu possible la célébration régulière de la messe selon cette forme utilisée depuis l’époque du pape saint Grégoire le Grand », qualifiant cette forme de « forme vénérable du rite romain [qui] a amené à la foi et approfondi la vie de foi de tant de personnes qui ont découvert pour la première fois sa beauté incomparable ». Il a terminé en demandant que « toute l’Église en vienne à comprendre et à aimer toujours davantage le grand don de la liturgie sacrée telle qu’elle nous a été transmise, dans une ligne ininterrompue, par la Tradition sacrée, par les apôtres et leurs successeurs ».

Pour en revenir à la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, cette évocation, sous les voûtes de la basilique vaticane, par un des proches collaborateurs du Saint-Père est un événement extraordinaire. C’est une première réponse officielle à la demande de Notre-Dame. Certes, ce n’est pas encore la reconnaissance demandée qui doit être faite par le pape. Malgré tout, qu’un des personnages les plus importants de l’Église ait prononcé ces paroles sur la dévotion réparatrice dans la basilique Saint-Pierre de Rome au cours d’une messe célébrée devant la chaire de Saint-Pierre, est une avancée extraordinaire. Remercions Dieu de cette grâce et continuons à Le prier pour que dans un mois ce soit le Saint-Père lui-même qui fasse cette déclaration.

Nous nous arrêterons là pour laisser le temps à nos lecteurs de lire les paroles qui ont retenti dans la basilique Saint-Pierre de Rome ce 25 octobre. Et n’oublions pas que nous avons un rôle important à jouer pour obtenir la paix dans le monde : nous devons continuer à faire tout ce que nous pouvons dans les semaines qui viennent pour répondre aux demandes de Notre-Dame, à savoir :

  • faire une communion réparatrice le premier samedi de chaque mois, en particulier les deux prochains (les 1ernovembre et 6 décembre) ;
  • faire connaître cette dévotion autour de nous ;
  • prier avec ferveur pour que le Saint-Esprit inspire au Saint-Père de l’approuver et la recommander ; notamment continuons à réciter tous les jours la prière proposée par le cardinal Burke pendant neuf semaines, du 8 octobre au 9 décembre ;
  • réciter notre chapelet quotidien pour la paix dans le monde.

Quoi que nous fassions, continuons à prier avec la foi du centurion de Capharnaüm, avec l’humilité du publicain de la parabole du pharisien et du publicain, et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Sermon prononcé par le cardinal Burke
au cours de la messe célébrée selon l’Usus Antiquior
le samedi 25 octobre 2025 dans la basilique Saint-Pierre de Rome
pour le pèlerinage Summorum Pontifium

Source : Version française publiée sur le site du Cardinal

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

C’est pour moi une joie immense de célébrer la messe pontificale à l’autel de la chaire de Saint-Pierre, point culminant du pèlerinage Summorum Pontificum de 2025. Au nom de toutes les personnes présentes, j’exprime ma sincère gratitude à ceux qui ont travaillé avec tant de diligence et d’efficacité pour rendre possible ce pèlerinage. J’offre cette messe pour les fidèles de l’Église à travers le monde, qui s’efforcent de préserver et de promouvoir la beauté de l’Usus Antiquior du rite romain. Que l’offrande de la messe pontificale d’aujourd’hui nous encourage et nous fortifie tous dans l’amour de notre Seigneur eucharistique qui, par la tradition apostolique et avec un amour inébranlable et incommensurable pour nous, renouvelle sacramentellement son sacrifice sur le Calvaire et nous nourrit du fruit incomparable de son sacrifice : la nourriture céleste de son corps, de son sang, de son âme et de sa divinité.

En célébrant la Sainte Messe de la Bienheureuse Vierge Marie ce samedi, nous contemplons le Cœur douloureux et immaculé de Notre Dame, élevé dans la gloire et qui ne cesse de battre d’amour pour nous, les enfants que son Divin Fils a confiés à sa maternité, alors qu’il mourait sur la Croix. Lorsque Notre Seigneur a prononcé les mots « Femme, voici ton fils… Voici ta mère » (Jean 19, 26-27) à sa Mère et à saint Jean apôtre et évangéliste, debout au pied de la croix, il a exprimé une réalité essentielle du salut qu’il était en train de gagner pour nous : la pleine coopération de sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, à son œuvre salvatrice.
Dieu le Père, dans son plan d’amour pour notre salut éternel, a accordé à la Bienheureuse Vierge Marie, dès le moment de sa conception, de participer à la grâce du salut que son Divin Fils allait accomplir au Calvaire. Par son Immaculée Conception, Marie était totalement pour le Christ et, dans le Christ, totalement pour nous dès le premier instant de son existence. La médiation de notre salut par le Cœur douloureux et immaculé de Marie est illustrée dans les dernières paroles de la Vierge Mère du Sauveur rapportées dans les Évangiles. Elle les a adressées aux serveurs de vin lors des noces de Cana, qui étaient venus la trouver, angoissés par le manque de vin pour les invités des jeunes mariés. Elle a répondu à leur grande détresse en les conduisant vers son Divin Fils, également invité au festin de noces, avec cette instruction maternelle : « Faites tout ce qu’il vous dira. » (Jean 2, 5)

Ces mots simples expriment le mystère de la Maternité divine par laquelle la Vierge Marie est devenue la Mère de Dieu, amenant Dieu le Fils incarné dans le monde pour notre salut. Par ce même mystère, elle continue d’être le canal de toutes les grâces qui jaillissent sans cesse et de manière incommensurable du Cœur glorieux et transpercé de son Divin Fils vers le cœur de ses frères et sœurs, adoptés par le baptême, alors qu’ils cheminent sur terre vers leur demeure éternelle auprès de Lui dans les cieux. Nous sommes les fils et les filles de Marie en son Fils, Dieu le Fils incarné. Avec une sollicitude maternelle, elle attire nos cœurs vers son Cœur immaculé et glorieux et les conduit vers Lui, vers son Sacré-Cœur, et elle nous enseigne : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
En la Bienheureuse Vierge Marie, nous voyons « la manifestation créée la plus parfaite » de la Sagesse éternelle de Dieu, Dieu le Fils, le Verbe à l’œuvre depuis le tout début de la création et ordonnant toutes choses et, surtout, le cœur humain en accord avec la perfection de Dieu, « à la fois parce qu’elle est la “servante” particulièrement fidèle du Seigneur et parce qu’en elle, en tant que Mère du Christ, le plan divin a trouvé son accomplissement ». (Sagesse, L. Bouyer, Dictionnaire théologique, Tournai : Desclée, 1963, p. 594) Elle est, selon les paroles inspirées du Livre de l’Ecclésiastique, « la mère de l’amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance ». (Ecclésiastique 24, 24) Nous sommes remplis d’espoir que Notre Seigneur, la Sagesse divine incarnée, entendant les prières de la Mère de la grâce divine qui est toujours en sa présence, aura également pitié de notre génération, rétablissant l’ordre d’amour écrit par Dieu dans la création, écrit par Dieu, avant tout, dans chaque cœur humain. En nous efforçant, à chaque instant de la journée, de reposer nos cœurs dans le Cœur glorieux et transpercé de Jésus, nous annonçons au monde la vérité que le salut est venu dans le monde. Nous, unis dans notre cœur au Cœur immaculé et glorieux de Marie, attirons les autres vers le Christ, plénitude de la miséricorde et de l’amour de Dieu parmi nous, dans sa sainte Église.

Nous célébrons cette année à la fois le centenaire de l’apparition de l’Enfant Jésus, avec Notre-Dame de Fatima, à la vénérable servante de Dieu, sœur Lúcia dos Santos, le 10 décembre 1925, et le centenaire de la publication de la lettre encyclique Quas Primas du pape Pie XI, qui a institué la fête du Christ Roi du Ciel et de la Terre dans l’Église universelle, le 11 décembre 1925. Nous rendons ainsi témoignage à la vérité que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Roi de tous les cœurs par le mystère de la Croix et que sa Mère vierge est la médiatrice par laquelle il amène nos cœurs à demeurer toujours plus complètement dans son Sacré-Cœur.

Dans l’apparition à la vénérable servante de Dieu, sœur Lúcia dos Santos, Notre Seigneur nous a montré le Cœur douloureux et immaculé de Notre Dame, couvert de nombreuses épines à cause de notre indifférence et de notre ingratitude, et à cause de nos péchés. D’une manière particulière, Notre-Dame de Fatima désire nous protéger du mal du communisme athée qui éloigne les cœurs du Cœur de Jésus, seule source de salut, qui conduit les cœurs à se rebeller contre Dieu et contre l’ordre qu’Il a établi dans Sa création et inscrit dans le cœur de chaque homme. (Cf. Romains 2, 15) À travers ses apparitions et le message qu’elle a confié aux petits bergers saints Francisco et Jacinta Marto, ainsi qu’à la vénérable Lúcia dos Santos, qui s’adresse à toute l’Église, Notre-Dame a dénoncé l’influence de la culture athée sur l’Église elle-même, conduisant beaucoup à l’apostasie, à l’abandon des vérités de la foi catholique.
En même temps, Notre-Dame nous a demandé de réparer avec amour nos offenses au Sacré-Cœur de Jésus et à son Cœur immaculé par la dévotion des premiers samedis, c’est-à-dire le premier samedi du mois, en confessant nos péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, en priant cinq dizaines du Saint Rosaire et en tenant compagnie à Notre-Dame en méditant les mystères du Saint Rosaire. Il ressort clairement du message de Notre-Dame que seule la foi, qui place l’homme dans une relation d’unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, par l’intermédiaire de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments spirituels que la rébellion contre Dieu inflige nécessairement à ses auteurs et à l’ensemble de la société et de l’Église. La dévotion des premiers samedis est notre réponse d’obéissance à notre Mère céleste qui ne manquera pas d’intercéder pour toutes les grâces dont nous et notre monde avons désespérément besoin. La dévotion n’est pas un acte isolé, mais exprime un mode de vie, à savoir la conversion quotidienne du cœur au Sacré-Cœur de Jésus sous la guidance et les soins maternels du Cœur douloureux et immaculé de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Lorsque nous réfléchissons à la rébellion contre le bon ordre et la paix dont Dieu dote chaque cœur humain, conduisant le monde et même l’Église à une confusion, une division et une destruction toujours plus grandes des autres et de soi-même, nous comprenons, comme l’a compris le pape Pie XI, l’importance de notre adoration du Christ sous son titre de Roi du Ciel et de la Terre. Cette adoration n’est pas une forme d’idéologie. Ce n’est pas l’adoration d’une idée ou d’un idéal. C’est une communion avec le Christ Roi, en particulier à travers la Très Sainte Eucharistie, par laquelle notre propre mission royale en Lui est comprise, embrassée et vécue. C’est la réalité dans laquelle nous sommes appelés à vivre, la réalité de l’obéissance à la Loi de Dieu écrite dans nos cœurs et dans la nature même de toutes choses. C’est la réalité de nos cœurs, unis au Cœur Immaculé de Marie, reposant toujours plus complètement dans le Très Saint Cœur de Jésus.

La messe pontificale est célébrée aujourd’hui selon la forme la plus ancienne du rite romain, l’Usus Antiquior. L’Église célèbre le 18e anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel le pape Benoît XVI a rendu possible la célébration régulière de la messe selon cette forme utilisée depuis l’époque du pape saint Grégoire le Grand. Ayant le privilège de participer aujourd’hui au Saint Sacrifice de la messe, nous ne pouvons-nous empêcher de penser aux fidèles qui, tout au long des siècles chrétiens, ont rencontré Notre Seigneur et ont approfondi leur vie en Lui, grâce à cette forme vénérable du rite romain. Beaucoup ont été inspirés à pratiquer une sainteté héroïque, allant jusqu’au martyre. Ceux d’entre nous qui sont assez âgés pour avoir grandi en adorant Dieu selon l’Usus Antiquior ne peuvent s’empêcher de considérer comment cela nous a inspirés à garder notre regard fixé sur Jésus, (cf. Hébreux 12, 2) en particulier dans la réponse à notre vocation dans la vie. Enfin, nous ne pouvons manquer de remercier Dieu pour la manière dont cette forme vénérable du rite romain a amené à la foi et approfondi la vie de foi de tant de personnes qui ont découvert pour la première fois sa beauté incomparable, grâce à la discipline établie dans Summorum Pontificum. Nous remercions Dieu que, grâce à Summorum Pontificum, toute l’Église en vienne à comprendre et à aimer toujours davantage le grand don de la liturgie sacrée telle qu’elle nous a été transmise, dans une ligne ininterrompue, par la Tradition sacrée, par les apôtres et leurs successeurs. Grâce à la liturgie sacrée, notre adoration de Dieu « en esprit et en vérité » (Jean 4, 23), Notre Seigneur est avec nous de la manière la plus parfaite qui soit sur cette terre. C’est l’expression la plus excellente de notre vie en Lui. Témoins aujourd’hui de la grande beauté du rite de la messe, soyons inspirés et fortifiés pour refléter cette beauté dans la bonté de notre vie quotidienne sous la protection maternelle de Notre-Dame.

Élevons maintenant nos cœurs, unis au Cœur immaculé de Marie, vers le Cœur glorieux et transpercé de Jésus, ouvert pour nous dans le sacrifice eucharistique par lequel Il rend sacramentellement présent pour nous Son sacrifice au Calvaire. Élevons nos cœurs, remplis de tant de joies et de douleurs, vers la source inépuisable de la Miséricorde et de l’Amour divins, confiants que dans le Cœur eucharistique de Jésus, nous serons confirmés dans la paix et fortifiés pour porter la croix de nos douleurs avec la confiance de la Vierge Marie. Ainsi, sous le regard maternel constant et miséricordieux de la Bienheureuse Vierge Marie, puissions-nous progresser fidèlement et de tout cœur sur le chemin de notre pèlerinage terrestre vers notre demeure éternelle au Ciel.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

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Demain samedi, 6 décembre 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 - Par Cap Fatima : 3e mystère douloureux : Le couronnement d'épines cliquer ICI
 - Par Salve Corda : Le couronnement de la Très Sainte Vierge cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre la maternité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 180 (5 décembre 2025)

Chers amis,

Une fois de plus, l’actualité nous contraint à suspendre provisoirement la suite de nos réflexions sur le message de Fatima pour traiter deux sujets importants.

Jubilé des premiers samedis du mois

Le prochain événement du Jubilé des premiers samedi du mois sera solennisé à Fatima ce samedi (6 décembre) en présence de Mgr Rey et Mgr Macaire.

En principe, cela aurait dû être le dernier événement de ce jubilé organisé pour obtenir que le Saint-Père approuve et recommande la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, au plus tard le jour anniversaire du centenaire de la demande de Notre-Dame, soit le 10 décembre prochain, c’est-à-dire dans moins d’une semaine. Malheureusement, les choses ne bougent pas à Rome. Malgré les démarches du cardinal Burke, le Saint-Siège n’a pas réagi. Et l’Alliance pour les premiers samedis du mois n’a toujours pas pu organiser une cérémonie à Sainte Marie Majeure, avec au moins la présence d’un légat du pape, comme il y en eut un pour les 350 ans des apparitions de Paray-le-Monial et les 400 ans de celles de Notre-Dame d’Auray. En conséquence, en accord avec les organisations associées à ce projet, l’Alliance a décidé de repousser le centenaire au 15 février prochain. (Voir communiqué en pièce jointe) En effet, le 15 février 1925, à Pontevedra, l’Enfant-Jésus apparut à sœur Lucie pour confirmer la demande qu’avait faite la Sainte Vierge le 10 décembre précédent. Cette deuxième apparition de Pontevedra est tout aussi importante que la première puisque Notre-Seigneur y donna plusieurs précisions très importantes sur la dévotion des premiers samedis du mois.

Il n’y aura donc pas de cérémonie officielle à Sainte Marie Majeure le 10 décembre prochain comme nous l’espérions. Quelques membres de l’Alliance se rendront toutefois à Rome pour offrir nos efforts à la Sainte Vierge. Quant à nous, prions avec ferveur ce jour-là pour dire à Notre-Dame que nous avons fait tout ce que nous avons pu et qu’elle ne nous tienne pas rigueur du silence romain. Puis, continuons à prier à cette intention jusqu’au 15 février prochain, afin que dans les deux mois qui viennent, nous obtenions ce que nous désirons tant.

Une note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

Outre l’absence de réaction du Saint-Siège à la demande de reconnaissance de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, depuis la dernière lettre de liaison envoyée le 30 octobre dernier, un autre sujet d’inquiétude est apparu. En effet, le 4 novembre (cinq jours après), le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), dont le préfet est le cardinal Fernandez, a publié une note doctrinale sur les titres attribuables ou non à la Très Sainte Vierge. Cette note, approuvée par Léon XIV le 7 octobre, affirme que, dans le but de ne pas « obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ », les titres mariaux traditionnels de “Co-rédemptrice” et “Médiatrice de toutes grâces” sont désormais à éviter : « L’utilisation du titre de “Co-rédemptrice” pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune » ; « Une prudence particulière s’impose dans l’application de l’expression “Médiatrice” à Marie ». Ainsi sont retirés à la Vierge Marie deux de ses principaux titres traditionnels.

Tous ceux qui sont attachés à Fatima et sont convaincus de la grande importance pour notre temps du message qu’y délivra la Sainte Vierge, n’ont pu qu’être consternés par cette note. Car au cours de ses apparitions et plus particulièrement dans son message, Notre-Dame a confirmé le bien-fondé de ces deux concepts. Certains nous ayant fait part de leur désarroi et nous ayant demandé que faire, après avoir pris quelque temps pour réfléchir et en avoir discuté avec quelques personnes compétentes, voici ce que nous pouvons leur répondre.

L’enseignement traditionnel sur la co-rédemption et la médiation de la Sainte Vierge

En premier lieu, il faut bien connaître ce qu’a enseigné l’Église jusqu’à maintenant. Pour cela, nous avons compilé rapidement ce que les saints, les docteurs de l’Église, les grands prédicateurs ou les papes ont pu enseigner sur ces deux doctrines. Le résultat de cette compilation est surprenant. L’abondance des textes traitant de ces questions est impressionnante. La compilation regroupe une centaine de citations émanant d’une cinquantaine d’auteurs. (Pour voir la compilation réalisée, cliquer ICI. Elle est également en PJ) La lecture de tous ces textes conduit à quatre conclusions.

1) L’ancienneté des concepts
Les concepts de médiatrice et de co-rédemptrice apparaissent dès les premiers siècles de l’Église. En effet, le terme de “médiatrice” apparaît déjà chez saint Éphrem le Syrien (306 – 373). Il est ensuite présent chez un très grand nombre d’auteurs.
Le terme de co-rédemptrice apparaît plus tardivement. L’un des premiers prédicateurs à dire que la Sainte Vierge « a coopéré à la Rédemption » est saint Bonaventure (1221 – 1274). Mais la notion se trouve déjà implicitement dans les écrits des premiers siècles.

2) La continuité dans l’enseignement
Le deuxième point notable est que ces deux concepts ont été enseignés de façon continue par tous les grands prédicateurs, à toutes les époques. Cette continuité est vraiment remarquable.

3) L’unanimité des prédicateurs
Le troisième point qui ressort de cette compilation de textes est l’unanimité des prédicateurs, notamment des théologiens. Tous enseignent exactement la même doctrine. Leur enseignement est très précis, notamment sur la co-rédemption : ils expliquent parfaitement qu’il n’y a qu’un seul Rédempteur, mais que, de par la volonté de Dieu, Marie a coopéré efficacement à la Rédemption, ce que résume remarquablement la devise de saint Louis-Marie Grignion de Monfort: "Ad Jesum per Mariam".

4) La caution des papes
À partir du XIXe siècle, cet enseignement constant et continu a été sanctionné par les papes par des textes majeurs. En particulier, Léon XIII aborde la question dans au moins 7 encycliques. Saint Pie X en a fait une remarquable synthèse dans l’encyclique Ad Diem Illum Laetissimum (2 février 1904) dans laquelle il explique très clairement tout ce que les théologiens ont enseigné jusque-là, à savoir que, s’il n’y a qu’un seul Rédempteur, Marie a été associée de façon très particulière à la Rédemption. Et les théologiens ont appelé cette participation très particulière de Marie : co-rédemption. Certes, les papes n’ont pas utilisé le terme. Seul Pie XI l’a fait dans deux allocutions en 1933 et 1935. Mais la doctrine est parfaitement explicitée notamment dans l’encyclique de saint Pie X. Par contre, tous utilisent de très nombreuses fois les expressions « médiatrice de toutes les grâces » ou « dispensatrice de toutes les grâces ». Et dans les schémas préparatoires au concile Vatican II, la commission chargée de les rédiger affirme, en faisant notamment référence à saint Pie X et Pie XI : 1) Marie est médiatrice de toutes grâces (« omnium gratiarum Mediatrix ») ; 2) elle peut aussi être appelée co-rédemptrice ; 3) ces titres sont en eux-mêmes très vrais (« licet in se verissima »), mais risquent de déplaire aux protestants, notamment celui de co-rédemptrice du genre humain (« Corredemptrix humani generis »).

Il faut lire ces textes pour voir combien ces deux concepts de “co-rédemptrice” et de “médiatrice de toutes grâces” font l’objet, parmi les théologiens, les saints et les papes d’un consensus parfait. Cette unanimité est d’ailleurs reconnue par les papes eux-mêmes, notamment par Pie XII dans un décret du 11 janvier 1942 à propos de la médiation de la Sainte Vierge : « Cette très douce et vivifiante doctrine est admise à l’heure actuelle d’un commun accord par les théologiens. » Or, un enseignement d’une telle constance fait partie du dogme. En effet, dans son Commonitorium, saint Vincent de Lérins énonce plusieurs critères pour distinguer la vérité de l'erreur. L’un d’eux est l'unanimité de la foi à travers le temps et l'espace :

Dans l'Église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous. (Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est) Cela est en effet vraiment et proprement catholique. (Commonitorium, II, 5)

Cette règle a été confirmée par la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I :

On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l'Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.

Ce passage de Vatican I a été intégralement repris par Léon XIII dans son encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896 pour en souligner l’importance. C’est pourquoi, les deux doctrines de la co-rédemption et de la médiation de la Très Sainte Vierge font partie du dépôt de la foi, même si elles ne font pas encore l’objet d’une définition dogmatique comme la Virginité, la Maternité, l’Immaculée Conception ou l’Assomption de Notre-Dame. C’est ce qui ressort très clairement de l’article Marie du Dictionnaire de Théologie Catholique (DTC), dans le tome 9 paru en 1927.

Il faut lire ces textes, notamment l’encyclique de saint Pie X et les conclusions du DTC, notamment la 3e pour la co-rédemption et la 2e pour la médiation, (pour voir les conclusions doctrinales du DTC, cliquer ICI ; elles sont également en PJ) pour être convaincu que la co-rédemption et la médiation de la Très Sainte Vierge sont des vérités de foi.

Les confirmations de la Sainte Vierge

Cette dernière affirmation a été plusieurs fois confirmée par la Sainte Vierge elle-même.
En effet, à la rue du Bac, Notre-Dame apparut à sainte Catherine Labourée, des rayons de lumière jaillissant de ses mains, et expliqua : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » (Apparition du 27 novembre 1830). Et ces rayons furent représentés sur la médaille qui fut frappée à sa demande, médaille qui attribua tant de grâces qu’elle est appelée “médaille miraculeuse”.
À Pellevoisin, Notre-Dame dit à Estelle Faguette : « Les grâces sont de mon Fils. Je les prends dans son cœur, et Il ne peut me les refuser. » (Apparition, 8 décembre 1876)

À Fatima, la Sainte Vierge a montré clairement qu’elle était la médiatrice de toutes les grâces. Le 13 juillet, elle a dit qu’elle était la seule à pouvoir nous obtenir la paix pour le monde et qu’elle le ferait si nous récitions le chapelet tous les jours. Elle a promis la conversion des pécheurs et la paix dans le monde par la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Et à ceux qui ferait cette communion cinq mois de suite, elle a promis « de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ». (Pontevedra, 10 décembre 2025)
Elle a aussi, discrètement, confirmé le concept de co-rédemption en nous demandant de prier et de faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs, allant jusqu’à dire le 19 août 1917 : « Beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ». C’est donc que, par nos sacrifices et nos prières, nous participons à la Rédemption. Pie XII le confirme dans l'encyclique Mystici Corporis Christi du 29 juin 1943 (n° 788) : « Le salut d’un grand nombre d’âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ. » Et ce que peuvent faire de simples fidèles, la Sainte Vierge ne peut-elle pas le faire de façon encore plus éminente ?

Nous avons donc la ferme assurance que la Bienheureuse Vierge Marie est bien “Co-rédemptrice” et “Médiatrice de toutes grâces”.

La note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

Or les affirmations de la note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne concordent pas du tout avec l’enseignement unanime et constant de l’Église sur ces deux concepts. Il serait fastidieux de reproduire l’analyse que nous en avons faite. (Pour ceux qui, toutefois, souhaiteraient en prendre connaissance, cliquer ICI). Voici simplement les principales conclusions que l’on en peut tirer.

La note étudie quatre titres attribués à la Sainte Vierge : Co-rédemptrice, Médiatrice, Mère des croyants et Mère de grâce. À part le troisième titre, la note affirme qu’il est, sinon inapproprié, tout au moins imprudent d’attribuer les trois autres à la Sainte Vierge, contrairement à l’avis unanime de tous les théologiens jusqu’à la moitié du XXe siècle, comme nous venons de le voir. Voici l’argumentation de la note.

Tout d’abord, si elle mentionne que les concepts de médiation et de co-rédemption remontent au Ve siècle et au Xe siècle respectivement, nulle part elle ne précise ce qu’a enseigné l’Église jusqu'à présent. Il n’y a aucune citation pour illustrer l’enseignement constant des prédicateurs. La note reconnaît une certaine forme d’intercession de la Sainte Vierge dans le salut de l’humanité, mais ne va pas plus loin. Avec insistance, elle affirme que le Christ est le seul Rédempteur (affirmation faite plus de 20 fois), que la Sainte Vierge n’a fait que coopérer en donnant une notion très restrictive de cette coopération, que toutes les grâces viennent uniquement du Christ. Mais jamais elle ne dit en quoi l’enseignement traditionnel est fautif. L’insistance sur l’unicité du Rédempteur pourrait indiquer que c’est ce qui lui est reproché. Mais la lecture des textes que nous avons compilés montre qu’il n’en est rien : tous les prédicateurs ont toujours bien pris soin d’affirmer qu’il n’y avait qu’un seul Rédempteur.

Pour dénier les titres de co-rédemptrice et médiatrice à la Sainte Vierge, la note s’appuie essentiellement sur trois arguments :

  • le silence du concile Vatican II sur ces questions :

* Sur la co-rédemption (n°18) : « Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de Co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. »
* Sur la médiation (n°23) : « Le Concile n’est pas entré dans des déclarations dogmatiques, mais a préféré présenter une vaste synthèse "de la doctrine catholique sur la place qu’occupe la Très Sainte Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église". »

  • les avis négatifs du cardinal Ratzinger lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

* Sur la co-rédemption (n° 19) : « La signification précise de ces titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. » (en 1996) « La formule “Co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus. » (en 2002) Et la note ajoute : « Le Cardinal Ratzinger ne niait pas qu’il y aurait de bonnes intentions et des aspects valables dans la proposition d’utiliser ce titre, mais il soutenait qu’il s’agissait d’un “terme erroné”. »
* Sur la médiation (n° 45) : « Le Cardinal Ratzinger avait affirmé que le titre de Marie médiatrice de toutes grâces n’était pas non plus clairement fondé sur la Révélation et, en accord avec cette conviction, nous pouvons reconnaître les difficultés qu’il comporte, tant pour la réflexion théologique que pour la spiritualité. »

  • des déclarations de François :

* « [Marie] n’a jamais voulu prendre pour elle quelque chose de son Fils. Elle ne s’est jamais présentée comme co-rédemptrice. Non, disciple. (Homélie du 12 décembre 2019) » (n° 21)
* « [Le Christ] est l’unique Rédempteur : il n’y a pas de co-rédempteurs avec le Christ. (Audience générale du 21 avril 2021) » (n°21)
* « La Vierge n’a voulu obtenir aucun titre de Jésus [...]. Elle n’a pas demandé d’être elle-même une quasi-rédemptrice ou une co-rédemptrice : non. Il n’y a qu’un seul Rédempteur et ce titre ne se dédouble pas. (Méditation quotidienne du 3 avril 2020) » (n° 22)

 L’argument comme quoi la formule co-rédemptrice est « trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique » est curieux. Car il en est de même pour les doctrines de l’Immaculée Conception, de la Virginité, de la Maternité divine et de l’Assomption de la Très Sainte Vierge : aucune de ces notions ne se trouve ni dans les Écritures, ni chez les premiers Pères de l’Église. Cela ne les a pas empêchées d’être l’objet de définitions dogmatiques.

La note fait également le reproche suivant (n°18) : « Certains pontifes ont utilisé ce titre [co-rédemptrice] sans trop s’attarder à l’expliquer. » Cette remarque est surprenante, tout comme celle du cardinal Ratzinger disant que le titre de Marie Médiatrice de toutes grâces « n’est pas clairement fondé » ; car les encycliques ont parfaitement expliqué ce qu’il fallait entendre par co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces, rappelant à chaque fois qu’il n’y a qu’un Médiateur et qu’une seule source de la grâce, mais que la Sainte Vierge, par son fiat au moment de l’Incarnation et surtout par les douleurs endurées pendant la Passion du Sauveur, a été associée plus étroitement que tout autre créature humaine à la Rédemption, raison pour laquelle les théologiens ont créé le terme de co-rédemptrice pour désigner cette participation très particulière. On se demande même si le ou les rédacteurs de la note ont seulement lu l’encyclique de saint Pie X Ad Diem Illum Laetissimum.

Voilà donc les principaux arguments avancés par la note. C’est peu de chose face à tous les écrits des saints, tous les livres de théologie, toutes les encycliques papales qui justifient ce que la note dénie.

Deux positions inconciliables

Nous sommes donc face à deux positions radicalement opposées : l’enseignement de l’Église depuis les premiers siècles jusqu’au milieu du XXe siècle et le nouvel enseignement apparu à l’époque du concile Vatican II. Comment choisir ? La question est d’autant plus grave qu’il s’agit d’un point particulièrement important de notre foi : les privilèges accordés par Dieu à notre Mère du Ciel.
Allons-nous abandonner la médaille miraculeuse au motif qu’une note d’un dicastère affirme contre toute la tradition que Marie n’est pas médiatrice de toutes grâces ? Allons arrêter de dire le chapelet parce que Notre-Dame a dit que, par sa récitation quotidienne, nous obtiendrons la paix pour le monde ? Allons-nous arrêter de pratiquer la communion réparatrice des premiers samedis du mois parce que Notre-Dame a promis d’accorder la grâce du salut à tous ceux qui la ferait cinq mois de suite ? La messe de Notre-Dame Médiatrice de toutes grâces va-t-elle être supprimée de la liturgie ? etc.

Avant de faire un choix, il faut voir que le magistère constant de l’Église, c’est-à-dire ce qu’elle a toujours enseigné, au moins jusqu’à une époque très récente, et qui a toujours été cru partout et par tous est infaillible (voir ce qui a été dit précédemment sur le magistère ordinaire et universel de l’Église).

Ensuite une note d’un dicastère n’est pas nécessairement un document qui engage la foi. En effet, schématiquement, on peut classer les documents du Saint-Siège en trois catégories : ceux émanant d’un dicastère et publié sous la responsabilité du préfet de ce dicastère ; ceux émanant d’un dicastère pour lesquels l’approbation du Saint-Père est demandée ; enfin ceux rédigés par le Saint-Père lui-même ou sous sa conduite et portant explicitement sa signature à la fin du document. Ces derniers documents ont une forme particulière : bulle, encyclique, lettre apostolique, motu proprio, etc. et sont dits pour cela “in forma specifica”. La note Mater Populi Fidelis n’est pas dans cette dernière catégorie : elle est dans la seconde. Elle n’engage donc pas autant qu’une encyclique par exemple. Or nous avons vu que plusieurs encycliques des derniers papes ont une position opposée à celle de la note. Et une note d’un dicastère, même publiée avec l’approbation du pape, ne peut avoir la prétention de valoir ce que valent la quinzaine d’encycliques dans lesquelles les papes ont abordé la question.

En outre, lorsqu’un document du Saint-Siège s’écarte de l’enseignement constant du Magistère et n’engage pas l’infaillibilité pontificale, le droit canon reconnaît aux fidèles le droit de ne pas y adhérer (canon 752) et d’exprimer respectueusement leurs réserves, tout en demeurant fidèles à l’obéissance due au Magistère authentique antérieur (canon 212), ce que Pie XI dit également dans l’encyclique Mit brennender Sorge (10 mars 1937) :

Si quelqu'un voulait vous annoncer un évangile autre que celui que vous avez reçu sur les genoux d'une pieuse mère, des lèvres d'un père croyant, ou par l'enseignement d'un éducateur fidèle à son Dieu et à son Église, qu'il soit anathème.

Pour ces différentes raisons, il est non seulement légitime mais c’est même une obligation de foi de s’en tenir à l’enseignement du magistère constant tel qu’il s’est exprimé jusqu’au milieu du XXe siècle et dont le DTC a fait une excellente synthèse. Pour douloureuse qu’elle soit, ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’Église qu’une telle situation se présente. Saint Paul a dû s’opposer à saint Pierre ; saint Athanase s’est opposé à l’arianisme du pape Libère ; sainte Catherine de Sienne fit des remontrances au pape Grégoire XI ; etc.

La réponse du catholique fidèle

« Le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n’aura pas fait miséricorde » dit saint Jacques (II, 13). En conséquence, si nous portons un avis sans miséricorde, nous serons jugés sans miséricorde. Pour un chrétien, la seule attitude possible dans un tel cas est de faire une réponse charitable. Celle-ci le sera si nous posons quatre actes de charité.

Le premier acte de charité sera de réparer l’outrage fait à Notre-Dame, en gardant une foi fidèle dans le message qu’elle a délivré à Fatima, en particulier en pratiquant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et plus particulièrement, la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Notre Seigneur Lui-même a demandé cette petite réparation pour sa Sainte Mère. Alors ne laissons pas sa demande sans réponse.

Le deuxième acte de charité sera pour nous, car charité bien ordonnée commence par soi-même. Il ne faut pas laisser le trouble s’installer dans notre esprit. Il faut avoir les idées claires sur la co-rédemption et la médiation de la Sainte Vierge. Pour cela lisons ou relisons les textes mentionnés précédemment, notamment les encycliques de Léon XIII et saint Pie X, au moins les parties que nous avons sélectionnées. Lisons ou relisons le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis Marie Grignon de Montfort.

Le troisième acte de charité sera pour le pape. Il a autorisé la publication d’un texte en opposition avec la plus claire tradition de l’Église. Nous ne connaissons pas les raisons de son choix. Mais une chose est sûre : qu’il se soit trompé ou qu’il ait été trompé, il faut encore plus prier pour lui ainsi que pour le cardinal Fernandez. Nous devons dénoncer les erreurs : « Est, est ; non, non. » a dit Jésus (Mat V, 37). Mais nous devons aussi prier pour ceux qui ont pu s’égarer. Avant de le reprendre, saint Paul a sûrement prié pour saint Pierre. C’est même une condition absolument nécessaire avant de dénoncer une erreur. Avons-nous prié avec ferveur et persévérance pour le Saint-Père ? Si nous n’avons pas auparavant prié pour lui, alors nous n’avons aucun droit pour critiquer un de ses actes.

Le quatrième acte de charité sera pour notre prochain. S’il a été troublé par la note du DDF, ne le laissons-pas avec son trouble ; faisons-lui connaître les quelques arguments que nous venons de développer, en espérant qu’ils contribueront à lui rendre la paix de l’âme.

Enfin, nous suggérons un acte supplémentaire. Malgré la note du DDF, manifestons par un acte de foi notre attachement aux titres de Notre-Dame qu’elle conteste, afin que l’Église les reconnaisse officiellement. Les litanies de la Très Sainte Vierge, après l’invocation « Sainte Marie », énoncent 49 titres attribués à Notre-Dame : de Sainte Mère de Dieu à Reine de la paix. Il ne nous appartient pas d’y rajouter des titres supplémentaires : seule l’Église peut le faire. Mais, la petite Jacinthe eut l’audace de compléter la première prière apprise de la Sainte Vierge en y faisant un ajout pour le Saint-Père. Imitons son exemple, et désormais, lorsque nous réciterons les litanies de la Sainte Vierge, complétons (au moins mentalement) les 3e et 4e invocations de la façon suivante :

  • 3e invocation : Mère du Christ et Co-Rédemptrice du genre humain, priez pour nous.
  • 4e invocation : Mère de la divine grâce et Médiatrice de toutes grâces, priez pour nous.

Que « celle qui seule défait toutes les hérésies » (Trait de la messe Salve sancta parens pour les fêtes de la Sainte Vierge) et peut donc corriger toutes les erreurs, nous vienne en aide dans notre lutte pour la vérité, en nous gardant toujours dans la charité.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 2 août 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 4e mystère joyeux : La présentation de Jésus au temple
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 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris ou la haine à l’égard de Notre-Dame

Lettre de liaison n° 176 (31 juillet 2025)

Chers amis,

L’actualité nous conduit une fois de plus à suspendre temporairement nos réflexions sur le message de Fatima. En effet, le 10 décembre prochain, cela fera tout juste 100 ans que Notre-Dame aura demandé à sœur Lucie de répandre la dévotion de la communion réparatrice des premiers samedis du mois (voir lettre de liaison n° 173). Or, il ne reste plus beaucoup de temps d’ici le 10 décembre. Nous devons donc intensifier nos actions pour qu’avant cette date tout soit fait pour que cette dévotion soit approuvée par le pape. En particulier, il faut soutenir les actions lancées par le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima (https://jubile2025-fatima.org/).

Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima

Ce jubilé a pour objectif spécifique de répondre aux demandes du Ciel en ce qui concerne la communion réparatrice des premiers samedis du mois qui est un des points de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

La première demande est de répandre dans le monde cette dévotion, demande qui vient de Dieu Lui-même et qui a été exprimée une première fois le 13 juillet 1917, puis demandée explicitement le 10 décembre 1925 par Notre-Dame, demande renouvelée le 15 février 1926 par l’Enfant-Jésus, enfin demandée encore une fois en mai 1930.

Pour répondre à cette demande du Ciel et contribuer, par tous les moyens à notre disposition, à faire connaître cette dévotion, différentes cérémonies ont été organisées dans de grands sanctuaires du monde et le seront jusqu’à la fin de l’année (Italie, Angleterre, Burundi, États-Unis, … Voir sur la page Événements du site du jubilé). La prochaine cérémonie aura lieu samedi 2 août à Lourdes (voir affiche ci-après).

La deuxième demande du Ciel est que cette dévotion soit approuvée et recommandée par le Saint-Père. Sur ce point l’organisation du jubilé a lancé une action très importante. Une demande va être adressée au Saint-Père pour qu’il veuille bien approuver et recommander officiellement le 10 décembre prochain, jour du centenaire, la dévotion réparatrice, en l’église Sainte Marie Majeure à Rome. Nous ne savons pas encore comment le Saint-Père réagira à cette demande. S’il ne pouvait pas venir lui-même, il faudrait au moins qu’il nomme un légat, comme cela a été fait pour le 400e anniversaire des apparitions de Sainte-Anne d’Auray ou le 350e anniversaire de celles de Paray-le-Monial.

D’ici là nous pouvons agir activement en priant à cette intention. Nous devons assaillir le Ciel de nos prières, l’implorant d’envoyer les grâces nécessaires au Saint-Père pour qu’il comprenne l’importance d’obéir à la demande de Notre-Dame. Et pour que nous priions avec ferveur, il faut que nous comprenions parfaitement l’importance de cette approbation. Pour cela, un argumentaire a été rédigé sur l’histoire de la demande, son contenu précis, les fruits attachés à cette dévotion et les raisons qui justifient d’insister auprès du Saint-Père pour qu’il daigne l’approuver et la recommander. Vous trouverez cet argumentaire en annexe et en pièce jointe de cette lettre. Il se trouve également sur cette page du site. Imprégnez-vous-en et faites-le connaître à vos proches : imprimez-le, diffusez-le autour de vous afin que le le plus grand nombre possible de personnes soient au courant et s’unissent à nous pour que le Saint-Esprit inspire au pape d’approuver et recommander cette dévotion demandée avec insistance par Dieu Lui-même.

En outre, nous proposons de faire une neuvaine au Cœur Immaculé de Marie avant la prochaine fête du Cœur Immaculé de Marie, le 22 août. La neuvaine se déroulera du 13 au 21 août. Vous pouvez vous inscrire pour recevoir les méditations chaque jour de la neuvaine. Pour s’inscrire cliquer ICI. Si, pour une raison ou une autre, votre inscription par le site ne fonctionne pas, envoyez un message à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Les textes des méditations étant sur le site, vous pouvez aussi les avoir immédiatement en allant sur cette page du site.

Vous pouvez bien évidemment choisir une autre prière que la neuvaine proposée. Mais il est important que tous, d’ici le 10 décembre prochain, nous demandions avec ferveur et persévérance que le Saint-Père réponde à la demande du Ciel en approuvant et en recommandant la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois ce jour-là. De sa réponse dépend pour le monde la paix ou la guerre, comme l’a confié plusieurs fois sœur Lucie au père Aparicio : « Notre-Dame a promis de retarder le fléau de la guerre, si cette dévotion est propagée et pratiquée. »

Nous ne prolongerons pas cette lettre afin de ne pas prendre de temps à nos lecteurs. Il est préférable de vous laisser du temps pour lire l’argumentaire. Lisez-le avec attentivement, faites-le connaître et inviter vos proches à faire la neuvaine du 13 au 21 août.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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1er samedi août Lourdes

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Samedi prochain, 5 juillet 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 3e mystère joyeux : La Nativité
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 Blasphèmes à réparer

 Les  blasphèmes contre la maternité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 175 (3 juillet 2025)

Chers amis,

Après les apparitions de Pontevedra en 1925 et 1926, sœur Lucie eut encore d’autres apparitions. En octobre 1926, ayant achevé son postulat, elle entra au noviciat des sœurs de Sainte Dorothée, à Tuy. C’est là que, trois ans après son entrée, elle eut deux apparitions très importantes.

Tuy, juin 1929

Le 13 juin 1929, Notre-Dame lui apparut et lui demanda de faire dire au pape que le moment était venu de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Voici le récit qu’elle fit de cette apparition et que son confesseur le père Gonçalvès recopia un jour où il passait à Tuy :

Russie (1929) – Notre-Dame demande la consécration.

Le Révérend Père Gonçalvès est venu plusieurs fois confesser dans notre chapelle. Je me suis confessée à lui et, comme je m’entendais bien avec lui, j’ai continué à le faire durant les trois ans pendant lesquels il est resté ici comme supérieur.
C’est à cette époque que Notre-Seigneur m’a avertie que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la Sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir... La communication s’est produite ainsi :

(13/6/1929) J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de onze heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine.
Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].
Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle, et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond.
Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la Croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme.
Un peu en dessous de la taille, suspendus en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice.
Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son Cœur Immaculé dans la main... (C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé, … dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes…)
Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’Autel, formaient ces mots : Grâce et Miséricorde.
Je compris que m’était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

Ensuite, Notre-Dame me dit : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. Elles sont tellement nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »
Je rendis compte de ceci à mon confesseur, qui me demanda d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.
Plus tard[1], par le moyen d’une communication intime, Notre-Dame me dit, en se plaignant : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande... ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »

Sœur Lucie fit tout ce qu’elle put auprès des autorités religieuses pour que cette demande parvienne au Saint-Père. En particulier, elle en parla elle-même au nonce apostolique, Mgr Cardinale, venu lui rendre visite à Tuy quelques jours après l’apparition. Un peu plus tard, elle en parla à Mgr da Silva, mais sans succès. L’évêque écrivit au père Aparicio : « La dévotion des premiers samedis du mois est bonne, mais elle n’est pas encore à son heure, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas la propager dans les maisons et les collèges religieux. » En effet, Mgr da Silva souhaitait voir se développer d’abord la dévotion à Notre-Dame de Fatima. Le père Aparicio ayant informé sœur Lucie de la position de l’évêque, elle lui répondit que cette réponse fut pour elle « un coup très dur ».

Tuy, mai 1930

L’année suivante, au mois de mai, Notre-Seigneur fit savoir à sœur Lucie que les deux demandes concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et la consécration de la Russie devaient être adressées au Saint-Père lui-même. Le 29 mai, elle mit au courant le père Gonçalvès qui lui ordonna de mettre par écrit ce qu’elle avait appris :

JMJ                              Tuy, 29/V/1930

Révérend Père,

Ce qui me paraît s’être passé entre Dieu et mon âme au sujet de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie et de la persécution de la Russie.
Il me semble que le bon Dieu, au fond de mon cœur, agit sur moi pour que je demande au Saint-Père l’approbation de la dévotion réparatrice, que Dieu lui-même et la Très Sainte Vierge ont daigné demander en 1925, pour, au moyen de cette petite dévotion, donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d’offenser le Cœur Immaculé de Marie, la Très Sainte Vierge promettant aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour qu’elles se sauvent.
La dévotion consiste, durant cinq mois consécutifs, le premier samedi, à recevoir la sainte communion, à dire un chapelet et à tenir compagnie à Notre-Dame durant quinze minutes, en méditant les mystères du Rosaire, et à se confesser, avec la même intention. Cette confession peut être faite un autre jour. Si je ne me trompe, le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice, indiquée ci-dessus.
Je déclare que je crains beaucoup de me tromper, et le motif de cette crainte est que je n’ai pas vu personnellement Notre-Seigneur, mais j’ai seulement senti sa divine présence.
Quant à la répugnance que je sens d’aller dire cela à la Révérende Mère Supérieure, je ne sais pas bien d’où elle vient. Ce peut être en partie la crainte que j’ai que la Révérende Mère désapprouve tout cela, ou dise que c’est une illusion, une suggestion du démon, et des choses de ce genre.
Je baise respectueusement la main de votre Révérence.

Ce serait une erreur de croire que les expressions « je crains beaucoup de me tromper » ou encore « si je ne me trompe » que l’on trouve également dans d’autres lettres, soient des expressions restrictives manifestant un doute ou une incertitude : sous la plume de sœur Lucie, ces expressions sont des formules d’humilité et d’obéissance indiquant par là qu’elle s’en remet entièrement au jugement de son directeur de conscience. On trouve des expressions semblables dans les écrits de sainte Marguerite-Marie.

Cette lettre est très importante car elle précise clairement plusieurs points capitaux.
Elle commence par rappeler en quoi consiste la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, les grâces qui y sont attachées et la nécessité de faire approuver cette dévotion par le Saint-Père.
Ensuite, elle énonce précisément les conditions dans lesquelles la consécration de la Russie doit être faite. Elles sont au nombre de six. Le jour choisi, le pape doit : 1) avec tous les évêques du monde entier, 2) consacrer, 3) la Russie, 4) au Cœur Immaculé de Marie, 5) avec un acte public et solennel de réparation, et 6) promettre d’approuver et de recommander la communion réparatrice des premiers samedis du mois.
La sixième condition signifie que la communion réparatrice des premiers samedis du mois ne doit pas rester une dévotion privée ; le Ciel demande qu’elle devienne une pratique stable, approuvée, répandue et encouragée par la hiérarchie de l’Église.
Enfin, cette lettre manifeste le lien étroit existant entre la communion réparatrice et la consécration de la Russie. Mais elle montre aussi que la première chose que demande le Ciel, c’est l’approbation de la dévotion réparatrice par le Saint-Siège.

En recevant cette lettre, le père Gonçalvès fit immédiatement remettre à sœur Lucie une note lui demandant de répondre à six questions :

Veuillez répondre, comme vous pourrez, sur une feuille de papier à lettres, aux questions suivantes :
1. Quand, comment et où, c’est-à-dire la date (si vous la savez), l’occasion et la manière selon laquelle vous avez éprouvé la manifestation de la dévotion des samedis ?
2. Les conditions requises, c’est-à-dire ce qui est demandé pour l’accomplissement de cette dévotion ?
3. Les avantages : quelles grâces sont promises à ceux qui la pratiqueront au moins une fois ?
4. Pourquoi cinq samedis, et non neuf, ou sept, en l’honneur des Douleurs de Notre-Dame ?
5. Si l’on ne peut accomplir toutes les conditions le samedi, ne peut-on y satisfaire le dimanche ? Les gens de la campagne, par exemple, ne le pourront pas, bien souvent, parce qu’ils habitent loin...
6. En relation au salut de la pauvre Russie, que désirez-vous ou que voulez-vous ?

Le soir même, au cours de l’heure sainte que sœur Lucie faisait chaque jeudi de onze heures à minuit, suivant en cela la demande du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial, Notre-Seigneur lui fit connaître les réponses. Quelques jours après, le 12 juin 1930, sœur Lucie envoya au père Gonçalvès la lettre suivante :

JMJ                              12/6/1930

Révérend Père,

Après avoir imploré l’assistance des Très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, je vais, autant que possible, répondre aux questions de votre Révérence.
Pour ce qui touche à la dévotion des cinq samedis :

1. Quand ? Le 10 décembre 1925.
Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.
Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.

2. Les conditions requises ?
Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.

3. Avantages ou promesses.
« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut. »

4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?
Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :
« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) contre sa virginité,
3) contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) [les offenses de] ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) [les offenses de] ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.
Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes. »

5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?
« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes. »

6. En relation avec la Russie, si je ne me trompe, le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux Évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux Saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.

Dans la sixième réponse, on retrouve exactement les mêmes conditions à respecter pour la consécration de la Russie, que celles énoncées dans la lettre du 29 mai précédent. Le père Gonçalvès transmit la lettre à Mgr da Silva ; puis, devant l’inertie de l’évêque, il prit l’initiative d’informer lui-même Pie XI.

Rianjo, Août 1931

En août 1931, sœur Lucie s’étant trouvée fatiguée, elle fut envoyée à Rianjo, près de Pontevedra, pour se reposer. Notre-Dame lui apparût et lui fit connaître son mécontentement de ce que la demande de consécration de la Russie n’avait toujours pas été exécutée :

Ils n’ont pas voulu écouter ma demande... ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.

Tout de suite, elle en fit part à son confesseur qui lui demanda d’écrire à Mgr da Silva, ce qu’elle fit le 29 août :

Mon confesseur m’ordonne de faire part à votre Excellence de ce qui s’est passé, il y a peu de temps entre notre bon Dieu et moi. Comme je demandais à Dieu la conversion de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, il me sembla que sa divine majesté me dit :
« Tu me consoles beaucoup en me demandant la conversion de ces pauvres nations. Demande-la aussi à ma Mère, en lui disant souvent : Doux Cœur de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, de l’Europe et du monde entier. Et d’autres fois : Par votre pure et Immaculée Conception, ô Marie, obtenez-moi la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.
Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. »

Quelle terrible révélation ! Les ministres de Dieu, pour ne pas avoir voulu obéir, suivront le roi de France dans son malheur ! Ainsi pour la troisième fois en deux ans (juin 1929, mai 1930, août 1931), le Ciel demandait avec insistance la consécration de la Russie et redemandait que la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois soit approuvée et recommandée par le Saint-Père. Malheureusement, les autorités de l’Église allaient rester sourdes à son appel.

Centenaire de la demande de Notre-Dame

Les cérémonies organisées par le Jubilé des premiers samedis de Fatima (https://jubile2025-fatima.org/) pour fêter le centenaire de la demande de Notre-Dame se poursuivent. Le premier samedi du mois de juin, la messe a été dite par le cardinal Burke au sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe à La Crosse aux États-Unis. La prochaine cérémonie aura lieu samedi au Puy en Velay (voir affiche ci-après).

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

[1]       Ce sera deux ans plus tard, en août 1931, à Rianjo. Voir § suivant.

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Samedi prochain, 3 mai 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

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 Blasphèmes à réparer

 Les  blasphèmes contre l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 173 (30 avril 2025)

Chers amis,

Nous avons achevé les réflexions sur le message de Fatima révélé par l’Ange et Notre-Dame en 1916 et 1917, réflexions commencées avec la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021. Depuis, quelques lettres ont traité de sujets plus d’actualité, mais la plupart ont été consacrées à comprendre et méditer le message que Notre-Dame confia aux trois petits voyants de Fatima et qu’ensuite Lucie a révélé, notamment dans ses mémoires.
Ce qui frappe dans ce message, c’est sa très grande richesse malgré sa brièveté. Et ce que nous en avons dit n’est pas grand-chose à côté de tout ce qu’il aurait été possible de dire. Comme l’Évangile, les paroles de Notre-Dame sont inépuisables. À chacun de nous de poursuivre notre propre réflexion pour approfondir encore la connaissance ce message et se l’approprier de plus en plus.

En outre, l’histoire de Fatima ne se termine pas le 13 octobre 1917 avec le grand miracle du soleil. Après cette date, Lucie reçut d’autres communications célestes qu’il convient également d’analyser, car elles complètent et aident à mieux comprendre le message initial de 1916 et 1917.

Les premières années après les apparitions de 1917

François mourut de la grippe espagnole, le 4 avril 1919, moins de deux ans après les apparitions. Il ne révéla jamais rien du secret. Il se retrancha toujours derrière le fait qu’il n’avait pas entendu les paroles de la Sainte Vierge pour renvoyer les questions à sa sœur ou à sa cousine.

Moins d’un an plus tard, le 20 février 1920, Jacinthe mourut à son tour. Au cours de la maladie qui l’emporta, elle fit de nombreuses confidences, évoquant plusieurs thèmes liés au secret : prophéties de guerres et de châtiments, pensée lancinante de l’enfer, nécessité de réparer. Mais, comme son frère, elle ne révéla jamais rien du secret. Aussi, après sa mort, la seule à connaître les paroles prononcées par Notre-Dame à Fatima est la petite Lucie qui n’a alors que 13 ans.

Peu après, le 5 août 1920, Monseigneur José Alvès Correia da Silva fut nommé évêque de Leiria, diocèse dont dépendait Fatima. Il eut à cœur de s’occuper très rapidement de l’affaire de Fatima. Et moins d’un an après sa prise de fonction, le 13 juin 1921, il rencontra Lucie. Durant l’entretien, il ne chercha pas à connaître le contenu du secret et demanda même à la voyante de le conserver pour elle. Il lui proposa d’aller en pension, loin de Fatima. Malgré le déchirement de devoir se séparer de sa famille, elle accepta d’obéir à son évêque, y voyant la volonté de Dieu. Trois jours plus tard, elle quitta définitivement Aljustrel, le petit village où habitait sa famille, pour aller en pension à l’Asilo de Vilar, un collège des sœurs Dorothées près de Porto.

La veille de son départ, le 15 juin 1921, elle se rendit discrètement à la Cova da Iria pour y réciter un dernier rosaire. La Sainte Vierge lui fit la grâce d’apparaître une nouvelle fois. Sœur Lucie ne mentionne pas cette apparition dans ses mémoires, mais elle la raconta au chanoine Galamba qui relate ainsi l’évènement :

Elle me raconta comment le jour de ses adieux à la Cova da Iria et de son départ pour Porto, elle avait vu une nouvelle fois Notre-Dame, au bas de la petite pente où se dresse le perron en face de l’Église.

Dans les cahiers qu’elle tenait à la demande de ses confesseurs, voici comment elle rapporte l’événement :

Une nouvelle fois tu es descendue sur terre et c'est alors que j'ai senti ta main amicale et maternelle me toucher l’épaule ; j'ai levé les yeux et je t'ai vue, c'était toi, la Sainte Mère qui me tenait la main et me montrait le chemin ; tes lèvres se sont ouvertes et le doux timbre de ta voix a rendu à mon âme la lumière et la paix : « Me voici pour la septième fois. Va, suis le chemin où Monseigneur l’Évêque veut te conduire, c'est la volonté de Dieu. »
J'ai alors répété mon Oui, beaucoup plus consciemment que le 13 mai 1917.

En effet, lors de sa première apparition en 1917, la Sainte Vierge avait dit à Lucie : « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13 du mois, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après, je reviendrai encore ici une septième fois. »
Et à la fin de l’apparition, elle lui avait demandé : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Lucie avait répondu : « Oui, nous le voulons. » Notre-Dame lui avait alors dit : « Vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Sur demande de Monseigneur da Silva, Lucie changea de nom pour ne pas être reconnue et prit celui de Maria das Dores (Marie des Douleurs). Pendant quatre ans, de 1921 à 1925, elle mena à l’Asilo de Vilar la vie tranquille d’une interne d’un collège catholique : elle y apprit à coudre, à broder, à taper à la machine, à faire la cuisine, le ménage, etc.

Peu après son arrivée à Porto, le 6 février 1922, un nouveau pape fut élu et prit le nom de Pie XI. Or, à cette date, aucun élément du secret n’avait été révélé à qui que soit. Une prophétie supplémentaire se réalisait. Quelle ne dut pas être la joie de Lucie et sa foi en apprenant le nom de ce nouveau pape !

L’année suivante, elle fut admise dans la confrérie des Filles de Marie. Le jour de son admission, elle eut une nouvelle apparition de la Sainte Vierge. Voici comment elle rapporta l’événement au père Gonçalvès, quelques années plus tard, le 24 avril 1941.

Après six ans de vraies épreuves (depuis 1917), ce fut ce jour-ci, le 26 août 1923, la première fois que Notre-Dame revint me rendre visite. Ce fut mon entrée comme Fille de Marie. Elle me dit qu’elle acceptait d’être ma vraie mère du Ciel, du fait que j’avais quitté celle de la terre pour son amour. Elle me recommanda de nouveau la prière et le sacrifice pour les pécheurs, en disant qu’un grand nombre était condamné du fait qu’il n’y ait personne qui veuille se sacrifier et demander pour eux.

Entretemps, le 3 mai 1922, Monseigneur da Silva ouvrit le procès canonique pour la reconnaissance officielle des apparitions ; mais l’enquête ne commença réellement que deux ans plus tard. La commission d’enquête interrogea Lucie, mais sans jamais lui demander de révéler le contenu du secret, hélas.

Le 26 octobre 1925, après quatre années passées à l’Asilo de Vilar, Lucie entra comme postulante au couvent des sœurs Dorothées à Pontevedra, en Espagne. Six semaines après son arrivée, le 10 décembre 1925, la Sainte Vierge apparut à la jeune postulante pour lui demander la communion réparatrice des premiers samedis, comme elle l’avait annoncé au cours de l’apparition du 13 juillet 1917. Ce jour-là, la Sainte Vierge avait dit à Lucie : « Pour l’empêcher [la 2e guerre mondiale], je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois»

Tout de suite, Lucie révéla tout à son nouveau confesseur et directeur spirituel, Don Lino Garcia, sans toutefois révéler le lien entre la demande qu'elle venait de recevoir de Notre-Dame et le secret reçu à Fatima. La rédaction qu’elle fit de cette apparition n’a malheureusement pas été conservée. Mais nous en avons une narration dans la lettre qu’elle écrivit deux ans plus tard, en décembre 1927, à la demande de son confesseur de l’époque, le père Aparicio. Comme elle montrait une certaine répugnance à écrire à la première personne, le père lui proposa d’écrire à la troisième personne. Voici ce qu’elle lui écrivit :

Le 10 décembre 1925, la Très Sainte Vierge lui apparut, et, à côté d’elle, porté par une nuée lumineuse, l’Enfant-Jésus. La Très Sainte Vierge mit la main sur son épaule et lui montra, en même temps, un cœur entouré d’épines qu’elle tenait dans l’autre main.
Au même moment, l’Enfant-Jésus lui dit : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire un acte de réparation afin de les en retirer. »

Ensuite la Très Sainte Vierge lui dit : « Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme»

Ainsi, ce 10 décembre 1925, Notre-Dame a tenu sa promesse de revenir. Et ce qu’elle confie ce jour-là à sœur Lucie est particulièrement important. Non seulement, Notre-Dame précise les conditions de la pratique qu’elle demande, mais elle dit dans quelle intention la faire et elle ajoute un fruit extraordinaire : l'assurance du salut éternel pour ceux qui pratiqueront cette dévotion pendant cinq mois consécutifs.

Sœur Lucie parla également de cette apparition à sa supérieure, Mère Magalhaes, qui était toute gagnée à la cause de Fatima et qui avertit elle-même Monseigneur da Silva le 29 décembre suivant. Mais aucune de ces démarches n’aboutit. Sœur Lucie s’en ouvrit alors à d’autres personnes, en particulier à son premier confesseur, Monseigneur Pereira Lopès qui conseilla d’attendre.

Lucie était tourmentée par le peu d’effet de ses initiatives, lorsque le 15 février 1926, l’Enfant-Jésus lui apparut une nouvelle fois. Quelques jours plus tard, elle rapporta les faits à Monseigneur Pereira :

Le 15 février, j’étais très occupée par mon emploi, et je ne songeais presque pas à cela [l’apparition du 10 décembre précédent]. J’allais vider une poubelle en dehors du jardin. Au même endroit, quelques mois auparavant, j’avais rencontré un enfant à qui j’avais demandé s’il savait l’Ave Maria. Il m’avait répondu que oui, et je lui avais demandé de me le dire, pour l’entendre. Mais comme il ne se décidait pas à le dire seul, je l’avais récité trois fois avec lui. À la fin des trois Ave Maria, je lui ai demandé de le dire seul. Comme il restait silencieux et ne paraissait pas capable de le dire seul, je lui demandais s’il connaissait l’église de Sainte-Marie. Il me répondit que oui. Je lui dis alors d’aller là tous les jours et de prier ainsi : « Ô ma Mère du Ciel, donnez-moi votre Enfant-Jésus ! » Je lui appris cette prière, et je m’en allai.
Donc, le 15 février, en revenant comme d’habitude, [pour vider une poubelle en dehors du jardin], j’y trouvai un enfant qui me parut être le même (que précédemment), et je lui demandai alors : « As-tu demandé l’Enfant-Jésus à notre Mère du Ciel ? » L’Enfant se tourna vers moi et me dit : « Et toi, as-tu révélé au monde ce que la Mère du Ciel t’a demandé ? » Et, ayant dit cela, il se transforma en un enfant resplendissant.
Reconnaissant alors que c’était Jésus, je lui dis :
— Mon Jésus ! Vous savez bien ce que m’a dit mon confesseur dans la lettre que je vous ai lue. Il disait qu’il fallait que cette vision se répète, qu’il y ait des faits pour permettre de croire, et que la Mère supérieure ne pouvait pas, elle toute seule, répandre la dévotion dont il était question.
— C’est vrai que la Mère supérieure, toute seule, ne peut rien, mais avec ma grâce, elle peut tout. Il suffit que ton confesseur te donne l’autorisation et que ta supérieure le dise pour que l’on croie, même sans savoir à qui cela a été révélé.
— Mais mon confesseur disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui Vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire.
— C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents.
— Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Si vous permettiez que la confession dans les huit jours soit valide ?
— Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie.
— Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ?
— Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.
Aussitôt après, Il a disparu, sans que je sache rien d’autre des désirs du Ciel, jusqu’aujourd’hui.

Cette révélation de l’Enfant-Jésus est également très importante, car elle confirme l’esprit dans lequel pratiquer cette dévotion et accorde plusieurs assouplissements pour en faciliter la pratique. Ce que veut le Ciel avant tout, c’est que nous réparions les offenses faites envers le Très Saint Cœur de Marie. Cette demande est exprimée trois fois. Le 10 décembre 1925, l’Enfant-Jésus dit : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère » ; juste après, la Sainte Vierge ajoute : « Toi, du moins, tâche de me consoler ». Et deux mois plus tard, l’Enfant-Jésus redira : « Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel Me plaisent davantage. »
Et Dieu tient tellement à cette dévotion réparatrice envers les outrages faits au Cœur de sa Sainte Mère que non seulement Il réduit le plus possible les exigences matérielles de cette dévotion, mais Il accorde également le salut éternel à ceux qui la pratiqueront avec ferveur cinq mois de suite. Sans exagérer, on peut dire que jamais le Ciel n’est allé aussi loin dans l’attribution de ses dons.

Malheureusement, ni Monseigneur Pereira Lopès, ni Monseigneur da Silva ne firent quoi que ce soit. Malgré tout, Mère Magalhaes commença à propager cette dévotion et Don Lino Garcia célébrera tous les ans l’anniversaire de l’apparition du 10 décembre 1925.

10 décembre 2025 : centenaire de la demande de Notre-Dame

Le 10 décembre prochain, ce sera le centième anniversaire de la demande de Notre-Dame. Et l’histoire nous enseigne qu’il n’est pas bon de laisser trop de temps avant de réaliser une demande du Ciel. Ainsi, le 17 juin 1689, Notre-Seigneur apparut à sainte Marguerite-Marie et lui demanda de faire parvenir au roi Louis XIV les demandes suivantes : consacrer son royaume à son Sacré-Cœur, faire construire un édifice en son honneur et œuvrer pour l’établissement d’une fête du Sacré-Cœur. Quelques jours après, le 25 août 1689, sainte Marguerite-Marie adressa une lettre au roi. Mais ni Louis XIV, ni ses successeurs Louis XV et Louis XVI ne firent ce que demandait Notre-Seigneur. Le 17 juin 1789, cent ans jour pour jour après la demande de Notre-Seigneur, à Versailles, les députés du tiers état, renforcés par quelques représentants du clergé, se sont proclamés Assemblée nationale, véritable acte de naissance de la république qui, peu après, abattra le trône et décapitera le roi. À l’inverse, en 1938, les évêques portugais consacrèrent le Portugal au Cœur Immaculé de Marie, comme elle l’avait demandé, et le Portugal fut épargné par la guerre.

Il nous reste un peu plus de 7 mois avant ce centenaire. D’ici là, il faut tout faire pour répandre cette dévotion, comme l’a demandé la Sainte Vierge, et si possible la faire reconnaître par le nouveau pape qui sera élu par le futur conclave. Pour cela, n’hésitez pas à transmettre cette lettre de liaison aux contacts de votre carnet d’adresses afin que le plus grand nombre possible de catholiques prient à cette intention, pratiquent cette dévotion encore très mal connue et la fassent connaître autour d’eux.

De plus, l’élection d’un nouveau pape est toujours à un moment particulièrement important pour l’Église. Il faut prier pour que le Saint-Esprit inspire aux cardinaux de choisir un pape qui ait la force et le courage de corriger les erreurs répandues tant dans le monde que dans l’Église. Supplions Notre-Dame de demander à son Fils de nous accorder un pape selon son Cœur. Pour cela, il n’y pas de plus puissant moyen que les prières qu’elle a elle-même demandées. Aussi, samedi (3 mai), n’omettons pas de faire une communion réparatrice et récitons le chapelet chaque jour pour le bon déroulement du conclave et l’avènement d’un saint pape.
Un appel à tous les catholiques est lancé (version en anglais pour nos amis anglophones). Diffusez cet appel autour de vous le plus possible.

Célébrations du centenaire dans le monde

Pour célébrer le plus dignement possible cet anniversaire et ainsi répondre la demande divine faite lors des apparitions du 13 juin et du 13 juillet 1917 de « répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie », l’Alliance des 1ers samedis du mois de Fatima (https://jubile2025-fatima.org/) a été créée et organise différentes célébrations.
Après les célébrations à la chapelle de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac, en janvier, puis à Magdouché au Liban en février, puis à Notre-Dame de Lorette en Italie et à Walshingam en Angleterre en mars, enfin à la Grande Chartreuse en avril, pour le mois de mai, deux événements sont organisés par l’Alliance : l’un au Burundi en présence des huit évêques du Burundi (pour plus de précisions, cliquer ICI) ; l’autre au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix à l’Ile Maurice.

L’organisation de ces différentes célébrations a un coût élevé. Vous pouvez aider à leur organisation en faisant un don, déductible de vos impôts sur le revenu, par l’intermédiaire de Credofunding : https://www.credofunding.fr/fr/jubile2025-fatima. Vous contribuerez ainsi activement à répandre dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et plus particulièrement la dévotion des premiers samedis du mois que Notre-Dame a demandé il y a bientôt cent ans.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Conclave : appel aux catholiques pour réaliser ensemble
la demande de Fatima afin d’obtenir un saint pape

Par les dirigeants de
l’Alliance 1ers Samedis de Fatima, Chapelet Perpétuel pour le Monde, Hozana, ND de Chrétienté, Cap Fatima, Marie de Nazareth, Lights in the Dark
et tous ceux à venir qui n’ont pas encore eu le temps de rejoindre l’appel.

Chers fidèles de l’Église catholique,

Face aux enjeux des temps difficiles que nous vivons, en particulier l’unité de l’Église et la paix dans le monde, des millions de catholiques, clercs et laïques, souhaitent prier à juste raison pour que le Ciel nous envoie un saint pape, vicaire du Christ pieux et plein de zèle pour diriger l’Église dans la fidélité à son enseignement bimillénaire. Dans un magnifique élan de foi spontané, nous voyons ainsi organiser de toutes parts de multiples neuvaines et initiatives de prières différentes venant du cœur de chacun.

ConclaveMais est-ce uniquement cela que le Ciel attend pour renouveler son intervention de 1903 où un saint pape, Pie X, a été élu contre toute attente dans une période de troubles similaire ? Observons les circonstances.

On peut remarquer que ce conclave va démarrer quelques jours après le 1er samedi du mois de mai, et finira sans doute juste avant le 13 mai date anniversaire de la première apparition de Fatima. Ce conclave a également lieu en 2025, année du centenaire de la demande des 1ers samedis de Fatima.(1)

Il n’y a là aucun “hasard“. Après la mort de Sœur Lucie en 2005, Carlo Acutis a vu la voyante de Fatima en songe lui disant que “la pratique des 1ers samedis du mois pourrait changer la destinée du monde“, et en 2010 Benoit XVI a rappelé que la mission prophétique de Fatima n’était pas terminée.

Si l’on veut prier efficacement pour avoir un saint pape et pour la paix il est donc primordial de se poser la question : que nous a demandé Notre Dame à Fatima ? La Sainte Mère de l’Église, a promis son triomphe et la paix à deux conditions : la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé par le pape ET la pratique des 1ers samedis du mois dans toute l’Église. Cette deuxième demande, liée au chapelet, nous concerne tous mais est fortement oubliée. Il ne s’agit pas là d’une simple prière ou d’une dévotion parmi d’autres. Il s’agit de l’acte d’obéissance que le Ciel attend pour nous accorder la paix et dont Sœur Lucie précisera en 1957 que « Dieu veut ce moyen et non un autre. »

Pour avoir un saint pape, il n’y a pas d’autres alternatives que de réaliser cette demande du Ciel et Notre Dame l’a bien souligné : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et on aura la paix. » Pourquoi le Ciel veut un acte d’obéissance ? Car l’obéissance, complément indispensable à la prière, est l’acte où on abandonne sa propre volonté au profit de celle de Dieu. C’est l’acte d’humilité et d’amour absolu vis-à-vis de Dieu.

Alors l’heure est venue de tous s’unir pour ce conclave en obéissant à la Sainte Vierge, La suppliant par le moyen qu’Elle veut de nous donner en retour un saint pape :

  • Le samedi 3 mai prochain, commençons à réaliser massivement les 1ers samedis du mois de Fatima(1).
  • Récitons ensuite tous les jours notre chapelet jusqu’au 13 mai comme pour la bataille de Lépante.

Signé : Régis de Lassus (Alliance 1ers samedis de Fatima), Isabelle Manceron (Chapelet Perpétuel), Thomas Delenda (Hozana/ Rosario), Jean Baptiste Maillard (Lights in the Dark), Yves de Lassus (Cap Fatima), Olivier Bonnassies (Marie de Nazareth), Philippe Darantière (ND de Chrétienté)

(1) En savoir + sur les 1ers samedis du mois. https://jubile2025-fatima.org/lalliance/ ou fatima100.fr/631


Conclave: an appeal to all Catholics to work together
the Fatima request for a holy pope

  
By the leaders of
Alliance of the first Saturdays of Fatima, Cap Fatima, Lights in the dark
and all those to come who have not yet had time to join the call.


Faced with the challenges of the difficult times in which we live, in particular the unity of the Church and peace in the world, millions of Catholics, clerics and laity, rightly wish to pray that Heaven will send us a holy pope, a pious and zealous vicar of Christ to lead the Church in fidelity to its two-thousand-year-old teachings. In a magnificent, spontaneous surge of faith, we are seeing a multitude of novenas and prayer initiatives springing from the heart of each and every one of us.

ConclaveBut is this all that Heaven is waiting for to renew its intervention of 1903, when a saintly pope, Pius X, was elected against all odds in a similar period of turmoil? Let's look at the circumstances.

Note that this conclave will start a few days after the 1st Saturday in May, and will probably end just before May 13, the anniversary of the first Fatima apparition. This conclave also takes place in 2025, the centenary of the request for the 1st Saturdays of Fatima.(1)

There's no such thing as "chance". After Sister Lucia's death in 2005, Carlo Acutis saw the seeress of Fatima in a dream, telling him that "the practice of the 1st Saturdays of the month could change the destiny of the world", and in 2010 Benedict XVI recalled that Fatima's prophetic mission was not over.

If we want to pray effectively for a holy pope and for peace, it's essential to ask ourselves the question: what did Our Lady ask of us at Fatima? The Holy Mother of the Church promised her triumph and peace on two conditions: the consecration of Russia to her Immaculate Heart by the Pope AND the practice of the 1st Saturdays of the month throughout the Church. This second request, linked to the rosary, concerns us all, but is largely forgotten. It's not just another prayer or devotion. It is the act of obedience that Heaven is waiting to grant us peace, and of which Sister Lucia made it clear in 1957 that "God wants this means and no other.

To have a holy pope, there is no alternative but to carry out this request from Heaven, and Our Lady emphasized it well: "If we do what I'm going to tell you, many souls will be saved and we'll have peace." Why does Heaven want an act of obedience? Because obedience, the indispensable complement to prayer, is the act of abandoning one's own will in favor of God's will. It is the act of humility and absolute love for God.

So the time has come for us all to unite for this conclave in obedience to the Blessed Virgin, beseeching Her by whatever means She wills to give us in return a holy pope :

  • Next Saturday, May 3, let's get started with the massive realization of the 1st saturdays of Fatima.
  • Let us then recite our rosary every day until May 13, as we did for the Battle of Lepanto.

Signed: Régis de Lassus (Alliance of the first Saturdays of Fatima), Yves de Lassus (Cap Fatima), Jean-Baptiste Maillard (Lights in the dark)

(1) To find out how to make the 1st Saturdays of the month: jubile2025-fatima.org or www.fatima100.fr

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Samedi prochain, 7 juin 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 2e mystère joyeux : La Visitation
 Méditations proposées : - par Cap Fatima, cliquer ICI
                                        - par Salve Corda, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les  blasphèmes contre la virginité de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 174 (5 juin 2025)

Chers amis,

Nous approchons du centenaire de la demande de Notre-Dame concernant la communion réparatrice des premiers samedis du mois, une des cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Cette dévotion a été demandée à plusieurs reprises par le Ciel, notamment par Dieu Lui-même les 13 mai et 13 juin 1917, la Sainte Vierge ayant révélé : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé ». C’est pourquoi, depuis sa création en avril 2015, l’objectif de Cap Fatima (voir l’en-tête de cette lettre) est d’apporter sa modeste contribution à l’établissement de cette dévotion.

Dieu veut ! Mais qui va le faire, sinon nous ? Dieu nous demande, par l’intermédiaire de sa Très Sainte Mère, de répandre la dévotion à son Cœur Immaculé. Avons-nous bien saisi l’importance de cette phrase ? C’est un ordre de Dieu Lui-même qui nous est directement adressé ! Et en révélant cette volonté divine à Fatima, Notre-Dame précisa qu’elle voulait la communion réparatrice des premiers samedis du mois et la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, ajoutant que, par ce moyen, nous sauverions des âmes et obtiendrions la paix. Or cette année, centenaire de cette demande de Notre-Dame, est une occasion unique pour faire connaître autour de nous la communion réparatrice des premiers samedis du mois. C’est pourquoi l’association Salve Corda soutenue par Cap Fatima a lancé le Jubilé 2025 des 1ers samedis de Fatima. Jusqu’à la fin de cette année, associons-nous à cette initiative et soyons tous des apôtres inlassables de cette dévotion.

Mais pour être un bon apôtre, il faut être convaincu. Et pour cela, il faut bien connaître d’une part les buts et les fruits de cette dévotion, d’autre part les difficultés rencontrées dans son établissement depuis cent ans.

Buts de la communion réparatrice des premiers samedis du mois

Ces buts sont au nombre de trois : la réparation des offenses faites au Cœur Immaculé de Maire, le salut des âmes et la paix dans le monde.

La réparation des offenses faites au Cœur immaculé de Marie

Le premier but de la communion réparatrice est la réparation des offenses faites au Cœur Immaculé de Marie. Rien que dans ses quatre mémoires, sœur Lucie mentionne ce point douze fois. Et elle en parle également dans de nombreuses lettres. C’est donc un point particulièrement important : par cette communion mensuelle, nous devons réparer les offenses faites par les hommes pécheurs au Cœur Immaculé de Marie.

Et quelles sont ces offenses ? En juin 1930, sœur Lucie reçut de Notre-Seigneur la réponse suivante :

Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) contre sa virginité,
3) contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) [les offenses de] ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) [les offenses de] ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.

Cette intention de réparer les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie est si importante que si on oublie de la formuler lors de la confession, il faut la formuler dans la confession suivante. Sœur Lucie ayant demandé : « Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ? », Notre-Seigneur lui répondit : « Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser. »

Cette idée de réparation au Cœur de Marie n’est pas propre à sœur Lucie. Déjà en 1912, saint Pie X souhaitait que l’on répare les blasphèmes contre la Mère de Dieu. En effet, le 13 juin, cinq ans jour pour jour avant la deuxième apparition de Fatima, apparition au cours de laquelle la Sainte Vierge montra aux trois petits bergers son cœur entouré d’épines et leur révéla pour la première fois la volonté de Dieu concernant la dévotion à son Cœur Immaculé, le saint pape approuva officiellement la pratique des premiers samedis du mois et accorda une indulgence plénière applicable aux âmes du purgatoire à tous ceux qui accompliraient ce jour-là des exercices de dévotion en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie, en réparation des blasphèmes dont son nom et ses prérogatives sont l’objet. Voici le texte diffusé par la section des Indulgences du Saint-Office :

Sa Sainteté Pie X, pour augmenter la dévotion des fidèles à l'égard de la très glorieuse immaculée Mère de Dieu, et pour favoriser le pieux désir de réparation par lequel les fidèles veulent exprimer leur intention de compenser les horribles blasphèmes par lesquels le nom très saint et les sublimes privilèges de la Bienheureuse Vierge sont outragés par des hommes impies, a daigné concéder de lui-même, à tous ceux qui pratiqueront, le premier samedi de chaque mois, des exercices spéciaux de dévotion en l'honneur de la Bienheureuse Vierge immaculée, et y ajouteront la confession et la communion, en esprit de réparation, et en priant aux intentions du souverain pontife, une indulgence plénière, applicable aux défunts. Ceci vaut dès maintenant et pour toujours, sans nécessité d'un bref, nonobstant toute disposition contraire.

On peut presque dire que, le 10 décembre 1925, en demandant la communion réparatrice, la Sainte Vierge n’a fait que confirmer la décision de saint Pie X.

Le salut des âmes

Le deuxième but de la communion réparatrice est le salut des âmes. C'est là aussi un point essentiel du message de Fatima. Il n'était certes pas nécessaire que Notre-Dame apparaisse à Fatima pour que nous sachions que tous les membres l'Église, Corps mystique du Christ, doivent s'appliquer à conduire les âmes à Dieu. Mais ce qui est particulier au message de Fatima, c'est l'affirmation que le salut des âmes s'obtient de la Miséricorde divine par l'intercession du Cœur Immaculé de Marie. Nombreux sont les textes de sœur Lucie qui le montrent. Le premier de ces textes est une lettre au père Aparicio datée du 17 décembre 1927, dans laquelle elle rapporte les paroles qu’elle entendit de Notre-Dame le 13 juin 1917 :

Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui l'adopteront je promets le salut, et ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône.

Ensuite, dans ses troisième et quatrième mémoires rédigés en 1941 et dans lesquels elle donne une grande partie du secret révélé le 13 juillet 1917, elle rapporte ces autres paroles de Notre-Dame : « Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées ».

Enfin, le 10 décembre 1925, la Sainte Vierge lui confia : « Je promets d’assister à l’heure de la mort ces âmes, avec toutes les grâces nécessaires pour leur salut. »

Toutes ces révélations sont en quelque sorte la promulgation de la médiation universelle de la Très Sainte Vierge : Dieu veut sauver âmes et Il veut le faire par le Cœur Immaculé de Marie.
Bien sûr, une telle grâce, aussi bien pour nous que pour autrui, nécessite de respecter scrupuleusement les conditions précisées par le Ciel : il faut non seulement avoir une réelle volonté de réparation, mais aussi que la confession mensuelle soit faite avec un repentir sincère de ses fautes et la ferme résolution de s’en corriger, que la communion soit fervente en nous rappelant cette parole de Notre-Seigneur : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jean VI, 54), que la méditation de 15 minutes sur les mystères du Rosaire soit faite avec toute l’attention nécessaire et enfin que le chapelet soit également récité avec attention, sans laisser son esprit divaguer. Sur ce dernier point, rappelons que le recueil officiel des indulgences prévoit une indulgence plénière, aux conditions ordinaires, pour ceux qui récitent le chapelet à l'église, dans un oratoire, en famille, en communauté ou dans une pieuse association, à condition de joindre à la récitation la méditation des mystères. Ainsi, chacune des conditions précisées par Notre-Dame pour faire la communion réparatrice porte en elle-même la grâce du salut de notre prochain ou de nous-même.

La paix dans le monde

Le troisième but de la communion réparatrice est la paix du monde. C’est encore une spécificité du message de Fatima : la paix dans le monde dépend de la médiation de la Sainte Vierge, médiation qui est liée à la dévotion à son Cœur Immaculé. Cette dévotion concerne à la fois la hiérarchie et les fidèles : pour tous les fidèles, il s'agit de la pratique des premiers samedis du mois ; pour la hiérarchie, il s'agit de la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Notre-Dame exprima clairement ces deux exigences au cours de l'apparition du 13 juillet 1917, en disant à propos de la guerre à venir : « Pour l'empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. »

Ces paroles de Notre-Dame ont été rapportées au moins trois fois par sœur Lucie : dans les troisième et quatrième mémoires et dans la lettre à qu’elle envoya en décembre 1940 au pape Pie XII. Dans cette dernière, elle écrit :

En 1917, dans la partie des apparitions que nous avons appelée “le secret”, la Très Sainte Vierge nous a annoncé la fin de la guerre qui affligeait alors l'Europe, mais a prédit une autre à venir, en disant que, pour l'empêcher, elle viendrait demander la consécration de la Russie à son Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Elle promettait, si l'on écoutait ses demandes, la conversion de cette nation et la paix.

En 1937, Mgr da Silva avait lui-même écrit au pape Pie XI et avait mentionné les deux exigences de Notre-Dame et en quoi consistait la dévotion des premiers samedis du mois.

La diffusion de cette dévotion revêt une telle importance pour obtenir la paix que, le 19 mars 1939, sœur Lucie n'hésita pas à écrire au père Aparicio :

De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur immaculé de Marie dépend la guerre ou la paix du monde. C'est pourquoi je désirais tant sa propagation, et surtout parce que c'est là la volonté du Bon Dieu et de notre chère Mère du Ciel.

Trois mois après, le 20 juin, elle insistait une fois de plus auprès du père :

Notre-Dame a promis de retarder le fléau de la guerre, si l'on propageait et pratiquait cette dévotion. Nous la voyons écarter ce châtiment dans la mesure où l'on fait des efforts pour la propager. Mais je crains que nous ne puissions faire et retienne le bras de sa miséricorde, et ne laisse le monde se ruiner par ce fléau, qui sera horrible, horrible, plus que jamais.

La nécessité de la pratique de la dévotion réparatrice pour obtenir la paix du monde ressort donc d'une manière indiscutable de ces documents. Malheureusement, malgré tous ces fruits promis par la Sainte Vierge et l’authenticité des demandes, cette pratique peina à être mise en place comme nous allons le voir maintenant.

Transmission de la demande à la hiérarchie de l’Église

C’est hélas l’histoire d’une longue série de refus, de retards, d’hésitations, de silences, …

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame avait annoncé qu’elle viendrait demander la communion réparatrice. Sept ans plus tard, le 10 décembre 1025, Lucie reçut une première demande pour pratiquer et répandre la dévotion. Deux mois plus tard, le 15 février 1926, elle reçut la confirmation de cette demande par l’Enfant-Jésus (voir lettre de liaison précédente).

Immédiatement, elle en informa ses confesseurs, à commencer par Mgr Pereira Lopes qui, apparemment, ne lui répondit pas. Elle informa alors un autre de ses confesseurs, le père Lino Garcia. Lorsqu’elle passa de Pontevedra au noviciat de Tuy en juillet 1926, elle mit au courant son nouveau confesseur le père Aparicio, ainsi que sa nouvelle supérieure, la mère Monfalim. Tous deux crurent immédiatement à l’authenticité des révélations reçues par la voyante et tentèrent de répandre cette dévotion parmi les membres de leur communauté. L’année suivante, sœur Lucie écrivit à sa mère ainsi qu’à sa marraine de confirmation, Maria Morais de Miranda, leur demandant de faire connaître cette dévotion. À la fin de l’année, dans une nouvelle lettre à sa mère, elle termina en disant : « Je vous demande de faire connaître et pratiquer la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie. »
De son côté, le père Aparicio rédigea et diffusa un premier tract sur cette dévotion. Au cours de l’année 1928, il écrivit à Mgr da Silva ainsi qu’à plusieurs auteurs qui écrivaient sur les événements de Fatima.

Le jour de ses premiers vœux, le 8 octobre 1928, sœur Lucie mit au courant l’abbé Formigão qui fut immédiatement convaincu et devint un apôtre infatigable de cette dévotion. Elle lui remit une lettre pour Mgr da Silva qui n’avait pas pu être présent à la cérémonie, sa voiture étant tombée en panne ce jour-là. Elle lui demandait notamment « de daigner approuver » la dévotion dont elle lui faisait part. Mais Mgr da Silva lui fit simplement répondre par l’intermédiaire de son confesseur « de rester en paix ». Malgré le peu de succès de toutes ces démarches, elle ne se découragea pas et continua par tous les moyens possibles à inciter les personnes qu’elle connaissait à pratiquer cette dévotion

L’année suivante, le 29 juillet 1929, le nonce apostolique, Mgr Cardinale, rendit visite à sœur Lucie qui ne manqua pas une telle occasion pour parler une fois de plus de la communion réparatrice. Malgré cela, deux mois plus tard, Mgr da Silva écrivait au père Aparicio : « La dévotion des premiers samedis du mois est bonne, mais elle n’est pas encore à son heure, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas la propager dans les maisons et les collèges religieux ». En effet, Mgr da Silva souhaitait voir se développer d’abord la dévotion à Notre-Dame de Fatima. Le père Aparicio ayant informé sœur Lucie de la position de l’évêque, elle lui répondit que cette réponse fut pour elle « un coup très dur ». Les hésitations de Mgr da Silva sont étonnantes, car il appréciait beaucoup sœur Lucie et était un fervent apôtre de Notre-Dame de Fatima.

Sœur Lucie eut alors l’idée d’écrire elle-même au Saint-Père. Mais le père Gonçalvès, à qui elle avait demandé son avis, n’ayant rien dit, elle abandonna l’idée. Dans le courant de l’année 1934, soit quatre ans plus tard, Mgr da Silva promit à sœur Lucie « de commencer l’année prochaine à promouvoir la dévotion réparatrice ». L’année suivante, elle incita les pères Gonçalvès et Aparicio à soutenir l’évêque dans sa résolution. Mais Mgr da Silva ne fit rien. Enfin, le 3 août 1938, il accepta de donner son imprimatur à un nouveau tract rédigé par le père Aparicio. Malheureusement, le père fut envoyé au Brésil avant d’avoir pu faire imprimer les tracts. Il put cependant en remettre quelques exemplaires à sœur Lucie qui les envoya à sa mère provinciale, laquelle transmit le tract à l’évêque de Porto.

Malgré le peu de résultats obtenus, sœur Lucie continua à insister auprès du père Aparicio pour répandre la pratique de la communion réparatrice. Notamment, comme nous l’avons déjà dit, le 19 mars 1939, elle lui écrivit : « De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépend la guerre ou la paix dans le monde. » Le zèle du père pour cette dévotion en fut revigoré et il s’employa à diffuser très largement cette dévotion au Brésil. Tenue informée des progrès obtenus, elle lui exprima sa joie en précisant : « Notre-Dame a promis de retarder le fléau de la guerre, si cette dévotion est propagée et pratiquée », car les menaces de guerre se faisaient de plus en plus pressantes. À la même époque, elle eut une communication de Notre-Seigneur qu’elle révéla au père Gonçalvès : « Notre-Seigneur m’a dit encore : demande, insiste de nouveau pour qu'on divulgue la communion réparatrice des premiers samedis du mois en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie. »

Malheureusement Mgr da Silva ne bougeait toujours pas. La déclaration de guerre, le 1er septembre 1939, le fit sans doute réfléchir et le décida enfin à agir. Le 13 septembre suivant, à Fatima, dans le sermon de la messe qu’il célébra ce jour-là, il rendit publique la communion du 1er samedi du mois. 15 février 1926 – 13 septembre 1939 : il aura fallu treize ans et demi pour avoir enfin une première reconnaissance officielle de cette dévotion. Malheureusement, il était bien tard et la guerre avait commencé. Mais à cause d’elle, il y eut un grand effort pour faire connaître la dévotion. Elle fut diffusée d’abord au Portugal, en Espagne où se trouvait sœur Lucie et au Brésil où se trouvait le père Aparicio, puis petit à petit dans les différents pays catholiques.

À cette époque, le confesseur de sœur Lucie lui demanda d’écrire au Saint-Père. Le 24 octobre 1940, elle rédigea une première lettre qu’elle soumit à l’avis de Mgr da Silva. Ce dernier lui fit malheureusement corriger de nombreux passages. Elle envoya une lettre corrigée au Saint-Père le 2 décembre, dans laquelle est tout de même très clairement exposé en quoi consiste la communion réparatrice et son but :

Très Saint Père, jusqu'en 1926, tout cela a été gardé en silence, selon l'ordre exprès de Notre Dame.
Alors, après une révélation dans laquelle Elle a demandé la propagation dans le monde de la communion réparatrice des premiers samedis de cinq mois consécutifs, en faisant, dans le même but, une confession, un quart d'heure de méditation sur les mystères du Rosaire, et en récitant un chapelet, afin de réparer les outrages, les sacrilèges et les indifférences commis contre son Cœur immaculé, notre bonne Mère du Ciel promettait aux personnes qui pratiqueraient cette dévotion, de les assister à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour se sauver.
J'ai exposé la demande de Notre Dame à mon confesseur qui a employé quelques moyens pour la réaliser. Mais c'est seulement le 13 septembre 1939 que son Excellence Monseigneur l'évêque de Leiria a daigné, à Fatima, rendre publique cette demande de Notre Dame.
Je profite de ce moment, Très Saint Père, pour demander à Votre Sainteté qu'elle daigne étendre et bénir cette dévotion pour le monde entier.

Ainsi, à la fin de l’année 1942, le pape était enfin informé de la demande de Notre-Dame. Il aura fallu dix-sept ans pour qu’elle lui parvienne. Il s’était passé douze ans depuis la reconnaissance officielle de l’authenticité des apparitions de Fatima. Malgré tout, les efforts de sœur Lucie avaient atteint leur but : toute les échelons de la hiérarchie de l’Église, jusqu’au Saint-Père, étaient informés de la demande de Notre-Dame. Elle avait ainsi répondu à l’ordre reçu de Notre-Dame le 10 décembre 1925 et confirmé par l’Enfant-Jésus le 15 février suivant.

Malheureusement, si Pie XII et ses successeurs s’appliquèrent à réaliser la demande relative à la consécra­tion de la Russie, aucun d’eux n’a jamais fait allusion aux premiers samedis du mois. Pourtant, ces deux demandes sont clairement liées (nous développerons ce point dans la prochaine lettre de liaisons). Ce silence des papes est étonnant, car la communion du premier samedi du mois avait déjà été encouragée par saint Pie X, comme on l’a vu. Quelle raison a fait qu’aucun pape n’a confirmé cette dévotion en voyant qu’elle avait été formellement demandée par Notre-Dame treize ans après la décision de saint Pie X ? Aussi, la diffusion de cette dévotion, très officiellement approuvée le 13 septembre 1939 par Mgr da Silva, ne s’est opérée que grâce aux initiatives individuelles d’évêques, prêtres, religieux ou religieuses, soutenus dans de nombreux cas par des laïcs.

Ce silence du Saint-Siège devant une demande si claire et si simple de notre Mère du Ciel est douloureux. Pourtant, l’histoire a montré ce qu’il advenait lorsqu’on restait sourd aux demandes divines : la deuxième guerre mondiale est devenue une réalité. Aussi est-il particulièrement important de faire tout ce que nous pouvons pour faire connaître cette dévotion. C’est pour cette raison que Salve Corda, avec le soutien de Cap Fatima, a lancé le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima et cherche à obtenir que, pour le centenaire de la demande de Notre-Dame, cette dévotion soit enfin officiellement approuvée par le Saint-Père.

Le centenaire de la demande de Notre-Dame

La célébration du centenaire se poursuit dans les différents pays du monde. Après les cérémonies en janvier à la chapelle de la Médaille Miraculeuse, en février à Magdouché au Liban, en mars à Notre-Dame de Lorette en Italie et à Walshingam en Angleterre, en avril à la Grande Chartreuse, le 3 mai, une cérémonie d’une ampleur inégalée eut lieu au sanctuaire Marie Reine de la Paix à Mugera au Burundi : tous les évêques du Burundi et des milliers de fidèles se sont rassemblés pour réaliser la demande de Notre Dame de Fatima (voir ICI et ICI).

Pour le 1er samedi de juin (dans deux jours), la cérémonie aura lieu en Amérique du Nord, au sanctuaire de La Crosse dédié à Notre Dame de Guadalupe. La messe sera célébrée par le cardinal Burke. Même si nous ne pouvons pas nous y rendre, unissons-nous à cette cérémonie en n’omettant pas de faire notre communion réparatrice ce jour-là en union avec tous ceux qui entoureront le cardinal.
Les cérémonies suivantes sont prévues à Lourdes le 2 août, à La Salette le 6 septembre, à Bettbrunn en Allemagne le 4 octobre, à Vailankanni en Inde et au Saint Sépulcre à Jérusalem le 1er novembre, à Fatima le 6 décembre (voir la liste des célébrations, passées ou à venir, sur cette page du site).

Enfin, il est prévu une cérémonie officielle à la basilique Sainte Marie Majeure à Rome le 10 décembre, jour du centième anniversaire de la demande de Notre-Dame. Prions pour que, d’ici là, le nouveau Saint-Père, Léon XIV, nomme un légat comme il en a nommé un pour les jubilés de Paray-le-Monial et de Sainte Anne d’Auray et qu’à cette occasion il approuve officiellement et recommande la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

À ce propos, il nous faut faire un appel urgent à votre générosité. En effet, les célébrations pour développer les premiers samedis ont un coût. Par exemple l’organisation au Burundi a été très chère, car le pays est le plus pauvre d’Afrique et il a fallu affréter des dizaines de cars pour acheminer une partie des 10 000 pèlerins, organiser la sécurité, etc. Pour nous aider, vous pouvez faire un don déductible de l’impôt sur le revenu :

Si chaque abonné à la lettre de liaison ne donnait ne serait-ce que 10 €, tous les frais de ces cérémonies seraient couverts.

Mais le plus important est que nous ayons tous à cœur de ne jamais manquer notre communion réparatrice le premier samedi du mois, de faire connaître cette dévotion autour de nous, d’inciter nos proches à la pratiquer, de faire de la publicité pour Jubilé des 1ers samedis de Fatima, et enfin de prier avec ferveur pour que nous obtenions du Saint-Père qu’il approuve et recommande la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 1er mars 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 4e mystère glorieux : L'Assomption de la Très Sainte Vierge au Ciel
 Méditations proposées : - par Cap Fatima, cliquer ICI
                                        - par Salve Corda, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris ou la haine à l’égard de Notre-Dame

Lettre de liaison n° 171 (26 février 2025)

Après avoir reçu la révélation de la Sainte Vierge qu’elle était Notre-Dame du Rosaire, Lucie lui dit :
« J’ai beaucoup de choses à vous demander : de guérir plusieurs malades, de convertir quelques pécheurs, etc. »
La Sainte Vierge lui répondit : « Les uns, oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés»

« Les uns oui, les autres non »

Lucie avait déjà formulé une demande analogue lors des deux précédentes apparitions et la Sainte Vierge y avait répondu de la même façon.

- 19 août : « Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades. »
    Réponse de Notre-Dame : « Oui, j’en guérirai quelques-uns dans l’année. » (Voir lettre de liaison n° 168)

- 13 septembre : « On m’a priée de vous demander beaucoup de choses : la guérison de plusieurs malades, d’un sourd muet. »
    Réponse de Notre-Dame : « Oui, j’en guérirai quelques-uns. Les autres, non, parce que Jésus ne se fie pas en eux. » (Voir lettre de liaison n° 169)

Ainsi, à chaque fois, la réponse de la Sainte Vierge a été substantiellement la même : elle n’en guérira que quelques-uns. Pourquoi une telle réponse qui peut sembler manquer de charité ?
Le 19 août, Notre-Dame ne donne pas de raison. Le 13 septembre, elle donne une première raison : Notre-Seigneur n’a pas confiance en eux. Le 13 octobre, elle donne une deuxième raison : avant de pouvoir être guéris, les malades doivent demander pardon de leurs péchés et se corriger.
Ainsi la guérison du corps ne peut que suivre la guérison de l’âme. C’est une réalité peut-être difficile à accepter, mais les propos de Notre-Dame sont clairs et ne laissent place à aucune autre interprétation. Plusieurs fois dans l’Évangile, Jésus enseigne la même chose. Il ne guérit que ceux qui ont la foi, comme le paralytique ou l’aveugle de Jéricho. Et Il fustige ceux parmi les 10 lépreux qui ont été guéris mais ne sont pas revenus Le remercier.
Il en va de même pour nous. Si nous voulons obtenir de la Sainte Vierge les grâces dont nous avons tous besoin, nous devons commencer par nous confesser humblement et faire les efforts nécessaires pour corriger nos mauvaises habitudes. Et nous devons être persévérants dans cette attitude pour que Jésus ait confiance en nous.

« N’offensez pas davantage Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé »

Après avoir rappelé la nécessité de nous corriger de nos mauvais penchants, Notre-Dame ajouta : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ». Ce sont les toutes dernières paroles qu’elle prononça à la Cova da Iria. Étant les dernières, elles ont une importance particulière. Elles expriment la dernière volonté de Notre-Dame qui nous fait part d’une nécessité des plus urgentes. Et elles complètent ce qu’elle a dit juste avant : nous devons nous corriger et demander pardon pour nos péchés.
Une fois de plus, Notre-Dame montre que sa principale préoccupation, ce sont les péchés qui offensent tant son Fils. Toute l’essence du message du Fatima est de nous inciter à nous corriger de nos péchés et à prier et faire des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs. Ce qui empêche Notre-Dame de nous accorder les grâces divines qu’elle est chargée de nous distribuer, ce sont les offenses que nous faisons à son divin Fils.

Cette demande de Notre-Dame se singularise, entre autres, par le ton. En effet, mises à part ses toutes premières paroles « N’ayez pas peur », le 13 mai, mais qui sont plus un encouragement qu’un reproche, c’est la seule fois où Notre-Dame emploie une forme négative : « N’offensez-pas davantage Dieu, Notre-Seigneur ».
Une fois, lors de la première apparition, elle fit une demande sous la forme interrogative : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? »
Sinon, toutes les autres demandes furent faites sous une forme affirmative : Récitez votre chapelet tous les jours, offrez des sacrifices pour la conversion des pécheurs, priez beaucoup, etc.

Cette injonction négative de Notre-Dame marque une volonté expresse. Dans son quatrième mémoire, sœur Lucie précise que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air plus triste ». Si nous la transgressons, cela aura des conséquences graves. Notre-Dame en a donné une le 13 juillet : « Si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une autre guerre plus grande ».
De même, lors de l’apparition du 19 août, la Sainte Vierge avait pris le même air de tristesse en disant : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ». C’est pourquoi, les petits voyants furent très marqués par ces paroles.

Sur ces paroles du 13 octobre, dans son deuxième mémoire, Lucie fit le commentaire suivant :

Les paroles de cette apparition qui se gravèrent le plus dans mon cœur, furent la demande de notre Très Sainte Mère du Ciel : « N’offensez pas davantage Dieu Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé. »
Quelle plainte d’amour et quelle tendre supplication ! Qui me donnera de la faire résonner dans le monde entier pour que tous les enfants de la Mère du Ciel entendent le son de cette voix !

Consoler Notre-Seigneur

François en avait été particulièrement marqué. Voici un épisode rapporté par Lucie dans son quatrième mémoire qui montre combien il avait pris en compte cette parole de Notre-Dame :

Un jour, je lui demandai :
- François, qu’est-ce que tu aimes le mieux : consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs afin qu’il n’y ait plus d’âmes à aller en enfer ?
- J’aime mieux consoler Notre-Seigneur. Tu n’as pas remarqué combien Notre-Dame, le mois dernier, est devenue triste lorsqu’Elle nous a dit qu’il ne fallait plus offenser Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé ? Je voudrais consoler Notre-Seigneur et, ensuite, convertir les pécheurs afin qu’ils ne l’offensent plus.

Il avait parfaitement compris qu’elles étaient l’écho des dernières paroles de l’Ange qui, lors de sa troisième apparition, leur avait demandé de consoler Notre-Seigneur :

Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Mais qu’est-ce qui offense tant Notre-Seigneur ? L’Ange le précisa dans la prière qu’il enseigna aux petits voyants au cours de sa troisième apparition. Il leur demanda de « réparer les outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Jésus est offensé ».

Dans l’apparition précédente de l’été 1916, il avait également dit : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. », expression qui sera intégralement reprise le 13 mai de l’année suivante par Notre-Dame. Remarquons l’ordre de demandes : en premier lieu réparer les péchés qui offensent Notre-Seigneur, puis supplier pour la conversion des pécheurs. François avait bien retenu ce point !

Le péché

Ce qui offense Dieu, ce sont donc nos péchés qui sont un refus de Lui obéir pour obéir plutôt aux désirs de la chair, du démon et du monde. Le péché nous fait mépriser les commandements de Dieu et nous soumettre à nos instincts et nos passions. Il apporte le désordre, le déséquilibre, la ruine de l'homme et des choses, même si le pécheur croit trouver quelque bonté dans son action. Pour s’en convaincre, il suffit de penser au premier péché, celui d'Adam et d'Ève qui entraîna la ruine de l'humanité.
Et toute la Bible le montre. Pourquoi le Déluge ? À cause du péché. Pourquoi les villes de Sodome et de Gomorrhe furent-elles réduites en cendres ? À cause du péché. Pourquoi Tyr, Sidon, Corazine, Capharnaüm et Jérusalem furent-elles détruites ? À cause du péché. Pourquoi les guerres et les dévastations entre les peuples ? Pourquoi tant de familles divisées ? Pourquoi des hommes vont-ils en enfer ? À cause du péché, toujours à cause de lui. Des saints prenaient peur rien qu'à entendre le mot péché. Ils avaient bien raison.

Le péché mortel

La plus grande catastrophe qui puisse arriver à l'homme est de commettre un péché mortel. Aucun malheur n'est comparable au péché mortel. Bien plus, tout autre malheur lui serait préférable.

L’horreur des saints

Sainte Thérèse d'Avila disait que la vision d'une âme en état de péché mortel l'effrayait tellement qu'elle suppliait Dieu de la lui épargner.
Saint Padre Pio qualifiait de “Malheureux” celui qui s'accusait d'une faute mortelle.
Saint Cyprien n’hésita pas à dire :

Observe les dommages qu'occasionnent la grêle aux moissons, le tourbillon de vent aux arbres, la peste aux troupeaux et aux hommes, le vent et la tempête aux navires... Tout cela n'est qu'une pâle représentation des dommages que le péché porte à notre âme : il détruit tous les fruits des bonnes œuvres, corrompt nos facultés et guide l'homme vers une mort certaine.

Saint Dominique Savio disait : « La mort, mais pas le péché ».
La mort en effet n'est qu'un phénomène physique qui transforme le corps en cadavre. Le péché, lui, est une réalité spirituelle qui fait de l'âme un cadavre, tant que la grâce n'aura pas été retrouvée par le sacrement de pénitence. Un chrétien dont l'âme est morte, voilà la monstruosité du péché mortel.

Le prix du rachat

Le calvaire montre mieux que tout autre tableau l’horreur du péché par le prix qu’il a fallu mettre pour le racheter. Le péché a fait de Jésus l’homme des douleurs comme l’a prophétisé Isaïe ; il a coûté son très précieux sang. Quiconque commet un péché mortel « crucifie le Fils de Dieu dans son propre cœur » (He 6, 6).
Le péché mortel fait perdre à l'âme la vie surnaturelle. Il lui fait perdre les mérites et les vertus infuses ne laissant que la Foi et l'Espérance. Enfin, il lui enlève sa ressemblance avec le Christ et lui imprime l’image du démon.

Combien de chrétiens en état de péché mortel ne se rendent pas compte que leur âme est un cadavre et qu'ils ressemblent au démon ? Comment peuvent-ils croire qu'ils aiment Dieu et la Sainte Vierge si, par leur péché, ils prouvent qu’ils ne tiennent aucun compte des volontés divines ? Par-là, ce sont de véritables ennemis de Dieu comme dit saint Paul (Rom. I, 30) et transpercent le cœur de la Sainte Vierge comme le dit saint Luc (Lc II, 35).

Le péché véniel

Quant au péché véniel, bien que ses effets ne soient pas aussi désastreux que ceux du péché mortel, il offense aussi Dieu et cause des dommages à l'homme. Les saints ont toujours eu une grande horreur du péché véniel, car ils étaient animés d'un ardent amour pour Dieu.

Saint Thomas d'Aquin disait : « Plutôt mourir que de commettre un seul péché véniel ».
Sainte Gemma Galgani s'écriait : « Mille fois la mort plutôt que de commettre un seul péché véniel ».
Saint Jean Chrysostome disait qu'il craignait plus de faire une légère offense à Dieu que l'enfer lui-même.
Sainte Catherine de Sienne disait : « Je préfère aller en enfer sans péché plutôt que de me trouver au Ciel, marquée par le plus léger déplaisir fait à Dieu ».
Sainte Françoise de Chantal voulut un jour mettre de ses propres mains le cadavre d'un lépreux dans un cercueil. Quelqu'un essaya de l'en empêcher, par crainte de la contagion. Mais la sainte répondit d’un air décidé : « Je ne crains d'autre lèpre que le péché ».

Et nous qui, avec tant de légèreté, nous “salissons” peut-être chaque jour de fautes vénielles, que faisons-nous ? Nous veillons à éviter le moindre inconvénient physique comme un simple rhume, mais nous ne nous préoccupons pas des maux spirituels qui offensent Dieu et salissent notre âme : impatiences, mensonges, négligences...

Sauver les pécheurs de l'enfer en offrant toutes sortes de sacrifices fut pour Jacinthe une préoccupation constante. Avec ingéniosité, elle cherchait les sacrifices qu'elle pouvait offrir. Si elle rencontrait des pauvres dans la rue, elle leur donnait son casse-croûte et restait à jeun jusqu'au soir. Durant le mois d'août, elle avait parfois très soif, mais elle renonçait à boire. Quand son frère François cueillait des glands, elle lui demandait les plus amers, par renoncement. Un jour, elle eut un fort mal de tête et le coassement des grenouilles la gênait beaucoup, mais elle empêcha son frère de les chasser afin de faire un sacrifice supplémentaire.

Imitons Jacinthe et obéissons à notre Mère du Ciel qui nous demande de prier et faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs et ainsi leur épargner l'enfer.

N’oublions pas aussi que le péché qui conduit le plus d’âme en enfer est le péché de la chair, comme Jacinthe le confia un jour à sa mère : « Maman, (…) Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ». C’est donc un de ceux qui font souffrir plus particulièrement Notre-Seigneur puisqu’il conduit tant d’âmes en enfer.
Sœur Lucie écrivit également à l’évêque de Gurza :

Notre-Dame n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché. Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition ?

Aussi, la première des choses à faire pour consoler Notre-Seigneur et ne plus L’offenser, c’est de respecter la loi morale qu’Il nous a donnée. Cette loi est précise et ne souffre pas d’exception. Il nous l’a donnée pour notre bien. De nos jours certains clercs voudraient nous faire croire que des pratiques unanimement condamnées depuis toujours par l’Église seraient maintenant acceptables suite à un approfondissement de ce qu’est la Miséricorde divine. Ainsi, ce que la doctrine interdirait en théorie serait en pratique acceptable dans différentes situations, l’Amour divin surpassant ces interdictions. N’en croyons rien et souvenons-nous des toutes dernières paroles de Notre-Dame qu’elle prononça avec tant de tristesse : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ». N’oublions pas non plus ce qu’elle dit le 13 juillet 1917 : « Si l’on continue à offenser Dieu », nous serons punis par la guerre.

Alors n’offensons plus Notre-Seigneur. Pour cela, ayons nous-même une conduite pure et chaste et offrons des sacrifices pour tous ceux qui ne respectent pas la loi morale établie par Dieu.

Centenaire de la demande de Notre-Dame sur la communion réparatrice des premiers samedis du mois

Dans la lettre de liaison n° 169, nous avions parlé du Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima, organisé par l’Alliance des premiers samedis de Fatima (antérieurement Salve Corda). Chaque premier samedi mois du mois de 2025, une messe est organisée dans un grand sanctuaire.

Le 4 janvier, elle a été célébrée à chapelle de la Médaille miraculeuse, rue du Bac à Paris.
Le 1er février, la messe a été célébrée à Maghdouché au Liban, au sud de Beyrouth, par Monseigneur Haddad, archevêque de Saida et Deir El Kamar. Vous trouverez un compte-rendu de cette très belle journée en cliquant sur le lien suivant : https://jubile2025-fatima.org/liban-la-paix-maintenue-pour-le-1er-samedi/
Samedi prochain, 1er mars, une messe sera célébrée à la basilique de Lorette, en Italie, où se trouve la Santa Casa, la Sainte Maison de Notre-Dame, transportée miraculeusement de Nazareth à Lorette à la fin du XIIIe siècle. Une messe sera aussi célébrée à Walsingham, le plus grand sanctuaire marial en Angleterre, qui fut au Moyen-Âge un des lieux de pèlerinage de la chrétienté les plus fréquentés.

Pour plus d’information sur ce jubilé, voici une présentation vidéo avec une très percutante intervention de Mgr Rey :
 https://www.youtube.com/watch?v=JTjXJRKYQg0

Voici également l’adresse du nouveau site sur lequel sont données toutes les informations sur les prochains premiers samedis du mois : www.jubile2025-fatima.org

Pour fêter dignement ce centenaire et répondre aux demandes de Notre-Dame, n’omettons pas nous associer à ces manifestations en pratiquant nous-même, chaque premier samedi de cette année, là où nous serons, cette dévotion réparatrice.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 5 avril 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 5e mystère glorieux : Le couronnement de la Très Sainte Vierge au Ciel
 Méditations proposées : - par Cap Fatima, cliquer ICI
                                        - par Salve Corda, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris ou la haine à l’égard de Notre-Dame

Lettre de liaison n° 172 (3 avril 2025)

Dans son quatrième mémoire, Lucie raconté qu’à la fin de l’apparition du 13 octobre, avant de remonter au ciel, Notre-Dame ouvrit les mains et « les fit se réfléchir sur le soleil ». Et quelques instants après, le soleil se mettait à danser.

Le geste de Notre-Dame

C’est la quatrième fois que Notre-Dame fait ce geste d’ouvrir les mains. Voici comment Lucie décrit ces quatre gestes dans son quatrième mémoire :

13 mai :  Elle ouvrit pour la première fois les mains, et nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d’elles, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu’au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs.

13 juin :  Elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de cette lumière immense. En elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la terre.

13 juillet :  Elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu, et plongés dans ce feu, les démons et les âmes, etc. (Suit la description des démons.)

13 octobre : Ouvrant alors les mains, elle les fit se réfléchir sur le soleil et, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil.

Voyant le reflet des mains de Notre-Dame sur le soleil, Lucie s'écria : « Elle s'en va !... Regardez le soleil ! » Lucie expliqua sa réaction de la façon suivante : « Mon but n’était pas d’attirer par-là l’attention du peuple, car je ne me rendais même pas compte de sa présence. Je le fis seulement poussée par un mouvement intérieur qui m’y entraînait. »

Ainsi, par quatre fois, Notre-Dame ouvrit les mains desquelles sortit ce que Lucie appelle un “reflet”, reflet qu’elle qualifie aussi de “lumière intense” ou “lumière immense”. Cette lumière qui émane des mains de Notre-Dame représente les grâces qu’elle accorde à ceux qui les lui demande. Cette lumière rappelle les rayons qui émanèrent également des mains de Notre-Dame à la rue du Bac.
En effet, le 27 novembre 1830, vers 17h30, sainte Catherine Labouré eut une apparition de Notre-Dame debout, les pieds posés sur un globe terrestre et tenant entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. Tout à coup les doigts de ses mains se remplirent d’anneaux porteurs de diamants qui jetèrent des rayons de tous côtés… La Sainte Vierge dit alors : « C’est l’image des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » Et pour expliquer les pierres qui ne projetaient pas de rayons, elle ajouta : « C’est l’image des grâces que l’on oublie de me demander. »

Ainsi, à la rue du Bac et à Fatima, Notre-Dame nous révèle qu’elle est la médiatrice de toutes les grâces. Aux trois petits voyants de Fatima, elle accorda la grâce de « se voir en Dieu », c’est-à-dire de se connaître comme Dieu les voyait (13 mai et 13 juin), puis la grâce de voir les conséquences des péchés mortels (13 juillet).
Ces grâces sont particulièrement importantes. Se connaître soi-même et savoir comment Dieu nous voit nous conduit à mieux Le connaître. Et plus nous Le connaîtrons, plus nous serons conduits à L’aimer. Et en nous voyant comme Dieu nous voit, nous connaîtrons mieux nos défauts pour nous en corriger ; car nous ne les voyons pas toujours. Nous verrons aussi mieux les qualités que Dieu nous a accordées et qu’il nous faut développer et mettre au service de notre prochain. Enfin, la pleine connaissance des conséquences du péché mortel et la crainte de l'enfer sont également des grâces précieuses pour nous dont la volonté est blessée et affaiblie par le péché originel. Aussi une claire connaissance des peines de l’enfer est-elle une aide particulièrement utile pour nous éviter de succomber aux tentations du démon.
Toutes ces grâces peuvent nous aider à vivre selon la volonté de Dieu et ainsi faire notre salut. Voilà pourquoi il est important de les demander. Mais qui le fait ? Veillons à ce qu’elles ne restent pas parmi les grâces « que l’on oublie de demander » à Notre-Dame.

Le geste du 13 octobre montre également que Notre-Dame est non seulement médiatrice de toutes grâces mais qu’elle a aussi un pouvoir sur les éléments naturels puisque ce geste a déclenché la danse du soleil. Comme nous avons déjà abordé l’importance de ce miracle (voir lettres de liaison n° 61 et n° 155), nous ne nous étendrons pas sur ce point.

Les quatre gestes de Notre-Dame montrent donc toute la puissance que Dieu a voulu accorder à sa Mère, aussi bien dans le domaine temporel que spirituel. Il est important de bien comprendre cet enseignement de Fatima, car de nos jours, nombreux sont ceux qui contestent cette médiation de Notre-Dame, y compris des ecclésiastiques. Par exemple, lors du concile Vatican II, un groupe d’évêques avait demandé d’attribuer le titre de médiatrice à la Sainte Vierge. Le cardinal Montini, qui allait devenir pape l’année suivante, s’y opposa, jugeant la proposition “condamnable” (“damnosa” en italien). Pourtant avant lui, de nombreux saints et plusieurs papes avaient affirmé la réalité de cette médiation. Plusieurs d’entre elles ont été citées dans la lettre de liaison n° 99.

Les trois tableaux

Pendant que la foule des témoins observait la danse du soleil, les trois petits voyants de leur côté virent trois tableaux. Dans son quatrième mémoire, Lucie les décrit de la façon suivante :

Notre Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu, à côté du soleil, saint Joseph avec l’Enfant-Jésus et Notre Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus semblaient bénir le monde avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix.
Peu après, cette apparition s’étant évanouie, j’ai vu Notre Seigneur, et Notre Dame qui me donnait l’impression d’être Notre Dame des Douleurs. Notre Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que Saint Joseph.
Cette apparition disparut et il me sembla voir encore Notre Dame sous l’aspect de Notre Dame du Carmel.

Dans une autre narration, Lucie donna les détails suivants :

J'ai vu saint Joseph et l'Enfant-Jésus à côté de Notre-Dame. L'Enfant-Jésus était dans les bras de saint Joseph. Il était tout petit, un an environ. Tous deux étaient habillés de rouge clair (encarnado). Ensuite, j'ai vu Notre-Seigneur qui bénissait la foule. Puis Notre-Dame s'est montrée, vêtue comme Notre-Dame des Sept-Douleurs, mais sans le glaive dans la poitrine. Enfin, je l'ai vue vêtue d'une autre manière ; je ne sais pas comment dire, il me semble que c'était comme Notre-Dame du Mont-Carmel. Elle était habillée de blanc avec une mante bleue, et quelque chose pendait de sa main droite.

L’importance de ces visions est soulignée par le fait que Notre-Dame les avait annoncées lors des deux précédentes apparitions.
En effet, le 19 août, Notre-Dame avait dit : « Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. »
Et le 13 septembre, elle avait précisé : « En octobre, viendront aussi Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant Jésus pour bénir le monde. »

Ces trois tableaux sont une illustration des différents mystères du Rosaire : les mystères joyeux, douloureux et glorieux. Ils sont ainsi une confirmation de ce que Notre-Dame avait révélé quelques instants avant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire » et la marque de l’attachement de Notre-Dame à la récitation du chapelet ou du Rosaire. Ainsi, au cours de ses six apparitions de 1917, neuf fois, elle aura demandé la récitation du chapelet ; cinq fois, elle aura parlé de Notre-Dame du Rosaire ; et pour finir, elle aura présenté trois tableaux sur les mystères du Rosaire.
Ces trois tableaux indiquent également que, pour Notre-Dame, le Rosaire est constitué de trois groupes de mystères. De plus, lorsque Notre-Dame demanda la récitation quotidienne du chapelet, elle dit en portugais : « Recem o terço todos os dias » (Récitez le chapelet tous les jours). En effet, en portugais, “terço” signifie à la fois “un tiers” et aussi un chapelet, c’est-à-dire un tiers du chapelet. En conséquence, dans la formulation employée par Notre-Dame à Fatima, un Rosaire est constitué de trois chapelets. Les mystères lumineux ne font donc pas partie du Rosaire. Et depuis que le pape Jean-Paul II les a proposés par la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, aucune révélation du Ciel n’est venue confirmer qu’ils faisaient partie du Rosaire. D’ailleurs, la lettre apostolique ne change pas la constitution du Rosaire : elle ne fait que suggérer de méditer de temps en temps sur d’autres mystères que les mystères traditionnels, ce qui a toujours été dans la tradition de l’Église même si petit à petit un consensus s’est fait sur 15 mystères. Voilà pourquoi, les Rosaires vivants organisés par Cap Fatima, ne comportent que trois chapelets. Il y a encore de nombreuses autres raisons pour conserver la composition traditionnelle du Rosaire. Pour ne pas rallonger cette lettre, nous renvoyons les lecteurs à la lettre de liaison n° 111.

Notre-Dame du Mont Carmel et le scapulaire

Dans le dernier tableau, celui qui symbolise les mystères glorieux, Notre-Dame apparut aux petits voyants sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel. Quand on lui demandait ce qui lui faisait penser qu’il s’agissait de Notre-Dame du Mont Carmel, Lucie répondait : « C’est que quelque chose pendait de sa main ». La demande de porter le scapulaire ne figure pas parmi les paroles prononcées par Notre-Dame à Fatima. Mais elle a bien été faite implicitement lors de la dernière apparition, au cours de ce troisième tableau, en se montrant aux petits voyants sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel, dernière vision qu’ils auront d’elle.

Lucie attachait donc une très grande importance au port du scapulaire. Plusieurs fois, elle insista sur ce point. Notamment le 15 octobre 1950 au père Rafferty, elle déclara :

— Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions.
— Dans beaucoup de livres sur Fatima, fit remarquer le père Rafferty, les auteurs ne mentionnent pas le scapulaire lorsqu’ils présentent le message de Fatima.
Ah ! Qu’ils ont tort, s’écria la voyante, le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le père Rafferty voulant savoir si les dirigeants de l’Armée bleue avaient raison d’insister sur le port du scapulaire, sœur Lucie répondit :
Oui, cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima.
Diriez-vous que le scapulaire est aussi indispensable que le rosaire ?
 Le scapulaire et le rosaire sont inséparables.

En effet, l’habit marque l’appartenance de celui qui le porte à la personne ou l’organisme de qui il l’a reçu, avec en retour l’assurance d’être sous sa protection. Ainsi, dans toute armée, l’engagement à servir entraîne le port d’un uniforme. De même, l’adhésion à certaines corporations conduit au port d’un habit particulier : avocats, académiciens, ... De la même façon, le scapulaire manifeste, de la part de celui qui le porte, l’appartenance à Marie et, de la part de Notre-Dame, l’engagement à le secourir en toute occasion, particulièrement à l’heure de la mort.

Brève histoire du scapulaire

Le mot "scapulaire" vient du latin "scapulae" qui signifie épaules. Le scapulaire est une longue bande d’étoffe couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon et descendant jusqu’aux pieds devant et derrière. La plupart des religieux le portent sur leur tunique. Le scapulaire du Mont-Carmel qui en est une réduction, est composé de deux morceaux de laine tissée brune, de forme rectangulaire ou carrée, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. Une pieuse coutume, non impérative, y place en plus une image de la Sainte Vierge. Les privilèges attachés au scapulaire remontent à saint Simon Stock.

Né en Angleterre vers la fin du XIIe siècle, Simon Stock fut élu prieur général de l’ordre des Carmes vers le milieu du XIIIe siècle. Or à cette époque, un grand nombre de ses religieux passaient vers d’autres ordres mendiants, les Franciscains ou les Dominicains, au point de menacer l’existence même de l’ordre du Carmel. Devant ce danger, Simon Stock se tourna vers Marie en lui disant chaque jour dans ses prières, d’un cœur tout dévot : « Fleur du Carmel, Vigne fleurie, Splendeur du Ciel, Vierge féconde, Unique, Douce Mère, mais qui ne connut pas d’homme, aux Carmes accorde tes faveurs, Étoile de la mer. » La Mère de Dieu répondit à son attente en lui apparaissant, vraisemblablement le 16 juillet 1251. Voici ce que rapporte un document ancien :

Simon, homme de grande tempérance et de dévotion envers Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vierge, glorieuse Mère de Dieu, patronne de l’ordre des Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre-Dame lui apparut entourée d’une multitude d’anges, tenant à la main un scapulaire. La Vierge dit à Simon : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles ».

La vision fut bientôt reconnue par le pape Innocent IV, et la nouvelle du merveilleux présent fait par la Mère de Dieu à l’ordre du Carmel se répandit rapidement. De partout, on vit accourir des personnes de toutes conditions, avides de participer aux grandes faveurs promises. En effet, le don du scapulaire avait été fait à l’Église entière, car la Sainte Vierge avait dit : « Quiconque mourra avec le signe de l’ordre... ». En s’agrégeant à la confrérie du scapulaire, les laïcs aussi pouvaient bénéficier du message de salut donné aux Carmes, et, pour qu’ils puissent le porter discrètement, la taille du scapulaire fut réduite.
Cette promesse de salut a été reconnue depuis par l’Église et est en parfaite cohérence avec les paroles de Notre-Dame du 13 juin 1917 : « À qui embrassera cette dévotion [du Cœur Immaculé de Marie], je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. » Car le port du scapulaire fait justement partie des cinq pratiques de cette dévotion.

Une protection pour l’âme et pour le corps

L’histoire montre que de très nombreuses grâces de protection, autant pour l’âme que pour le corps, ont été obtenues par le scapulaire. Voici un exemple.

Un prêtre français se rendait à l'église en vue de célébrer la sainte Messe, en un lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge. En chemin, il s'aperçut qu'il a oublié de mettre son scapulaire. Bien que déjà assez loin de son domicile, il n’hésita pas à rebrousser chemin pour aller chercher 1'habit de Marie, sans lequel il ne voulait pas célébrer. Tandis qu’il offrait le Saint Sacrifice, un jeune homme s'avança vers l'autel, brandit un pistolet et tira à bout portant sur le prêtre. Celui-ci, à la stupéfaction générale, continua cependant à dire les prières de la messe comme si rien ne s’était passé. On pensa d'abord que la balle avait providentiellement manqué son but. Il n'en était rien : le prêtre la retrouva, adhérant et comme collée au scapulaire du Mont-Carmel, chétif morceau de tissu qui avait été la cuirasse du soldat de Jésus-Christ. Plusieurs soldats, à des époques diverses, bénéficièrent du même prodige : la balle ennemie qui devait les tuer s'écrasa sur leur scapulaire.

Et il y de très nombreux exemples d’une protection particulière pour ceux qui le portent. (Voir la page du site : https://www.fatima100.fr/le-port-du-scapulaire)

Le port du scapulaire est un acte très simple qui n’exige qu’un petit effort, celui de se le faire imposer par un prêtre, puis de le porter constamment sur soi. Malheureusement, cette pratique est souvent délaissée alors que l’effort qu’elle réclame est plus facile que la récitation quotidienne du chapelet, par exemple. C’est d’autant plus dommage qu’au port du scapulaire est attachée la grâce de la persévérance finale. Alors, pour ceux qui n’ont pas encore reçu le scapulaire, faites-vous-le imposer sans tarder. Toutes les informations nécessaires sur l’origine, les grâces obtenues, le rituel d’imposition, etc. sont données sur la page du site précitée.

Premier samedi du mois

Le Jubilé des 1ers samedis du mois de Fatima (https://jubile2025-fatima.org/) poursuit son œuvre. Le mois dernier, le 1er samedi a été solennisé dans la Sainte Maison de la Sainte Vierge au sanctuaire de Lorette en Italie (voir le compte-rendu de cet événement). Pour le mois d’avril, il sera solennisé au monastère de la Grande Chartreuse auquel s’associeront plusieurs monastères dans le monde (voir la présentation de l’événement). Le programme de la cérémonie est donné ci-après. Unissons-nous à ces célébrations en pratiquant pieusement la communion réparatrice ce jour-là. Et faisons également connaître ces événements pour que la pratique des premiers samedis du mois se répandent de plus en plus dans le monde.

10e anniversaire de Cap Fatima

Demain, ce sera le 10e anniversaire de Cap Fatima. C’est en effet le 4 avril 2015, qui était un premier samedi du mois, que l’initiative a été lancée. Remercions le Ciel de toutes les grâces accordées par le Cœur Immaculé de Marie au cours de ces dix années.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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à une consécration, un rosaire vivant ou un groupe de premiers samedis du mois

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Samedi prochain, 1er février 20251er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 3e mystère glorieux : La Pentecôte
 Méditations proposées : - par Cap Fatima, cliquer ICI
                                        - par Salve Corda, cliquer ICI

 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre la maternité divine de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 170 (29 janvier 2025)

Chers amis,

Le 13 mai 1917, lors de sa première apparition, Notre-Dame avait dit à Lucie : « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13 du mois, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. »
Le 13 juillet suivant, Lucie lui ayant demandé : « Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que vous nous apparaissez », Notre-Dame lui avait répondu : « En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux et je ferai un miracle que tous verront pour croire. »
Ainsi, par deux fois, Notre-Dame annonça qu’en octobre elle dirait qui elle est et ce qu’elle voulait. Et c’est ce qu’elle fit.

« Que l’on fasse ici une chapelle »

Effectivement, le 13 octobre, à la question de Lucie « Que veut de moi votre grâce ? », question qu’elle posait au début de chaque apparition, la Sainte Vierge répondit : « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. »

Notre-Dame avait déjà exprimé cette demande lors des deux précédentes apparitions.
Le 19 août en effet, Lucie lui avait demandé : « Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? » Et la Sainte Vierge avait répondu : « L’argent sera pour faire des brancards pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire. »
De même, le 13 septembre, Lucie lui avait dit : « Le peuple voudrait bien avoir ici une chapelle. » Et Notre-Dame avait répondu : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu’à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire ; que l’autre moitié soit pour aider à la chapelle» Ainsi, avant d’exprimer formellement sa demande le 13 octobre, Notre-Dame en avait déjà parlé deux fois. C’est donc une demande à laquelle elle tient.

En apparence, cette demande peut paraître anodine, voire banale. Mais il n’en est rien. Par cette demande expresse de construire une chapelle, Notre-Dame manifeste son désir de voir de nombreux pèlerins venir la prier à Fatima. C’est en ce lieu qu’elle veut plus particulièrement nous accorder ses grâces.

Ce n’est pas la première fois que Notre-Dame fait une telle demande. Par exemple, le 10 août 1519, à Cotignac, elle demanda à Jean de la Baume : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. » En cette occasion, non seulement la Sainte Vierge demanda la construction d’une église, mais elle en indiqua précisément la raison : pour y répandre ses dons. Ainsi, Notre-Dame désire que nous venions la prier en certains lieux pour nous y accorder ses grâces.

Mais pourquoi une telle demande ? La Sainte Vierge ne peut-elle pas nous accorder ses grâces ailleurs, si nous la prions avec ferveur ? Oui, bien sûr ! Notre-Dame peut nous accorder – et nous accorde souvent – ses grâces où que nous soyons. Mais l’homme n’est ni un simple animal, ni un pur esprit : il est à la fois corps et âme. Cette union est si forte que la séparation du cops et de l’âme, c’est la mort. Il en va de même pour les actes de notre vie : pour atteindre leur plénitude, ces actes doivent engager non seulement notre esprit, mais aussi notre corps.
C’est notamment vrai pour le plus bel acte que nous puissions accomplir ici-bas : la prière. Toute prière doit être accompagnée par des actes concrétisant notre volonté. Le 19 août 1917, Notre-Dame précisa que, pour la fête de Notre-Dame du Rosaire, les porteurs de brancards devront être vêtus de blanc. (Voir lettre de liaison n° 167). Lorsque nous allons à la messe, nous nous habillons dignement ; nous adaptons une attitude marquant le respect (debout, à genoux, silence, …). Pour réciter le Rosaire, nous nous tenons à genoux en tenant un chapelet entre les doigts. Etc.

Jésus fit de même. À Cana, Il demanda de remplir des jarres avant de transformer l’eau en vin. À Béthanie, Il demanda de rouler la pierre avant de ressusciter Lazare. Pourtant, Il aurait pu faire tous ces miracles sans demander ces actes en apparence inutile.
Ainsi, Dieu Lui-même veut que nos prières soient accompagnées de gestes concrets. Il convient donc de ne pas les négliger. Voilà pourquoi Notre-Dame demanda la construction d’une chapelle. Même si elle peut nous accorder – et nous accorde volontiers – ses grâces en tout lieu de la terre, c’est plus particulièrement en certains lieux comme Lourdes ou Fatima qu’elle nous les accordera.
Dans le même ordre d’idée, nous venons d’entrer dans une année jubilaire. Pour recevoir toutes les grâces que Dieu veut nous accorder au cours de cette année, il convient d’exécuter humblement les différentes démarches que demande l’Église.

« Je suis Notre-Dame du Rosaire »

Après avoir demandé la construction d’une chapelle, Notre-Dame continua en disant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire. » Ainsi en ce 13 octobre, Notre-Dame a bien révélé qui elle était et ce qu’elle voulait.

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de Notre-Dame du Rosaire. En effet, à partir du 13 juillet 1917, la Sainte Vierge utilisera l’expression à chaque apparition :
13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire. »
19 août 1917 : « Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. (…) L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. »
13 septembre 1917 : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu'à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire»

Ce n’est pas la première fois non plus qu’elle donne son nom. À Cotignac, elle a demandé à être invoqué sous le nom de “Notre-Dame de Grâces”. À Lourdes, elle avait dit : « Je suis l’Immaculé Conception » et saint Maximilien Kolbe l’appelait « l’Immaculée ».
Tous ces noms révélés par la Sainte Vierge elle-même sont précieux. La plupart ont été inscrits dans les litanies récitées en son nom : « Reine conçue sans le péché originel », « Reine du Très Saint Rosaire », … Mais parmi tous ces noms, celui de Notre-Dame du Rosaire doit avoir une place à part, car sa révélation fut accompagnée d’un signe extraordinaire : juste après, Notre-Dame fit un miracle exceptionnel, le miracle de la danse du soleil (voir lettre de liaison n° 155). Si Dieu a donné à sa Mère le pouvoir de faire tel miracle, c’est sûrement pour que son caractère exceptionnel rejaillisse sur le nom  révélé ce jour-là. En conséquence, il convient d’invoquer souvent notre Mère du Ciel sous ce nom, par exemple à la fin de notre chapelet quotidien.

« Que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours »

Si Notre-Dame nous révèle que son nom est Notre-Dame du Rosaire, c’est donc que le Rosaire est, après le saint Sacrifice de la Messe, une prière qu’elle chérit particulièrement. Il n’est donc pas étonnant qu’elle nous demande juste après de le réciter souvent. Mais ayant pitié de notre faiblesse, elle demande la récitation quotidienne non pas du Rosaire complet, mais simplement du chapelet : « Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. » De la sorte, nous pouvons dire deux rosaires entiers chaque semaine.

Ce faisant, c’est la sixième fois qu’elle fait cette demande. Ainsi, elle l’aura faite à chacune de ses apparitions. Cette insistance est n’est sûrement pas fortuite. La Sainte Vierge n’aurait pas agi ainsi s’il s’était agi d’une prière ordinaire. Une telle insistance est nécessairement la marque que le Rosaire est un moyen à part. Cette insistance rappelle d’ailleurs celles des saints ou des papes. En effet, aucune prière n’a reçu autant de recommandations de leur part (après le Saint Sacrifice de la Messe).

Les saints

Notre-Dame au bienheureux Alain de La Roche (1428 – 1475) : « Celui qui persévérera dans la récitation de mon rosaire, recevra toutes les grâces qu’il demandera. » et « De tout ce qui se fait dans l’Église, le Rosaire est pour moi ce qu’il y a de plus agréable après la sainte Messe»

Saint Charles Borromée (1538 – 1581) : « Le Rosaire est la prière la plus divine après le Saint Sacrifice de la messe.»

Saint Vincent de Paul (1581 – 1660) : « Après la Messe, la dévotion du Rosaire fait descendre dans les âmes plus de grâces que toute autre, et, par ses Ave Maria, opère plus de miracles que toute autre prière. »   

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673 – 1716) dans Le Secret du Très saint Rosaire :
 « Le Rosaire récité avec la méditation des mystères : 1) nous élève insensiblement à la connaissance parfaite de Jésus-Christ, 2) purifie nos âmes du péché, 3) nous rend victorieux de tous nos ennemis, 4) nous rend la pratique des vertus facile, 5) nous embrase de l’amour de Jésus-Christ, 6) nous enrichit de grâces et de mérites, 7) nous fournit de quoi payer toutes nos dettes à Dieu et aux hommes 8) et enfin nous fait obtenir de Dieu toutes sortes de grâces. » et « Conservez la pratique du saint Rosaire, car jamais une âme qui dit son Rosaire tous les jours ne sera formellement hérétique ni trompée par le démon ; c’est une proposition que je signerais de mon sang. »

Saint Alphonse de Liguori (1696 – 1787) : « Le Rosaire est l’hommage le plus agréable que l’on puisse offrir à la Mère de Dieu. »

Les papes

Une cinquantaine de papes ont écrit sur le Rosaire pour demander aux fidèles de le réciter. C’est un fait unique dans l’histoire de l’Église. Voici quelques exemples.

  • Sixte IV (pape de 1471 à 1484) : « Le Rosaire est spécialement approprié pour détourner du monde les dangers qui le menacent. »
  • Grégoire XIII (pape de 1572 à 1585) « Le Rosaire est un moyen donné du Ciel pour apaiser la colère de Dieu.»
  • Grégoire XIV (pape de 1590 à 1591) « Le Rosaire est le moyen le plus merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce. »
  • Benoît XIII (pape de 1724 à 1730) : « Le Rosaire est un remède souverain aux erreurs et aux vices.»
  • Pie IX dans un décret du 2 mai 1855 : « Le Rosaire est la prière la plus efficace pour accroître dans le cœur des fidèles la dévotion à Marie»

Léon XIII écrivit plus de dix encycliques ou lettres sur le Rosaire, affirmant notamment qu’il est « l’expression la plus accomplie de la piété chrétienne » et « une prière incomparable et d’une efficacité souveraine ». Voici quelques autres citations :

En 1883 : « Il est bien reconnu que cette forme de prière est si agréable à la Sainte Vierge qu’elle est particulièrement efficace pour sauver du danger l’Église et le peuple chrétien. »
En 1894 : « Fasse Dieu que cette dévotion (…) soit aimée et pratiquée (…) comme le meilleur moyen d’obtenir la clémence de Dieu.»
En 1895 : « Il y a sans doute plusieurs moyens d’obtenir l’assistance de Marie. Cependant nous estimons que l’institution du Rosaire est le meilleur et le plus fécond. »

Dans son testament, saint Pie X écrivit :

Le Rosaire est, de toutes les prières, la plus belle, la plus riche en grâces, celle qui touche le plus le Cœur de la Mère de Dieu. (...) Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres : le Rosaire est le parfait résumé de l’Évangile et il donne la paix à tous ceux qui le récitent.

Une telle affirmation dans un texte aussi important qu’un testament, et qui plus est celui d’un pape canonisé, marque une importance exceptionnelle. Il est d’ailleurs extraordinaire de voir la convergence entre tous ces enseignements. Et il ne fait aucun doute que, à Fatima, Notre-Dame a voulu en quelque sorte les confirmer.

Et après Fatima, les papes ont continué à recommander le Rosaire :

Pie XI : « Le Rosaire est le moyen privilégié entre tous les autres, de procurer le retour au Christ des individus, des familles et des nations. »  Et aussi : « C’est une arme très puissante pour chasser les démons, pour conserver l’intégrité de la vie, pour acquérir plus facilement la vertu, en un mot pour obtenir la véritable paix aux hommes. »
Pie XII : « Nous estimons que le Saint Rosaire est le moyen le plus efficace et le meilleur pour obtenir l’aide maternelle de la Vierge»

Plus près de nous, le père Gabriele Amorth, qui fut exorciste du diocèse de Rome, dans l’introduction de son dernier livre Il mio rosario, écrit : « Je pense que le Rosaire est la prière la plus puissante. » Il y révèle que la source de sa force intérieure, il la trouva dans la récitation quotidienne du chapelet, prière qui l’a soutenu dans son combat quotidien contre les manifestations du démon auxquelles il fut confronté durant de longues années.

Les fruits du Rosaire

Cette excellence du Rosaire, si recommandée par les papes et les saints, se manifeste aussi dans les fruits obtenus. Les batailles gagnées par son intercession sont bien connues : Lépante, La Rochelle, Vienne, etc. (voir la fiche Les victoires temporelles du Rosaire). Mais le Rosaire n’obtient pas que des victoires militaires ou politiques : les grâces individuelles obtenues par son intermédiaire sont innombrables. Dans Les gloires de Marie, saint Alphonse de Liguori donne de nombreux exemples. Voici par exemple celui d’une femme qui fut convertie simplement en commençant par avoir un chapelet sur elle.

Le père Bovio rapporte qu'une femme de mauvaise vie nommée Hélène, étant entrée dans une église, y entendit par hasard un sermon sur le rosaire. En sortant, elle acheta un chapelet. Elle le portait sur elle, mais en le tenant soigneusement caché. Bientôt, elle se mit à le réciter, sans dévotion d'abord. La sainte Vierge lui fit néanmoins goûter de telles consolations et douceurs dans cette pratique qu'Hélène ne pouvait plus se rassasier de dire des chapelets. De là, elle en vint à concevoir une telle horreur de ses désordres que, ne trouvant plus de repos, elle fut comme contrainte d'aller se confesser. Elle le fit avec une contrition si vive que le confesseur en fut dans l'admiration.
Sa confession faite, elle alla se jeter aussitôt au pied d'un autel de Marie pour remercier sa céleste avocate ; et, tandis qu'elle y récitait son chapelet, elle entendit la voix de la divine Mère sortir de la statue et lui dire : « Hélène, jusqu'ici tu n'as que trop offensé ton Dieu et moi ; commence aujourd'hui une vie nouvelle et tu auras une large part à mes faveurs. » Confuse d'une telle bonté, la pauvre pécheresse répondit : « Ah ! Vierge sainte, il est vrai que je n'ai été qu'une criminelle ! Mais vous pouvez tout : aidez-moi, car je me donne à vous, et je veux employer le reste de mes jours à faire pénitence de mes péchés. »

Aidée par Marie, Hélène eut le courage de distribuer aux pauvres tout ce qu'elle avait et d'embrasser une vie de rude pénitence. Des tentations terribles vinrent l'assaillir ; mais, attentive à se recommander sans cesse à la Mère de Dieu, elle en sortit toujours victorieuse. Les faveurs divines affluèrent progressivement dans son âme, même les dons surnaturels : visions, prophéties, révélations. Enfin, à sa mort, qui lui fut annoncée par Marie plusieurs jours d'avance, la bienheureuse Vierge vint la visiter elle-même avec son divin Fils ; et, lorsque cette pécheresse expira, on vit son âme, sous la forme d'une belle colombe, s'envoler aux cieux.

Dans Le secret du Très Saint Rosaire, saint Louis-Marie Grignion de Monfort cite de nombreux autres exemples. Que tous ces exemples nous incitent à être très fidèles dans la récitation quotidienne de notre chapelet et à le dire avec de plus en plus de ferveur. Pour cela, prenons de temps à autre un peu de temps pour lire les encycliques des papes sur le Rosaire, les livres de saint Alphonse de Liguori et de saint Louis-Marie Grignon de Montfort, les lettres de sœur Lucie sur le Rosaire (voir lettres de liaison n° 154 et n° 166). Et à l’exemple d’Hélène, ayons toujours un chapelet sur nous : par ce seul geste, la Sainte Vierge peut nous accorder des grâces qui transformeront notre vie.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 2 novembre 2024 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 5e mystère douloureux : Le crucifiement
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 Blasphèmes à réparer

 Les offenses de ceux qui outragent Notre-Dame directement dans ses saintes images

Lettre de liaison n° 167 (31 octobre 2024)

Le 19 août 1917, après avoir demandé aux petits voyants de continuer à venir à la Cova da Iria le 13 de chaque mois et à réciter le chapelet tous les jours, Notre-Dame poursuivit par des propos apparemment anodins et qui, probablement pour cela, n’ont que rarement fait l’objet de commentaires de la part des différents auteurs ayant écrit sur Fatima. Pourtant, si on prend le temps de s’y arrêter quelques instants, on s’aperçoit qu’ils contiennent des recommandations d’une grande richesse et fort utiles. Même anodines en apparence, les paroles de Notre-Dame ont toujours une signification d’une grande profondeur.

Le miracle du mois d’octobre

Notre-Dame commence par dire : « Le dernier mois, je ferai le miracle pour que tout le monde croie.» Elle confirme ainsi ce qu’elle avait dit à Lucie lors de l’apparition précédente. En effet, Lucie lui avait fait les demandes suivantes : « Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que votre Grâce nous apparaît. » Et Notre-Dame lui avait alors répondu : « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

L’objectif de ce miracle est ici clairement précisé : il est de nous aider à croire. En effet, les miracles sont avec les prophéties les deux moyens utilisés par Dieu pour authentifier l’origine divine d’une révélation. Notre-Seigneur les a utilisés de très nombreuses fois pour prouver qu’Il était bien le Fils de Dieu. Et depuis sa Résurrection, Dieu a continué à nous annoncer des prophéties par l’intermédiaire des saints. Saint Thomas d’Aquin le dit très clairement :

La prophétie est ordonnée à la connaissance de la vérité divine ; et la contemplation de cette vérité a un double but : éclairer notre foi et diriger notre activité. (…) À chaque période, il n'a pas manqué d'hommes ayant l'esprit de prophétie, non sans doute pour développer une nouvelle doctrine de foi, mais pour diriger l'activité humaine. (Somme théologique, IIa-IIae, q. 174, art. 6)

En ce qui concerne le miracle du soleil du 13 octobre 1917, il y a à la fois un miracle et une prophétie, car le miracle a été annoncé 3 fois dans les 3 mois qui l’ont précédé. De plus, il a été annoncé avec une précision extraordinaire. C’est même une des rares fois dans l’histoire des révélations où le Ciel donne une date (13  octobre) et une heure aussi précises (midi au soleil, soit 13h30 environ heure légale) pour annoncer un événement futur. En effet, lors de sa première apparition, le 13 mai 1917, Notre-Dame a dit : « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13 du mois, à cette même heure. » La dernière apparition est donc annoncée pour le 13 octobre à midi à l’heure solaire.

Nous parlerons plus en détail de ce miracle dans une prochaine lettre, car il est encore très contesté de nos jours. Mais une chose est absolument incontestable : le phénomène a été prédit trois fois plusieurs mois à l’avance :

  • Le 13 juillet Notre-Dame a dit : « En octobre (…) je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire.»
  • Le 19 août, elle a dit : « Le dernier mois (c’est-à-dire le mois d’octobre), je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire.»
  • Le 13 septembre, elle dira : « En octobre, je ferai un miracle pour que tous croient.»

Il n’y a aucun doute que les enfants ont annoncé cette date et cette heure à chaque fois. Car le 13 octobre, plus de 70 000 personnes sont venues, soit pour voir le miracle, soit pour se moquer de la religion, persuadées qu’il n’y aurait pas de miracle. D’ailleurs, peu avant l’apparition, un prêtre regardant sa montre dit à Lucie : « Midi est déjà passé. Que tout le monde s’en aille ! Tout cela est une illusion. » Lucie ne voulant pas partir, le prêtre se mit à pousser les enfants. Lucie lui dit alors : « Que ceux qui veulent s’en aller, s’en aillent ! Moi, je ne pars pas. Je suis chez moi ici. Notre-Dame a dit qu’elle viendrait. Les autres fois, elle est venue, et maintenant aussi elle va venir. » Et quelques instants après, elle vit l’éclair annonçant l’apparition.

Convaincu ou sceptique, tout le monde savait donc que les trois petits voyants avaient annoncé un phénomène exceptionnel pour le 13 octobre à midi à l’heure solaire. Et le phénomène s’est bien produit. Comment ont-ils pu le savoir ? Qui le leur a appris ? Il est impossible que trois jeunes enfants sans instruction aient pu prédire un phénomène qui, quand bien même il aurait, pour certains, une origine naturelle, reste un phénomène exceptionnel. Quand on sait les difficultés que les météorologues ont à prévoir le temps avec quelques jours d’avance, comment les trois petits voyants ont-ils pu prédire qu’il se produirait un phénomène très local (puisqu’il n’a été observé que dans une zone d’une quarantaine de kilomètres de rayon autour de Fatima) trois mois à l’avance ? Certes, Lucie n’a pas décrit le phénomène lui-même ; mais elle a dit que le 13 octobre vers 13h30 heure légale, il se produirait un miracle, lequel a été un phénomène cosmique absolument unique dans l’histoire.

Cette phrase de Notre-Dame, « Le dernier mois, je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire », est donc une prophétie d’une précision exceptionnelle, prophétie qui s’est parfaitement réalisée et que seul Dieu est capable de faire. Car le démon ne connaît pas l’avenir et ne peut donc pas faire une telle prophétie. Ayant une connaissance beaucoup plus parfaite que nous du présent, il peut, dans une certaine mesure, prévoir ce qui va se passer dans un proche avenir. Mais il ne peut pas prédire aussi précisément trois mois à l’avance un phénomène qui ne s’est jamais produit auparavant.

Cette précision dans l’annonce du miracle est une preuve exceptionnelle de l’authenticité des apparitions de Fatima, preuve d’une force qu’on ne retrouve dans aucune autre apparition de la Sainte Vierge ou des saints. Le caractère exceptionnel de cette prophétie est également le signe de l’importance tout aussi exceptionnelle du message qui l’accompagne. Aussi est-il très surprenant que le Vatican n’en parle jamais. En particulier, dans l’important dossier qui accompagnait le texte du secret diffusé le 26 juin 2000, il n’en est jamais fait mention. Pourquoi un tel silence sur une preuve aussi extraordinaire de l’authenticité des apparitions et du message de Fatima ?

Les conséquences de l’emprisonnement du 13 août

Ensuite, Notre-Dame continue en disant : « Si l’on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus connu. » La Sainte Vierge rappelle ainsi qu’il est juste que nous subissions les conséquences de nos actes ou de ceux de nos gouvernants.

Cette propriété de la justice divine pourra en choquer certains. Mais depuis l’origine du monde, Dieu agit ainsi. Le péché de nos premiers parents nous vaut, aujourd’hui encore, d’en supporter les conséquences. Personnellement, nous n’avons pas agi et pourtant des dizaines de générations plus tard, les hommes gardent toujours la trace du péché originel et en subissent les conséquences.

La faute commise par l’administrateur de Vila Nova de Ourem a eu pour conséquence de limiter la vision du miracle du 13 octobre à ceux qui étaient à moins d’une quarantaine de kilomètres de la Cova da Iria. Par son acte indigne, l’administrateur a ainsi attiré sur sa patrie un juste châtiment. Sans cet acte commis par une autorité publique compétente, peut-être le miracle aurait-il été vu par tout le Portugal. Quelle responsabilité terrible pour les chefs qui privent ainsi leur peuple des grâces dont Dieu aurait voulu les combler ! C’est le mystère de la justice divine. Nos contemporains ou nos descendants peuvent parfois souffrir des conséquences de nos actes. Si nous agissons bien, ils en tireront des conséquences bénéfiques. Par contre, si nous agissons mal, toute la communauté pourra en pâtir.

C’est ce qu’a remarquablement dit l’abbé Pie le 11 avril 1848, dans un discours qu’il prononça à Chartres un an avant d’être nommé évêque de Poitiers. En effet, peu après les émeutes de février 1848 qui aboutirent à la chute du roi Louis-Philippe et à la naissance de la IIe république, le saint abbé avait été invité à bénir un arbre de la liberté. Il accepta, mais en profita pour parler avec force du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ici-bas :

Les sociétés modernes ont trop longtemps divorcé avec Dieu. (…) Nos pères, entraînés par de lamentables préjugés, ont eu le malheur de croire qu’ils pouvaient rejeter tous les jougs, y compris celui du Maître souverain qui habite dans les cieux. Ils ont adressé à Dieu cette parole coupable : « Retire-toi loin de nous ; nous ne voulons pas de la science de tes voies » (Job XXI, 14). Et Dieu a obéi ; Il s’est retiré. Mais il est écrit que, bon gré mal gré, et nonobstant le frémissement orgueilleux des peuples, Dieu régnera ; c’est son droit : Dominus regnavit, irascantur populi (Ps 98, 1). Et quand Il ne règne pas par les bienfaits attachés à sa présence, Il règne par toutes les calamités inséparables de son absence.

C’est le mystère de la conséquence de nos propres actes sur notre entourage et notre descendance. La non observance d’un ordre divin a des conséquences au-delà de celles qui nous touchent directement. Mais, si la faute d’un membre peut rejaillir sur l’ensemble, la sainteté d’un autre membre peut tout autant rejaillir sur l’ensemble. C’est ce que l’Ange et Notre-Dame ne cessent de rappeler à Fatima. Ils nous demandent de prier et de faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs. En faisant notre devoir d’état et en observant la loi divine, les mérites de notre conduite retombent non seulement sur nous, mais aussi sur notre prochain. C’est ainsi que nous pouvons sauver des pécheurs. C’est le vertigineux mystère de la communion des saints. Nous devons donc avoir à cœur de respecter la volonté de Dieu, non seulement pour faire notre salut, mais aussi pour contribuer à celui de notre prochain. C’est pourquoi, très pédagogiquement, Notre-Dame rappelle que, si nous ne le faisons pas, nous et notre prochain, nous en subirons les conséquences.

Notre-Dame du Rosaire

Après ce rappel, Notre-Dame ajoute : « Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra aussi pour bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire avec un petit ange de chaque côté. Viendra aussi Notre-Dame des Douleurs avec un arc de fleurs tout autour. »

Cette description, que Notre-Dame répétera dans l’apparition suivante, concerne surtout les petits voyants puisqu’ils seront les seuls à voir le tableau décrit. Toutefois, certains éléments de ce tableau nous intéressent. Nous les détaillerons en analysant les paroles de l’apparition suivante. Mais notons déjà que, pour la deuxième fois, Notre-Dame parle de Notre-Dame du Rosaire. En effet, le mois précédent, Notre-Dame avait dit : « Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre. » Et ce 19 août, juste après la description qu’elle vient de faire, elle en parlera une autre fois en disant : « Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire»

Ainsi par trois fois, une fois le 13 juillet et deux fois le 19 août, la Sainte Vierge parle de Notre-Dame du Rosaire, sans préciser que c’est son nom ; elle ne le révèlera que le 13 octobre lorsqu’elle dira : « Je suis Notre-Dame du Rosaire. »

Instituée en 1573 par Grégoire XIII, étendue en 1713 à l’ensemble de l’Église universelle par Clément XI, et fixée au 7 octobre, jour anniversaire de la bataille de Lépante, par saint Pie X, la fête de Notre-Dame du Rosaire est ancienne. De même, dans les litanies de la Sainte Vierge, la 48e invocation est Notre-Dame du Très Saint Rosaire, priez pour nous. Elle était la dernière jusqu’à 5 mai 1917, date à laquelle Benoît XV ajoute une 49e invocation : Reine de la Paix. Le nom de Notre-Dame du Rosaire était donc d’un usage courant dans l’Église à l’époque des apparitions de Fatima. Il n’est donc pas étonnant que Notre-Dame l’ait employé. Mais pourquoi attendra-t-elle la dernière apparition pour révéler qu’elle est Notre-Dame du Rosaire ? Probablement parce qu’elle voulait que cette annonce soit faite le jour du grand miracle qu’elle venait d’annoncer pour la deuxième fois, pour montrer ainsi toute l’importance de cette révélation.

À Lourdes, elle confia à Bernadette : « Je suis l’Immaculée Conception ». À Fatima, elle dira : « Je suis Notre-Dame du Rosaire » et demandera d’établir la dévotion à son Cœur Immaculé. Et pour authentifier cette dernière révélation, elle fera un miracle extraordinaire qu’elle annoncera plusieurs mois à l’avance. Ayons donc à cœur d’invoquer la Sainte Vierge sous le nom qu’elle nous a elle-même révélé, en entourant cette révélation d’un signe si extraordinaire. Notre-Dame du Très Saint Rosaire, priez pour nous.

L’usage de l’argent

Lucie demanda ensuite : «  Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? ». Notre-Dame lui répondit :

Faites deux brancards. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles vêtues de blanc. L’autre, c’est François qui le portera avec trois autres petits garçons, comme lui vêtus d’une aube blanche. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire.

Il y a dans cette réponse deux remarques qui nous concernent directement.

La première a trait à la tenue qu’il convient d’avoir à l’église. En parlant de la tenue que doivent avoir les porteurs des brancards, Notre-Dame souligne que ceux qui participent à une action liturgique, comme une procession, doivent être vêtus de façon digne. Il y a là une discrète recommandation de la Sainte Vierge sur la tenue que, nous-même, nous devons avoir à l’église. La tenue avec laquelle certains assistent à la messe est parfois indigne d’une telle cérémonie. Ils n’auraient pas l’idée d’aller à une invitation ainsi vêtus, mais pour aller voir le Roi des Rois, le Créateur de l’univers, une tenue négligée ne les gêne pas, au point que les prêtres sont souvent obligés de rappeler les règles à suivre pour entrer dans l’église dont ils ont la responsabilité.

L’autre remarque concerne l’usage de l’argent. Notre-Dame demande d’utiliser l’argent donné par les personnes venues à la Cova da Iria, pour faire une belle procession et pour construire une chapelle. Quelques jours avant la Passion, certains disciples avaient dit, à propos du parfum qu’une femme avait répandu sur la tête de Jésus : « On aurait pu vendre ce parfum plus trois cents deniers et les donner aux pauvres. » Jésus désapprouva leur pensées et leur dit : « C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie à mon égard. » (Marc XIV, 5-6). Et Jésus donna même la femme en exemple en ajoutant : « Partout où sera prêché cet évangile, dans le monde entier, ce qu’elle a fait, on le racontera en mémoire d’elle. »

La Sainte Vierge agit ici de la même façon que son Fils. Elle demande de consacrer l’argent pour une procession et pour la construction d’une chapelle. Il y a là une autre recommandation de notre Mère du Ciel sur l’usage que nous devons faire des biens que la Providence nous a confiés : nous devons en réserver une part pour l’Église, pour aider soit à la construction d’églises, soit à la célébration du culte. Certes, il convient de ne pas négliger l’aumône à faire aux pauvres ; mais il faut garder un juste équilibre entre ce que nous donnons aux pauvres et ce que nous donnons à l’Église.

En ce qui concerne les dons à faire à l’Église, voici deux idées, parmi de nombreuses autres, pour ceux qui souhaiteraient quelques suggestions dans ce domaine.
Vous pouvez aider les communautés religieuses contemplatives restées attachées à la liturgie traditionnelle en faisant un don par le site de l’association Aide aux monastères (www.aide-aux-monasteres.org). La Fondation des monastères aide déjà depuis fort longtemps les communautés religieuses. La particularité de l’association Aide aux monastères est de compléter cette aide en soutenant plus spécifiquement les communautés traditionnelles qui sont souvent moins connues.
Autre idée : nous arrivons au mois de novembre, mois spécifiquement dédié à la prière pour les âmes du purgatoire. Vous pouvez faire dire des messes selon la liturgie traditionnelle pour le repos des âmes du purgatoire en passant par le site de la Confrérie de Saint Joseph (www.offrande-messe.org). Les messes seront confiées à des prêtres recevant peu de messes et qui ne célèbrent que selon la forme traditionnelle.

Quel que soit notre choix, nous devons réserver une partie de l’argent que nous avons ou gagnons pour aider au fonctionnement de l’Église ou à la beauté des offices.

---- §§§§ ----

Ces quelques réflexions montrent que ces phrases de Notre-Dame, pour anodines qu’elles soient en apparence, ont une signification qu’il convient d’approfondir. Notamment :

  • elles éclairent notre foi pour croire fermement à l’authenticité des apparitions et du message de Fatima ;
  • elles nous incitent clairement à conformer notre action à la volonté de Dieu ;
  • elles montrent toute l’importance de la dévotion à Notre-Dame et à son Rosaire ;
  • enfin elles nous rappellent de ne pas oublier d’aider l’Église par les moyens que la Providence a mis à notre disposition.

Et ce ne sont là que quelques-unes des réflexions possibles. En les méditant, nous pourrons en trouver d’autres. Car toute parole prononcée par Notre-Dame est toujours chargée de siginification.

En union de prière, dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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Samedi prochain, 7 décembre 2024 : 1er samedi du mois

N’oublions pas de réciter un acte de réparation ce jour-là.

 Mystère à méditer

 1er mystère glorieux : La Résurrection
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 Blasphèmes à réparer

 Les blasphèmes contre l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge

Lettre de liaison n° 168 (5 décembre 2024)

Chers amis,

Avant de poursuivre nos réflexions sur le message de Fatima, il nous faut signaler un prochain événement important : dans quelques jours, ce sera le 99e anniversaire de la demande de Notre-Dame à Pontevedra de répandre dans le monde la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois. En effet, le 10 décembre 1925, Notre-Dame apparut à sœur Lucie et lui confia (voir fiche sur les premiers samedis du mois) :

Dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.

En plus d’être une Année Sainte, 2025 sera une année particulièrement importante, car elle sera celle du 100e anniversaire de cette demande. Malheureusement, celle-ci n’est toujours pas complètement satisfaite, car le Saint-Siège ne s’est jamais prononcé officiellement sur cette dévotion : aucun document ne la recommande. C’est pourquoi Salve Corda (https://salve-corda.org) et Cap Fatima ont décidé de mener une action pour promouvoir cette dévotion : fêter cet anniversaire par un jubilé, le Jubilé 2025 des 1ers samedis de Fatima. (Voir texte de présentation en pièce jointe).
Afin de mobiliser les fidèles du monde entier, des évènements internationaux vont être lancés. Chaque premier samedi du mois de 2025, un pèlerinage sera organisé dans un des grands sanctuaires du monde pour y réaliser la dévotion réparatrice demandée par Notre Dame ce jour-là.
De plus, pour lancer ce jubilé, une messe sera dite à l’église Saint Roch, à Paris, le mardi 10 décembre à 19h15, suivie d’une adoration à 20h15. (Voir tract en pièce jointe) Vous êtes tous invités à y participer (au moins les parisiens) ou à aller à la messe dans votre paroisse ce jour-là.

Poursuivons maintenant nos réflexions sur le message de Fatima.

Le message de Fatima

Le 19 août 1917, après avoir reçu les consignes de Notre-Dame sur les processions et l’usage de l’argent, Lucie lui demanda : « Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades. » Notre-Dame lui répondit : « Oui, j’en guérirai quelques-uns dans l’année. Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

« J’en guérirai quelques-uns »

Cette réponse peut paraître déconcertante. Pourquoi seulement quelques-uns ? Lucie a-t-elle indiqué une préférence ? Pourquoi celui-là et pas celui-là ? Il y a là une discrète incitation de Notre-Dame à réfléchir sur les conditions d’une prière efficace. Nous les méconnaissons trop souvent. Aussi nous arrive-t-il d’être décontenancés, voir mécontents, lorsque, malgré d’intenses prières, nous ne sommes pas exaucés.

Pourtant, Jésus dit : « Demandez et l’on vous donnera. (…) Car quiconque demande reçoit. » (Mt VII, 7-8) ; « Si deux d’entre vous, sur la terre, s’unissent pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt XVIII, 19) ; « Tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’obtiendrez et cela vous sera accordé. » (Mc XI, 24) ; « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » (Jn XIV, 13-14) ; etc.
Par la suite, Dieu confirma ces affirmations de Notre-Seigneur. Par exemple, Il confia à sainte Catherine de Sienne : « Je suis un Dieu prodigue et non pas avare : J’accorde avec abondance à ceux qui me demandent ; J’ouvre avec empressement à ceux qui frappent véritablement, et Je réponds à tous ceux qui M’appellent. » Alors pourquoi Dieu n’exauce-t-Il pas toutes nos prières ?

Certes, nous savons que, si nous n’obtenons pas ce que nous avons demandé, Dieu nous donne autre chose et d’une plus grande valeur. Mais, comme nous ne voyons pas toujours ce que peut être cet “autre chose”, nous avons parfois du mal à y croire, au point que certains perdent confiance dans la valeur de la prière. Même les plus grands saints éprouvèrent cette difficulté. À sainte Gertrude qui Lui demandait : « Seigneur, je Vous prie pour obtenir une grâce et Vous me la refusez. », Notre-Seigneur lui répondit :

Il n’y a rien d’étonnant qu’un père refusât à son fils une pièce d’argent, s’il avait l’intention de lui donner cent pièces d’or. De même, ne soyez pas étonnée que Je diffère de vous exaucer, parce que chaque fois que vous M’invoquez par la moindre parole, Je mets en réserve pour vous des biens qui surpassent de beaucoup cent pièces d’or.

Pour bien comprendre cette attitude de Dieu à notre égard, il faut repartir de ce qu’est la prière, et plus particulièrement la prière de demande, puisque c’est bien une demande que fit la petite Lucie à la Sainte Vierge. Saint Jacques donne la raison de l’inefficacité de nos prières : « Vous demandez et ne recevez pas, parce que vous demandez mal. » (Jc IV, 3). Dans son ouvrage Le grand moyen de la prière, au chapitre 3, saint Alphonse de Liguori, en s’appuyant sur saint Thomas d’Aquin, rappelle les conditions nécessaires pour une prière efficace : « Saint Thomas ramène à quatre les conditions requises pour que la prière soit efficace : “Que l'on demande pour soi-même, des biens nécessaires au salut, avec piété, avec persévérance”. »

1re condition : Demander pour soi-même

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Notre toute première préoccupation doit être de penser à notre salut. Et elle doit être de chaque instant, car nous pouvons mourir à n’importe quel moment. De nombreuses fois dans l’Évangile, Jésus nous demande d’être prêts. C’est pourquoi Il nous demande de prier sans cesse. Il faut à tout instant penser que Dieu peut nous rappeler dans l’heure qui vient et que, pour cela, nous devons être prêts.

Toutefois, cela n’exclut pas de prier aussi pour notre prochain. Saint Jacques le recommande très clairement : « Priez les uns pour les autres afin d’être sauvés. » (Jc V, 16) C’est aussi une des demandes essentielles du message de Fatima : l’Ange l’exprime à chacune de ses trois apparitions de 1916. Il en est de même pour Notre-Dame. Le 13 mai elle répète presque mot pour mot la demande de l’Ange de prier et de faire des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs.

Mais cette demande se heurte à la liberté humaine. Nous ne pouvons pas nous substituer à la volonté de ceux pour qui nous prions. Notre prière peut leur apporter une grâce, mais nos demandes restent malgré tout conditionnée par leur liberté. Dans l’apparition du 13 juin 1917, Notre-Dame le précise clairement : « S’il se convertit, il guérira dans l’année. »
Le 13 septembre, à Lucie qui lui demande à nouveau la guérison de plusieurs malades, dont un sourd muet, Notre-Dame répond comme le 19 août : « Oui, j’en guérirai quelques-uns. Les autres, non. » Et le 13 octobre, sur une nouvelle demande de Lucie, Notre-Dame rappelle la condition qu’elle a donnée le 13 juin : « Les uns, oui, les autres non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés. »

Dieu n’agit pas contre la volonté des pécheurs. Dieu ne nous sauvera pas sans nous. Il respectera notre liberté de refuser sa grâce. Voilà pourquoi saint Alphonse dit qu’une des conditions pour être plus sûrement exaucé est de prier pour nous. Mais cela ne nous dispense absolument pas de prier pour notre prochain. Au contraire : c’est une exigence du message de Fatima. Notre-Dame le dit le 13 juillet : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs » et enseigne une prière à cet effet. Et c’est pourquoi, après avoir dit : « Oui, j’en guérirai quelques-uns », Notre-Dame ajoute : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. »

2e condition : Demander des biens nécessaires au salut

Pour être exaucés, nous devons demander ce qui est nécessaire à notre salut. Dieu, dans sa bonté, ne nous accordera jamais quelque chose qui apparemment nous semblera bon, mais à terme risque de nous éloigner de Lui. Il est en de même lorsque nous prions pour les pécheurs.
Plusieurs fois, Lucie a demandé la guérison de quelques malades. Certes, il est heureux de recouvrer la santé. Mais, parfois la maladie peut nous être plus salutaire que la santé. Saint Ignace de Loyola s’est converti après avoir été blessé. Sans cette blessure qui le maintint allongé plusieurs mois, que serait-il devenu ?

Lorsque nous L’oublions ou que nous nous détournons de Lui, Dieu utilise souvent l’épreuve pour nous ramener à Lui. Car bien souvent nous ne nous tournons vers Lui que lorsque nous sommes dans le besoin. Comment Lui reprocher d’utiliser ce moyen pour nous attirer à Lui, si c’est le seul que nous Lui laissons ? Combien ont retrouvé Dieu suite à une grande épreuve ! Jacques Fesch s’est converti pendant son séjour en prison et est mort pieusement. Sainte Thérèse n’a pas demandé que Pranzini soit gracié, mais qu’il se convertisse avant d’être exécuté.

Il faut donc demander ce qui est nécessaire pour notre salut ou celui de notre prochain. Saint Thomas d’Aquin en donne les raisons : « Il y a des biens dont on ne peut user mal et qui ne peuvent avoir d’issue fâcheuse : ceux qui font notre béatitude ou qui nous permettent de la mériter. C’est ce que les saints demandent de façon absolue. » Et le saint docteur ajoute : « Quand nous demandons dans la prière ce qui concerne notre salut, nous conformons notre volonté à celle de Dieu dont il est dit (1 Tm 2, 4) qu’Il “veut le salut de tous les hommes”. (…) Notre prière n’a pas pour but de changer le plan de Dieu, mais d’obtenir par nos prières ce qu’Il a décidé de nous donner. »

Voilà pourquoi l’Ange et Notre-Dame ne cessent de nous demander de prier non pas pour la santé de notre prochain mais pour sa conversion. Car la santé de l’âme est mille fois plus importante que la santé du corps, même s’il est tout à fait légitime de demander la grâce d’être guéri d’une maladie.

3e condition : Demander avec piété

Dieu, qui est vraiment notre Père, aime que nous Lui demandions. Dans la vie de saint Thomas More se trouve un fait qui montre combien un vrai père aime qu’on lui demande. Voici une lettre qu’il écrivit à sa fille :

Tu me demandes de l’argent, ma chère enfant, avec trop de timidité et d’hésitation. Ton père, tu le sais bien, est toujours prêt à t’en donner, et d’autant plus que ta lettre mériterait, non pas deux philippes d’or [pièce d’or à l’effigie de Philippe VI] pour chaque ligne, comme le fit Alexandre pour les vers du poète Cherilus, mais, si ma bourse se mesurait à mes désirs, deux onces d’or pour chaque syllabe...
Pourtant je t’envoie juste ce que tu me demandes. J’aurais bien ajouté quelque chose, mais si j’aime donner, j’aime aussi beaucoup que ma fille chérie me demande gentiment, comme elle sait le faire. Aussi dépêche-toi de dépenser cet argent – je suis certain que tu en feras bon emploi. Plus tôt tu reviendras à la charge, et plus je serai content.

C’est exactement ce qu’enseigne saint Thomas d’Aquin :

Dieu, dans sa libéralité, nous accorde bien des choses sans même que nous les Lui demandions. Mais s’Il exige en certains cas notre prière, c’est que cela nous est utile. Cela nous vaut l’assurance de pouvoir recourir à Lui, et nous fait reconnaître en Lui l’auteur de nos biens. D’où ces paroles de Chrysostome : « Considère quel bonheur t’est accordé, quelle gloire est ton partage : voilà que tu peux converser avec Dieu par tes prières, dialoguer avec le Christ, souhaiter ce que tu veux, demander ce que tu désires. »

Dieu sait mieux que nous ce dont nous avons besoin et Il sait aussi quel est le meilleur moment pour nous l’accorder. Mais Il aime que nous le Lui demandions avant de nous l’accorder.

4e condition : Demander avec persévérance

Lorsque nous ne sommes pas exaucés, il ne faut pas nous décourager. Dieu attend parfois pour exaucer nos demandes. S’Il le fait, c’est encore pour notre bien (ou celui de notre prochain). Lorsque Marthe informa Jésus de la maladie de son frère, Il attendit quelques jours avant de revenir à Béthanie et arriva trop tard : Lazare venait de mourir. Jésus attendit sa mort pour pouvoir le ressusciter ensuite. Il ne faut donc pas s’impatienter si Dieu ne nous accorde pas tout de suite ce que nous Lui demandons. S’Il nous fait attendre, c’est pour notre bien ; c’est dans notre intérêt.

C’est pourquoi Notre-Dame ajoute : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. » Et c’est ce qu’a dit Notre-Seigneur : « Il faut prier toujours, sans se lasser. » (Lc XVIII, 1) Si lorsque nous sommes comblés de faveurs, notre ferveur et nos temps de prière étaient aussi grands et profonds que lorsque nous sommes éprouvés, peut-être Dieu nous laisserait-Il dans cet état pour jouir de nos prières. Malheureusement, le bonheur nous attiédit. C’est presque inévitable. Voilà pourquoi Dieu se rappelle à nous par toutes les contrariétés de la vie quotidienne. Voilà pourquoi l’Ange et Notre-Dame demandent d’offrir tous les jours ces petites contrariétés. Un feu rouge alors que nous sommes en retard, quelqu’un qui nous bouscule, un enfant qui casse un objet, un supérieur injustement désagréable, … chacune d’elles peut être une occasion d’offrir et donc de nous tourner vers Dieu. Tout acte offert (y compris une joie reçue) est une prière si elle est offerte. Donc offrons toute notre journée dès le matin pour que chaque moment, pénible ou non, chaque joie ou chaque contrariété soit offerte. Voilà une manière facile d’être persévérant tant les contrariétés sont nombreuses dans une journée !

Ainsi, la Sainte Vierge n’a dit que quelques mots : « J’en guérirai quelques-uns ». Mais ils suffisent à nous pousser à une profonde réflexion. Dieu agit souvent ainsi. Par exemple, dans l’Évangile, tout n’est pas dit. Car les manques suscitent notre attention et notre intelligence. Alors comme l’ont si souvent demandé l’Ange et Notre-Dame, prions et offrons tous les sacrifices de la journée pour notre conversion et celle des pécheurs.

Les pécheurs qui vont en enfer

Ensuite Notre-Dame ajoute : « Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » Après avoir dit qu’elle rendrait la santé à certains, Notre-Dame revient sur l’indispensable nécessité de prier surtout pour la conversion des pécheurs. Et pour la troisième fois, elle parle de l’enfer. Dans l’apparition précédente (13 juillet), elle en avait parlé deux fois : une première fois, juste après la vision de l’enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » et une deuxième dans la prière qu’elle enseigna après la révélation du secret : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. »

Nous avons vu combien ces propos avaient impressionné Jacinthe (voir lettre de liaison n° 159 - mars 2024). Mais Lucie aussi fut très marquée par ces paroles. Au cours de sa vie, elle revint de nombreuses fois sur cette question. Par exemple, voici ce qu’elle répondit, le 7 février 1954, au père Lombardi qui la questionnait :

— Croyez-vous vraiment que beaucoup vont en enfer ? Personnellement, j’espère que Dieu sauvera la plus grande partie de l’humanité. J’ai même écrit un livre auquel j’ai donné pour titre : Le salut de ceux qui n’ont pas la foi.
— Mon Père, nombreux sont ceux qui se damnent.
— Il est certain que le monde est une sentine de vices et de péchés. Mais il y a toujours un espoir de salut.
— Non, mon Père, beaucoup, beaucoup se perdront.

C’est exactement ce qu’a dit la Sainte Vierge : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie pour elles.» Lucie rapporte que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air encore plus triste ». Le 1er novembre 1943, elle avait écrit au père Pasquale, un de ses confesseurs : « Ces âmes qui se perdent éternellement sont, sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse [le péché d’impureté] qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur ? »

Le salut éternel de beaucoup d’âmes dépend donc de nos prières et de nos sacrifices. Affirmation surprenante ! C’est si stupéfiant que certains théologiens ont tenté d’atténuer la portée de cette parole de Notre-Dame. Pourtant elle est parfaitement conforme à l’enseignement de l’Église. Voici ce qu’écrit Pie XII dans Mystici corporis (29 juin 1943) : « Il y a un mystère redoutable que nous ne méditerons jamais assez : le salut de beaucoup dépend des prières et des pénitences volontaires des membres du Corps du Christ. »

Si cette phrase est trop dure pour certains, n’oublions pas que la réciproque est tout aussi vraie : beaucoup d’âmes seront sauvées parce que beaucoup auront prié et se seront sacrifiés pour elles. C’est le sens de la phrase de l’Ange « Priez. Priez beaucoup ! (…) Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs. » C’est aussi le sens de la phrase de Notre-Dame le 13 juillet. « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront. ». Et Notre-Seigneur disait à sainte Marguerite-Marie : « Une âme juste peut obtenir le pardon pour mille criminels. » Si nous prions, en particulier le chapelet, et si nous offrons des sacrifices, nous sauverons de nombreux pécheurs. Car, comme le dit saint Augustin : « La prière est la toute-puissance de l’homme et la faiblesse de Dieu. »

En union de prière, dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

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